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Les conséquences de la première INTRIGUE de WHYDA, c'est par ici ! :proud: :cat:
N'hésitez pas à REMONTER WHYDA sur bazzart ou prd :hin: :fox:

Ce n'est pas parce que le forum a une annexe sur les troubles qu'il est obligatoire de jouer un personnage malade.
UN SAIN D'ESPRIT c'est tout aussi bien. :rabbit: What a Face
Il est obligatoire de BIEN lire les annexes, auquel cas le staff vous mordra les fesses. :ivil:
Nous n'acceptons pas les pseudos à initiales - retournons aux origines simplistes les enfants. :aw:
Entre autre, pour continuer sur les pseudos, les prénoms trop excentriques (drogue, alcool
:chaat: ou autre totalement improbable) sont INTERDITS, merci de rester réalistes. :chaat:
Les personnages du pays des merveilles ne sont pas acceptés, seuls les morts peuvent passer ! :maw:

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 DANNY ◮ dance on our graves

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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 1973
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2075
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 07/05/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : felicity jones.
✢ CREDITS : angel dust.
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt-sept
✢ JE SUIS : un certain lapin blanc.
✢ DANS TES POCHES : rien qui vaille la peine de la tuer ou de la menacer, croyez-moi. sauf si vous êtes friands de poussière, d'une fleur sèche et d'un morceau de champignon gâté.
✢ TA VIE : 96/100
✢ ANCIEN METIER : risk manager, pas très édifiant ou poétique, mais ça payait bien le loyer.
✢ LOCALISATION : ailleurs, au loin, ici.

this is where the evening splits in half, Henry, love or death. Grab an end, pull hard, and make a wish.

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✢ JE EST UN AUTRE : fawny.
MessageSujet: DANNY ◮ dance on our graves   Jeu 26 Juin - 17:46


when we see the light when we're going home,
we'll dance on our graves with our bodies below.

O
n dit que les larmes servent à s'endurcir. C'est sans doute vrai pour ces visages larmoyants qui sont devenus pierre, ancrés dans la roche de façon immuable.  Mais en toute sincérité, cet adage reste bien faux pour les êtres de chair que nous sommes.  Peu importe le nombre de larmes qui coulent de vos yeux, vous n'en serez pas plus ferme, pas plus résistant ou plus indifférent à la souffrance. Vous en serez juste un peu plus brisé, un peu plus triste et un peu plus incompris.  Ces statues façonnées dans la pierre, elles comprennent nos maux, sans besoin même de nous voir à travers leurs paupières de roche fermées ou de dire mot. Zoe a toujours aimé quand les choses n'avaient pas besoin de mot pour être exprimées, lorsque tout était implicite et pourtant si clair, comme de l'eau de roche, comme l'eau coulant de ces yeux tristes et s'écoulant dans le ruisseau argenté.  L'aura de la crypte de la chenille atteignait son comble en ce lieu si simple mais pourtant si fort. On pouvait y noyer nos chagrins, nos peines ou nos regrets et admirer à la surface mouvante argentée des scénarios hypothétiques. Et si... Zoe avait l'impression de ne vivre plus qu'à travers des « et si » depuis quelque temps. Mais en même temps, qui ne pourrait remettre en cause ses choix et ses actes quand il s'aperçoit que toute sa vie s'est échappé de son emprise, mais qui s'en rend compte que bien trop tard. Ses proches, sa vie, tout a glissé comme du sable entre les doigts.  C'était sûrement sa faute, tout ce qu'elle touchait, se transformait en monstre, à croire qu'elle avait une main de faucheuse qui scellait le destin de quiconque elle effleurait la peau. Lew et Danny sont devenus des cadavres, l'un véritable, l'autre prétendant être encore en vie, un simulacre peu réussi s'il faut l'avouer. Et il y avait Robb. Coups, sang, pleurs, coups, sang, pleurs. Il ne faut pas parler de lui. Les monstres comme lui, ça reste au fond de la mémoire. L'oubli est parfois le meilleur des remèdes, encore faut-il pouvoir oublier.
Mais Lew et Danny, elles ne voulaient pas les oublier, du moins avant qu'elle porte sur eux un vent de fatalité. L'on peut dire que sa vie d'antan la maintenait en vie ici. Seule. Mais en vie.
Zoe marchait, pieds nus, tenant son arme et ses chaussures dans une main, le long du ruisseau, appréciant parfois la fraîcheur que lui procurait l'écoulement des larmes jusqu'au cours d'eau. Elle pourrait presque se croire en train de marcher sur la plage de galet à Brighton, le long de la mer, un soir d'été. Seulement, les ombres ne bougeaient pas par elles-même à Brighton. Mais ici, oui. Ce n'était pas en dérangeant en soi, cela apportait un certain divertissement non négligeable lorsque l'on doit réapprendre à vivre sans tous les divertissements et objets qui nous rendaient la vie plus attrayante. Et il fallait dire que la façon dont ces ombres se mouvaient sur la roche était très élégante, voire envoûtante. Elle aimait à se demander s'ils avaient une conscience, s'ils avaient une propre volonté, ou s'ils n'étaient que projection d'une oeuvre sans artiste. S'ils ressentaient de la peine, de l'amour, de la haine et de la peur, comme elle, comme nous. S'ils étaient capables de se jeter les uns contre les autres dans une lutte acharnée ou dans un élan passionné. S'ils pouvaient donner la vie ou la prendre. Zoe n'aurait jamais réponses à ses interrogations, mais au fond, elle ne voulait pas vraiment savoir la vérité. La vérité est souvent bien déplaisante. Les mensonges sont moins âpres et violents. Ils sont presque rassurants, comme une couverture que l'on serre autour de soi enfant, pour se protéger des dangers de notre chambre obscure.
Les pieds de Zoe s'immobilisèrent sur le sol rugueux et humide. Sa main resserra son emprise sur son maillet de croquet, à l'aspect bien ridicule ; ce n'est pas avec cet objet extravagant et sa petite carrure qu'elle intimidera qui que ce soit. Il y avait une ombre au loin, juste devant elle. Mais cette ombre n'était pas plate, ni longiligne et ne frôlait pas les murs avec grâce. Ce n'était pas même une ombre noire, c'était un vivant. Un vivant mort. Un mort vivant. Qu'importe la différence, si même différence il y a en ce bas monde. Mais il avait la démarche et l'allure d'un homme vivant, du moins qui aurait dû l'être, d'un cadavre qui a perdu son âme mais dont le coeur bat toujours avec effervescence. Son coeur se devait de battre avec effervescence. Il n'avait pas le droit d'être ici, alors non, ce n'était pas lui. Il était vivant, à Londres ou à Plymouth, peu importe tant qu'il n'était pas ici. C'était un mirage, une illusion, une preuve que la folie s'emparait d'elle. Malgré ces pensées rassurantes, des mensonges ni plus ni moins, ses doigts relâchèrent la pression sur son arme, presque inconsciemment. Ce n'était pas un ennemi. C'était un Weaver. Mais encore une fois, ce n'était pas le bon, pas celui qui aurait pu se trouver ici. C'était pas le décédé. C'était le vivant, qui n'aurait jamais dû mettre les pieds ici, qui n'aurait jamais dû mourir en premier lieu. La mort n'a pas su se contenter de l'un, il a fallu qu'elle vienne pour l'autre aussi. Pour lui. « Danny... » Même les ombres chinoises projetées sur la roche à ses côtés n'auraient pu entendre ce murmure si frêle, cherchant à vérifier si la vision était réelle ou si l'apparition n'était que jeu de son esprit. « Danny ! » Une voix cassée, un pied qui se pose l'un devant l'autre, mouvements rapides, toujours plus rapides. Une tête qui se retourne. Une vision qui s'ancre dans la réalité sous la forme de yeux marrons ayant perdu de leurs éclats d'autant. Un cadavre, dans le coeur et dans l'âme. Un mort vivant. Un vivant mort. « Danny... » Sa voix est redevenue un murmure, mais il est si prêt qu'il peut l'entendre dorénavant. Ses yeux verts ne quittent pas ses yeux marrons, par crainte de les voir disparaître. Elle tend sa main doucement vers son visage, pour vérifier une dernière fois s'il était bien réel, là, debout en face d'elle, dans un monde improbable puant la mort et le désespoir. Mais les doigts tendus se replient sur eux-mêmes. Elle ne voulait pas vérifier, elle ne voulait pas savoir. S'il n'était qu'illusion, elle se retrouverait de nouveau seule et la folie la consumerait tout entière.

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Dernière édition par Zoe Walker le Lun 14 Juil - 18:16, édité 4 fois
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✢ DENTS PERDUES : 1174
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1742
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 06/05/2014
✢ PSEUDO : radioactive fish
✢ AVATAR : heath ledger
✢ CREDITS : sugar slaughter, wild hunger
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt huit ans, vingt-huit, joli nombre s'il s'en faut, vie trop courte s'il en est
✢ JE SUIS : une chenille avec une chicha, paye les conseils et fumée gratos
✢ DANS TES POCHES : couverture en plumes de jubjubs, lanterne lucioles (encore 15), potions répare-tout (6), somnicakes (6), et un fragment d'une dent du morse dont les propriétés lui sont encore inconnues -elle a au moins le mérite d'être un peu classe-
✢ TA VIE : 54/100
✢ ANCIEN METIER : barman, l'ironie de l'alcoolisme
✢ LOCALISATION : crypte de la chenille, tant qu'à faire, à ruminer dans un coin, ou pourquoi pas à la rivière sanglot, c'est selon l'humeur

If heaven has any plagues beyond what I can drum up, let it wait until your sins are piled high and then hurl them down on you, you destroyer of a whole world of peace ! May conscience eat away at your soul constantly. May you suspect your true friends of being traitors and take the worst traitors as your closest friends. May you never sleep a wink except to dream of a hell full of ugly devils.
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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Sam 28 Juin - 22:21


dance on our graves

U
n vide entier, sa prétendue vie n'était plus qu'un vide entier. A peine avait-il croisé Lew qu'il s'en était allé, comme un véritable courant d'air, comme une brise glaciale qui avait soufflé sur son cœur une solitude froide et immense. Et tout, tout revenait dans sa tête, tout ce qu'ils avaient pu échanger, les propos difficiles tournaient en boucle dans l'esprit déjà torturé de Danny, se mêlaient et se mélangeaient en un horrible songe duquel il ne pouvait pas sortir. Oui, tout n'était que vide, absurde, plus rien n'avait de sens, il n'était qu'une erreur de plus dans un monde qui était déjà lui-même une erreur. Mais maintenant... Maintenant qu'il savait que Lew existait, il ne pouvait plus songer à quitter cette vie d'une façon ou d'une autre, maintenant, cette hypothèse semblait inconcevable. Il se devait d'être là, que ce soit pour Lew ou pour lui même. Il s'était juré, en tout cas, de ne plus le perdre, de ne plus jamais le perdre, et même de le retrouver, peu importe le temps que cela prendrait, même s'il n'était pas très optimiste sur l'issue de leur relation. Difficile de pardonner à quelqu'un qui vous a tué, sans doute.

