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Les conséquences de la première INTRIGUE de WHYDA, c'est par ici ! :proud: :cat:
N'hésitez pas à REMONTER WHYDA sur bazzart ou prd :hin: :fox:

Ce n'est pas parce que le forum a une annexe sur les troubles qu'il est obligatoire de jouer un personnage malade.
UN SAIN D'ESPRIT c'est tout aussi bien. :rabbit: What a Face
Il est obligatoire de BIEN lire les annexes, auquel cas le staff vous mordra les fesses. :ivil:
Nous n'acceptons pas les pseudos à initiales - retournons aux origines simplistes les enfants. :aw:
Entre autre, pour continuer sur les pseudos, les prénoms trop excentriques (drogue, alcool
:chaat: ou autre totalement improbable) sont INTERDITS, merci de rester réalistes. :chaat:
Les personnages du pays des merveilles ne sont pas acceptés, seuls les morts peuvent passer ! :maw:

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 (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.

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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 299
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1990
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : corbeau
✢ AVATAR : Chloë Moretz
✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Lun 7 Juil - 3:08


''L'homme est-il un animal ?
Comme à cette époque le mal est déjà caporal,
La main du lieutenant doucement vers le ciel s'est levée.
La suite, l'avenir est un long passé.''
Marley, c'est la piqûre, celle de rappel, celle de vaccin, celle de vie – mais morte, ironiquement, la piqûre anesthésiante, quoique douloureuse : la faute à ses yeux trop grands qui menacent de déborder.
Marley, c'est la piqûre qui réactive tes muscles, celle qui te pousse comme elle aurait poussé une vieille voiture un peu cassée, celle qui te court après comme un souvenir qui te rattrape, comme un coup de vent qui te fouette, une seconde elle est absente, la suivante elle ne part plus. Marley, c'est la fleur dans le labyrinthe rouge. Une bouffée d'air quand on se noie au fond d'une mer encore plus étouffante que la mort. Une lumière, une étincelle, le truc qui refuse de te laisser plonger, le truc qui refuse de te laisser aller dans le noir – on sait déjà pas ce qu'il se passe à la lumière ici, alors on tente pas le diable.
Le truc, c'est qu'une étincelle trop grande, c'est un feu avant des cendres ; une ampoule trop lumineuse elle aveugle avant de griller. Faut s'y reprendre souvent pour contenir les flammes mais pas les éteindre. Faut s'y reprendre, pour pas laisser déborder les deux océans qu'elle a vissés au milieu du visage, faut s'y reprendre pour pas que la porcelaine de sa peau tombe et se fissure, faut s'y reprendre pour pas qu'elle gueule à en avoir un désert dans la gorge. Et pourtant, elle s'y sent souvent pousser des cactus.
Sa lèvre rougit sous les attaques de ses dents. Elle se tourne doucement – au loin, les boucles brunes sont endormies. Il semblerait que le conflit l'épuise au point qu'il puisse dormir – elle se penchera plus tard sur un plan stratégique de feu de forêt, d'inondation houleuse, de guerre civile en considérant qu'il reste encore des traces de civilité en chacun. Par réflexe, son poignet se plante devant ses yeux. Elle fronce les sourcils – ce doit être la trentième fois déjà depuis ce qu'elle suppose être hier qu'elle vérifie l'heure sur une montre qu'elle n'a plus. Elle s'entend se traiter d'idiote avant de laisser un soupire d'échapper de sa bouche trop sérieuse. C'est une âme qui s'envole de ses lèvres, pas plus grande que la paume de sa main. Elle est sûre de perdre un morceau de sa vie, un gramme d'humanité, un gramme d'âme terrestre à chaque fois. Elle note dans sa tête – deux-cent vingt-trois, précisément. Parfois, la gamine en vient à se demander si on lui fera payer un supplément, à sa sortie ; si elle aura à payer pour rembourser l'âme qu'elle a perdue sans jamais l'avoir eue. Cette pensée lui donne mal à la tête – elle s'envole aussi vite qu'elle est arrivée et la tête blonde se lève.

Cette fois, elle vérifie que son paquet de cartes reste bien dans sa poche et laisse son ombrelle à son compagnon. Rapidement – c'est là qu'elle est le plus discrète – elle s'en va, se rapproche des panneaux sans laisser un mot. Pour le côté drama queen, si elle avait eu un papier et un crayon, Marley aurait peut-être prit la peine d'écrire un mot. Un truc à la con, encore un pour rendre fou le pauvre malheureux qui se la traîne tous les jours. Une note d'adieu, quelque chose de mauvais goût comme ça. Sa réflexion en route – vers elle ne sait pas où – l'amène à penser qu'après hier, il pourrait en être soulagé.
Marley et Lew, ça pète souvent. Les deux, c'est un peu comme des aimants que t'approches trop près quand t'es pas censé le faire. Ça s'complète et pourtant parfois, ça implose. Comme une mécanique trop bien huilée qui finit par dérailler ; faut dire qu'ici s'ils déraillent pas ensemble ils auront les engrenages emmêlés, chacun dans sa tête et sans que l'autre puisse servir d'horloger. Heureusement pour eux, hier c'était qu'une connerie, un truc sans importance – elle sait même plus quoi. Elle l'a probablement provoquée, la merde. Des fois elle fait ça naturellement, des fois elle sent que Lew a besoin de se défouler sur un truc. Marley, elle est pas prix Nobel, et si tu lui fais sentir des fraises c'est pas dit qu'elle reconnaisse pas une côte de bœuf à la place, mais elle a le nez pour ce genre de trucs. Alors elle en joue, un peu, et puis ça l'aide, aussi. De gueuler un bon coup – pour de vrai, pas juste pour rire ou pour se retrouver après s'être paumée – et de déverser un peu de haine, quoi qu'elle se sente mal de faire subir ça à Lew.
Alors, pour se racheter, le matin elle attend qu'il se réveille – ou fasse semblant après n'avoir pas dormi – pour s'excuser en un murmure. Jamais trop fort, mais elle fait jamais trop la fière non plus. Après tout ce qu'elle lui a fait voir comme âneries, il est plus à ça près, mais elle a toujours un peu peur – juste un peu, oh, pas grand chose – qu'il en ait marre et se tire. Sauf que hier, ça a vraiment pété. Cette fois, c'est blondie qu'a mal dormi ; elle a l'équivalent d'un camion de déménagement sous chaque œil.
Pour s'faire pardonner, elle se dit que cette fois ça passera p't'être pas, de faire la désolée. Alors aujourd'hui, c'est festin, tu vois, c'est un peu la fête. Marley elle se barre sans faire de bruit – premier cadeau – et elle marche encore, encore, encore, jusqu'à plus être sûre d'où elle va – elle suit les panneaux aux noms les plus rigolos – ni d'où elle est mais de toute façon elle en a jamais été trop sûre. Elle se retient de gueuler pour se repérer, cette fois, elle veut pas tomber sur un truc qu'elle pourrait pas ramener à bouffer et encore moins sur un truc qui la ramènerait, elle, à bouffer.
Idéalement elle aimerait bien tomber sur un ou deux lapins édulcorés – elle n'en a pas encore vu toutes les couleurs, chaque chasse est un espoir – en espérant que leur goût sucré apaise boucle d'or.
Boucle d'or d'ébène, c'est ça.

En reprenant ses esprits, sa tête blonde s'agite – elle a trempé une de ses chaussures mal foutues. Elle fait une note à elle-même : deux-cent vingt-quatre. Elle récupère son pied, le secoue dans l'air avant de secouer son regard autour d'elle. Elle était pourtant sûre d'avoir vu deux grandes oreilles, par ici, au milieu de sa rêverie.
Quelques secondes pourtant, elle prend le temps se s'agenouiller au bord de la rivière. Si Marley n'a pas l'habitude de passer par ici, elle n'en a pas non plus l'envie. Le silence est tellement présent comparé à ce à quoi elle s'est habitué qu'elle a l'impression qu'il est encore plus bruyant que tout le reste. Elle a les oreilles qui sifflent, le visage qui se mouve en une grimace. Bon dieu, elle retournerait bien recommencer sa nuit au fond du bois. Sa main se passe, délicatement, au-dessus des larmes. Et pourtant : rien. Comme un fantôme, comme un mort – perdue dans sa boîte à pensées, Marley sourit : est-ce qu'un mort dans la mort ne serait pas le plus vivant ? Est-ce qu'à mourir dans la mort on en arrive à vivre ? Pour ne pas se réveiller trop brutalement, l'idée de se pincer pour être sûre d'être là ne fait que la traverser. La gamine se dresse à nouveau sur ses deux pattes, donnant toute son attention à ce qui pourrait être un monstre, caché, là-bas. A pas de loups, Marley s'avance aussi doucement qu'elle le ferait sur la scène d'un vieux théâtre en ruines – pas question de courir là-dessus. C'est sûr : quelque chose est là-derrière. Sa main droite se glisse à la recherche de ses cartes, pendant que l'autre écarte doucement le peu de verdure qui la sépare de la bestiole. D'habitude, Marley aurait sauté de l'autre côté en hurlant, peut-être en chantant, avant de se préparer à attraper son arme ; mais aux abords de cette, rivière, l'ambiance lui paraît presque sacrée, trop morte pour jouer aux vivantes. Elle saisit une cartes entre chaque doigt de sa main, préparée à en finir rapidement pour repartir goûter à ça. En supposant qu'elle sache comment rentrer – il n'est pas sûr qu'elle n'ait pas à hurler à Lew quelques heures avant de le retrouver.
Par chance pour la bestiole, si Marley n'a pas eu le temps de retenir ses cartes de partir, elle a pu les dévier un minimum et n'effleurer que légèrement le bras d'un grand gars, planté là. Brisant le sacré – mea culpa et amen – elle ne peut s'empêcher d'éclater de rire, comme ça, à s'en faire envoler les pigeons s'il y en avait.
C'est de loin le lapin le moins édulcoré et le plus étrange qu'elle ait jamais vu.


Dernière édition par Marley Lynch le Ven 25 Juil - 2:40, édité 1 fois
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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 1174
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1663
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 06/05/2014
✢ PSEUDO : radioactive fish
✢ AVATAR : heath ledger
✢ CREDITS : sugar slaughter, wild hunger
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt huit ans, vingt-huit, joli nombre s'il s'en faut, vie trop courte s'il en est
✢ JE SUIS : une chenille avec une chicha, paye les conseils et fumée gratos
✢ DANS TES POCHES : couverture en plumes de jubjubs, lanterne lucioles (encore 15), potions répare-tout (6), somnicakes (6), et un fragment d'une dent du morse dont les propriétés lui sont encore inconnues -elle a au moins le mérite d'être un peu classe-
✢ TA VIE : 54/100
✢ ANCIEN METIER : barman, l'ironie de l'alcoolisme
✢ LOCALISATION : crypte de la chenille, tant qu'à faire, à ruminer dans un coin, ou pourquoi pas à la rivière sanglot, c'est selon l'humeur

If heaven has any plagues beyond what I can drum up, let it wait until your sins are piled high and then hurl them down on you, you destroyer of a whole world of peace ! May conscience eat away at your soul constantly. May you suspect your true friends of being traitors and take the worst traitors as your closest friends. May you never sleep a wink except to dream of a hell full of ugly devils.
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✢ JE EST UN AUTRE : l'allemand chelou
MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Dim 13 Juil - 21:18


Sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it

B
on. Allez. Motivation, Danny, motivation. Crever la dalle, ça allait bien cinq minutes, mais passé deux jours à n'avaler que des semblants d'aliments aux goûts étranges sinon infâmes et aux propriétés quelques peu effrayantes, il fallait tout de même songer à s'alimenter plus correctement, sinon, l'issue n'allait très certainement pas être vraiment agréable, une fois de plus. La première fois que Danny avait été à deux doigts de l'hypoglycémie ou à autre chose qui pouvait y ressembler, il avait non seulement paniqué, mais il s'était foutrement bien énervé. Comment, mais comment trouver de quoi manger dans un environnement si hostile et si étranger de tout ce qu'il avait pu connaître, lorsque tout semblait vouloir le heurter et lui faire du mal ? Alors, la première fois où il s'était véritablement retrouvé en cas de survie, il avait finit par avaler n'importe quoi qui lui passait sous la main, même si tout le dégoûtait et lui donnait envie de vomir. Finalement, le lendemain, il s'était senti toujours aussi abattu, mais au moins, il avait pu tenir droit sur ses jambes plus d'un quart d'heure même si son ventre avait continué à hurler. Cependant, depuis cette fois là, il en avait appris bien plus sur ces contrées malsaines et colorées, et commençait doucement à comprendre plus ou moins comment tout fonctionnait ici. C'était bien simple, en fait, ce pays ressemblait plus ou moins à un mauvais scénario de film fantastique, où des gens se retrouvaient coincés dans un monde parallèle, complètement livrés à eux même. Danny avait donc décidé de se battre, si l'on peut dire, de montrer qu'il pouvait se débrouiller, même dépouillé de tout et confronté à ses peurs, angoisses, phobies et psychoses dans un monde qui ne voulait que le voir crever à nouveau. Au moins, choisir de survivre, en un sens, c'était équivalent à faire un doigt d'honneur à celui ou celle qui les avait envoyé ici, c'était protester de la seule façon possible, c'était faire un genre de résistance contre ce monde et tout ce qu'il impliquait. Parce que, résolument, Danny ne pouvait même plus songer une seule seconde à commettre un second suicide avec tout ce qui lui tombait dessus ces derniers temps, Lew, Zoe, d’autres gens encore pour lesquels il commençait même à éprouver un semblant de sympathie. Oui, vraiment, la voix de la survie n’était pas si mauvaise, en réalité. Pire, même, s’il faisait abstraction de tout le confort qu’il avait connu précédemment, Danny se faisait si bien à ce pays qu’il en venait presque à l’apprécier pour ce qu’il était, songeant que son destin n’était pas forcément si funeste et que, peut-être, la fortune s’était finalement décidée à lui laisser une seconde chance. Certes, Danny avait fait de sa vie précédente un amoncellement de bêtises et de souffrances inutiles ; il était tout bonnement exclu de faire pareil dans cette vie là. Alors, il fallait commencer par se racheter auprès de tout le monde, ce qui constituait en soi la partie la plus délicate et la plus douloureuse. Et après ? Si tout finissait par s’arranger ? Enfin, Danny n’était pas totalement crédule et n’y croyait pas l’espace d’un instant, mais dans ses moments d’optimisme comme il en connaissait un maintenant, il valait toujours le coup d’espérer, et dans le pire des cas, d’expier ses fautes malgré tout.