Alors, Danny s'était exilé, comme à son habitude, dans la Crypte de la Chenille. Cet endroit s'avérait être sans conteste le plus paisible de ce monde, et les paysages pittoresques qu'il contemplait des heures avaient ceci pour eux qu'ils pouvaient dans la mesure du possible soulager les maux de Danny, ou du moins, les apaiser. C'était comme si, cette route, cette route douce et mélancolique accueillait Danny les bras ouverts comme une mère, et le soulageait quelque peu de tout ce qu'il accumulait. Elle le déchargeait d'un peu de poids chaque jour, et plus le temps passait, plus Danny s'y sentait chez lui. Parfois, même, il fermait les yeux, les pieds dans l'eau, et pouvait entendre de la musique, une musique qui se jouait dans son âme et qui se mêlait dans une parfaite harmonie au clapotis de l'eau. Et, en fermant les paupières, il devenait réceptif à la moindre brise, sentait la moindre caresse du vent sur sa peau, entendait tinter les cailloux qui sonnaient comme des sons cristallins suspendus dans les airs. Il arrivait même à se libérer, et voyageait à l'intérieur, il retrouvait les plages et le sable de Plymouth, il se voyait en mer, il ne pensait plus à rien d'autre qu'elle, pour seuls compagnons les cordages de l'embarcation. Et quand il ouvrait les yeux, regrettant tellement sa vie passée, il fixait les ombres, discrètes et silencieuses, ces ombres qui semblaient aussi paisibles qu'éternelles, et il les admirait, si gracieuses et si mystérieuses, ces ombres qui évoluaient sur les parois des roches et des statues, comme de véritables fantômes du passé. Peut-être étaient-elles des âmes, des âmes en perdition comme lui.
Et aujourd'hui plus que jamais, Danny avait besoin de ce refuge, il avait besoin de retrouver une certaine sérénité, il avait besoin de se sortir de la tête bien trop de choses qui lui faisaient mal. Lew, Lew, il aurait souhaité ne jamais le revoir. Il se dégoûtait de penser une telle chose, mais depuis qu'il avait revu son frère, le peu de culpabilité dont il était parvenu à se débarrasser revenait toujours plus intense. Elle le grignotait de l'intérieur, elle le mangeait, elle était son cancer et son mal. Et il allait devoir vivre avec, tout le temps de son séjour en ce pays, peut-être même après, d'ailleurs. Elle était un poids dont, Danny en était sûr, il n'arriverait jamais à se défaire.

Mais, à ce moment, il n'y pensait quasiment plus.

Il n'avait pas forcément l'habitude de croiser beaucoup de monde ici. Et le peu de monde qu'il voyait n'était généralement que de passage, des âmes perdues qui ne comprenaient pas grand chose à ce qui leur arrivait. Danny les regardait, souvent, de loin, désespérées, apeurées. On venait lui parler, aussi, régulièrement. Et Danny ne répondait que par bribes, alors on ne l'embêtait jamais bien longtemps. Mais elle. Elle, non, elle n'était pas comme les autres voyageurs, elle, elle s'approchait de lui, elle lui faisait face et murmurait son nom, à deux doigts même d'effleurer son visage. Elle, non, il n'allait pas se contenter de jeter un coup d’œil à elle de temps en temps, non, pas elle, pas Zoe. Parce qu'à ce moment, il n'avait plus que Zoe dans la tête. Zoe, son être tout entier, Zoe, la seule femme qu'il avait aimée et qu'il aimait toujours, Zoe, la personne qui hantait ses pensées, Zoe, la seule qu'il était capable de voir et de détailler. « Zoe... » Il n’atterrissait pas, Danny. Il ne croyait pas ses yeux, il ne pouvait pas les croire. Et pourtant, elle semblait si réelle, si proche lui. Alors, aussi doucement qu'elle, il avait attrapé sa main, avant qu'elle ne disparaisse en fumée. Danny la sentait, sous ses doigts, il sentait la main de Zoe, il la sentait et elle ne se volatilisait pas. Le temps, une fois encore, s'était suspendu. Et Zoe était là, en face de lui, aussi belle qu'au premier jour, lavée de toutes ses plaies et de toutes ses contusions. Belle au point qu'il aurait pu s'en crever les yeux d'amour.
Et puis, Danny sentit les larmes lui monter, car tout affluait en lui d'un seul coup. Tous les sentiments, toutes les émotions, tous les souvenirs... Tout était de trop, mais tellement bon avec Zoe à ses côtés, comme si la souffrance s'en était allée d'elle même. Alors, Danny l'avait enlacée de ses bras. « Oh Zoe, tu m'as tellement manquée. » Que lui dire de plus ? Rien ne venait, les mots étaient superflus, les yeux embués voulaient déjà tout signifier. Et puis, il lui avait souri, tristement. « Je me demandais quand j'allais te voir. » Il était logique qu'elle se retrouve également ici, après tout. Après Lew, après Zoe, après lui-même. « Je... Je suis tellement désolé. » Tellement désolé de n'avoir pas pu l'aider. Tellement désolé d'avoir tué Lew. Tellement désolé de s'être trompé. Tellement désolé d'avoir laissé son coprs. Tellement désolé de n'être pas intervenu. Et tellement désolé de t'aimer, aussi, Zoe.

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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Dim 29 Juin - 17:49


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D
anny était là devant elle, comme au premier jour où ils se sont rencontrés, comme au dernier jour où ils se sont vus. Le visage creux et pâle qui l'avait tant horrifié et brisé le coeur en ce dernier jour où ils s'étaient aperçus, lui inspirait en ce jour la plus grande joie qu'elle ait ressentie depuis son arrivée dans cet au-delà insipide et néfaste. S'il était vraiment là, elle n'était plus seule, Robb lui avait dit faux, il avait menti. Finir seul sa vie, c'est effrayant, mais affronter la mort seul, ça l'est bien plus. Mais Danny était là maintenant. Au début, elle avait déambulé un peu partout avec le moindre espoir de tomber sur Lew. Si on se réveillait en dessous de ce trou, sur un lit de terre poussiéreuse, d'os brisés et d'objets endommagés, c'est qu'on était mort. Lew était mort. Elle aussi semblait-il. Cependant, elle ne l'a pas trouvé. Peut-être n'était-il pas ici, peut-être avait-il eu droit à une meilleure fin après sa mort sordide, pour le réconforter de ses maux. Si Danny était là, il devait être mort alors ? Elle prit peur la Zoe, au fond de son âme, parce que si Danny était réellement devant elle, c'est qu'il était mort lui aussi, comme elle, comme Lew. Un dessin macabre, bien trop funèbre pour qu'il soit réel. N'est-ce pas ? Danny n'était qu'une projection de son esprit, il n'était pas mort. Il était à Londres ou à Plymouth, peu importe, mais pas ici. Qu'importe sa solitude, elle priait pour qu'il ne soit pas réel. S'il te plaît Dan, dis-moi que t'es pas vrai. « Zoe... » L'illusion avait parlé. Son prénom semblait si réel lorsqu'il roulait sur sa langue. Ça ne voulait pas pour autant dire qu'il l'était. L'ouïe se plaît à entendre ce qu'elle souhaite. Si seulement il n'avait pas avancé les doigts vers les siens...
Il les approcha doucement, assez lentement pour qu'elle ne voit rien, subjugé par ces yeux marrons qui n'avaient pas leur place dans ce décor. Mais elle n'avait pas besoin de voir sa main, pas aujourd'hui ni le jour où Lew est devenu cendres. La simple pression de sa main sur la sienne suffisait amplement. Ses prières et ses espoirs s'effondrèrent, comme les morceaux de verre le jour qui marqua le début de sa fin. Non, non, non. Elle fit glisser ses yeux jusqu'à sa main qui était recouverte par celle de Danny ; un contact dur et délicat, froid et ardent, qui provoque détresse et sécurité, tout ça et rien à la fois. Et cela devint plus terrible lorsqu'il la prit dans ses bras. Il est certain que si l'on aurait pu voir le coeur de Zoe, une nouvelle fissure profonde serait apparue à sa surface. Dire qu'elle avait un jour douté de son existence. « Oh Zoe, tu m'as tellement manquée. » Elle ne put retenir le sanglot qui s'échappa de ses lèvres tremblantes. Oh Danny, toi aussi tu m'as manqué, vous m'avez tellement manqué, j'étais seule, toute seule, comme Robb m'avait dit que je finirais, j'avais peur - j'ai peur Danny. Son coeur l'a trahi, il pleurait de joie d'avoir retrouvé une âme connue avec un certain égoïsme qui la dégoutait. Se réjouir de voir un ami mort, c'est écoeurant. Mais elle avait ressenti tellement de honte avec ses pensées dernièrement que creuser un trou pour s'y cacher serait bien futile. Puis, les mains de Danny semblaient si vraies, le contact si authentique... S'il était véritablement là, autant se contenter de l'avoir trouvé, n'est-ce pas ? Les mensonges de l'esprit pour rassurer l'âme sont les plus perfides ; l'on veut tellement y croire que l'on enfouit la vérité dans un cachot au centre de la terre pour ne jamais y faire face. Une autre preuve que le mensonge est dans la nature de l'homme sans doute. « Je me demandais quand j'allais te voir. » dit-il avec un sourire désolé. Elle lui retourna son sourire en reniflant silencieusement. Tu savais que j'étais morte hein ? Dis-moi que tu m'as pas vu, pitié. Personne n'aurait dû me voir comme ça, défigurée et cabossée. Surtout pas toi, pas après Lew. Comment tu sais que je suis morte, hein, Danny ? Elle voulait lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'il avait effleuré sa main, mais sa bouche ne réussit à s'ouvrir uniquement pour rester silencieuse. Mais toi, Danny, t'es mort ? C'est pas juste. Mais la vie ne l'est pas, alors pourquoi la mort le serait-elle... « Je... Je suis tellement désolé. » Les sourcils de Zoe se plissèrent tandis que sa bouche s'ouvrit à nouveau ; témoignage inconscient de son incompréhension. Sa main leva, presque par elle-même, pour se poser sur la joue de Danny où son pouce s'humidifia lorsqu'elle balaya une larme. « T'as pas être désolé Danny, tu m'as rien fait. C'est pas de ta faute, t'as pas à t'en vouloir. » Sa main se figea sur la joue de Danny tandis qu'elle cligna des yeux pour chasser les larmes piquantes d'amertume.  « Danny... Tu m'as tellement manqué aussi. » Elle se mordit les lèvres, les mots ne voulaient pas sortir. Ça lui faisait trop mal de lui demander si lui aussi la vie l'avait quitté avant qu'il n'ait eu le temps de réaliser de grandes choses. Danny aurait pu faire de la magie son métier avec un peu plus d'entraînement, ou il aurait pu retourner à la réparation de bateaux. Il lui avait parlé de son ancien travail, avec les mêmes étoiles dans les yeux que lorsqu'il lui avait fait ce tour, si anodin pour certains mais qui restait spectaculaire aux yeux de Zoe. Il adorait la mer, quiconque qui en aurait parlé avec lui aurait pu le remarquer. Il aurait dû être en vie, et vivre de façon aussi paisible que le décès d'un frère vous le permet, au bord de l'eau. Il ne méritait pas de mourir, comme tant d'autres, comme Lew. Surtout pas lorsqu'il avait vu son frère partir, surtout pas lorsqu'il avait eu pour seule vue le flot de la Tamise pendant des mois. Danny aurait dû retourner à la mer, il le méritait. Zoe aurait dû mourir à leur place, même si cela voulait dire s'être prise plus de coups encore que ceux que Robb lui a donné. « Qu'est-ce que tu fais là Dan ? » Elle ne lui demande pas ce qu'il fait sur ce chemin d'amertume, non. Elle lui demande ce qu'il fait dans ce monde atroce. Elle lui demande comment se fait-il qu'il soit mort lui aussi, après Lew et après elle, comme un jeu de dominant sanglant dont un domino tombé souffle le râle putride de la mort sur le suivant et ainsi de suite semblait-il. Elle n'aurait jamais dû rencontrer ces frères, peut-être qu'ainsi ils seraient encore tous en vie. Mais c'est la vie qui choisit dans une injustice suprême, pour tous nous mener à la mort, encore plus inique que son homologue.

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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Lun 30 Juin - 21:51


dance on our graves

J
e crois que Danny n'atterrissait pas. Il était là, planté devant Zoe, serrant sa main comme à l'incinération de Lew, et il planait, un petit peu. Il ne se rendait pas entièrement compte, et dans son cœur, c'était une explosion, il sentait presque physiquement ses plaies se panser, il sentait presque un baume l'apaiser, et il sentait que son cœur devenait aux couleurs de ce pays ; il revivait, et son âme avec lui. Il ressentait de nouveau, et depuis bien trop longtemps, tout un tas de sentiments se confondre et le fragiliser au plus haut point. Danny en devenait vulnérable, complètement vulnérable, un rien aurait pu l'abattre sans qu'il ne voie rien venir. En fait, il ne pensait plus à rien, perdu dans la contemplation des deux grands yeux verts de Zoe, ceux là qu'il n'avait que trop regardés et dont il s'était langui chaque jour un peu plus. Il n'avait plus qu'elle en tête, elle chassait tout le reste, tout ce qui pouvait d'habitude le pourrir de l'intérieur. Et elle était là, debout, figeant son regard dans le sien, silencieuse et pourtant si près de lui, si près de son cœur, si près de lui qu'elle atteignait son âme et le touchait du plus profond de son être. Zoe, elle donnait un sens à ce monde, elle lui donnait un endroit et un envers, elle était une raison qui allait le pousser à affronter les démons de ce pays, elle était celle qui allait, sans conteste, le pousser à vivre, et à vivre tous les jours plus. D'un coup, elle rompait la solitude dans laquelle il ne s'était que trop enfermé, elle le libérait d'une prison mentale qui l'emmurait, et elle venait, doucement, avec sa délicatesse habituelle, le sauver, le sauver des autres et lui-même. Danny en était sûr, à ses côtés, il aurait été invincible. Et puis, le contact de sa main était la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis son entrée ici. Sa main, sa main fine et délicate qu'il sentait au creux de la sienne, elle lui apportait une douce chaleur, une chaleur comme il aurait aimé en connaître plus, une chaleur qu'elle seule était capable de lui procurer, une chaleur capable de le guérir de n'importe quoi, même de Lew. Et ces larmes, ces larmes qui coulaient de ses yeux, Danny aurait voulu les essuyer d'un revers de main, délicatement, mais rien ne venait, il était comme paralysé par la présence de Zoe. Alors, quelques larmes avaient également perlé à ses yeux, puis avaient roulé, doucement, le long de ses joues pour venir s'écraser tristement au sol. Des larmes de joie, oui, mais pas seulement ; la culpabilité jouait un bien grand rôle dans l'apparition des pleurs, la culpabilité de voir Zoe alors que rien n'aurait jamais dû arriver, et qu'elle aurait dû s'amuser à Londres, même si elle s'amusait avait Lew et ne le voyait pas vraiment. Et ils étaient là, condamnés pour l'éternité, peut-être, dans un monde qui ne voulait pas d'eux. Alors, les larmes, elles témoignaient de tout ça.

Et pourtant, Zoe, elle ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas comprendre. Elle avait porté une main sur la joue rugueuse de Danny, parce qu'elle ne savait rien. Si elle avait su, si elle savait un jour -et bien évidemment qu'elle allait croiser Lew et le savoir-, elle ne voudrait certainement plus entendre parler de lui. Parce que Danny, on ne pouvait pas le comprendre. Aux yeux de la morale, il n'était pas une victime, il n'était qu'un assassin. Aux yeux de Zoe, peut-être allait-ce être similaire. Et, de sa main délicate, elle touchait un meurtrier, un fratricide, une ordure tellement malade qu'elle en vient à commettre l'impardonnable. Pourtant, Danny avait cherché un pardon. Il aurait pu se détruire pour un pardon, parce que l'irréparable avait été commis. « T'as pas être désolé Danny, tu m'as rien fait. C'est pas de ta faute, t'as pas à t'en vouloir. » Danny avait déglutit, difficilement. Il avait toutes les raisons d'être désolé, mais Zoe, elle ne pouvait pas le savoir, elle ne comprenait pas ses aveux, elle en était incapable. Et, dire la vérité, même à Zoe, de but en blanc, il ne pouvait pas. Tout le rongeait, la situation devenait de moins en moins supportable. Etre coincé, seul, dans ce pays, ça n'avait pas d'importance. Etre coincé avec ses victimes, en revanche, c'était une autre histoire. Sans cesse, elles allaient lui rappeler ses actes, les raisons de sa présence en ces lieux, et il allait toujours être enchaîné à ce boulet de passé qu'il traînait tous les jours, un boulet qui pesait de plus en plus et qui lui brisait les os. Bien sûr que si, il avait à s'en vouloir, et pas moindrement. Pourtant, il devait lui dire. Il devait. Sa conscience menaçait d'exploser un peu plus à chaque seconde qui défilait. « Zoe, tu... Je... J'ai... » Et les mots se perdaient, étranglés dans une voix bien trop serrée par l'émotion. J'ai tué Lew, je dois m'en vouloir, c'est de ma faute. J'ai fait la pire chose que je n'aurais jamais pu faire. A nouveau, Danny déglutit. Il ne voulait pas perdre Zoe, pas maintenant, pas maintenant alors qu'il venait à peine de la retrouver, il ne pourrait jamais le supporter. « J'aurais dû m'en rendre compte, Zoe, j'aurais dû t'appeler bien plus tôt. » Quand bien même, est-ce que cela aurait changé quelque chose, aurait-il pu la protéger de l'ordure qui lui avait fait ça ? Il était trop tard pour regretter, et pourtant, l'amertume ne l'avait jamais quitté. Mais ces paroles, s'il était tout de même sincère, elles valaient mieux que l'horrible vérité, que l'indicible. Danny en était persuadé, le silence était d'or. « Danny... Tu m'as tellement manqué aussi. » Alors, Danny, une fois encore, la serra fort dans ses bras, et pleura sur son épaule. Il mourrait, il mourrait d'envie de lui dire une vérité imprononçable. Il mourrait de son silence, il mourrait de devoir se taire, il mourrait sous les coups que lui avait donnés Lew, il mourrait sous les coups qu'il lui avait rendus, il mourrait de ce pays, il mourrait de Zoe, et pourtant, on ne le laissait pas véritablement mourir.