Mais il était encore trop tôt pour songer au destin et à toutes ces choses auxquelles il ne valait mieux pas s’embarrasser pour le moment. Là, l’instant était consacré à trouver un semblant de nourriture. Les conditions, même, étaient relativement bonnes ; le jour ne s’était pas levé depuis très longtemps, et mieux que ça, Danny avait plutôt bien dormi. Certes, il ne s’agissait pas d’un sommeil exceptionnel et réparateur, mais fermer l’œil plus de cinq heures consécutives sans mourir de chaud, de froid, sans cauchemarder ou s’inquiéter, en soi, constituait déjà un exploit, et Danny s’était rarement senti si reposé depuis bien des semaines. En effet, il était indéniable que le pire, dans ce monde, c’était les nuits, à cause de tellement de choses qui pouvaient troubler le sommeil le plus profond que n’importe qui pouvait probablement s’estimer chanceux de ne s’être pas fait agresser ou de ne bénéficier ne seraient-ce que quelques heures. Alors, Danny avait cherché aux alentours de la rivière, endroit où il passait la plupart de son temps. Cette zone, il commençait à la connaître dans ses moindres détails, et pourtant, elle avait ce rare don de lui réserver toujours des surprises. D’un jour à l’autre, Danny en était persuadé, il aurait juré que certaines plantes changeaient de place. Enfin, rien de bien méchant, ces mouvements ne le dépaysait pas forcément outre mesure. Toujours était-il qu’il connaissait un coin pas trop mauvais où poussaient pas mal de baies, un petit coin pas nécessairement facile d’accès, derrière quelques épais buissons, coin qu’il avait un jour découvert complètement par hasard et qu’il considérait presque comme son garde manger personnel. Forcément, il arrivait régulièrement que rien ne pousse à cet endroit, mais tout de même, en règle générale l’endroit était plus ou moins bien fourni, peut-être était ce parce qu’il était relativement protégé des regards et que personne n’y allait vraiment à part lui.

Quelle joie, donc, quand, derrière les fameux buissons, il aperçut quelques baies qui n’avaient d’apparence subi aucun dommage. Danny se méfiait énormément des moindres lésions qui pouvaient parcourir une baie ; on ne pouvait jamais savoir ce qui les avait causées, et dans le doute, mieux valait se priver de précieux calories que de se mettre à tomber malade dans un tel coin. Oui, il se souvenait du jour où il s’était décidé à ingurgiter une baie ; elle avait en fait constitué son dernier espoir. A tout moment, il s’était attendu à défaillir, à tomber, à vomir, à se cramponner de douleur, mais il n’en avait rien été, à sa plus grande surprise. Du coup, il avait pris le pli d’en chercher un peu partout, parce que, dans le fond, elles n’étaient même pas si mauvaises. Si, au début, Danny avait presque fait le difficile, il n’en était plus rien désormais, et trouver quelques baies constituaient un trésor inestimable. Il avait même entendu des rumeurs sur des petites fleurs au goût fabuleux planquées dans le château blanc, mais bon, il était hors de question de risquer sa peau pour quelque chose qui ne devait même pas tenir au ventre. Une autre fois, il avait croisé un papillon comestible de ce qu’on lui en avait dit, mais enfin bon, essuyant son échec de n’avoir pas réussi à l’attraper, il se contentait de quelques plantes qui poussaient presque en abondance, quitte à faire une croix sur des mets plus exotiques -qui ne valaient quand même probablement pas la peine de se casser le dos.
Dans sa trouvaille, il y avait à tout casser une dizaines de baies qui semblaient n’attendre que Danny. Certes, cette quantité pouvait sembler moindre, mais à manger tout et n’importe quoi, il finissait par se contenter de peu de choses, comme tout un chacun. Et alors qu’il s’apprêtait à les cueillir avec délicatesse -hors de question de cogner la moindre baie-, Danny sentit un quelque chose dont il ne tenait pas particulièrement à connaître la provenance lui effleurer le bras en le coupant un peu par la même occasion. A peine eut-il le temps de constater les maigres dégâts qu’il entendit un rire derrière lui. Un rire de gamine. D’un coup, il se retourna, hanté par l’idée que, peut-être, les poupées de pétrole se seraient mises à rigoler en guise de sadisme suprême. Et ce qui le vit le soulagea, d’une part, et l’énerva d’autre part. D’accord. Une foutue gamine avait a priori décidé de s’en prendre à lui sans raison apparente, comme si les bestioles qui rôdaient sans cesse ne se chargeaient pas suffisamment de la besogne de le faire chier. En plus, Danny n’était pas forcément doué avec les jeunes, ces cons qui ne connaissaient rien à la vie mais qui étaient persuadés du contraire. Et cette blonde, là, elle pensait quoi, que c’était un jeu ? Elle trouvait la perspective de rester coincée ici réjouissante, ou alors, à défaut, elle passait son temps à faire chier autrui pour décompresser ? Danny ne savait même pas quoi lui dire. « Wow, c’est sérieux, là ? » Sérieusement ? Y’a vraiment une gamine qui a décidé de me prendre la tête et de se foutre de ma gueule ? Danny la jaugea de haut en bas. Même pas majeure, sûrement, et déjà crevée. En d’autres circonstances, il aurait même pu trouver ça affligeant, mais là, la gamine commençait déjà à lui taper sur le système bien méchamment, alors que, nom de dieu, il était sur le point d’avaler le premier truc de la journée. Et avec un peu de chance, elle allait les lui briser jusqu’au point de cueillir les baies avant lui -mais elle n’avait pas trop intérêt si elle tenait à sa vie… Ou à sa mort… Enfin. « T’as rien d’autre à foutre ? Barre-toi. » Oui, parce que si en plus elle insistait, ça n’allait vraiment pas le faire. Déjà qu’il se contenait pour ne pas lui en coller une -le contact humain, ça n’avait jamais été son truc à Danny- parce que merde, on ne blessait pas impunément quelqu’un en se foutant de sa gueule de surcroît. Encore, si elle s’était excusée, l’affaire aurait été classée. Mais là… Non, pas là, pas maintenant, jamais, elle n’avait qu’à tracer sa route et ne plus jamais recroiser Danny. Et encore, il était résolument gentil. Oui, il lui donnait un conseil. Barre-toi, finalement, ça n’était ni plus ni moins qu’un conseil, parce que cette enfant semblait tout à fait dérangée, et franchement, Danny n’aurait pas pris son pied en lui tapant dessus, pour ainsi dire.

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✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Ven 25 Juil - 2:50


''L'homme est-il un animal ?
Comme à cette époque le mal est déjà caporal,
La main du lieutenant doucement vers le ciel s'est levée.
La suite, l'avenir est un long passé.''
Dans un autre contexte, plus... vivant, Marley aurait adoré cet endroit. Il était calme et ce n'était pas souvent son cas, mais elle aurait eu la place de s'y défouler et de venir avec des amis. Entre la rivière et la forêt, ils auraient eu de quoi s'occuper pour une bonne semaine. Et faire du camping et se prélasser dans l'herbe et aller cueillir tout ce qu'ils trouvent et se baigner. Sa bonne humeur et son énergie avaient beau ne pas l'avoir quittée, Marley savait bien que c'était différent. Elle n'avait pas changé en elle-même. Elle aimait toujours les gens, et puis la vie – ou quoi que ce puisse être – mais c'était pas pareil. Mourir une fois, même quand t'as la chance d'être autre part que dans une boîte en bois six pieds sous terre, je sais pas. T'y penses, quand t'arrive pas à dormir. Et tu penses au fait que chaque repas – quand t'en as un – est peut-être le dernier, et qu'après avoir été arraché aux gens que t'aimaient avec leur cœur battant, tu seras peut-être arraché à ceux auxquels tu t'es attaché ici. Tu penses au fait que si ça se trouve, bientôt, même les morts te tiendront plus compagnie. Peut-être que t'auras plus ni la vie ni la mort. Juste, je sais pas. Le néant. Un grand amas de rien, et que t'auras à rester là. Toujours et même un peu plus. Et ça change quelque chose, dans la tête de la gamine. Ça lui donne un peu plus envie de sauter partout et d'être joyeuse et de profiter de tout ce qu'elle a ici – même les emmerdes – et puis des fois, ça lui donne juste envie de rien. Parce qu'elle sait que si elle se baigne c'est pour enlever la terre et le sang et que si elle campe au milieu de rien c'est parce qu'elle n'a plus de lit. Que si elle cueille tout ce qu'elle trouve, même si c'est dégueulasse, c'est parce qu'elle mangera plus jamais de cookies ni de poulet.
Elle passe son regard du bras écorché au visage de l'homme, puis à ses propres pieds. Une baie à roulé jusque là. Doucement, Marley se baisse et la ramasse, la nettoie rapidement contre son t-shirt et la tend à l'homme. Elle pourrait tout aussi bien l'engloutir et ça serait réglé, mais après réflexion, si elle trouvait quelques baies, même pas grand chose, elle gueulerait si il venait lui en piquer même une. La moindre baie ici, c'est comme un trésor. Faut être fier d'en avoir un mais savoir rendre le sien à qui il appartient. Et puis, presque délicatement, Marley se penche et cherche sa carte du regard. Plantée dans un buisson, là, derrière lui, et elle s'arrête plutôt rapidement de tendre un bras pour l'attraper. Même avec toutes ses baies, ce gars-là était peut-être dangereux, voulait peut-être la bouffer à défaut d'attraper un paon, je sais pas. Après ce qu'elle a vu qu'il était arrivé à Lew, Marley se disait que même les mieux intentionnés peuvent s'attirer des merdes. Et autre chose que se retrouver coincé en haut d'un arbre. Des merdes qui font mal, sur la peau et dans les yeux quand on te regarde. Je peux avoir ma carte ? En contraste avec son attitude étonnement calme et douce, la voix de Marley devait sembler bien enjouée et énergique. S'il te pla- Wow, c’est sérieux, là ? Elle releva la tête, intriguée. Lui était partagé entre le dégoût et l'énervement, fixait tantôt son bras tantôt son attaquante. Et pourtant ça n'était rien de plus qu'une égratignure, à peine de quoi saigner, à peine de quoi avoir plaindre et même pas de quoi s'en plaindre. Elle haussa un sourcil, surprise qu'il soit aussi agressif, énervé. T’as rien d’autre à foutre ? Barre-toi. Jusque là, Marley avait rencontré pas mal de gens, à Wonderland. Certains meilleurs que d'autres, mais personne qui ait semblé aussi énervé de sa venue. Pourtant elle en avait fait, des conneries, et elle avait entraîné des gens dans sa merde plus d'une fois, mais je sais pas. C'est peut-être l'âge, le fait que la plupart de ceux qu'elle ait rencontré l'aient prise en pitié. Qu'ils se disent qu'une gamine de cet âge ici, c'est pas juste. Qu'une gamine heureuse de vivre, même après être morte, ça devrait pas être ici. Ça devrait rester chez les vivants avec les pendules qui font tic tac à intervalles régulières. C'est peut-être pour ça que beaucoup n'ont pas râlé, et elle appréciait en quelque sorte le fait que celui-là ne la prenne pas en pitié. Le fait qu'elle soit quelqu'un dans la merde, comme lui, comme les autres, avant d'être une gamine qu'a même pas eu le temps de conduire une voiture. Y a pas de pitié à avoir à Wonderland, du moins pas quand tu connais pas la personne. Peut-être que demain elle essayerait de te dépecer faute de mieux. Peut-être qu'elle se servira de toi comme d'un bouclier face à une bestiole, et partant de là, Marley ne pouvait faire confiance qu'à Lew. Alors le coin de ses lèvres se courbent, et Marley sourit. On devrait pas sourire en réaction à un Barre-toi, surtout pas aussi sec, surtout pas venant d'un homme bien trop grand face à elle bien trop petite et qui aurait pu lui décrocher la mâchoire sans trop se blesser. Et pourtant, elle était là, et bien heureuse d'y être, et bien heureuse qu'il ne fasse pas de différence entre elle et une autre. Elle était sûre, Marley, qu'il n'était pas aussi méchant qu'il paraissait, que que sous ses airs de grand loup c'était sûrement un gros nounours. Elle s'en doutait, Marley, qu'elle était juste là au mauvais moment et qu'il était peut-être énervé avant même qu'elle n'arrive. Mauvaise journée ?
Malheureusement pour lui, elle n'était pas prête de repartir. Elle n'avait toujours pas son lapin – hors de question de retourner voir Lew les mains vides – et n'aimait pas savoir que quelqu'un ne l'aimait pas sans rien faire. Alors elle resterait là jusqu'à, au choix, qu'il l'aime bien ou qu'il ait une raison de ne pas l'aimer.
Marley s'étira de tout son long en bâillant. Ça venait de lui revenir : le réveil n'était pas si lointain, et elle n'avait pas assez dormi. Elle n'est plus sûre depuis qu'elle est ici de savoir quand est-ce qu'elle peut estimer avoir assez dormi ou non. Il faut dire que ses exigences on été revues à la baisse, le soleil qui se lève n'importe quand n'aidant pas vraiment. Mais avec un peu de chance, cette journée pourrait ne pas être perdue – elle pourrait trouver un lapin sur le chemin du retour, rendre un Lew heureux, ne serait-ce qu'un peu ; elle pourrait trouver de quoi adoucir l'humeur du grand méchant loup, ne serait-ce qu'un peu. J't'avais pris pour un lapin. Elle se mit à rire. En y repensant, il était loin du lapin, et elle passait sûrement pour la pire des idiotes – mais eh, elle n'était plus à ça près, et il en rirait peut-être. Ça serait toujours mieux que de le voir s'énerver. Ça fait pas trop mal ? Ton bras, j'veux dire. Elle y jeta de nouveau un coup d’œil. Vraiment rien de grave, mais il pourrait mal prendre le fait qu'elle ne demande pas. J'me doute que tu dois pas être à ça près, vu les bestioles qu'on peut trouver ici, mais bon. Avant même le p'tit dej, ça doit surprendre. Et Marley savait de quoi elle parlait – le petit déjeuner elle y avait renoncé. Elle le passait plus souvent à courir pour se sortir d'une connerie qu'à bouffer des chocapics devant la télé avec le voisin, à son grand malheur. Et aujourd'hui encore, elle le passait à essayer de trouver à manger – et si elle en trouve pour le repas du ''midi'' elle pourra être heureuse.
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✢ DENTS PERDUES : 1174
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1663
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 06/05/2014
✢ PSEUDO : radioactive fish
✢ AVATAR : heath ledger
✢ CREDITS : sugar slaughter, wild hunger
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt huit ans, vingt-huit, joli nombre s'il s'en faut, vie trop courte s'il en est
✢ JE SUIS : une chenille avec une chicha, paye les conseils et fumée gratos
✢ DANS TES POCHES : couverture en plumes de jubjubs, lanterne lucioles (encore 15), potions répare-tout (6), somnicakes (6), et un fragment d'une dent du morse dont les propriétés lui sont encore inconnues -elle a au moins le mérite d'être un peu classe-
✢ TA VIE : 54/100
✢ ANCIEN METIER : barman, l'ironie de l'alcoolisme
✢ LOCALISATION : crypte de la chenille, tant qu'à faire, à ruminer dans un coin, ou pourquoi pas à la rivière sanglot, c'est selon l'humeur

If heaven has any plagues beyond what I can drum up, let it wait until your sins are piled high and then hurl them down on you, you destroyer of a whole world of peace ! May conscience eat away at your soul constantly. May you suspect your true friends of being traitors and take the worst traitors as your closest friends. May you never sleep a wink except to dream of a hell full of ugly devils.
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MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Sam 26 Juil - 15:50


Sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it

E
st-ce qu’il se sentait mal à l’aise, en face de cette gamine, Danny ? Probablement, oui. Déjà, il ne se sentait plus vraiment à l’aise avec n’importe qui depuis qu’il était arrivé ici. C’était pas non plus comme s’il avait un ami, une présence, rien, il était seul, et cette solitude prolongée tendait à lui faire de moins en moins apprécier toute forme de contact. Et ensuite, merde, mais c’était une gamine. Danny et les gamins, ça faisait un peu huit. Certes, à première vue, la blonde n’avait pas cinq ans non plus, elle n’avait plus forcément besoin de ses parents pour lui faire à bouffer et elle ne devait même plus être au collège, mais à coup sûr, elle ne devait rien comprendre à rien. A son âge, tout le monde pensait connaître tout un tas de trucs, tout le monde se sentait intelligent, et, pour dire vrai, si elle se permettait de lui faire le moindre commentaire sur n’importe quoi, Danny allait s’énerver, probablement. Non, parce que cette enfant ne devait sûrement pas différer trop de la norme des gens de son âge -donc elle se croyait à coup sûr pleine de sagesse-, et en plus, elle n’avait même pas l’air décidée à lui foutre la paix. Pourtant, un barre-toi bien senti, ça avait tendance à décourager un peu n’importe qui, mais non, pas elle. Alors, soit elle avait du courage, soit elle était stupide. Ou les deux, peut-être. A moins qu’elle s’ennuie ? Qu’elle soit aussi seule que lui ? Oh, fort à parier que non, à son âge, on avait encore la tchatche, on se faisait plus vite des potes que des poils, et puis, Danny imaginait volontiers que des tas et des tas de gens la voyaient comme une petite chose fragile -et donc, la plaignaient. Surtout que, si elle était comme ça avec tout le monde, elle devait avoir des amis aux quatre coins de ce monde, et elle leur rendait visite, de temps à autres, après avoir zigouillé une ou deux poupées de pétrole.