Séchant ses larmes avec difficulté, il s'était redressé. Maintenant, Zoe l'assassinait encore. La question fatidique était arrivée. « Qu'est-ce que tu fais là Dan ? » Il cherchait un repos, sans doute. Il cherchait la rédemption. Il cherchait la paix. Et il ne trouvait rien de tout ce que son suicide était supposément censé lui apporter. Voilà ce qu'il cherchait là. Il avait cherché une fin à son cauchemar, il avait cherché l'éveil, c'était toutes ces folies qui l'avaient conduit ici. Tout simplement. Et l'échec était cuisant. En plus de traîner les mêmes maux que de son vivant, la survie était difficile. Danny baissa la tête. Il ne pouvait plus voir Zoe, il ne pouvait pas lui dire en face, dans les yeux. Il en était incapable. « C'est pas très important, Zoe. » Je me suis suicidé, je me suis ouvert les avants-bras, il y avait du sang partout, les voisins ont dû gueuler avant de comprendre parce que ça devait sentir la charogne, et puis, je suis peut-être passé à la rubrique nécrologique, on fait une sacré histoire sordide tous les trois. Tu sais, à peine je t'ai vue que j'ai pas hésité, l'occasion était magnifique, tu comprends ? T'étais la seule qui me faisait encore tenir debout, j'allais pas supporter tes funérailles, je pouvais pas, alors j'ai mis fin à tout ça. Ça n'a même pas vraiment fait mal, si tu veux tout savoir, juste une demi-seconde le temps de couper, mais j'étais déjà si mal que la douleur, j'm'en foutais bien. Je méritais pas de vivre, tout simplement. Voilà ce que je fous ici.
Il aurait bien aimé lui dire ça, parce que c'était la vérité. Et à Zoe, non, il ne pouvait pas sortir la disquette de l'accident. Parce qu'il l'aimait trop, Zoe.

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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

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✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 07/05/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : felicity jones.
✢ CREDITS : angel dust.
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt-sept
✢ JE SUIS : un certain lapin blanc.
✢ DANS TES POCHES : rien qui vaille la peine de la tuer ou de la menacer, croyez-moi. sauf si vous êtes friands de poussière, d'une fleur sèche et d'un morceau de champignon gâté.
✢ TA VIE : 96/100
✢ ANCIEN METIER : risk manager, pas très édifiant ou poétique, mais ça payait bien le loyer.
✢ LOCALISATION : ailleurs, au loin, ici.

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pale shadows.

wowowow:
 

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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Mar 1 Juil - 0:11


when we see the light when we're going home,
we'll dance on our graves with our bodies below.

I
était réel, ce n'était pas un spectre à travers lequel sa main serait passée lorsqu'elle aurait voulu toucher sur sa joue. Il était livide, certes, mais en chair et en os, aussi vivant que l'on peut l'être dans un tel endroit, aussi vivant que l'on peut l'être lorsque l'on est censé être mort. Mais la mort lui seyait si bien à Danny ; elle le rendait réel, elle le rendait vivant - une seconde fois -, elle le rendait présent et c'est tout ce qui comptait à ce moment-là. Ce n'était pas uniquement le fait de n'être plus seule qui lui apportait autant de réjouissance. Cela aurait pu être sa voisine Mrs Ainsworth qui serait tombé de ce trou pour la rejoindre, cela lui aurait rapporté un réconfort certain mais mesuré et une absence de solitude éphémère. Cela aurait été la même chose si c'était Tom, Jessica ou Sofia, à la seule différence que le réconfort aurait été un peu plus grand, mais pas trop quand même. Et si cela aurait été son père, ce lâche, ce briseur de promesses, elle l'aurait fui comme la peste. La mort n'apporte aucune seconde chance. Il aurait voulu la connaître, il l'aurait fait lorsqu'elle était vivante et non une fois qu'elle était morte. Non, Danny, c'était pas pareil. Ils étaient proches et éloignés à la fois, reliés et distendus. Il lui rappelait Lew, par certaines habitudes mais également par certaines valeurs et qualités qu'elle appréciait tant. Mais elle l'appréciait aussi parce qu'il était Danny et non Lew. Danny était calme, posé, réservé, sobre. Danny était charmant, passionné, compréhensif, indulgent. Danny était bon. Et ça lui faisait tellement plaisir que ce soit lui le premier à la sauver de sa solitude qui l'étouffait. Danny, tu vas rester avec moi, hein, tu me le promets ? Mais de qui se moque-t-elle ? Danny est là pour Lew, et non pour elle. Elle n'a personne, elle n'a jamais eu personne et n'aurait sans doute jamais personne. Elle était vouée à rester sur le côté, toujours seconde, à regarder les gens qu'elles apprécient en rejoindre d'autres pour la laisser seule. Ce n'est pas la première fois et ça ne serait sûrement pas la dernière. Elle ne pouvait pas leur en vouloir, un lien fraternel c'était beaucoup plus fort qu'une amitié - ou peu importe ce que cela était - avec une pauvre fille qu'ils connaissent depuis si peu comparé à leurs vies entières. Lew méritait Danny et Danny méritait Lew. Zoe ne méritait personne et personne ne sollicitait Zoe. Elle espérait vraiment que Lew se trouve quelque part ici, pour que Danny puisse le retrouver. Mais au fond, ça la rendait triste et ça ne faisait que la conforter le dégoût - si ce n'est la révulsion - qu'elle s'inspirait elle-même. Alors elle enfouit ces sentiments là où personne ne pourrait les voir tandis que la joie d'avoir Danny dans ses bras continuait de couler de ses yeux humides.

Elle s'en voulut d'avoir posé cette question dès lors qu'elle le vit baisser sa tête. Elle voulut s'excuser, pourquoi elle ne le savait pas véritablement, mais l'envie lui brûlait la langue. Elle s'en voulait pour tellement de choses depuis ces jours, qu'elle avait peur que ses frêles et blanches épaules craquent sous le poids de la honte et la culpabilité. Elle n'aurait jamais dû les rencontrer, elle n'aurait jamais dû laisser Lew repartir ce soir-là en bas de chez elle, elle n'aurait jamais dû en parler à Jessica, elle n'aurait jamais dû poser cette question à Danny. Et pourtant son coeur voulait savoir ce qu'il faisait ici, elle voulait savoir pourquoi il était mort alors qu'il aurait dû, par simple répartition d'une égalité plus juste du destin, avoir une vie aussi sereine qu'il aurait pu. Le destin. Voilà encore une chose futile en laquelle elle avait bien eu raison de ne jamais y croire. Il n'y a aucune justice et il n'y a aucun destin, juste des complots suintant la mort par tous les pores. Qu'est-ce qu'elle aurait voulu lui relever la tête à cet instant-là. Mais elle ne fit rien de cela, elle resta immobile et silencieuse. « C'est pas très important, Zoe. » Si, c'est important, Danny. Ça l'est énormément, terriblement, c'est la raison pour laquelle tu trouves ici, c'est la source de ma joie de t'avoir retrouvé et de ma peine de te savoir décédé. Mais tu veux pas me répondre, hein. Elle se mordit, parce qu'elle ne savait pas quoi faire d'autres ou parce qu'elle voulait retenir ces mot douloureux, personne ne le savait, pas même elle. Il ne la regardait pas toujours pas et c'est en voyant son front plissé, qu'elle repensa à ces mots, ces mots auxquels elle n'avait pas fait attention. « J'aurais dû m'en rendre compte, Zoe, j'aurais dû t'appeler bien plus tôt. » De quoi aurait-il dû se rendre compte ? Pourquoi aurait-il dû l'appeler bien plus tôt ? « Je me demandais quand j'allais te voir. » Il savait qu'elle était morte. Il l'aurait dû l'appeler avant que Robb la tue, c'est ça ? Avant qu'il ne lui assène coup sur coup et maintes façades dures et froides ? Comment tu sais, Danny, comment tu sais tout ça ? « Comment tu sais que je suis morte, Dan ? On t'a appelé pour te le dire ? Dis-moi que je n'ai pas fait la une des journaux, dis-moi que tu m'as pas vu... » Pas ces journaux se nourrissant de drames affreux, plus macabres les uns que les autres, qui eux-même nourrissent le besoin d'adrénaline de ces voyeurs qui les achètent. Pas elle, dans son état pitoyable dont la vue n'aurait dû s'imposer aux yeux de Danny. Et pourtant... Ce sont ces mêmes yeux qui lui ont répondu, lorsque sa tête s'est relevé doucement. Il aurait pu lui mentir, lui assurer le contraire, elle aurait su, rien qu'en voyant ces yeux marrons et peinés. Sa respiration rata un coche lorsqu'un sanglot sortit de sa gorge lorsqu'elle voulut inspirer. Ce n'étaient plus des larmes de joie qui coulaient, non. Elle n'osa même plus le regarder en face et préféra détourner son regard vers le pied de ces statues pleureuses. Elle aurait aimé se transformer en roche elle aussi, à cet instant précis. Il lui était arrivé d'imaginer, parfois, souvent contre son gré, ce à quoi elle avait dû ressembler, étendue sur le sol de son appartement. Et souvent, cette vision l'horrifiait, alors elle la balaya d'un revers de son esprit. Elle essuya son nez avec sa main, pour tenter de conserver une once de dignité et aussi, quelque part, pour se cacher. On aurait dit une gosse honteuse d'une bêtise. Comment pouvait-il la regarder ainsi, sans l'imaginer boursouflée, fendue, cassée et tachée de sang ? « Danny... » La vie a vraiment été injuste envers toi.  « Tu... Tu m'as vu ? » Elle renifla encore une fois, comme un geste devenu réflexe. « Pardon, pardon Danny, t'aurais pas dû avoir à voir ça... » Comment tu peux me regarder en face sans être dégoûté ?Je me serais vue comme ça, je n'aurais même plus le courage de me regarder malgré les marques disparues. Les marques. Danny en avait des marques sur son visage, des taches jaunâtres et bleuâtres. Pourtant, lorsque l'on arrive ici, l'on est intact ? Bien sûr que l'on arrive sans séquelles lui répondit une petite voix au fond de son esprit, sinon il aurait déjà pris ses jambes à son cou en la voyant comme il l'a vu son cadavre. Cadavre. À croire que tous les mots reliés à la mort sont laids. Non, il devait s'être fait ça récemment. Zoe voulut passer sa main sur ces vives ecchymoses mais craignait de lui faire mal. Danny avait déjà trop souffert pour lui en faire endurer davantage. Alors, elle le toucha avec des mots, peut-être futiles ou intrusifs, mais ses mots à elle. « Si tu veux pas me dire pourquoi t'es ici, c'est pas grave Dan, j'veux juste que tu saches que je suis là si jamais tu veux en parler. J'te l'ai promis. » Un maigre sourire lui frôla les lèvres, mais que voulait-il dire lorsque des larmes coulaient sur ses joues et que ses yeux étaient rouges ? « Mais s'il te plaît, ne te fait pas plus de mal... » Sa main se leva pour frôler ses bleus, mais comme la première fois, elle s'arrêta en chemin. Tu ne lui ferais que plus de mal. « Maintenant que t'es ici, j'veux pas te perdre. Me laisses toute seule, je t'en supplie. » Une demande enfantine, suppliante et égoïste, ni plus ni moins. Elle n'avait pas le droit de lui demander ça, elle n'avait aucun droit sur sa vie, même si c'était uniquement pour lui demander de la conserver. De toute manière, elle n'avait plus grande estime d'elle-même, alors autant s'enfoncer davantage dans ses vices. Tant qu'elle n'était plus seule. Il faut croire que la mort vous crée des phobies. Celle des coups, celle des cris, celle de la solitude.

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Dernière édition par Zoe Walker le Lun 14 Juil - 18:18, édité 2 fois
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If heaven has any plagues beyond what I can drum up, let it wait until your sins are piled high and then hurl them down on you, you destroyer of a whole world of peace ! May conscience eat away at your soul constantly. May you suspect your true friends of being traitors and take the worst traitors as your closest friends. May you never sleep a wink except to dream of a hell full of ugly devils.
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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Mer 2 Juil - 21:45


dance on our graves

E
n réalité, Danny ne savait pas du tout s'il devait se réjouir de la présence de Zoe, juste devant lui. Il n'arrivait pas à déterminer si elle était une bonne chose ou non. Bien sûr, son décès n'en était pas une, évidemment, mais il ne s'agissait pas de ça. Ce n'était pas tant le fait qu'elle soit de ce monde, mais qu'elle l'ait trouvé, à ce moment, c'était ça la vraie question. Était-ce réjouissant, ou pas ? Danny était sceptique. Certes, elle lui permettait de trouver un réconfort certain, elle lui permettait de se libérer de quelques maux, et puis, il l'aimait, il l'aimait plus fort que tout, plus fort que la mer et plus fort que le ciel, et ça, il savait que ce serait à vie. Mais de l'autre côté, elle faisait surgir en lui des vagues de culpabilité immenses, sans le savoir, sans être consciente de ce qu'elle provoquait en lui, et ça lui faisait mal, ça lui faisait trop mal, à Danny. Ses paroles étaient si douces et si réconfortantes, uniquement parce qu'elle ne savait rien. Pour sûr, Danny ne les méritait pas. Et, en plus, il était incapable de tout lui avouer. Il était égoïste, il le savait, mais passer aux aveux aurait été similaire à lui mettre une grande claque et s'en aller. Parce que c'est ce que Zoe aurait fait, certainement, elle serait partie, et Danny aurait été seul, tellement seul, éloigné de Lew, et surtout de Zoe. Or, une telle solitude était un luxe qu'il ne pouvait plus se permettre. Il était à deux doigts de craquer, il le sentait bien, la chute aurait imminente si Zoe s'en allait, et même s'il s'en voulait horriblement d'avoir de telles pensées, il tenait à ce que Zoe reste près de lui, au moins un temps. Il avait besoin d'elle, et ce besoin était trop impérieux, trop fort pour qu'il ne l'écoute pas. Il l'aimait trop pour songer à la perdre une nouvelle fois. Et pourtant, il s'en mordait les doigts. Danny en était bien conscient, ses retrouvailles avec Zoe allaient consister à s'enfoncer dans un mensonge duquel il n'allait probablement pas sortir seul ; elle découvrirait forcément la vérité un jour ou l'autre, parce que Lew était là, il était de ce monde également. Et à ce moment, Zoe... Il s'efforçait du mieux qu'il pouvait de ne pas y penser.

Tête baissée, Danny faisait face au silence de Zoe. Qu'aurait-elle pu lui dire, de toute façon ? Qu'aurait-elle pu ajouter ? Elle n'allait pas insister pour connaitre les circonstances de sa mort, elle était bien trop compréhensive pour ça. Non, elle ne pouvait rien dire, et ce silence, ce petit silence, il ne faisait que remuer le couteau dans la plaie de Danny, parce qu'il les avait en tête, les circonstances, lui. Et forcément, tout ce qui allait avec ; Zoe, Lew, les médicaments, le sang... Rien dont il avait envie de se souvenir. Parfois, même, il songeait à se laisser attaquer par une bestiole agressive dans l'espoir que, peut-être, sa tête en prendrait un coup et qu'il ne se rappellerait rien. Cependant, il avait appris à cesser de rêver depuis bien longtemps ; dans le meilleur des cas, il s'en serait sorti avec, probablement, un membre en moins, et toujours ces affreux souvenirs. Alors, Danny avait lentement relevé la tête en réaction aux propos de Zoe. « Comment tu sais que je suis morte, Dan ? On t'a appelé pour te le dire ? Dis-moi que je n'ai pas fait la une des journaux, dis-moi que tu m'as pas vue... » Il détailla Zoe, sourcils froncés, une expression clairement peinée sur le visage. Et la vision qu'il avait en face de lui n'avait rien de réjouissant. S'il avait vu plus d'une fois Zoe sourire, jamais il ne l'avait vue dans un tel état, et elle lui brisait clairement le cœur. Plus que triste et abattue, elle semblait... Honteuse, au vue de sa manière de détourner la tête et de ses propos à la limite du suppliant. A son tour, Danny ne sut que répondre. Il ne pouvait pas, il ne voulait pas lui mentir à nouveau. D'un autre côté, elle devait redouter ce qu'il s'apprêtait à lui dire, et n'avait probablement pas envie d'entendre la vérité. Alors, Danny avait délicatement saisi la tête de Zoe entre ses mains et l'avait rapprochée de lui, et puis, il ferma les yeux. « C'est rien, Zoe, calme-toi. C'est rien, c'est rien du tout. » Non, il ne pouvait pas lui dire qu'il l'avait vue. Mieux valait la rassurer, lui dire que ça n'avait aucune importance ici, et que ça n'en aurait jamais nulle part, lui dire que tous les gens ici étaient morts et qu'un cadavre n'était jamais resplendissant, lui dire qu'elle serait toujours à ses yeux cette femme magnifique qu'elle était, lui dire que les journaux n'avaient pas pu s'emparer de cette histoire, lui dire que tout était resté entre quatre murs, lui dire que tout n'était qu'un mauvais rêve. Mais il ne pouvait pas. Bien sûr, la vision de son cadavre n'avait pas changé l'image qu'il avait de Zoe, mais à coup sûr, la presse avait dû se ruer sur leur histoire. Les voisins avaient dû être apeurés, le prix de l'immobilier avait dû réduire de moitié dans les appartements, et la personne qui lui avait infligée ça était sûrement en liberté, quelque part à Londres. « Danny... » Elle semblait aller un peu mieux. Ou alors, était-ce ce que Danny voulait voir ? « Tu... Tu m'as vue ? » Une fois encore, il détourna le regard. Impossible de lui dire. Oui, je t'ai trouvée. C'était comme avec Lew, en fait. Je suis désolé, j'ai vu ce qu'on t'a fait. « Pardon, pardon Danny, t'aurais pas dû avoir à voir ça... » Evidemment qu'elle avait compris. Zoe était loin d'être stupide, et Danny, du temps de Londres, avait adoré contempler cette lueur dans le regard de Zoe, cette éclat qui brillait dans ses yeux et qui tendait à montrer tant de choses. Zoe avait toujours été vive, et même une fois dans la mort, elle ne se défaisait pas de ce trait, ce trait qui la rendait véritablement attirante, d'une part, et inaccessible pour lui d'autre part. « Zoe... Zoe, ça n'a strictement aucune importance ici. T'excuse pas, t'as pas à être désolée. » Lui, par contre, il l'était. Désolée de ne pas avoir pu empêcher ça. Pire, même, désolé d'avoir tué la personne qui avait voulu empêcher ça. Mais une question lui brûlait les lèvres. Cette question, il ne pouvait pas la garder pour lui plus longtemps. Il inspira un grand coup, car elle était loin d'être évidente à poser. « Qui est le fils de pute qui t'as fait ça ? » Danny se mordit la lèvre, et son ton était peut-être même suppliant. Il devenait un peu cru, et ne voulait pas brusquer Zoe. Après tout, il avait refusé de lui raconter son suicide, et elle avait tout autant le droit d'éviter sa question. Mais, merde, à côté de qui étaient-ils tous passés ? Qui, qui était le responsable de leur chute à tous ? Qui était-il, bon sang ? L'espace d'un instant, avant de mourir, Danny avait songé à le retrouver, et à le descendre, tout simplement. Mais il n'en avait pas eu les moyens, et plus la force d'accomplir une telle action. Et pourtant, c'était ce chien qui s'en tirait bien, alors qu'eux, eux, ils étaient tous les trois dans un autre monde, tous les trois trépassés, et lui, probablement, était encore à Londres, dans un monde où tout ne menaçait pas de s'en prendre à lui. « Désolé Zoe. T'es pas obligée de répondre, je comprendrais que tu le fasses pas. » Oui, Danny ne tenait pas à faire rappeler à Zoe d'horribles souvenirs, quand bien même leur discussion était centrée sur leurs morts respectives. Il ne servait simplement à rien de remuer le couteau dans la plaie béante que leur avaient laissés leurs morts.