Mais, résolument, cette gamine n’était pas si terrible qu’elle en avait l’air. Non, non, sincèrement, parce qu’elle eut un geste simple, d’apparence ordinaire, mais ici, il prenait un sens tout autre. A priori, une baie avait roulé jusqu’à elle et… Elle lui avait tendu. Alors, Danny avait cessé de froncer les sourcils. Parce que son geste était gentil, tout simplement gentil, et qu’ici, la gentillesse était tout sauf monnaie courante, pouvait en témoigner son visage toujours légèrement meurtri par l’entrevue avec Lew. Une baie, ce n’était rien, dans le monde des vivants. Mais ici, une baie, c’était une maigre garantie de survie. C’était ce qui pouvait sauver la mise de quelqu’un, c’était, c’était d’une grande valeur, aussi insignifiante soit-elle. Et la gamine, la blonde, celle qui lui avait balancé une carte en pleine poire, elle lui rendait ce bien, sans que Danny ne lui ait rien demandé, et ça, ce geste si dérisoire, ça jouait clairement en sa faveur. Et pis merde, c’était qu’une baie après tout. « Garde-la, c’est bon. » Le simple fait qu’elle veuille lui rendre, c’était suffisant pour Danny ; elle méritait bien de la garder. Alors, pire, même, Danny s’était senti coupable, tout d’un coup. S’il ne lui restait pas encore une conscience et un peu de civisme, si la folie s’était emparée de lui comme elle s’était emparée de beaucoup d’autres, il aurait même pu se sentir agressé et lui sauter dessus. Coupable de mauvaise humeur, oui, Danny était coupable de mauvaise humeur dans un endroit qui, pourtant, aurait tout à fait mérité que les gens se serrent un peu plus les coudes. « Y’en a encore un peu ici si tu veux. » Manière comme une autre de se racheter, probablement, alors il lui avait désigné l’endroit. Si la blonde avait suffisamment un bon fond, il ne demandait pas mieux, après tout, un peu de sympathie ne pouvait pas lui faire le plus grand mal. Autant… Autant la remercier de la seule façon qu’il pouvait, donc. Et puis, Danny avait soupiré, et il avait tendu le bras vers la blonde, lui restituant la carte qu’elle lui avait demandée, après l’avoir observée quelques secondes. Il aurait bien aimé en avoir un comme ça, lui aussi, un jeu coupant. Ça devait être vraiment pratique dans cette région, plutôt que le genre de flingue qu’on lui avait refourgué et dont il n’avait même pas voulu. Mais bon, c’était le deal ; elle lui rendait sa baie, il lui rendait sa carte, un point c’est tout. « Mauvaise journée ? »
A ce moment, Danny se mit définitivement à apprécier la gamine. Bon sang, depuis combien de temps quelqu’un ne lui avait pas demandé comment s’est passée sa journée ? Des semaines, des mois, peut-être même des années. Parce que si Danny Weaver passait une bonne ou une mauvaise journée, le monde tournait quand même, alors ça n’était pas important, de toute façon. Cette phrase, cette simple phrase, elle eut le mérite de toucher Danny, même s’il n’en montrait rien. Pour une fois depuis qu’il était ici, on s’inquiétait pour lui. On prenait de ses nouvelles. On lui demandait ce qu’il pensait, ce qu’il ressentait, et ça, c’était devenu clairement inespéré. Alors, était-ce oui ou non une mauvaise journée ? Peut-être que oui, peut-être que non, Danny n’en savait franchement rien. « Pourquoi, tu passes des bonnes journées depuis que t’es ici, toi ? » Indéniablement, oui, Danny avait connu des jours meilleurs, de son vivant. Mais de sa mort ? Il n’en savait foutrement rien non plus. Enfin. Comme il sentit que sa réponse pouvait sonner un peu sèche, il jugea bon d’ajouter quelques mots après quelques secondes. « J’ai connu pire, j’ai connu mieux. » Danny ne savait pas quoi répondre d’autre. En un sens, les explications avec Lew étaient faites, mais le pire restait à venir ; Zoe ne savait encore rien, et quand elle saurait, à ce moment, Danny pourrait officiellement dire avoir touché le fond. Il pourrait scander haut et fort ; Voyez, j’ai tout foiré, je peux pas descendre plus bas mais je peux encore creuser, admirez, admirez, je suis encore en dessous du niveau de la mer, ça mérite bien quelques félicitations. Bravo, t’as touché le fond. Mais bon, pour l’instant, il flottait encore un peu en attendant de couler, et la gamine était toujours là, encore, fidèle à elle-même de ce que Danny en savait, et pas prête à le laisser en paix, peut-être. « J't'avais pris pour un lapin. » Elle s’était mise à rigoler, et Danny, lui, il s’était mis à se dire que, très certainement, elle n’avait les yeux en face des trous. Danny, c’était un peu tout l’opposé du lapin. Mais bon, au moins, la blonde avait réussi à le faire sourire un peu, d’un sourire en coin à peine perceptible, chose qui ne se produisait que rarement chez lui. Bon, et puis lui, au moins, il ne risquait pas de la prendre pour un lapin, vu comment elle faisait du bruit. « Ça fait pas trop mal ? Ton bras, j'veux dire. » Pour tout dire, Danny n’y pensait même plus. Il jeta un rapide coup d’œil à la plaie, très superficielle, un truc qui ne lui faisait même pas mal du tout, en fait, et qui était bien peu de choses comparé aux plaies qu’il s’était faites tout seul, comme, par exemple, le jour de sa mort. A côté, ça, c’était comme si une mouche avait décidé de s’en prendre à lui. « J’pense que je survivrai. » Il avait hoché la tête de haut en bas. Oui, il en était persuadé, cette plaie n’aurait pas si vite fait de l’achever. Et, compte tenu du personnage, on pouvait presque considérer que Danny tentait de faire un brin d’humour. Mais bon, il n’avait jamais été très drôle, et puis, il avait un peu perdu le pli de lancer quelques piques, il était plutôt un type sérieux qui avait un peu de mal à se dérider. « J'me doute que tu dois pas être à ça près, vu les bestioles qu'on peut trouver ici, mais bon. Avant même le p'tit dej, ça doit surprendre. » Surprendre, ouais, c’était le mot. C’était carrément le mot pour ne pas dire qu’elle lui avait cassé les pieds assez méchamment. Enfin, ces mots, les mots de la blonde, Danny l’aurait juré, ils ressemblaient presque à des excuses. Enfin, presque. Une façon de le dire sans le dire, peut-être ? « Laisse tomber, c’est rien. » Danny avait haussé les épaules. Et maintenant, ils faisaient route à part ? Ca se finissait dans des excuses, des bisous, et voilà ? C’est pas grave, c’est pas grave, d’accord, bonne journée, bonne continuation, à la prochaine, et joyeuses pâques -comme on peut plus trop savoir où on en est, autant dire que c’est pâques. Et puis, de toute façon, parti comme c’était, son petit déj, il l’aurait parié, il allait le passer en compagnie de la blonde, si vraiment elle n’avait rien d’autre à faire et personne qui l’attendait quelque part.

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✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : corbeau
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✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

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MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Lun 28 Juil - 1:57


''L'homme est-il un animal ?
Comme à cette époque le mal est déjà caporal,
La main du lieutenant doucement vers le ciel s'est levée.
La suite, l'avenir est un long passé.''
Petit à petit, le grand méchant loup s'humanisait, la froideur dans ses yeux s'atténuait. L'espace d'un instant, Marley eut même l'impression qu'il regrettait d'avoir réagi comme ça, au quart de tour, de l'avoir jugée aussi vite, d'avoir grogné peut-être à tort. Il n'avait pas l'air si méchant. Maladroit peut-être, seul, aussi. Surtout. C'est dur, la solitude, même quand c'est un choix. Si elle avait la chance d'avoir un compagnon de route, ça n'était probablement pas le cas de tout le monde. Pendant quelques secondes, l'idée de le ramener à Lew lui traversa l'esprit, mais elle l'oublia bien vite. Peut-être qu'ils s'aimeraient pas. Peut-être qu'ils s'aimeraient trop – même si Marley aimait la plupart des gens, elle pouvait être facilement jalouse avec les gens qui comptent. La seule pensée d'être délaissée par Lew ne lui plaisait pas, mais si il ne disait pas à tout le monde de dégager, Monsieur Baies trouverait sûrement quelqu'un avec qui rester sur le long terme – pour aujourd'hui, il devrait se contenter d'une gamine trop bavarde. C'est tout ce qu'elle pouvait lui souhaiter. Mais le fait qu'il soit probablement seul – et pas forcément solitaire de nature – lui trottait toujours en tête. Elle essayait de s'imaginer comment c'était, d'être tout seul. Comment c'était d'être tout seul à Wonderland. Marley n'avait jamais eu à se plaindre à ce propos. Elle n'a peut-être pas eu les meilleurs amis du monde mais elle a toujours eu quelqu'un a qui se confier, et puis sa famille – sa mère du moins – et même un voisin au-delà de ce qu'elle aurait pu souhaiter sur les dernières années de sa courte vie. Elle n'a, dans ses souvenirs du moins, jamais eu à manger seule à la cantine – se la jouer solo c'était pas trop son truc. Pour les projets en cours, elle trouvait toujours facilement avec qui se mettre. Plus occupée à monter aux arbres qu'à faire du shopping, ses amis étaient plus souvent des garçons que des filles, mais Marley n'avait, à sa connaissance, personne qui lui en veuille ou la déteste. Trouver quelqu'un avec qui rester ou à inviter n'était pas difficile. Même s'ils n'étaient que spectateurs, elle n'est pas morte seule pour ainsi dire. Des gens se sont probablement précipités pour voir si elle allait bien – désolée m'sieurs dames - et peut-être même que quelqu'un lui a tenu la main et lui disant de tenir bon. Et même ici, même ici elle avait des amis. Toujours pas les meilleurs du monde, ils finiraient bien vite par avoir envie de la tuer pour la plupart, mais elle n'était pas seule. Elle connaissait des gens, même ici, qui voulaient s'entraider plutôt que se tirer dans les pattes. Et puis surtout, elle avait Lew. Non Marley en était sûre, ça n'était pas demain qu'elle serait seule. Il lui arrivait d'en avoir l'impression, mais ça disparaissait bien vite. Alors putain, ça fait quoi, d'être seul ? La question lui brûlait les lèvres, mais elle ne se risquait pas à la poser. Elle manquait parfois de tact et de délicatesse – et tout ce qui fait d'une femme une lady, même la poitrine – mais pas à ce point. Juste pour une seconde, un instant, un battement de cils, Marley essaya d'imaginer. Ce que ce serait si elle n'avait personne à appeler, coincée en haut des arbres ou au fond des trous. Si quand elle trouvait ou attrapait à manger, elle n'avait personne avec qui partager. Si quand elle en avait besoin, elle n'avait qu'elle-même à qui parler. Elle tournerait en rond, elle serait sûrement déjà folle à lier. Et ne pas pouvoir parler de rêves avec quelqu'un – des rêves à Wonderland, c'était assez rare pour partager – et ne pas pouvoir courir et voir quelqu'un qui court derrière en se retournant, et n'avoir personne qui te réveille la nuit en ronflant, même à plusieurs mètres de distance, et n'avoir personne avec et pour qui se battre, et n'avoir personne à rendre fier. C'était triste, tout ça, et Marley chassa immédiatement cette pensée en sentant les larmes lui monter aux yeux. Elle n'était pas triste en elle-même, plus triste pour ceux à qui ça arrive, peut-être triste pour M'sieur Baies, là, et ça dégaine mal foutue. Elle l'aurait bien vu jongleur dans un cirque, ou acrobate, ou dompteur. Forain peut-être – mais penser aux forains la ramenait encore une fois à des souvenirs qu'elle enfermait dans un coin de sa tête, bien à l'abri. Si on pense trop aux choses précieuses, elles finiront par prendre l'eau, baver et être déformées. Marley n'était pas loin de préférer oublier plutôt que vaguement se souvenir.
Avant qu'elle ne vienne au bout du débat mené dans ses pensées, l'autre la sortit de ses pensées. Garde-la, c’est bon. Même sa voix avait quelque chose d'un peu cassé, maladroit, un peu désolé, un peu douloureux. Quelque chose de plus doux qu'au premiers mots, moins tranchant en tout cas. Le regard de la blonde se baissa vers la baie toujours dans sa main, et un sourire s'étira sur son visage. Sa voix à elle était bien plus énergique et rapide, le genre de truc propre aux gosses. C'est vrai ? Merci ! Elle aurait presque eu envie de lui faire un câlin, mais il y avait un risque pour qu'il la tranche en deux, alors elle se ravisa. Y’en a encore un peu ici si tu veux. Marley aurait voulu ranger un peu son sourire – des fois que ça énerve le grand gentil loup – mais elle ne pouvait juste pas. Sa tête se secoua doucement de gauche à droite, puis elle ajouta doucement : T'en fais pas ! C'est gentil, mais c'est ta cachette. Je suppose que si je trouvais des baies j'aimerais bien pouvoir en profiter. Ça serait pas sympa de t'en prendre – même si tu proposes. Elle soupira. Et puis tu m'en as déjà filé une, je cherchais juste de la bouffe pour faire plaisir à un ami à la base, une baie pour une personne c'est déjà pas mal ! Elle récupéra sa carte, presque pas brusquement. Puis Marley se tourna d'un côté, de l'autre. Pas de poney, pas de maillet, pas d'éventails ni rien d'autre qu'elle puisse voir. Lui devait aussi avoir des cartes rasoir rangées par là. La gamine mit le paquet dans une poche de son jean, la baie à l'abri dans une des poches de sa veste. Même si elle ne revenait pas avec un lapin et que le butin devenait maigre, une baie serait sûrement mieux que rien. Elle évitera seulement de dire à Lew qu'elle en a refusé d'autres, il risquerait de l'engueuler.
Pourquoi, tu passes des bonnes journées depuis que t’es ici, toi ? J’ai connu pire, j’ai connu mieux. Marley pencha la tête sur le côté. Elle passait plus de bonnes journées que de mauvaises, c'était sûr. Être bloqué ici n'était pas une fin, et même si on en vient à en crever, y aura quelque chose d'autre après. Peut-être mieux, et peut-être pire. Au cas où, Marley voulait profiter de chaque jour qu'elle passait au Pays des Merveilles. Peut-être que dans leur prochaine mort, y aura plus de couleurs, et plus d'odeurs, et peut-être qu'on s'ennuiera à mourir. Cette idée terrifiait Marley bien plus que celle de rester ici éternellement. Sa tête se pencha sur le côté, pensive. J'ai pas de raisons de passer beaucoup de mauvaises journées. J'suis morte et j'entends encore mon cœur battre. J'suis dans un monde que certains qualifient d'horrible, mais je le trouve plutôt fascinant. Ses yeux commençaient déjà à pétiller. Chaque jour, c'est un peu une aventure. Tu peux visiter deux fois le même endroit et ça s'ra pas le même. Y a des couleurs ici qu'existaient même pas là-bas. Elle pointa son doigt vers le ciel. Je passerai une mauvaise journée le jour où je pourrai plus rien découvrir de ce monde, où je serai clouée dans sans pouvoir m'en dégager. Jusque là, je me trouve plutôt chanceuse. Plein de gens considèrent ce Pays comme un enfer. Elle sourit en observant tout ce qui se trouvait autour d'eux. C'est juste différent. Pour quelqu'un d'ici, chez nous ça s'rait peut-être un enfer aussi ! J'pense qu'il faut juste pas tout le temps comparer là où on est et là où on était. Sinon tu trouveras toujours mieux ce à quoi t'as toujours été habitué. Faut laisser le passé dans le passé, tu vois ? Elle leva de grands yeux vers Danny et haussa les épaules. Peut-être qu'il ne voyait pas, non. Elle parlait trop, c'était sûr. Partait trop loin. On lui demandait l'heure et elle en pondait un roman de huit cent pages. Elle gueulait beaucoup, aussi. Mais quand Marley donnait un avis, elle le faisait avec sincérité, et parfois avec intelligence. Son point-de-vue n'était peut-être pas toujours celui de la majorité, pas toujours celui d'un adulte responsable mais il avait l'avantage de lui convenir. Il pourrait lui prouver par a+b que les gens sont tous des pourris et que se laisser crever à nouveau serait plus rentable, elle continuerait de croire le contraire. Marley elle est têtue, mais elle dit ce qu'elle pense quitte à passer pour une idiote. Et puis des fois, ça avait du sens. Quelque chose que sans approuver, quelqu'un d'autre pouvait comprendre. C'était pas toujours évident avec elle. La logique, la rationalité, tout ça, y a des jours où ça lui passait bien au-dessus. J’pense que je survivrai. Marley se mit à rire, plus discrètement qu'auparavant. Bah tu vois, c'est que c'est pas une si mauvaise journée !
Eh au fait, c'est quoi ton nom ? Elle était là, plantée face à lui, la bouche entrouverte comme un gosse qui attend la suite d'une histoire. C'est peut-être ce qu'elle attendait, son histoire. Elle pourrait pas l'écrire dans un livre, mais elle pourrait s'en souvenir. Il serait un peu moins seul, si quelqu'un est là pour s'en souvenir. Mais si elle avait su, Marley, si elle avait su, même Marley se serait en allé. Tant pis les baies, tant pis le lapin, tant pis la solitude. Elle se foutait peut-être encore une fois dans la merde sans s'en rendre compte, et en une seule phrase. Elle ne risquerait peut-être pas de tomber et se casser la jambe aujourd'hui, mais elle aurait peut-être préféré. Si elle avait su, Marley se serait barré comme une voleuse. Avant d'être confrontée à ce qui l'avait le plus énervée ici. Le plus peinée, plongée dans l'incompréhension. Mais elle ne l'avait pas fait. Elle ne savait pas, elle ne pouvait pas vraiment savoir. Et cette fois-ci, appeler Lew à la rescousse risquait de ne pas être le meilleur choix à faire.
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MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Mer 30 Juil - 20:11


Sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it

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n sourire. Un vrai sourire, pas un truc forcé, un sourire comme il n'en avait pas vu depuis longtemps, un sourire qui laissait apercevoir des dents blanches, un sourire qui illuminait un visage, un sourire comme il n'arrivait plus à en faire. La gamine souriait, sincèrement, humainement. Oui, cette gamine, peut-être est-ce qu'elle était la seule trace d'humanité qui subsistait dans ce pays, elle était la dernière à à pouvoir étirer ses lèvres de la sorte, elle était peut-être la représentante finale du genre humain. Parce que, résolument, Danny en aurait mis sa main à couper, elle était foncièrement humaine. Mais humaine du bon côté, du côté de l'humanité qui riait et s'aimait, qui construisait et s'amusait, pas du côté des grands, des sombres, des adultes, pas du côté qui cherchait les problèmes, non, elle était le jour de l'humanité, la gamine. Enfin, pour ce que Danny en savait. La notion d'être humain avait parfois tendance à lui échapper quelque peu. Ici, il avait vu trop d'horreurs. Il avait vu des cadavres, il avait dû tuer des bestioles, il avait eu du sang sur les mains, trop de sang. Alors ça voulait dire quoi, être humain, dans ce monde ? Peut-être que ça voulait dire rendre une baie à son propriétaire, même si ça n'était rien, et même si la notion de propriété devenait floue. Lui, il n'avait pas de maison, ici. Il n'avait rien, rien qu'une couette, quelques gâteaux qui faisaient office de somnifères, quelques lucioles et quelques onguents. Du reste ? Rien n'était à lui. Rien n'était à personne. Ils n'étaient plus propriétaires, ils étaient survivants. Et ce sourire, ce sourire sincère et honnête, sans qu'il puisse dire vraiment pourquoi, il donnait un peu de chaleur à Danny. Peut-être parce que personne ne lui souriait plus, peut-être parce que les rares personnes à qui il tenait encore ne voulaient plus entendre parler de lui -ce qui n'allait pas tarder à arriver concernant Zoe-, et peut-être parce qu'il avait l'impression, pour une fois depuis qu'il était ici, qu'on ne lui voulait aucun mal, quel qu'il soit.

Parfois, il lui semblait qu'il s’apitoyait sur son sort. Et, à de rares instants, il lui arrivait d'avoir envie de vivre, de tout réparer, d'effacer l'ardoise, de se concentrer sur cette vie et pas sur la précédente, juste avant d'être à nouveau assailli par une salve de douleur destructrice, si bien qu'il pouvait rester à genoux devant la rivière, se surprenant à prier pour se réveiller et se dire que tout n'était qu'un cauchemar. Mais pas aujourd'hui. Par aujourd'hui alors qu'une gamine se montrait souriante et radieuse, voire même contente de son sort. « C'est vrai ? Merci ! » Oui, c'était vrai. Danny eut même un mince sourire un peu triste en guise de de rien. Ce n'était pas tous les jours qu'on le remerciait, pour un aussi maigre cadeau de surcroît. « T'en fais pas ! C'est gentil, mais c'est ta cachette. Je suppose que si je trouvais des baies j'aimerais bien pouvoir en profiter. Ça serait pas sympa de t'en prendre – même si tu proposes. Et puis tu m'en as déjà filé une, je cherchais juste de la bouffe pour faire plaisir à un ami à la base, une baie pour une personne c'est déjà pas mal ! » Elle avait refusé d'emporter quelques autres baies. Et donc, elle avait bien un ami, quelqu'un qui l'attendait quelque part, peut-être même quelqu'un qui se faisait un sang d'encre pour elle, qui la cherchait et qui paniquait, parce que si Danny avait eu un ami en ce bas-monde, pas une seule seconde il n'aurait été rassuré de laisser son ami tout seul ici. Certes, certains coins étaient plus tranquilles que d'autres, mais un ami, sans conteste, c'était la chose la plus précieuse en ce monde. Alors, en dépit de ce qu'elle avait dit, Danny s'était penché, et avait cueilli une autre baie, qu'il avait lancée à la blonde. Lui aussi, il pouvait être humain. « Pour ton pote. » Il avait soupiré, et haussé les épaules. « J'sais pas si tu devrais tarder, il doit peut-être s'inquiéter. » L'absence, Danny savait les effets qu'elle avait ; Lew s'était trop absenté de l'appartement à la fin, et il n'en avait résulté que des mauvaises choses. Danny l'avait attendu, des siècles peut-être, l'avait attendu et espéré que ce soit lui à chaque bruit qu'il entendait, avait prié pour que rien ne lui arrive quand il revenait à deux, trois, ou quatre heures du matin, il avait souhaité, du plus profond de son être, que Lew vienne le chercher dans sa chambre, lui explique tout et que c'en soit fini. Mais non, il n'en avait rien été, l'absence avait toujours été pensante et avait laissé en lui un vide que rien n'avait réussi à combler, pas même quelques grammes de poudre ou un verre de vodka. Mais elle, la gamine, elle devait être bien loin de tout ça. Elle ne devait pas connaître le vide, le vrai, celui qui hurle aux oreilles à chaque battement de cœur que la lutte est inutile et que la vie est futile, sinon pensante. Elle était trop jeune pour ça. Elle n'avait sûrement pas eu le temps de voir son monde s'écrouler petit à petit, pierre par pierre, sans rien pouvoir faire pour l'en empêcher, si ce n'était accélérer les choses de la manière la plus horrible qui soit comme l'avait fait Danny.

Non, elle, la blonde, elle devait être dans une toute autre optique. Et la preuve, c'était son discours, son discours sur ce monde. « J'ai pas de raisons de passer beaucoup de mauvaises journées. J'suis morte et j'entends encore mon cœur battre. J'suis dans un monde que certains qualifient d'horrible, mais je le trouve plutôt fascinant. Chaque jour, c'est un peu une aventure. Tu peux visiter deux fois le même endroit et ça s'ra pas le même. Y a des couleurs ici qu'existaient même pas là-bas. Je passerai une mauvaise journée le jour où je pourrai plus rien découvrir de ce monde, où je serai clouée dans sans pouvoir m'en dégager. Jusque là, je me trouve plutôt chanceuse. Plein de gens considèrent ce Pays comme un enfer. C'est juste différent. Pour quelqu'un d'ici, chez nous ça s'rait peut-être un enfer aussi ! J'pense qu'il faut juste pas tout le temps comparer là où on est et là où on était. Sinon tu trouveras toujours mieux ce à quoi t'as toujours été habitué. Faut laisser le passé dans le passé, tu vois ? » Danny la dévisagea quelques secondes. Elle, de son côté, elle était radieuse. Elle brillait peut-être un peu, aussi, avec sa tignasse blonde et ses yeux plein d'étoiles. Et peut-être même que si Danny avait eu sur lui un dictaphone, il aurait enregistré son discours pour l'écouter, de temps à autres, quand ça n'allait pas. Au lieu de quoi il allait devoir se raccrocher à des souvenirs trompeurs. « Tu parles trop. » Ça, c'était certain, c'était la première des évidences. La blonde avait une telle locution que c'en était presque effrayant. Plus d'une fois, de son vivant, on avait dû lui reprocher. Mais pendant qu'elle faisait son discours, Danny avait bu la moindre de ses paroles. Elle parlait trop, mais elle parlait bien. Dans la tête de l'homme, certaines paroles tournaient encore, certaines phrases le marquaient plus que d'autres. Lui, qui pensait que son existence était misérable, se faisait presque prouver le contraire par une gamine d'à peine dix-huit ans. Mais sa façon de voir les choses, elle était particulière, et pour tout dire, Danny l'aimait bien. Un tel optimisme, c'était agréable, de temps à autres. Certes, elle n'allait pas forcément changer sa manière de penser, mais d'une certaine façon, elle le touchait. Elle dégivrait un peu son cœur glacé.
Alors, Danny s'était appuyé sur l'arbre le plus proche, et avait un peu levé les yeux au ciel, cherchant ses mots. « J'sais pas si t'as eu une belle vie. » Il marqua une courte pause, et cessa de contempler le ciel pour jeter son regard sur la blonde. « Mais, y'a des choses dans un passé que tu peux pas oublier. C'est comme ça, elle sont là, et quoi que tu fasses, ça revient. Ça revient, ça te travaille, même si t'essayes de toutes tes forces de plus y penser. On peut pas se débarrasser si facilement d'un passé. » Danny eut un rictus, et planta ses yeux sur le sol, avant de lever les yeux vers la gamine. « J'ai essayé, crois-moi. » Il haussa les épaules et croisa les bras sur sa poitrine, avant de prendre une moue quelque peu dépitée. « J'suis sûr que toi aussi t'as des regrets, et... J'aime bien penser que peut-être, cet endroit est une... Une seconde chance ? J'en sais rien. T'as l'air de trouver ça facile de faire comme si tout était magique. Ça l'est, en un sens, t'as peut-être pas tord. » Magique, ou pas magique, il fallait bien reconnaître que cet endroit avait somme toutes quelques qualités indéniables. Mais les paillettes dans les yeux, il n'en avait plus depuis longtemps. « A ton âge, j'aurais peut-être pensé comme toi. Mais j'ai plus ton âge, et... » Il haussa à nouveau les épaules. Pour peu, il aurait presque pu lui raconter sa vie. A son âge, oui, il était heureux. Il travaillait, et il rêvait, bon sang, ce qu'il rêvait, avant que tout foute le camp. Peut-être qu'à l'âge de la blonde, il aurait aimé défaire des créatures, se prendre pour un explorateur, et il aurait aimé découvrir ce pays, être insouciant et heureux. Pourtant, il avait quoi, dix ans, quinze ans de plus qu'elle au maximum ? C'était pas grand chose, mais il lui semblait que ça faisait déjà une éternité qu'il avait passé le cap des vingts ans, et qu'avec ce cap, toute la joie qu'il avait pu ressentir s'était évanouie. « C'est pas trop mon truc de crever la dalle et de pas arriver à dormir parce que je caille, ou parce qu'il y a des bestioles dans le coin. Question de point de vue. Alors, ouais, j'passe plein de mauvaises journées. » Il décroisa les bras, dépité. « T'as forcément déjà dû avoir l'impression que cet endroit voulait pas de toi. » Parce que c'était joli, de tout idéaliser. Mais la vérité, elle était autre. Ouais, les arbres changeaient de place, ouais, y'avait des couleurs chatoyantes, mais pour ce qui était du reste ? Il semblait souvent à Danny que s'il était ici, c'était par un coup de bol monstrueux -ou un coup du mauvais sort, qu'en savait-il-, mais qu'il n'avait rien à y faire, comme s'il était un intrus et qu'on essayait de lui faire comprendre. La faute aux bestioles ? Au temps ? Peut-être. S'il savait une chose, c'était qu'il ne savait plus rien.
« Eh au fait, c'est quoi ton nom ? » Certes, les présentations avaient été quelque peu oubliées. « Danny. Et toi ? » Inutile de préciser le nom de famille. Ici, y'avait plus de familles, de ce que Danny en savait. Y'avait plus rien, sinon la survie. Même les amitiés, il n'y croyait plus trop. Et puis, son nom, il ne demandait qu'à l'oublier, de toute façon. Pourtant, à peine quelques jours auparavant, histoire d'être sûr de ne pas perdre la boule, il s'était répété : Je m'appelle Danny Weaver. J'ai vingt-huit ans. Je suis né à Plymouth, en Angleterre, et je me suis suicidé. Je m'appelle Danny Weaver. J'ai vingt-huit ans. Je suis né à Plymouth, en Angleterre, et je me suis suicidé. Et à chaque fois qu'il sentait que son esprit menaçait de céder sous les coups de la solitude et de la souffrance, il se répétait ça. Juste pour être sûr. Juste pour savoir qui il était. Non, il ne voulait pas oublier. Il le voulait, mais il ne devait pas. Il ne devait pas. Il était Danny Weaver, il était en train de parler à une gamine, et il était mort, Danny Weaver, suicidé entre deux boîtes d'antidépresseurs et des veines éclatées. Danny Weaver, il avait tué son frère sans vraiment le vouloir, et surtout, Danny Weaver était hanté par des fantômes et anxieux du moment où l'épée de Damoclès s’abattrait sur lui.