Toujours était-il que le pauvre sourire qui se dessinait sur les lèvres de Zoe compensait dans une moindre mesure la violence des propos et ce qu'ils évoquaient. « Si tu veux pas me dire pourquoi t'es ici, c'est pas grave Dan, j'veux juste que tu saches que je suis là si jamais tu veux en parler. J'te l'ai promis. » A son tour, Danny aussi esquissa l'ombre d'un sourire en coin en dépit des larmes de Zoe. Résolument, il ne la méritait pas, et cette vérité devenait de plus en plus flagrante et évidente. « Merci. » Il lui avait à peine soufflé ce mot, comme s'il s'était perdu dans l'air, comme s'il avait voulu lui murmurer à l'oreille pour que personne d'autre n'entende quoi que ce soit. « Je suis là pour toi aussi. » Elle devait sans doute le savoir, mais il ne lui coûtait rien de préciser. Ah, elle est belle l'ironie, non ? T'es responsable de son malheur et t'oses encore lui dire que t'es là pour elle ? Tant qu'à faire, mets lui une droite et propose-toi gentiment d'éponger le sang, ça reviendra au même. Pourtant, Danny était sincère. Ironie ou non, il voulait être là pour Zoe, lui apporter du réconfort et faire son possible pour elle, même si l'irréparable avait déjà été commis. Après tout, les règles changeaient un peu dans le pays, et les gens devenaient différents. Alors Danny, il allait tenter de se repentir de ses erreurs monumentales comme il le pouvait. « Mais s'il te plaît, ne te fait pas plus de mal... » Danny hocha la tête de droite à gauche, lentement. Il en fait aux autres, lui c'est qu'un dégât collatéral. Et puis, Zoe avait de nouveau fait un geste envers sa personne. Doucement, elle avait approché sa main de son visage, avec toute la douceur dont elle était capable, mais s'était ravisée au dernier instant, ce qui déclencha une nouvelle vague de vide en Danny, lui qui avait tant prié pour sentir le contact de sa peau sur la sienne, ce contact qui libérait des vagues salvatrices en lui. Et, impuissant, il laissa filer cette main qu'il aurait tellement voulu tenir, cette main qui avait été sur le point de panser ses blessures un peu plus. « Maintenant que t'es ici, j'veux pas te perdre. Me laisse pas toute seule, je t'en supplie. » « Je te le promets. » Danny avait planté son regard dans le sien, comme en gage de vérité. Inconsciemment, aussi, peut-être avait-il voulu qu'elle trouve une quelconque vérité en ses yeux, parce qu'elle était indicible, la vérité. Peut-être aurait-elle pu la voir ? En tout cas, Danny en était sûr ; jamais il ne laisserait Zoe, plus jamais.

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✢ DENTS PERDUES : 1973
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2075
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 07/05/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : felicity jones.
✢ CREDITS : angel dust.
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt-sept
✢ JE SUIS : un certain lapin blanc.
✢ DANS TES POCHES : rien qui vaille la peine de la tuer ou de la menacer, croyez-moi. sauf si vous êtes friands de poussière, d'une fleur sèche et d'un morceau de champignon gâté.
✢ TA VIE : 96/100
✢ ANCIEN METIER : risk manager, pas très édifiant ou poétique, mais ça payait bien le loyer.
✢ LOCALISATION : ailleurs, au loin, ici.

this is where the evening splits in half, Henry, love or death. Grab an end, pull hard, and make a wish.

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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Dim 6 Juil - 14:13


when we see the light when we're going home,
we'll dance on our graves with our bodies below.

C
oups, cris, solitude. Le sang est partout. Une indifférence face aux pleurs de supplication plane comme une ombre malveillante sur son visage dur et furieux. Encore plus de coups et de sang, du sang partout ; sur ses jointures écorchées à lui, sur ses plaies et lésions à elle. Le liquide épais au goût métallique se répand sur sa langue, contre son gré. S'il ne l'avait pas tellement frappé, à de tels endroits, pour la faire succomber sous ses poings, le sang s'accumulant dans sa bouche l'aurait certainement étouffé. Son corps hurle à sa façon, l'enveloppant dans une douleur de plus en plus vive à chaque contact de la peau rugueuse sur sa peau blanche, du moins une peau qui fut autrefois blanche et saine, mais qui est maintenant une peau bousillée et tachée de rouge impur. La souffrance n'en finit plus, tel un morceau sur un tourne-disque qu'on ne cesse de remettre à son début dès que la musique commence à ralentir et à s'estomper. La musique des os brisés et de la chair qui cogne sur de la chair, sans relâche. Ses tympans vont exploser sous la pression ; celle de cette musique affreuse et celle de sa force atroce. Leurs visages ne sont plus que grimaces distordues et grotesques ; celle de la rage et celle de la torture, à vous de les attribuer à la bonne personne. Il est difficile de distinguer les deux expressions, elles sont si reliées, intriquées au point de ne pouvoir les détacher l'une de l'autre. La rage est une torture de l'esprit enragé où tout devient complot, provocation, attaque et où l'on dérive dans une furie de plus en plus grande qui nous rend sourds et aveugles à toute vérité, à toute logique. La torture engendre une rage suprême envers l'auteur de nos maux, une volonté de lui rendre au centuple tout ce qu'il nous inflige, des flammes ardentes consume toute la sanité que l'on pouvait avoir, au point de nous transformer en bête furieuse dont le regard aurait pu tuer. Rage et torture sont les deux points centraux d'un même cercle vicieux continu, ne cessant jamais sa course, ne prenant jamais fin et n'étant jamais interrompu. L'infinité des maux de l'homme. J'sais qui m'a fait ça. Mais j'veux plus le savoir. J'sais plus qui m'a fait ça. J'veux plus le savoir. Elle ne voulait plus être seule avec ces souvenirs qui n'avaient pas leurs places entre les rouages de son esprit. L'un des avantages à n'être plus rien après la mort, c'est que l'on ne souvient plus de rien ; plus de nos amours, de nos peines, de nos joies, de nos péchés, de nos regrets, de nos remords, de notre mort. C'est sûrement mieux ainsi, pour perpétuer cette idée de « paix éternelle » et non engendrer un chaos infini. Un chaos infini. C'est ainsi que l'on pourrait qualifier la nature des hommes déchus ici-bas, à qui l'on a refusé le droit à la non-existence dans l'au-delà, du rien. Eventuellement, l'on peut dire qu'ils eurent ce droit, mais à demi-mesure ; la non-existence leur a été refusé mais le rien le furent donné. Après tout, certains ne sont déjà plus rien, les autres ne tarderont pas à être réduits à néant à leur tour. Ashes to ashes, dust to dust.

Zoe espérait qu'ils n'en finiraient pas là, bien que le sablier ait peut-être déjà été retourné, les grains de sable s'écoulant doucement vers le non-retour ; où l'amertume nous gagne, nous enveloppe de ses bras revêches et nous enlace à nous vider de tout air. Danny semblait déjà bien avancé vers ce chemin, aussi horrifique soit cette réalisation. S'il chutait davantage, Zoe céderait sûrement à la tentation de se laisser engouffrer dans cette noirceur palpable. Seule, elle n'était vouée qu'à l'oubli d'elle-même, une asphyxie mentale, une épuration de son être. Elle avait besoin de Danny, ne serait-ce que pour subsister, pour ne pas devenir un automate anesthésié.  « Je te le promets. » C'est tout ce dont elle avait besoin d'entendre à cet instant précis. Cela aurait pu être un mensonge inavoué que cela n'aurait rien changé. Son regard était si fort, qu'elle aurait cru tous ses mots, même les plus fous et les plus impossibles. Ils se sont promis de ne pas s'abandonner. L'abandon est dur et froid. Les promesses sont apaisantes et sûres. L'on se doit de tenir une promesse, n'est-ce pas ? N'est-ce pas Danny ? Elle lui sourit tristement, d'un sourire qui exprimait tant de choses complexes que personne n'aurait pu réellement saisir. Je te crois. « Merci. » Tu n'avais pas à me le promettre comme je n'avais pas à te demander une telle chose. Il faut que tu retrouves Lew. Il doit bien être ici, quelque part. Il est mort, comme toi et moi. Là-haut, nous ne sommes plus que des cadavres ou des cendres. Tu veux savoir sur quelles mains mon sang se trouve ?  Le « fils de pute » qui m'a fait ça ? C'était un homme qui fut un temps charmant, gentil et aimant. Trop. Alors je lui ai brisé le coeur et il m'a brisé les os en retour. Elle ne souvenait que trop bien de ces mains ensanglantées, de ses bras violents et de ce visage haineux. Elle en rêvait si souvent, comment pourrait-elle les oublier ? Rêve, cauchemar, la limite est fine, si limite il y a. « Tu... Tu le connais pas, je l'ai connu avant que t'arrives à Londres, il s'appelait - il - il s'appelait » « Robb ? » Du sang coule le long des murs de son appartement, comme lorsque le liquide épais de son arcade ouverte a coulé devant ses yeux. La couleur du diable est partout dans la pièce. Il rentre d'une vitesse presque surhumaine, le visage écarlate. Furibard. Dément. « NE ME MENS PAS! » Ses jointures vermeilles s'écrasèrent contre son visage, pour la première fois mais certainement pas la dernière. La pièce brille de mille feux, à en crever les yeux, comme un miroir où se reflètent les cieux lumineux. La lumière n'est pas blanche, elle est carmin. « Il s'appelait Robb et... et -  » Elle rencontre la surface froide tellement de fois qu'elle en perd le compte tandis que le vin bordeaux et le sang rubescent teignent la cuisine de leur couleur abjecte. Ses paupières se sont closes si fort qu'elles auraient pu ne jamais s'ouvrir à nouveau. Ses poings vinrent tapoter le long de ses tempes, ses doigts crispés sur eux-même, dans une vaine tentative de chasser ces images amarante. Le liquide transparent coule sur ses joues, ou serait-ce du fluide rouge ? Des larmes de sang ; virtuelles ou réelles ? Ses yeux retrouvent la lumière, et le visage incarnat de Robb se fond sur le visage livide de Danny, jusqu'à faire disparaître ces yeux malveillants au profit de yeux doux. « J'peux pas Danny, pardon, je peux pas. » Lentement, ses paumes quittèrent ses tempes et retombèrent le long de ses flancs. Elle n'avait même pas remarqué que son arme et ses chaussures gisaient en tas au sol. Ce n'était pas la première fois que ces « hallucinations » la frappaient, allégoriquement comme littéralement. Elle pouvait sentir la douleur infligée par chaque choc, chaque commotion, laissant sur sa peau ecchymoses et contusions. Seulement, sa peau était indemne. Elle n'était plus là-bas, là-haut. Elle était en bas, dans l'au-delà le plus ridicule qu'il soit mais où il y avait Danny. Il ne lui ferait pas de mal, il ne ferait de mal à personne. N'est-ce pas Danny ?