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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 299
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✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
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✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Jeu 31 Juil - 1:02


''L'homme est-il un animal ?
Comme à cette époque le mal est déjà caporal,
La main du lieutenant doucement vers le ciel s'est levée.
La suite, l'avenir est un long passé.''
Après le Barre-toi de Danny, Marley ne s'attendait pas à autre chose. Pas à ce qu'il soit si gentil – parce qu'il l'était. Elle s'attendait à ce qu'il lui répète plus gentiment cette fois de dégager. Elle pensait qu'il allait lui dire que les gosses ça va bien cinq minutes, mais là il a atteint son maximum niveau tolérance. Et pourtant, il était toujours là, et il avait même l'air de l'apprécier. Et même s'il avait été agressif plus tôt, il était clair dans la tête de la blonde que ça n'était qu'une réaction ponctuelle. En fait, en y regardant de plus près, Danny n'avait même pas l'air méchant du tout. Comme si sa réaction n'avait été qu'une mauvaise aventure, comme ça. Ça arrive des fois, on touche la corde sensible et l'autre pète un câble. En tant qu'humain, ça lui arriverait probablement un jour. Elle pétera un câble, peut-être qu'elle frappera quelqu'un, peut-être qu'elle hurlera. Le genre de hurlement qui vient du cœur et qui lui retourne l'estomac, les larmes aux yeux. Marley avait vu ça, dans les films. Si ça a pu arriver à un autre, ça pouvait lui arriver, n'importe quand. Et puis elle regretterait, mais ça serait trop tard. Et c'est en partie ça, être humain : faire des conneries qu'on regrette. Ça n'est pas une mauvaise action qui nous définit : elle en était convaincue, Danny s'était un peu trop énervé, mais il n'était pas méchant. Il aurait déjà pu la frapper ou je sais pas quoi d'autre, mais non. Le plus qu'il avait fait avait été de lui laisser garder une baie. Et d'être trop adulte. Marley continuait de scruter Danny, pas méchamment mais minutieusement. Elle aurait aimé en savoir plus, sur lui, mais il n'allait probablement pas lui en dire plus. Elle voulait savoir pourquoi il avait l'air si seul et triste, est-ce qu'il l'était ou est-ce qu'il se donnait un genre, elle voulait savoir comment il était arrivé là, pourquoi pas. S'il était là depuis longtemps, je sais pas. Un peu tout ce qu'il aurait à lui dire, elle voulait le savoir. La curiosité est un mauvais défaut, mais Marley n'est plus à un défaut près.
Mais au lieu de lui donner des histoires, Danny lui donna une baie. Lancée à la gueule, plutôt, et elle la rattrapait comme elle pouvait en se frappant sur la joue, mais c'était sûrement mieux qu'une histoire qui deviendrait trop floue pour s'en souvenir dans quelques mois. Pour ton pote. Elle aurait voulu la manger de suite, mais après réflexion, elle la mettait dans sa poche. Si jamais Lew était toujours très énervé contre elle, elle aurait deux fois plus de bouffe pour se faire pardonner, et c'était pas vraiment négligeable. J'sais pas si tu devrais tarder, il doit peut-être s'inquiéter. C'est vrai, Lew s'inquiétait peut-être, mais elle savait qu'il la retrouverait. C'était comme ça : Marley part, Lew la trouve. Et que ça gueule ou que ça pleure, ils se retrouvent toujours. Elle savait qu'il la trouverait avant d'avoir trop peur pour elle. Elle avait survécu à bien pire qu'une promenade matinale et une chasse au lapin – finie en chasse à la baie. Il est habitué à ce que je disparaisse – oh, et merci pour lui. L'autre jour on a été vers le château de la reine rouge, j'ai voulu suivre un lapin – je crois que ça me réussit pas – mais il m'a retrouvée. J'pense pas qu'il s'inquiète, va, j'peux me débrouiller ! Marley se mit à sourire. Toujours aussi sincèrement, mais de fierté cette fois. La fierté de pouvoir dire que même avant d'être majeure, oui, c'est une jeune femme forte. Qui n'a pas plus de problèmes – voire bien moins – que les adultes d'ici pour éviter de crever. La fierté de pouvoir dire qu'elle avait un compagnon de voyage, ce qui était totalement différent d'avoir quelqu'un dont elle dépend sans arrêt pour se défendre. Dans les faits, elle se fourrait toujours dans la merde, et Lew avait souvent à l'aider. Mais si besoin est, Marley peut les défendre – elle et lui. S'il arrive quelque chose à Lew, elle pourra l'aider, elle pourra le défendre s'il ne peut plus le faire. Et savoir qu'elle n'était pas un poids de plus pour le seul semblant de famille qu'elle avait ici, c'était une immense fierté. Elle ne s'en vantait qu'en rigolant, mais son compagnon comme elle ont toujours su qu'elle avait les capacités de s'en sortir et qu'il n'avait pas à s'inquiéter autant. De toute façon, il était hors de question qu'elle disparaisse plus longtemps que quelques heures, hors de question qu'elle ne réapparaisse pas si Lew était toujours là, et encore moins sans lui avoir dit au revoir. Pas sans lui avoir une fois de plus parlé pendant des heures jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus.
Tu parles trop. Marley se mit à rire en sortant de ses pensées. C'était peu dire. Lew lui faisait la remarque, souvent. Avant c'était sa mère et puis Caleb, surtout Caleb, qui lui disaient de la fermer. Mais si elle devait y rester une seconde fois, Marley préférait avoir dit tout ce qu'elle pensait plutôt que d'emporter la moindre parole avec elle. Si ça ne lui allait pas, il pouvait toujours se boucher les oreilles et chanter pour se divertir, elle ne lui en voudrait pas. Elle hocha simplement la tête. Oui, elle parle trop, beaucoup trop, mais c'est mieux qu'un long silence. Ouaaaaais je sais. Tu m'excuseras, j'ai pas eu le temps de vieillir assez pour apprendre à me taire ! Marley ne parlait même pas avec hostilité. Même sa mort et le jeune âge qu'elle gardera toujours, elle arrivait à en déconner. Elle n'en ferait pas un one-woman show, mais ça n'était pas tabou ni même triste. Ce sont des choses qui arrivent, et se plaindre ne la ferait pas revivre quelques années de plus. Elle frottait à nouveau ses yeux le temps qu'il s'appuie contre un arbre, et elle s'asseyait dans l'herbe, en tailleur, en face de lui. J'sais pas si t'as eu une belle vie. Plutôt, oui. Mais, y'a des choses dans un passé que tu peux pas oublier. C'est comme ça, elle sont là, et quoi que tu fasses, ça revient. Ça revient, ça te travaille, même si t'essayes de toutes tes forces de plus y penser. On peut pas se débarrasser si facilement d'un passé. Oublier ? Marley n'a pas oublié. Il faudrait, oui, et si on l'écoute alors elle a tourné la page et recommence tout. Si la théorie est bonne, la pratique est plus foireuse. Marley n'oublie pas, elle arrête juste de penser. S'il le faut, elle préférera s'assommer contre un tronc d'arbre plutôt que de repenser aux voix qui résonnent dans sa tête, aux noms qu'elle oublie, aux visages qui se déforment dans sa mémoire. C'est toujours plus simple, de ne pas y penser. C'est moins douloureux. Même pour Marley. J'suis sûr que toi aussi t'as des regrets, et... J'aime bien penser que peut-être, cet endroit est une... Une seconde chance ? J'en sais rien. T'as l'air de trouver ça facile de faire comme si tout était magique. Ça l'est, en un sens, t'as peut-être pas tord. Et j'suis sûre que t'oublies pas parce que tu veux pas. Le sourire de Marley était un peu plus fade, cette fois. Un peu perdu. Elle regardait Danny sans vraiment y penser, et c'était tout autre chose qui se passait dans sa tête. J'ai que dix-sept ans et j'en aurais jamais plus, j'ai pas vécu grand chose. T'en sais probablement beaucoup plus que moi sur à peu près tout, mais est-ce que ça t'a servi depuis que t'es ici, de repenser à avant ? Elle secoua la tête, doucement. J'ai des regrets, oui. J'ai pas eu le temps d'avoir une vie digne d'un film, mais je regrette des trucs cons comme pas avoir dit au revoir, comme avoir laissé des gens, tout connement. On regrette tous des trucs. Elle soupira. Se cacher derrière des regrets, c'est pas une solution. Tu peux pas te plaindre d'être ici parce que tu regrettes. J'suis d'accord : c'est une seconde chance, ici. Et non je trouve pas ça facile. En précisant son regard, Marley observa celui de Danny. Essaya de deviner ce à quoi il pensait. Tu sais, c'est pas parce que t'as dix ans de plus que moi que t'es plus fort ou quoi. T'en sais sûrement plus, mais on est tous dans le même endroit, et c'est pas parce que je chantonne et je sautille que j'ai pas des ruines qu'essaient de m'attaquer. Marley leva ses mains en l'air, montrant un coup le dos et un coup la paume à Danny. Si c'est ce qui te travaille ici, moi aussi j'ai eu des bestioles à chasser et d'autres à tuer pour pas être chassée. Mais j'trouve ça suffisant pour pas ramener des problèmes d'avant. Plus doucement de peur de l'énerver, Marley rajouta : J'trouve pas ça courageux. Elle haussa les épaules. Elle parlait trop oui, et ça n'était que son opinion. L'opinion d'une gamine ne devait pas peser bien lourd dans la vie, alors ici c'était bien plus léger encore. A ton âge, j'aurais peut-être pensé comme toi. Mais j'ai plus ton âge, et... Sans pouvoir se retenir, Marley éclata de rire. C'est pas trop mon truc de crever la dalle et de pas arriver à dormir parce que je caille, ou parce qu'il y a des bestioles dans le coin. Question de point de vue. Alors, ouais, j'passe plein de mauvaises journées. T'as forcément déjà dû avoir l'impression que cet endroit voulait pas de toi. C'est pas parce que tu vieillis que t'es obligé de changer, tu sais. C'est comme si tout le monde ici était coincé dans des trucs trop sérieux, mais j'sais pas... ça vous arrive de vous amuser ? C'est pas facile, ici, je sais, mais... J'sais pas. C'est quoi l'intérêt de survivre ici si tu rigoles pas, des fois ? Si c'est juste une question d'âge alors j'suis bien contente d'avoir que dix-sept ans. La gamine se laissa tomber en arrière, allongée dans l'herbe, fixant le ciel. C'est trop triste si tu penses que aux monstres et au fait que t'es mort, tout ça. Ça t'arrive d'apprécier tout ça ? Les couleurs, les odeurs. Des fois elles sont horribles mais eh, c'est ce qu'il faut à certains pour se rendre compte qu'ils sont encore vivants. En quelque sorte. Elle marqua une pause d'une minute, peut-être un peu plus. J'suis pas sûre que cet endroit veuille de quoi que ce soit. J'suis pas sûre que le vrai monde voulait vraiment de grand chose non plus, sinon on y serait encore, tu crois pas ? Si le monde avait voulu d'eux alors elle ne serait pas passé sous un bus. Mais que l'endroit en veuille ou pas, Marley était là et comptait bien y rester. Pas question de s'en aller et de jeter sa seconde chance. C'était une trop belle occasion : de vivre, de rire, de jouer, d'explorer, de s'émerveiller. Dans tous les cas on est ici, alors j'préfère passer de bonnes journées et pas penser que c'était mieux avant – parce que oui, ça l'était – plutôt que de passer tout ce temps à me morfondre. Pour elle, les gens ici étaient trop adultes. Trop sérieux. Pas assez courageux, aussi – elle l'était plus que la plupart. Marley, c'était plus le genre à foncer dans le tas qu'à attendre et faire une stratégie. Et si elle pensait à avant sans arrêt, si elle refusait d'oublier, et si elle voyait ça comme une prison, elle finirait folle. Marley elle préférait voir les couleurs et les odeurs et tout ce qui change quand ça devrait pas. C'est magique, pas monstrueux. Et puis le pire des monstres, ici, c'était sûrement eux plus que les bestioles. Ils envahissaient leur terres et se plaignaient qu'on les attaque, mais si la situation était inversée ils n'en feraient pas moins. Ils n'étaient pas propriétaires ici, ils s'installaient sans permission, mais beaucoup ne le voyaient pas comme ça. Danny ne le voyait pas comme ça, sûrement. Et il voyait Marley comme une gamine qui comprend pas trop le danger. Pourtant, Marley n'était pas idiote. C'était encore une gamine, mais elle savait ce qui était bien et mal. Elle savait qu'à chaque fois qu'elle fait une connerie et se fait courser, c'est peut-être la dernière. Mais si elle passait son temps à raisonner comme ça alors elle n'avancerait pas. Elle en avait vu, des comme ça. Qui ont peur des monstres et veulent pas y rester. Qui la trouvent idiote d'être si imprudente. Elle voulait juste s'amuser et être courageuse, elle. Aventurière, comme dans les films qu'elle aime. La vie, c'est être actif, pas passif. Et Marley était bien décidée à vivre sa mort. Si t'aimes une fille et qu'elle veut pas de toi, t'abandonnes ou t'insistes ? J'm'en fous que cet endroit me veuille ou pas, j'y suis pas si mal, et j'suis pas du genre à abandonner. Mille questions lui brûlaient la gorge. Sur sa vision de ce monde, de leur mort, de leur survie. Même en les posant toutes, elle en aurait sûrement récupéré d'autres en cours de route, et cette conversation aurait pu durer toute leur mort. Elle était curieuse d'avoir un autre avis. Elle ne changerait probablement pas le sien, mais elle était curieuse. C'est pas parce qu'on est attaché à un point-de-vue qu'on ne peut pas en comprendre un autre – comprendre et approuver sont bien différents. Et Marley comprenait ce que lui disait Danny. C'était trop sérieux et déprimant, mais c'était compréhensible que certains pensent comme lui. Toute une vision peut changer pour peu, après tout, et Marley ne savait pas grand chose sur Danny, sinon qu'être ici, ça l'enchantait pas spécialement. Et d'un coup, si Marley avait pu être autre part aussi, elle n'aurait pas dit non. Danny. Et toi ? Danny. Elle avait entendu ce nom, y a pas plus de deux jours. C'était pas un nom qui lui faisait peur, elle n'avait pas le souvenir d'un serial killer nommé Danny. A choisir, elle aurait prit le serial killer.
Quand on touche la corde sensible, les gens peuvent changer du tout au tout. Marley mit quelques secondes à réagir, sûrement trop fidèle à elle même. Marley, enchan- La fin de sa phrase ne voulait pas sortir. Est-ce qu'elle était enchantée ? Plus vraiment. Danny ne lui avait rien fait de plus que tout à l'heure. Il avait l'air plutôt ouvert et gentil, et si une bestiole arrivait pour attaquer Marley dans son dos, elle était presque sûre qu'il la défendrait. Le seul élan d'agressivité qu'il avait eu, Danny semblait le regretter. Et non, Marley ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. Et pourtant, des larmes perlaient déjà aux coins de ses yeux, et son cœur se serrait. Mais il était beaucoup trop tard pour échanger avec le serial killer.
Sans même y penser, Marley se laissa glisser de quelques pas en arrière. Toujours au sol, mais la main pas loin de son paquet de cartes. Danny ne lui avait rien fait et semblait l'apprécier, et pourtant il était une des personnes qu'elle détestait le plus. C'est con, de détester quelqu'un qu'on a jamais rencontré. De trouver une personne géniale et méprisable la seconde après, quand on recoupe avec un autre témoignage. Marley se dégoûtait presque de réagir de la sorte, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle avait planté une carte dans son bras et il était le méchant de l'histoire, ils étaient plus ou moins quittes.
Danny. C'est sûrement un des noms qu'elle aura le plus de mal à oublier, ici. Danny qui la hante parce qu'il hante Lew. Danny qui a ôté la vie à la personne la plus merveilleuse dont Marley ait croisé la route. Sans lui, elle n'aurait pas connu Lew. Mais lui ne méritait pas ça, elle en était sûre. Celui qui la prenait dans ses bras pour calmer ses sanglots de peur avec une bestiole un peu trop grosse ne méritait rien de tout ça. Marley ne le méritait pas, et la mort non plus. Les larmes ne coulaient pas, restaient bloquées dans ses yeux, rendant sa vision floue. Elle ses essuya rapidement d'un revers de la manche, et reporta au plus vite son regard sur Danny. Danny qui voudrait sûrement reprendre ses baies après ça, et Danny qui allait peut-être la frapper si il savait qui était son ami, mais Marley avait le nom de son ami qui lui brûlait les lèvres. Elle aurait voulu qu'il arrive, la prenne sous son bras et se barre en courant. Marley n'avait pas peur, juste de la rage. Elle ne comprenait pas qu'on prenne la vie de quelqu'un, mais prendre celle de Lew était pire encore. Et la voilà en face du frère de celui qu'elle considère comme son frère. Elle aurait voulu lui cracher mille mots, et des reproches, et des accusations, et d'horribles choses. Elle aurait voulu lui gueuler à quel point elle s'est sentie au plus mal en voyant Lew arriver après leur première rencontre ici. Elle aurait voulu qu'il sache comment quelque chose en Lew a eu l'air de se briser quand il lui a raconté, quand il l'a dit. Danny. C'était plus très joli à l'oreille de Marley. Danny. Si sa vie lui manquait tant, il pouvait bien partir d'ici, finalement. Marley tenta de se relever, mais trébucha, trop préoccupée par Danny pour le quitter des yeux, et s'étala parterre. Elle poussa un petit cri – de surprise plus que de douleur, mais n'en était pas moins méfiante. Elle arrêtait déjà de penser à ces histoires de mémoires, de points-de-vue, de regrets et de courage, et hésitait à hurler à Lew au plus vite. Mais la seule phrase qui sortait de la bouche de Marley, d'une voix bien plus hésitante, émue et grave, était celle qui lui ressemblait le moins, et de loin. Si t'essaies de me tuer, je sais où viser pour que t'aies suffisamment mal pour plus bouger. Jamais. Entre les yeux, paraît que ça marche bien. T'es pas d'accord, Danny ? Tu comprends, dis, Danny ?
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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