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✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 06/05/2014
✢ PSEUDO : radioactive fish
✢ AVATAR : heath ledger
✢ CREDITS : sugar slaughter, wild hunger
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt huit ans, vingt-huit, joli nombre s'il s'en faut, vie trop courte s'il en est
✢ JE SUIS : une chenille avec une chicha, paye les conseils et fumée gratos
✢ DANS TES POCHES : couverture en plumes de jubjubs, lanterne lucioles (encore 15), potions répare-tout (6), somnicakes (6), et un fragment d'une dent du morse dont les propriétés lui sont encore inconnues -elle a au moins le mérite d'être un peu classe-
✢ TA VIE : 54/100
✢ ANCIEN METIER : barman, l'ironie de l'alcoolisme
✢ LOCALISATION : crypte de la chenille, tant qu'à faire, à ruminer dans un coin, ou pourquoi pas à la rivière sanglot, c'est selon l'humeur

If heaven has any plagues beyond what I can drum up, let it wait until your sins are piled high and then hurl them down on you, you destroyer of a whole world of peace ! May conscience eat away at your soul constantly. May you suspect your true friends of being traitors and take the worst traitors as your closest friends. May you never sleep a wink except to dream of a hell full of ugly devils.
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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Ven 25 Juil - 2:56


dance on our graves

Q
uelques fois, ici et là, Danny avait entendu dire que le contraire de l'amour, ce n'était pas la haine, c'était l'indifférence. Mais, qu'est-ce qu'il en savait, de l'amour, au juste ? Alors, sans se poser trop de questions, il s'était mis à croire cette affirmation, et tout là était le problème. Depuis longtemps, il s'était fait à l'idée d'un amour à sens unique, et même si cette situation ne le rendait pas fou de joie, il aurait presque pu à la longue s'y accommoder. Oh, bien sûr, on ne se faisait jamais vraiment à une telle chose, mais elle avait plus ou moins fini par faire partie de son quotidien. Ainsi, Zoe ne l'aimait pas. Zoe ne le détestait pas. Zoe n'était pas complètement indifférente. Et pourtant, elle aurait dû. Elle aurait dû le haïr du fond de ses tripes, le maudire, avoir envie de le voir endosser les pires souffrances et les pires maux, mais elle n'en faisait rien. Comment aurait-elle pu ? Elle ne savait rien, a priori, et pourtant, Danny l'aurait juré, la sentence n'allait pas tarder à tomber, l'épée de Damoclès qui lui pendait au dessus du crâne allait bientôt s'écrouler sur lui et lui trancher la gorge d'un trait net, et partout, dans ce monde, on aurait pu admirer le sang de Danny Weaver couler à flot dans les rivières. La fin était proche, comme si celle de Lew n'avait pas suffi, comme si même la sienne n'avait pas suffi, le dernier chapitre était déjà sur le point de s'achever, l'acte se terminait en tragédie, et la pièce prenait des allures de drame shakespearien. La fin était inéluctable, le dénouement était proche, et bientôt, Danny le savait, bientôt, plus jamais il ne pourrait la tenir dans ses bras. Elle aussi, elle n’allait devenir plus qu’un fantôme de son passé, plus qu’un rêve impossible à atteindre, plus qu’une lubie, qu’un scénario de film, mais pour lui, plus rien. Tout s’effritait, tout partait en poussière, emporté par le vent, tout s’écroulait, et il s’en voulait, Danny, il s’en voulait lui-même plus que quiconque ne pouvait lui en vouloir, parce qu’il savait qu’il était responsable de cet effondrement et de cette solitude. Oui, à coup sûr, il se détestait plus que encore que Lew ne le détestait, ou plus encore que Zoe n’allait le faire, et pas un jour, pas un jour ne s’écoulait sans qu’il ne ressasse des pensées abominables sur le cauchemar qu’avait été son vivant. Et que dire de sa mort ? Elle était… Une seconde chance. Un moyen comme un autre d’expier les fautes, même s’il était trop tard, et même si personne ne serait jamais vraiment décidé à lui pardonner. Parce qu’on ne peut pas pardonner un fratricide, tout bonnement, il était vain de tenter de chercher plus loin que l’évidence.

Tout avait été direct avec Lew, les insultes avaient fusé, puis les coups, puis la solitude, puis les regrets et les amertumes. C’en avait presque été trop facile tellement les événements s’étaient enchaînés d’eux-mêmes à grande vitesse, un peu comme si le pire était passé et que, de toute façon, la situation pourrait difficilement s’aggraver. Mais avec Zoe, c’était différent. Tout n’allait pas être si brutal, si frontal, si direct. Le peu qu’il restait du cœur de Danny allait purement et simplement se briser en mille morceaux, comme si quelqu’un s’apprêtait à fracasser sur le sol une petite sculpture en cristal, une chose fragile qui ne pouvait plus résister à grand-chose. Et tout ce qu’il restait de Zoe, tout ce qu’il lui restait à vivre avec Zoe, c’était maintenant. Il était inutile de penser que, peut-être, ils allaient tous se réconcilier et vivre comme aux jours heureux de Londres. Comme si le bonheur pouvait encore les atteindre, voire même les effleurer, tous les trois. Comme s’ils étaient capables de se souvenir de la dernière fois qu’ils avaient été heureux. Comme si tout allait s’arranger. Comme s’ils allaient encore pouvoir regarder les étoiles le soir. Comme s’ils allaient encore pouvoir partager le moindre éclat de rire. Si Danny avait bien tiré une seule leçon de la vie, c’était de ne pas croire en ses rêves. Jamais.
Et là, dans les derniers instants qu’il partageait avec Zoe, tout s’effondrait, encore. Danny en était persuadé, presque, quelqu’un, quelque part, avait décidé qu’il ne pourrait jamais sourire, plus jamais. Parce que s’il lui arrivait la moindre saloperie à lui, il s’en moquait. Mais qu’il arrive quelque chose à Zoe, ça, c’était une autre affaire. A ce moment, à nouveau, il s’en mordait les doigts. Jamais il n’aurait dû mettre sa mort sur le tapis, bon sang, comment pouvait-on être si con ? Comment manquer de tact à ce point, comment être si rude avec un être cher à peine retrouvé ? Elle n’avait pas besoin de ça. Mais, de surcroît, et là était le pire dans l’histoire, elle s’était mise à… Perdre pied, peut-être, lentement, de ce que Danny en savait. En fait, ça ne l’aurait pas étonné de la voir s’écrouler d’une minute à l’autre. Tout devenait bizarre, tout s’était passé rapidement, sans prévenir,  et le malaise s’emparait d’elle sans que personne ne puisse rien y faire. « Tu... Tu le connais pas, je l'ai connu avant que t'arrives à Londres, il s’appelait - il - il s'appelait » Non, Danny ne voulait même plus le savoir. Pas si ça lui coûtait tant de dire le nom de son meurtrier. Danny aurait voulu lui dire de se taire, de lui dire de penser à autre chose, d’oublier tout, d’oublier sa mort, parce qu’ici plus rien n’importait vraiment. Oui, Danny aurait voulu lui dire toutes ces choses, mais aucun son ne franchissait le cap de ses lèvres. Il se contentait de froncer les sourcils, la bouche légèrement entrouverte, à secouer un peu sa tête de droite à gauche. Zoe, c’est pas la peine, t’inquiète pas Zoe, t’es pas obligée, t’as pas à dire ça, Zoe, décroche, pense à autre chose. Il aurait presque même pu s’agir d’une curiosité malsaine, comme si connaître l’identité de la personne en question allait changer les choses, effacer le passé, revenir sur ce qui avait été commis, ou même, comme s’il avait la moindre chance de le retrouver et de lui faire subir le même sort. Il n’en était rien, pourtant, et il le savait. « Il s'appelait Robb et... et -  » Zoe s’était mise à pleurer. Pire que ça, même, elle en était venue à cogner sur ses tempes, un signe de démence, peut-être, mais Danny n’y croyait pas. Non, le mal devait être bien pire et plus insidieux encore, il s’agissait, de, il n’en savait même rien, et sentait son cœur battre à la chamade, apeuré de ne rien pouvoir faire pour soulager sa souffrance, ne serait-ce que temporairement. « Zoe, Zoe, calme-toi, c’est… C’est pas important, ça ira mieux maintenant. » Ça ira mieux, comme si la situation pouvait s’améliorer, foutu con. C’est pas important, non, c’est pas comme si c’était le moment qui lui avait fait passer l’arme à gauche. Désemparé, Danny sentait son cœur cogner fort, de plus en plus fort, prêt à exploser et à sortir de sa poitrine. L’arme de Zoe était à terre, et Danny n’avait jamais vu celle-ci dans un tel état. On avait bien dû, un jour ou l’autre, lui apprendre des gestes de premier secours dont il ne se souvenait rien -après tout, ça n’arrive qu’aux autres, non ?-, mais là, que fallait-il faire, au juste ? La rassurer, probablement. C’était sans conteste la meilleure chose à faire. Danny saisit ses poings pour les empêcher de marteler ses tempes plus longtemps, et rapprocha son visage du sien, se retrouvant presque à quelques centimètres seulement. Et il lui murmura quelques mots. « Zoe, chuuut, ça va aller mieux maintenant, j’suis avec toi, t’es plus seule, Zoe, calme-toi. » Danny aurait même pu sentir également les battements du cœur de Zoe s’il y avait prêté la moindre attention, et leurs deux cœurs, réunis, seraient arrivés à atteindre plusieurs décibels, bien plus qu’ils n’auraient dû. « J'peux pas Danny, pardon, je peux pas. » Le seul bon point, dans l’histoire, c’était qu’elle semblait revenir à elle. Danny baissa la tête et expira. Petit à petit, la pression le laissait tranquille, livré à son sort, pour mieux revenir dans un futur proche. « C’est rien, c’est rien, j’suis désolé. » Désolé de tellement de choses, tellement qu’il lui aurait fallu presque un volume encyclopédique pour tout consigner. « Tu… Tu veux t’asseoir ? Manger un truc ? J’sais pas, dis-moi, tout ce que tu veux. » Oh, ce qu’elle voulait, ça devait être bien simple. Que tu disparaisses, que tu la laisses en paix, que t’arrêtes de lui remémorer toutes ces choses difficiles par ta simple présence. Que tu te barres, que tu traces ta route, que tu ne la croises plus jamais, que tu arrêtes d’emmerder ton monde même une fois mort, que tu assumes un peu tes conneries, et que plus personne ne te revoie jamais.

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✢ DANS TES POCHES : rien qui vaille la peine de la tuer ou de la menacer, croyez-moi. sauf si vous êtes friands de poussière, d'une fleur sèche et d'un morceau de champignon gâté.
✢ TA VIE : 96/100
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MessageSujet: Re: DANNY ◮ dance on our graves   Lun 28 Juil - 0:56


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I
l n'y avait aucune rage dans la pression sur ses maigres poignets blafards. Il n'y eut aucun coup, plus rien ne lui martelait la chair, plus de poings, pas même les siens. La pression était forte, sans être douloureuse, chose rare ces temps-ci. Il régnait au pays des merveilles l'atmosphère lourde des hôpitaux partagée entre les pleurs silencieux des condamnés à mort, les regrets amers de leurs proches et les remords aigres de tous ceux ayant franchi les portes blanches. Il y a la peur de la mort qui flotte également dans l'air ; celle de la première, traumatisante, ou de la seconde, fatale. L'homme a peur de l'inconnu, seulement, parfois, la connaissance d'une chose la lui rend à ses yeux encore plus abjecte et de ce fait, effrayante. Le spectre de la mort a des traits assez hideux pour vous dissuader de jamais vouloir retourner dans ses bras, son haleine putride remontant jusque dans vos narines lorsque ses lèvres décharnues s'approchent des vôtres pour déposer le fameux baiser, celui de la fin et de l'éternel. Il arrive, rarement, qu'elle se vêt d'un masque aux lèvres charnues et roses, accueillantes, en dégagant une odeur semblable à celle de ce que les croyants qualifiraient de paradis. Seules les âmes les plus esseulées ont droit à cette mort attrayante, glorifiée, afin de les conforter dans leur choix désolant de la rejoindre d'eux-mêmes, avant qu'autrui ne le fasse pour eux. On est maître de son destin, ce n'est que trop vrai, jusque dans la mort. Il aurait fallu ne pas prendre cette route pour ne jamais percuter cette voiture. Il aurait fallu faire plus attention pour ne pas clamser d'une simple chute. Il aurait fallu ne jamais rencontrer cette personne. Il aurait suffi d'une simple rencontre en moins, une connaissance rayée de notre carnet d'adresses et ils seraient en vie, tous les trois. Un prénom à ne jamais savoir, un visage à ne jamais reconnaître et aucun n'aurait fini ici, pas eux. Elle sentit ses poignets se baisser, sous une force extérieure et lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle vit les siens. Ses yeux, et ceux de son frère, si semblables et si différents, ils ne pourraient jamais faire de mal. Ils sont doux les frères Weaver, doux comme des agneaux. Doux comme un agneau qu'un loup aurait dévoré jusqu'aux os afin de revêtir la peau de l'innocente bête chétive. L'agneau est doux, l'agneau est gentil, l'agneau est bête, l'agneau est délicieux, se dira le loup. Dis-moi, que caches-tu sous ta peau blanche ? De la bonté ou des crocs acérés ? « Zoe, chuuut, ça va aller mieux maintenant, j’suis avec toi, t’es plus seule, Zoe, calme-toi. » Que caches-tu sous ta peau blanche ? Ses épaules tendues s'affaissèrent. Elle n'était pas dans son appartement, elle était à côté d'un cours d'eau. Il n'y a pas de sang, juste de l'eau. Il n'y a pas... Il y a juste Danny. Danny et un cours d'eau sont ancrés dans la réalité, la sienne, la vraie. Elle est en sécurité. Caches-tu de la bonté ou des crocs acérés ? Il n'y avait pas de sang autour d'elle, juste de la clarté, si importante lorsque vous porter le voile opaque du deuil, de vos proches et de votre propre vie, que vous ne pouvez plus même effleurer du bout de vos doigts. Elle aurait pu effleurer le visage de Danny si elle en aurait eu envie, il était si près, si réel. Alors, elle s'excusa, cela semblant être la seule chose décente qu'elle arrivait à faire ces derniers temps. Incapable de s'élever aux attentes qu'on avait d'elle, elle échouait, dans tout ce qu'on lui demandait, que cela soit de manière implicite ou explicite. L'on devient rapidement las d'être un incapable. Pourtant, elle continuait de dire qu'elle était désolée. Si l'on est bon dans quelque chose, autant en user, n'est-ce pas ? Un pardon n'est jamais mal placé, en particulier lorsque l'on se sent réellement fautif. « C’est rien, c’est rien, j’suis désolé. » Tout le monde est désolé, tout le monde est peiné. Le pays des désolations aurait été plus exact, surtout dans l'optique où toute merveille avait été tâchée d'atrocités depuis un bon moment. « C'est pas d'ta faute. » Non, ça ne l'était vraiment pas. Il n'aurait pas pu savoir ce que ses mots déclencheraient. Il n'avait rien à voir dans la façon de Zoe d'avoir traité Robb. Il ne le connaissait même pas. Elle s'était fait buter, coup par coup, mais il n'avait rien à voir là dedans. Elle ne pouvait que s'en prendre à elle-même. Si ce n'était pas presque un comique du ridicule, elle se demanderait pardon à elle-même, par automatisme. « Tu pouvais pas savoir. » Elle aurait aimé qu'il n'en sache rien, jamais. Bon sang, elle aurait aimé ne jamais rien savoir ; que ses derniers souvenirs se soient brunis au point d'être illisibles, pour qu'elle n'ait plus jamais l'occasion de s'en souvenir. Elle aurait préféré que sa vie s'arrête, en un instant, comme si on l'appuyait sur un interrupteur. La lumière est allumée. Tu vis. Clac. Il fait noir. Tu es mort. Aussi simple que cela. Elle aurait aimé que tout s'arrête quand ils passaient encore leurs soirées tous ensemble, sans savoir les maux futurs. Lorsqu'ils étaient tous encore heureux, ou du moins quelque chose qui se rapprochait le plus du bonheur, à défaut. Sauf que la vie n'est pas un interrupteur. L'aiguille de l'horloge n'a pas cessé de tourner après ces moments, la descente s'est amorcée d'elle-même, à l'abri de tous regards. Tic, toc. Tic, toc. Tic. Toc.

« Tu… Tu veux t’asseoir ? Manger un truc ? J’sais pas, dis-moi, tout ce que tu veux. » Zoe ne savait pas ce qu'elle voulait. Elle voulait être morte, pour de bon, laissée tranquille dans un néant où elle ne serait plus rien, c'était tout ce dont elle était sûre. Mais elle ne pouvait pas lui dire ça, elle n'aurait même pas pu sortir ses mots de sa bouche, cela ne les aurait rendus que plus vrais. Et on ne veut pas entendre de telles vérités, n'est-il pas. Alors, elle se contenta de faire un mouvement de tête négatif, gauche-droite, gauche-droite. « Non, c'est bon, merci. J'ai besoin de rien. » dit-elle en reniflant, en essayant de sourire, de manière pathétique. Elle avait certainement besoin de quelque chose, comme tout un chacun, mais elle était incapable de mettre sur le doigt sur la chose réelle qui grattait les parois intérieures de son être, attendant d'être nourrie. Peut-être était-ce le loup qui l'endommageait de l'intérieur de ses longues griffes, cherchant une issue, en vain, alors il cherchait à l'ouvrir en deux pour trouver sa propre échappatoire. Peut-être était-ce son loup qui cherchait à sortir de son déguisement d'agneau. Peut-être était-ce l'agneau en elle, effrayé devant une force obscure, qui tentait de la faire prendre conscience du danger. Peut-être était-ce les trois à la fois. Probablement. Sûrement. « J'veux juste pas être toute seule. Pas tout de suite. Tu veux bien rester ici un peu avec moi ? S'il te plaît. » Elle ne voulait pas être seule avec ses pensées qui lui faisaient peur bien que son esprit en soit l'auteur. Des pensées qui ne sont que des simples courants électriques, au final, mais portent des choses infâmes. Si elle restait seule, elle y penserait, trop. Alors ils restèrent tous deux, à écouter le doux clapotis de l'eau, dans ce qui semblait être le moment serein qu'ils aient pu leur être donnés depuis leur arrivée ici. Dis-moi, que caches-tu sous ta peau blanche ? De la bonté ou des crocs acérés ?

TERMINÉ.

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