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✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 06/05/2014
✢ PSEUDO : radioactive fish
✢ AVATAR : heath ledger
✢ CREDITS : sugar slaughter, wild hunger
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt huit ans, vingt-huit, joli nombre s'il s'en faut, vie trop courte s'il en est
✢ JE SUIS : une chenille avec une chicha, paye les conseils et fumée gratos
✢ DANS TES POCHES : couverture en plumes de jubjubs, lanterne lucioles (encore 15), potions répare-tout (6), somnicakes (6), et un fragment d'une dent du morse dont les propriétés lui sont encore inconnues -elle a au moins le mérite d'être un peu classe-
✢ TA VIE : 54/100
✢ ANCIEN METIER : barman, l'ironie de l'alcoolisme
✢ LOCALISATION : crypte de la chenille, tant qu'à faire, à ruminer dans un coin, ou pourquoi pas à la rivière sanglot, c'est selon l'humeur

If heaven has any plagues beyond what I can drum up, let it wait until your sins are piled high and then hurl them down on you, you destroyer of a whole world of peace ! May conscience eat away at your soul constantly. May you suspect your true friends of being traitors and take the worst traitors as your closest friends. May you never sleep a wink except to dream of a hell full of ugly devils.
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MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Sam 23 Aoû - 0:22


Sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it

C'
était précisément dans ces moments que Danny se mettait plus ou moins à apprécier l'endroit où il avait atterri. Finalement, oui, finalement, tous ces gens qui étaient logés à la même enseigne que lui n'étaient foncièrement pas si mauvais. Pas tous, du moins. Et cette gamine, cette gamine en face de lui, elle ne devait pas y être. A dire vrai, même, voir un tel sourire sur un visage, Danny pensait depuis longtemps que c'était devenu impossible, et là, la fille blonde, elle mettait un coup en plein dans l'impossibilité, elle démontait les espoirs perdus et donnait un peu de baume au cœur fragilisé de l'homme. Comme si cette rencontre fortuite avait eu pour seul objectif de remonter un peu le moral de Danny après la désastreuse rencontre avec Lew, et que dans ses paroles, elle lui adressait un sourire invisible et lui tendait une main de mots. Pour, peut-être, la deuxième fois depuis son arrivée, il lui semblait qu'on s'intéressait sincèrement à lui, qu'on le jugeait en fonction de ce qu'il disait et non en fonction de ce qu'il avait pu faire dans le passé, et dans ces moments, oui, Danny avait la sensation merveilleuse de repartir de zéro, de recommencer de rien, de faire comme s'il venait de renaître et que rien n’entachait son être, ni mensonges, ni meurtre, ni rien. En somme, la gamine lui accordait ce qu'on lui refusait depuis bien trop longtemps ; une discussion sincère sans non-dits doublée d'une seconde chance. Une sincérité inouïe, un nouveau départ, et elle, la blonde, elle effaçait temporairement l'ardoise de ses dettes pour l'envoyer négligemment valser quelques mètres plus loin. Elle offrait sans le savoir le plus précieux des cadeaux à Danny ; celui de l'espoir, de l'espoir qui l'avait quitté depuis une période encore antérieure au décès de Lew, l'espoir, ce monstre psychologique qui poussait ou ruinait une vie. Et Danny l'appréciait pour ça, en toute franchise, elle aurait même pu rester des heures que ça ne l'aurait pas dérangé, elle aurait pu la taper la causette jusqu'à ce que le soleil se couche, et encore celui d'après, que Danny n'aurait pas songé une seule seconde à la dégager. S'il lui avait dit de se tirer, il s'en mordait presque les doigts. Elle avait bien fait de n'en faire qu'à sa tête, parce qu'elle était un genre de lumière après un tunnel noir. Mais il était inutile de songer à tout ça ; comme elle l'avait souligné, elle avait un ami dans le coin, quelqu'un qui l'attendait et quelqu'un qui l'aimait, quelqu'un qui comptait sur elle comme elle devait compter sur lui. Oui, Danny aurait aimé jouir d'un ami, le don le plus précieux ici-bas.

Alors, Danny s'était même autorisé un petit sourire. Un simple étirement de ses lèvres qui donnait sûrement un tout autre aspect à son visage, un aspect plus... Vivant. La joie de la gamine était-elle contagieuse ? Danny s'en foutait, tout ce qui comptait, maintenant, c'était son sourire, un sourire comme il n'en faisait plus que rarement. Déjà de son vivant, il n'avait jamais fait partie de ces gens béats à longueur de temps, et ce trait de sa personnalité avait eu tendance à nettement se renforcer depuis son arrivée dans ce pays. Comme il avait pu lui dire, les raisons à la joie étaient peu nombreuses ici. Mais elle aussi, elle défendait son avis. « Il est habitué à ce que je disparaisse – oh, et merci pour lui. L'autre jour on a été vers le château de la reine rouge, j'ai voulu suivre un lapin – je crois que ça me réussit pas – mais il m'a retrouvée. J'pense pas qu'il s'inquiète, va, j'peux me débrouiller ! » Le château de la reine rouge... Magnifique souvenir s'il en était. Oh, oui, le château de la reine rouge, celui qui lui avait valu un hématome digne de ce nom sur le visage et un coup au moral sans pareil. Si Danny refusait bien de mettre les pieds quelque part, c'était au château, dorénavant, d'une part de peur de croiser Lew -savait-on jamais, et d'autre part, de peur de recroiser l'ignominie qui avait voulu les découper en rondelles. Alors, Danny avait hoché doucement la tête. Elle semblait avoir des tonnes et des tonnes de mésaventures à raconter, inlassablement, et fort à parier que cette fille avait la tête pleine de péripéties qu'elle pouvait romancer à l'infini, et qu'elle gardait encore cette faculté propre à l'enfance de pouvoir tourner une petite épreuve en cap infranchissable, en plus de posséder encore la capacité à avoir l'impression de tuer des dragons en s'occupant de quelques ruines. « Profites-en. » Que lui dire de plus ? Elle avait de la chance, sans doute, d'avoir un ami qui la retrouvait tout le temps, de pouvoir compter sur ce quelqu'un qui la maintenait en vie. Danny aurait-même voulu lui demander si elle se rendait compte de sa chance, qu'elle possédait ce que tout un chacun ici-bas se devrait d'avoir pour ne pas finir mort pour de bon, oublié parmi la multitude et régi par une folie sournoise. Lui demander si elle avait conscience d'être privilégiée, si elle était pleinement satisfaite de son sort, car Danny l'aurait été, à sa place. Mais il ne lui demanda rien. Il n'avait rien à lui demander, encore moins lui faire la leçon pour quoi que ce soit. Elle devait s'en douter de toute façon, elle ne semblait pas si stupide. Pire, même, elle tenait des propos qui étaient probablement plus intelligents que ceux de Danny. « Ouaaaaais je sais. Tu m'excuseras, j'ai pas eu le temps de vieillir assez pour apprendre à me taire ! » Danny étouffa un semblant de rire. Rire, bon sang, ce que ça pouvait faire longtemps. Il ne savait même plus vraiment comment faire, pour être honnête. Il ne se rappelait même plus de ce que ça faisait, de rigoler, il était devenu complètement étranger à cette sensation pourtant agréable et bénéfique. Comme si toute parcelle de bonheur s'était effacée de sa mémoire et qu'il n'en gardait plus que de lointains souvenirs, si doux et si inaccessibles, d'une nature onirique, presque, frôlant les étoiles de l'impossibilité, que dégommait cette gamine. Oui, la blonde aurait mérité un trophée, ou une médaille, parce qu'en un temps record, elle avait réussi à faire sourire, puis partiellement rire Danny. Et ça, l'homme ne l'oublierait pas. Elle allait rester cette fille pleine de vie qui avait su lui donner un peu d'espoir alors qu'il était au plus bas. « Et j'suis sûre que t'oublies pas parce que tu veux pas. » Encore une fois, Danny eut l'envie de rigoler. Au lieu de quoi, un mince sourire aux lèvres, il se contenta de hocher lentement la tête de gauche à droite, les yeux au sol. « Non, non t'y es pas du tout, j'donnerais n'importe quoi pour oublier rien que trois secondes. » Oui, qu'est-ce que Danny n'aurait pas fait pour goûter la sensation de l'oubli ? Mais d'un autre côté, il en prenait à peine conscience depuis quelques temps, que lui restait-il sinon des souvenirs ? Souvenirs douloureux, oui, mais souvenirs quand même. Il fallait qu'il sache qui il était, qu'il n'oublie jamais ce qu'il devenait à cause de ce qu'il avait été. A cause de ce qu'il avait fait. Et, qu'il le veuille ou non, il ne pouvait pas effacer son être et son passé. Oublier aurait été bon, très bon, la plus agréable des sensations, même. Mais une fois tout relégué dans un coin de son esprit, il ne saurait même plus ce qu'il aurait voulu effacer avec tant d'ardeurs, et sa mort n'aurait plus aucun sens. L'oubli, à la réflexion, c'était l'outil des lâches, et Danny s'était montré beaucoup trop lâche pour tolérer une couardise supplémentaire. Voulait-il oublier, finalement ? Oui et non. « J'ai que dix-sept ans et j'en aurais jamais plus, j'ai pas vécu grand chose. T'en sais probablement beaucoup plus que moi sur à peu près tout, mais est-ce que ça t'a servi depuis que t'es ici, de repenser à avant ? » Pendant un instant, Danny regarda au loin, pensif. Il n'en savait rien. Peut-être que oui, ou peut-être pas. « C'est pas ça qui m'apporte de quoi manger. Repenser à ton confort, ou ton pieu, ou ta bouffe, ça mène à rien sinon à te déprimer. Mais tes actes, ouais, bien sûr que ça sert. Si tu repenses jamais à ce que t'as fait, ou ce que t'as pas fait, tu peux pas devenir quelqu'un de meilleur. » Oui, bien sûr, repenser à son ancienne vie pour tout ce qui touchait aux bien matériels, c'était foncièrement inutile. Mais en ce qui concernait les actions, elle se plantait. Ça servait toujours d'avoir un vécu. Les erreurs se transformaient en expériences. Et, dans la tête de Danny, pléthore de "si". S'il avait fait ceci, ou cela, s'il n'avait pas fait ceci, ni cela. Un tout nouveau monde. Un monde parfait, où les erreurs seraient proscrites. « J'ai des regrets, oui. J'ai pas eu le temps d'avoir une vie digne d'un film, mais je regrette des trucs cons comme pas avoir dit au revoir, comme avoir laissé des gens, tout connement. On regrette tous des trucs. Se cacher derrière des regrets, c'est pas une solution. Tu peux pas te plaindre d'être ici parce que tu regrettes. J'suis d'accord : c'est une seconde chance, ici. Et non je trouve pas ça facile. Tu sais, c'est pas parce que t'as dix ans de plus que moi que t'es plus fort ou quoi. T'en sais sûrement plus, mais on est tous dans le même endroit, et c'est pas parce que je chantonne et je sautille que j'ai pas des ruines qu'essaient de m'attaquer. Si c'est ce qui te travaille ici, moi aussi j'ai eu des bestioles à chasser et d'autres à tuer pour pas être chassée. Mais j'trouve ça suffisant pour pas ramener des problèmes d'avant. J'trouve pas ça courageux. » La gamine était passée rapidement d'une expression à l'autre. Tantôt joyeuse, elle semblait maintenant... Mélancolique. C'était peut-être la faute du passé, du fait d'en reparler, qui la chagrinait. Mais qui, ici-bas, n'était pas un peu mélancolique suite à s'être remémoré des souvenirs, des images qu'on ne verrait plus, des odeurs que l'on ne sentirait plus, des sensations que l'on éprouverait plus et des histoires qui ne se produiraient jamais comme c'était prévu ? Danny secoua la tête de droite à gauche. « Il est pas question de se cacher derrière des regrets, non. C'est simplement que... J'sais même pas comment te dire. Y'a des regrets qui t'empoisonnent la vie, ou la mort, appelle ça comme tu veux. C'est pas pour se cacher derrière, non, c'est pas ça. » Il plongea ses yeux dans ceux de la gamine, retourné par cette discussion. Ses regrets, Danny ne pouvait même pas les compter sur les doigts de la main. Elle n'avait pas vécu ce que lui avait vécu. Elle ne comprenait pas. « Ce que je voulais te dire, c'est que laisser le passé où il est, c'est pas possible quand t'as tellement de regrets que sais même plus quoi en faire. J'pourrais presque... Ouais, j'pourrais accrocher un regret sur chaque arbre de cette foutue forêt. T'es peut-être encore trop jeune, j'sais pas. J'ai pas envie de jouer le mec qui connaît tout à la vie, mais j'la connais pas mal quand même. » S'adossant à un arbre, il laissa aller sa tête en arrière contre le tronc et contempla le ciel. Même le ciel, il foutait le camp, ici. « Si tu pouvais dire merde à tous tes regrets comme ça, ça serait trop simple. Le principe du regret, c'est que ça te travaille. Quoi que tu fasses. Essaye pas de me dire que cet endroit, tout "spécial" qu'il soit, a cette faculté extraordinaire de tout te faire oublier parce que t'en as envie. C'est pas lâche de songer à ses actions passés, c'est pas lâche du tout. J'vois pas où est le manque de courage. » Toujours adossé contre l'arbre, Danny fixa la fille. « Au contraire, tu trouves pas ça demande un peu de courage de s'dire qu'on a mal agi, et qu'on aurait dû faire autrement ? La vérité, tu sais, elle fait toujours un peu mal, si t'as rien dans le pantalon c'est plus facile de faire comme si de rien n'était pour pas avoir à affronter la vérité. Vérité qui est que, ouais, t'as merdé à un moment, et que t'as été trop con pour faire autrement. La vérité demande du courage. » Il ne savait que trop de quoi il parlait, Danny. D'ordinaire, il était plutôt franc. Mais, ce qu'il avait dit à tout le monde pour Lew, ça avait été d'une lâcheté sans pareille. Plus jamais, il s'était juré, plus jamais. Le temps était arrivé au repentir, pas à la lâcheté, et la blonde ne lui ferait pas croire le contraire. « C'est pas parce que tu vieillis que t'es obligé de changer, tu sais. C'est comme si tout le monde ici était coincé dans des trucs trop sérieux, mais j'sais pas... ça vous arrive de vous amuser ? C'est pas facile, ici, je sais, mais... J'sais pas. C'est quoi l'intérêt de survivre ici si tu rigoles pas, des fois ? Si c'est juste une question d'âge alors j'suis bien contente d'avoir que dix-sept ans. C'est trop triste si tu penses que aux monstres et au fait que t'es mort, tout ça. Ça t'arrive d'apprécier tout ça ? Les couleurs, les odeurs. Des fois elles sont horribles mais eh, c'est ce qu'il faut à certains pour se rendre compte qu'ils sont encore vivants. En quelque sorte. J'suis pas sûre que cet endroit veuille de quoi que ce soit. J'suis pas sûre que le vrai monde voulait vraiment de grand chose non plus, sinon on y serait encore, tu crois pas ? » Une fois encore, Danny esquissa un sourire triste alors que la blonde s'était allongée dans l'herbe. D'une certaine façon, il l'enviait de penser comme ça. Elle était toute jeune, et pourtant, l'homme en était persuadé, elle aurait sûrement pu lui apprendre un tas de choses. Comment voir la vie sous un autre angle, peut-être. Comment voir les couleurs dans sa vie en noir et blanc. Comment profiter de ce qu'il leur restait. Comment apprécier ce qui leur tombait dessus. Elle n'était pas bête. Alors, l'imitant, il s'était laissé glisser le long du tronc et s'était assis par terre, les genoux rabattus près de lui et les coudes posés dessus. Elle avait probablement raison. Il n'en savait rien. Oui, à la réflexion, peut-être que l'autre monde non plus ne les avait jamais désirés. « Crois-moi si tu veux, mais ouais, ça m'arrive d'apprécier un peu tout ça. Ça dure jamais vraiment parce qu'il faut forcément que quelque chose de pas très plaisant casse un peu tout, mais ça m'arrive dans mes bons jours. Je te le dis, quand j'avais ton âge, ce qui remonte pas à si longtemps que ça quand j'y pense, j'aurais apprécié, sûrement. Je passais ma vie à rêver. » La détaillant du regard avec un maigre sourire, Danny soupira. Il en venait même à parler de lui. « Ouais... Personne veut de nous faut croire. Dieu, tout ça... J'pense que c'est que des conneries. Tu devrais encore y être, toi, j'imagine, tu devrais rentrer du bahut et te dire que tes cours c'est de la merde. Le pire, c'est que j'arrive même pas à dire si c'est injuste ou pas. On l'a peut-être tous mérité. Ouais, si ça se trouve, on a tous fait un truc qui a déplu au grand seigneur tout là-haut, et hop, merci le karma de merde. C'est pas comme ça que je visualisais l'enfer, mais bon, pourquoi pas. Ça aurait pu être pire. Tu dois avoir raison. » Haussant les épaules, Danny ne savait plus vraiment quoi dire d'autre. Il se sentait un peu vide, d'avoir dit tout ça. Il avait fait le tour de sa condition peut-être pas si lamentable que ça. Bon sang, mais elle lui redonnait trop d'espoir, c'était mauvais. Ou très bon. Ou les deux. « Dans tous les cas on est ici, alors j'préfère passer de bonnes journées et pas penser que c'était mieux avant – parce que oui, ça l'était – plutôt que de passer tout ce temps à me morfondre. Si t'aimes une fille et qu'elle veut pas de toi, t'abandonnes ou t'insistes ? J'm'en fous que cet endroit me veuille ou pas, j'y suis pas si mal, et j'suis pas du genre à abandonner. » Danny laissa échapper un petit rire. Elle savait où frapper, la gamine. Zoe venait sur le tapis, maintenant. Et Danny n'avait même plus envie de s'en plaindre. Non, il avait presque envie d'en rire, sur le coup, même s'il savait que sa situation était loin d'être comique. A vrai dire, la blonde réussissait plutôt bien à lui changer les idées, alors ses pensées noires habituelles, elle arrivait un peu à les balayer d'un revers de main. « J'abandonne. Elle s'appelle Zoe, si tu te demandes. » Un sourire aux lèvres, Danny fixa le ciel, presque nostalgique. Ce sentiment, il ne l'avait connu qu'une seule fois, et ça l'avait fait planer un bon nombre de temps. Ça avait été tout à fait agréable. Sa comparaison était très chouette, à tous les coups, à la gamine. Zoe, oui, Zoe, il n'allait pas insister, ça aurait fait mauvais genre. C'était trop tard, de toute façon, maintenant qu'elle allait apprendre la vérité, il n'était même plus la peine d'espérer. Et puis, on ne pouvait pas forcer quelqu'un à aimer quelqu'un d'autre. C'était la vie. « T'as déjà réussi à obliger un mec à t'aimer, toi ? » Toujours en riant un peu, même si ça n'était pas approprié, Danny s'imaginait bien la gamine et ses amourettes. Ça devait être mignon.

Mais Danny ne ria pas très longtemps. Pour ainsi dire, il n'eut que le temps d'apprendre le nom de son interlocutrice avant que tout foute le camp à nouveau. « Marley, enchan- » Oui ? Marley, donc. Mais un problème avec Marley. Alors que celle-ci se décomposait lentement, par réflexe, Danny regarda derrière lui. Savait-on jamais, il pouvait y avoir une bête, ou n'importe qui d'autre. Personne à l'horizon. D'où venait le problème, alors ? De lui ? Danny scruta donc rapidement les environs en balayant les alentours du regard. Rien. « Y'a un problème ? » Dans sa tentative de se redresser, Marley avait chuté. Danny se releva à son tour en fronçant les sourcils. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Une bonne oreille aurait pu relever une pointe d'anxiété dans sa voix. Danny ne comprenait pas d'où venait le danger, et lentement, il sentit du stress monter en lui. Ne pas savoir était frustrant, surtout dans la mesure où ce pays était bien capable de leur lâcher sur la tronche un attroupement de bêtes, et Danny avait été trop stupide pour ne pas les entendre. Mais, bien vite, Marley signala à Danny que le danger ne venait pas exactement de l'environnement. « Si t'essaies de me tuer, je sais où viser pour que t'aies suffisamment mal pour plus bouger. Jamais. Entre les yeux, paraît que ça marche bien. T'es pas d'accord, Danny ? »
Pendant un instant, Danny resta figé, bouche bée. Il ne savait même pas quoi dire. Putain, putain de merde, son passé à la con le poursuivait jusqu'ici alors que tout s'annonçait si bien. Il l'avait dévisagée pendant, trente secondes, peut-être, incapable du moindre geste. Puis, doucement, ses bras étaient retombés le long de son corps et ses épaules étaient descendues, et il s'était reculé de quelques pas. Ce n'était plus tant le stress qui montait, à présent, mais la colère. La colère qui s'emparait de lui petit à petit pour ne pas le lâcher. « PUTAIN. » De rage, Danny envoya valser son pied sur la souche la plus proche, et s’explosa au passage un orteil ou deux, mais à ce stade, il n'en avait plus rien à cirer. Danny qui entrait dans une colère noire, ça n'était pas engageant, voire même un peu spectaculaire. En soi, taper dans un truc ne lui était pas de la moindre utilité, mais cela lui permettait d'évacuer un peu. Bien sûr, bien sûr, forcément, non, il ne pouvait pas lui arriver la moindre chose positive. Non, évidemment, qu'il avait pu être con d'avoir senti un petit espoir grimper en lui. Il inspira un grand coup, tentant de contenir le peu qu'il pouvait encore contenir. « Putain de merde, quoi. Y'a je sais pas combien de personnes dans ce pays à la con, et bien sûr, évidemment, faut que tu tombes sur Lew. Et qu'tu sympathises avec, en plus de ça. PUTAIN. » Danny sentait ses membres qui commençaient à trembler. Pourquoi, mais pourquoi, même une gamine devait lui en vouloir ? Il lui semblait impossible de trouver la paix, complètement impossible, et si un dieu existait quelque part, soit il prenait un malin plaisir à lui pourrir complètement ses journées, soit il était un genre d'enculé. Ou les deux. « Et toi, t'es qui pour juger, hein ? Qu'est-ce que tu sais de ma relation avec Lew ? HEIN ? Tu sais quoi de notre vie ? Il t'as tout dit, tu crois ? Ouais, il t'as raconté à quel point j'suis un connard, laisse-moi deviner. Ouais, tu savais pas ? J'l'ai crevé juste parce que j'suis un sale bâtard, ouais, ça doit être ça. C'est ce qu'il t'as dit, non ? » Une fois encore, il inspira et expira profondément, essayant de retrouver un semblant de paix intérieure, comme il avait pu être tranquille quelques minutes auparavant. Mais il n'y parvenait pas. Se passant une main sur le visage, il ne pouvait s'empêcher de hurler sur Marley. Qu'elle aille crever, elle aussi. Qu'ils aillent tous crever. Comme si la culpabilité de Danny n'était pas à son comble, il fallait aussi qu'une gamine de quinze piges vienne lui faire la morale. « Tu crois tout savoir, hein... J't'ai parlé de Zoe, non ? Il t'as aussi raconté qu'il passait son temps près de chez elle sans rien dire à personne ? Il t'as dit qu'elle aurait pu crever parce qu'il a rien voulu dire ? On aurait pu TOUS y passer. Quelles nobles intentions, ouais, tu parles, il m'aurait prévenu, il aurait prévenu les flics, on en serait pas là. » Rageusement, il frappa à nouveau dans la souche, et se mordit le doigt, comme pour s'empêcher de crier à nouveau. « Tu connais rien à ma vie, RIEN, et j'te permets pas de porter le moindre jugement. J'ai même pas à me justifier devant toi, je te dois rien. Si ça t'plaît de rester sur tes idées, fais-le. J'ai rien à te prouver, t'façon, on sait tous que j'suis le connard de l'histoire. » Puis, il s'était reculé encore de quelques pas pour s'asseoir à nouveau à l'endroit où il s'était posé précédemment. Elle n'avait pas intérêt à insister, sinon, il allait vraiment, mais alors vraiment s'énerver. Elle n'avait aucune idée, aucune. Personne n'avait cherché à comprendre Danny, pourquoi est-ce que ça serait arrivé aujourd'hui ? Il était seul, point. Inutile de chercher plus loin, on ne voulait pas de lui, et il ne voulait plus de personne. Il n'avait jamais eu besoin d'autrui pour culpabiliser, pour se morfondre et regretter, surtout pas d'une donneuse de leçons qui n'avait même pas fini le lycée pour se sentir mieux, ou moins bien. Alors, adossé au tronc, il avait soupiré, et fermé les yeux, sentant quelques larmes monter. « Barre-toi de là. Vraiment. Casse-toi. » Et la boucle était bouclée. Sa voix n'était même plus agressive, juste... Brisée. Une fois de plus. Pour une fois que tout savait semblé se dérouler plutôt bien, ça virait à la catastrophe. Et Danny n'avait aucune envie de s'en prendre à une gamine, même si, dans le fond, il aurait été foncièrement incapable de lui taper dessus. Mais, vu la situation, mieux valait qu'elle se tire quand même. Là, Danny ne plaisantait plus. Et Danny voulait être seul, totalement seul, hanté par un passé qui n'avait de cesse de revenir à lui, même lorsque les journées s'annonçaient bien. De toute façon, plus rien ne pouvait bien s'annoncer, ici.

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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 299
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1990
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : corbeau
✢ AVATAR : Chloë Moretz
✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: Re: (danny) sometimes we don't like the ending, sometimes we don't understand it.   Mer 27 Aoû - 1:06


''L'homme est-il un animal ?
Comme à cette époque le mal est déjà caporal,
La main du lieutenant doucement vers le ciel s'est levée.
La suite, l'avenir est un long passé.''
Même en sachant qui il était, l'impression que Danny laissait sur Marley ne changeait pas. Il restait adorable, à priori généreux, intelligent. Probablement quelqu'un de protecteur, de posé, affectueux et attentionné. Malgré leur différence d'âge, Danny ne semblait pas avoir énormément d'à priori sur elle. Il ne lui parlait ni comme à une enfant, ni comme à une idiote ce qui la changeait de bien des gens ici. Le plus gros point négatif de Danny semblait être sa malchance, et celle-là devait bien l'aimer. Si Marley n'avait pas rencontré Lew avant lui, elle serait probablement resté là avec Danny, un jour, deux jours, trois jours, jusqu'à ce qu'il en ait marre ou doive partir ailleurs, et la seconde baie qu'il lui a donné aurait été pour lui-même. Mais on ne lui avait pas laissé cette chance, et Marley avait déjà choisi son camp. Lew aurait pu avoir menti, après tout. Lew aurait pu dire n'importe quoi, il aurait pu être celui qui a pété les plombs, il aurait pu avant de se faire descendre tuer une quinzaine de personnes sans qu'elle n'en sache rien. Et quant bien même elle l'apprendrait, la pire des choses ne pourrait pas lui faire changer d'avis sur lui. Jamais. Lew, c'est tout, Lew, c'est vrai et s'il a fait des conneries elle lui pardonne. Elle lui pardonnerait tout, Marley, juste parce que c'est Lew. C'est Lew, et c'est pas Danny. Et Marley ne pardonne pas à Danny. Même pas à Danny qui lui donne des baies pour ses amis, même pas à Danny qui écoute ce qu'elle a à dire et a l'air inquiet quand elle prend panique. Elle aurait pu l'adorer, elle aurait voulu, mais elle ne peut pas. C'est pire que tout. Il peut s'en prendra à elle ou au monde, mais Lew, c'est trop, même si elle n'a rien à y voir.
PUTAIN.
La peur, ça prend différentes formes. Ça peut filer de l'adrénaline, et tous les mécanismes du corps s'active, on ne peut plus compter les battements de son cœur tellement il s'emballe, et puis le sang tourne si vite qu'il pourrait faire exploser chacun des vaisseaux, juste comme ça. Ça peut être des décharges électriques un peu partout, des poumons au cœur et jusqu'aux jambes, ça peut dérégler la tête au point qu'on ne supporte plus et qu'on s'évanouisse. La peur était de loin ce que Marley détestait le plus, elle préférait être idiote et lâche et méchante plutôt qu'apeurée, et pourtant il faut la voir. La peur, ça prend différentes formes selon les gens. Y a les courageux qui ne la connaissent pas très bien, et puis elle leur explose à la gueule, comme ça. Y en a ça les énerve et d'autres ça les attriste. Les plus trouillards ont peut-être peur de mourir à chaque chose qui surgit, c'est peut-être l'inconnu qui effraie, et puis y en a peut-être qui y sont tellement habitués que ça leur semble plus être grand chose maintenant. La peur, ça prend différentes formes selon les situations. Et Marley trouvait la sienne plutôt mauvaise. Ça n'était peut-être qu'un événement un jour qui avait mal tourné, peut-être la seule mauvaise chose de Danny qui faisait que le juger sur ça était idiot et réducteur, peut-être qu'il avait été si adorable tout le reste de sa vie qu'il ne savait même pas ce qui lui était passé par la tête et qu'il aurait été un de ces gars dont les voisins parlent en disant « on aurait jamais pu imaginer ça ! », c'était peut-être un pétage de câble une fois qui avait été trop loin, et si elle pouvait pardonner beaucoup de choses, elle ne pourrait jamais pardonner ce qu'il a fait. Et être du côté de Lew alors qu'elle est seule avec Danny, oui, c'est plutôt une mauvaise situation. Elle se dit maintenant que c'est comme toujours, qu'elle aurait du se taire – qu'en fait, elle devrait être muette, avoir des boutons d'activation pour sa connerie et sa parole, et les désactiver de temps en temps. C'était comme avec la bombe fumée, sauf que celle-là lui semblait nucléaire et bien dans sa gueule, c'était Danny qui explosait devant ses yeux et elle qui pouvait rien faire. Si elle n'avait rien dit, si elle avait juste dit qu'elle devait partir et même si elle s'était juste enfuie en courant comme une voleuse de baies, n'importe quoi aurait pu être mieux, et elle le savait sans même y penser. Les tremblement qu'elle ne contrôlait plus dans ses bras et ses jambes le lui hurlaient, et elle aurait voulu hurler à son tour si elle l'avait pu, mais elle n'entendait que Danny, Danny, Danny, Danny.
Putain de merde, quoi. Y'a je sais pas combien de personnes dans ce pays à la con, et bien sûr, évidemment, faut que tu tombes sur Lew. Et qu'tu sympathises avec, en plus de ça. PUTAIN.
Comme une pensée éclair, elle se demandait ce qu'elle aurait fait, face à elle-même, si elle avait été Danny. Si elle aurait explosé, elle aussi, de colère ou en sanglots, elle se demande si elle se serait frappé, juste pour ne plus entendre que le silence, juste parce qu'entendre ne serait-ce que sa respiration devenait insupportable. C'est ce que ça doit être, d'être jugé : insupportable. Épuisant. Énervant. Blessant. Tranchant, bien plus que la carte qu'il avait eu dans le bras – et qu'elle était bien contente d'avoir récupéré.
Et toi, t'es qui pour juger, hein ? Qu'est-ce que tu sais de ma relation avec Lew ? HEIN ? Tu sais quoi de notre vie ? Il t'as tout dit, tu crois ? Ouais, il t'as raconté à quel point j'suis un connard, laisse-moi deviner. Ouais, tu savais pas ? J'l'ai crevé juste parce que j'suis un sale bâtard, ouais, ça doit être ça. C'est ce qu'il t'as dit, non ?
Personne. Marley n'est personne.
Personne de plus que lui, que Lew, que les autres, et par conséquent elle était tout aussi imparfaite.
Elle aussi, a du tuer, ici. Pas dans les mêmes conditions, mais l'acte restait le même. Et si elle tuait quelqu'un, peut-être que personne ne lui en voudrait, peut-être que personne ne le saurait, peut-être que tout le monde s'en ficherait. Peut-être parce qu'ici, on lui trouverait plus de raisons, peut-être parce qu'ici, on est tous des victimes, de toute façon. Qu'on a plus rien à perdre. Même la raison et la dignités, la plupart les ont semés en route. On est épouillés, nus, et on fait que retarder l'instant. Rien de plus que là-haut, mais on se rassure à coups de c'est eux ou nous, t'avais pas le choix. On a toujours le choix, et là-haut Marley avait mal au cœur rien qu'en tuant certains personnages dans les jeux vidéo. Elle n'était rien, et c'était le plus qu'elle serait jamais. Elle ne savait rien, et c'est tout ce qu'elle saura jamais.
Comme lui, comme Lew, comme les autres.
Plus Danny parlait, et plus Marley regrettait. D'être resté, d'avoir parlé, prit les baies, d'être resté encore plus longtemps et d'avoir parlé la fois de trop. Elle ne savait de lui que ce qu'on lui en avait dit, et la confiance aveugle qu'elle avait en Lew la faisait peut-être aller dans le mauvais sens. Elle était naïve, mais persuadée de pouvoir suivre tout ce qu'il lui avait dit. Parce que c'était Lew, parce que c'était aussi important que son frère ou son père, parce que c'est comme ça. On trouve toujours quelqu'un à qui on s'attache et certains pensent qu'on devrait pas. On trouve tous une personne, même si ce n'est que pour quelques heures, qui nous fait sentir qu'on peut tout dire, tout, sans être jugés. Qu'on peut tout faire, que nos conneries seront vues mais pas regardées. Que nos idioties seront entendues mais pas écoutées. On cherche toujours quelqu'un comme ça, et c'est ironique, la façon qu'on a de reprendre la moindre des paroles de cette personne pour juger les gens. Fuir le jugement pour le reporter sur quelqu'un d'autre, c'est complètement con, et c'est ce qu'elle faisait, ce qu'elle ferait probablement toujours sans même s'en rendre compte.
Comme lui, peut-être, comme Lew, sans doute, comme les autres, en partie.
Les yeux de Marley ne voulaient plus se rouvrir à chaque coup donné dans la souche qu'elle entendait. Ce bruit sourd, trop violent. Ça jure avec l'endroit, le personne, même avec il y a cinq minutes. Ça fait tâche, un peu, et les yeux se la blonde se ferment de plus en plus fort, comme si ça pouvait la protéger de quoi que ce soit.
Tu crois tout savoir, hein... J't'ai parlé de Zoe, non ? Il t'as aussi raconté qu'il passait son temps près de chez elle sans rien dire à personne ? Il t'as dit qu'elle aurait pu crever parce qu'il a rien voulu dire ? On aurait pu TOUS y passer. Quelles nobles intentions, ouais, tu parles, il m'aurait prévenu, il aurait prévenu les flics, on en serait pas là.
À écouter Marley, elle n'aurait jamais pu juger quelqu'un. Et c'est vrai, elle ne pensait pas juger les gens du premier regard. Il lui semblait toujours avoir laissé une chance aux gens, de s'expliquer, de s'arranger, de rectifier le tir. Il semblerait que le Pays des Merveilles change plus qu'elle ne veut le croire, et qu'il fait comprendre quelques choses. Comme le fait que même si elle se permet d'établir ce qu'elle croit être juste ou non, elle transgresse ses propres règles, ses propres principes. C'était comme découvrir qu'on est pas ce qu'on pensait, même si ce n'est qu'une petite partie de nous qui a changé. Et chaque phrase que Danny écrasait sur Marley lui donnait un peu plus envie de se gifler elle-même, de se joindre à lui pour se hurler dessus. Marley n'était ni aussi gentille ni aussi parfaite qu'elle le croyait jusque là, et ce n'est pas parce qu'elle n'apprécie pas quelque chose qu'elle n'était pas ce quelque chose, elle-même. On est parfois une sorte de monstre personnel, un résumé de ce qu'on déteste chez les autres, et un monstre c'est un peu ce que Marley aurait pensé d'elle-même, en exagérant. Les gosses et les adolescents ont toujours cette manie agaçante d'exagérer.
Le nouveau coup de pied de Danny ouvrit les vannes de blondie qui se mit à pleurer à chaudes larmes. Elle aurait voulu trouver le bouton pour revenir en arrière et partir en courant, tant pis pour le lapin. Le bruit de sa chaussure contre la souche d'arbre, elle imaginait que ce serait à peu près le même s'il se mettait à la frapper, et il ne devait pas en être loin. Marley, elle, sa peur c'est une asphyxie. Elle a du mal à respirer, elle panique, elle fait n'importe quoi et ses pieds s'emmêlent, les larmes coulent et ses yeux s'embrument, et puis ses poumons se bloquent un peu plus quand la peur augmente, tout son corps se rouille et le temps passe sur pause, c'est une éternité qui défile et elle n'en viendra jamais à bout. Elle essayait de se relever, mais le moindre mouvement ou mot de Danny la confortait dans son idée qu'il valait mieux ne pas bouger et rester là, qu'elle ne pourrait au moins pas tomber plus bas que sur le cul. Si elle s'enfuyait et qu'il courait plus vite qu'elle, elle finirait probablement bien plus mal. Et puis quand on fuit une tempête, il n'est pas dit qu'on atterrisse pas dans une situation bien pire. Ses tremblements se calmaient à mesure que ses pleurs devenaient plus gênants et bruyants, et elle appuyait sa propre main sur sa bouche pour ne pas l'énerver plus, en essayant de dédramatiser, de se dire que ça allait aller, qu'il ne lui ferait rien. Pour être le frère de Lew il ne devait pas être si mauvais, dans le fond, elle l'espérait tout du moins, et priait pour pouvoir prendre ses jambes à son cou.
Tu connais rien à ma vie, RIEN, et j'te permets pas de porter le moindre jugement. J'ai même pas à me justifier devant toi, je te dois rien. Si ça t'plaît de rester sur tes idées, fais-le. J'ai rien à te prouver, t'façon, on sait tous que j'suis le connard de l'histoire.
Elle rouvrit les yeux, doucement. Elle ne savait ni quoi faire, ni quoi dire, et pour une fois elle choisissait de se taire. Quelque chose dans sa journée lui suggérait que c'était la meilleure option. Elle regarda Danny s'éloigner puis s'asseoir, et cette seule vision débloqua son corps et elle se trouvait plus sereine. La tempête était passée, peut-être, elle l'espérait. Si il ne lui en avait pas fallu plus qu'un prénom pour être effrayée, il ne lui fallait que quelques pas en arrière pour se calmer. Danny ne la frapperait pas, Danny ne gueulerait même plus. Danny capitulait, et plus que face à la situation il avait l'air d'abandonner un peu tout. Barre-toi de là. Vraiment. Casse-toi. Elle n'avait jamais considéré des mots comme ceux-là aussi sérieusement. Mais y avait ce quelque chose dans la voix de Danny qui lui donnait envie de rester. Même à distance. On devrait pas avoir le droit de laisser les gens seuls, et ce truc cassé dans la voix de l'énervé lui donnait l'impression que même lui, ne devrait pas être tout seul. Ce truc brisé, ça lui rappelait Lew, les jours passés. Ça lui rappelait Lew de plus en plus, et ça la rendait triste, elle aussi. Et pourtant c'était différent en tout autre point. Elle avait beau se convaincre qu'elle comprenait, au moins un peu, Danny avait raison : elle ne comprenait rien. Si elle avait de la compassion, ce n'était tout au plus que pour se donner bonne conscience. Même cassé, Danny c'était pas Lew. C'était Danny qui l'avait cassé, la voix de Lew. C'était Danny, tout ça. Les marques sur son visage et ce truc dans ses yeux, et Marley ne lui pardonnait pas, pas même si elle ne supportait pas de voir les gens pleurer. Pas même si ça faisait dix-sept ans qu'elle était sûre de toujours donner une seconde chance aux gens. Elle en aimerait une, si elle faisait une connerie, mais elle ne pouvait pas la lui accorder. Autant pour elle que pour Danny, elle balbutia un Pardon... maladroit, et se leva aussitôt. Ses pieds suivaient de mieux en mieux et de pas maladroits elle finissait vite en course. Même sans lapin, elle préférait retourner avec Lew et le serrer dans ses bras, juste comme ça, juste pour se rassurer. Juste pour qu'il sache qu'elle ne veut plus jamais penser à lui en entendant quelque chose se briser.
Elle avait belle mine, après son discours sur le courage.
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