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Les conséquences de la première INTRIGUE de WHYDA, c'est par ici ! :proud: :cat:
N'hésitez pas à REMONTER WHYDA sur bazzart ou prd :hin: :fox:

Ce n'est pas parce que le forum a une annexe sur les troubles qu'il est obligatoire de jouer un personnage malade.
UN SAIN D'ESPRIT c'est tout aussi bien. :rabbit: What a Face
Il est obligatoire de BIEN lire les annexes, auquel cas le staff vous mordra les fesses. :ivil:
Nous n'acceptons pas les pseudos à initiales - retournons aux origines simplistes les enfants. :aw:
Entre autre, pour continuer sur les pseudos, les prénoms trop excentriques (drogue, alcool
:chaat: ou autre totalement improbable) sont INTERDITS, merci de rester réalistes. :chaat:
Les personnages du pays des merveilles ne sont pas acceptés, seuls les morts peuvent passer ! :maw:

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 it feels like we only go backwards ► ZONNY

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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 1174
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1376
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 06/05/2014
✢ PSEUDO : radioactive fish
✢ AVATAR : heath ledger
✢ CREDITS : sugar slaughter, wild hunger
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt huit ans, vingt-huit, joli nombre s'il s'en faut, vie trop courte s'il en est
✢ JE SUIS : une chenille avec une chicha, paye les conseils et fumée gratos
✢ DANS TES POCHES : couverture en plumes de jubjubs, lanterne lucioles (encore 15), potions répare-tout (6), somnicakes (6), et un fragment d'une dent du morse dont les propriétés lui sont encore inconnues -elle a au moins le mérite d'être un peu classe-
✢ TA VIE : 54/100
✢ ANCIEN METIER : barman, l'ironie de l'alcoolisme
✢ LOCALISATION : crypte de la chenille, tant qu'à faire, à ruminer dans un coin, ou pourquoi pas à la rivière sanglot, c'est selon l'humeur

If heaven has any plagues beyond what I can drum up, let it wait until your sins are piled high and then hurl them down on you, you destroyer of a whole world of peace ! May conscience eat away at your soul constantly. May you suspect your true friends of being traitors and take the worst traitors as your closest friends. May you never sleep a wink except to dream of a hell full of ugly devils.
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✢ JE EST UN AUTRE : l'allemand chelou
MessageSujet: it feels like we only go backwards ► ZONNY   Dim 27 Juil - 23:50


i got my hopes up again, oh no... not again




T’
es bien conscient qu’elle doit être au courant, n’est-ce pas ? T’es bien conscient qu’elle doit le savoir, que tu t’es fait cramer depuis des jours, qu’elle doit être au courant de tout, hein ? Quand même, Danny, c’est pas juste une petite colère passagère, elle le sait, forcément, c’est la seule hypothèse et… Ça fait quoi d’être plus coupable que jamais ? Ça fait quoi de se faire cracher dessus, t’en as pas marre, sérieusement ? T’es même pas besoin de lui demander pourquoi, tu le sais déjà, t’as toujours su un peu lire dans les gens, j’sais pas, t’as toujours senti légèrement ce que les gens pensaient, et pourtant, le relationnel, c’est pas ton truc. Cette fois encore, ça n’y coupe pas, t’es conscient qu’elle doit savoir, alors pourquoi tu t’entêtes ? Disparais de sa vie si tu veux lui faire plaisir, faut pas chercher midi à quatorze heures. Elle te déteste, elle te hait, et tu sais quoi ? Jamais elle ne te pardonnera, elle est comme Lew, jamais ils n’oublieront, et t’auras beau te faire passer pour un cœur noble, t’es rien de plus qu’un fratricide. Et les fratricides, on leur pardonne pas, jamais. C’est ta punition, en quelque sorte. Tu vivras ici, loin d’eux, et tu seras content de ton sort. T’as même pas besoin de tenter de lui parler, tu sais déjà comment ça va se finir.

Son ventre était crispé, il aurait bien eu envie de vomir, Danny, de vomir tout ce qu’il n’avait pas mangé ces derniers jours. Déjà, y’avait eu le problème Bourgeoise, et ça, ça avait déjà été en soi assez difficile à supporter, il était inutile de dire le contraire. C’était un peu comme si la chance, depuis toujours, avait décidé qu’il serait amusant de voir Danny tomber encore et encore. S’il y avait un dieu, sûr qu’il n’avait jamais voulu de Danny, il était un gosse non désiré, alors du coup, quand le dieu voulait rire un coup, quand il voulait se défouler, il avait Danny juste à portée de main. Pauvre Bourgeoise.
Mais surtout, il y avait le problème Zoe. Si Danny avait vu, un jour, quelque part, une étoile filante, il aurait souhaité qu’il n’en soit jamais un. Enfin, ce n’était pas Zoe le problème, c’était lui-même. Zoe, elle n’avait rien fait de mal, à personne, si ce n’était à elle-même. Non, Zoe Walker n’avait rien à se reprocher. Danny, lui, il avait une liste longue comme le bras, à commencer par Lew. Pourtant, c’était… Juste un quiproquo. Mais on ne justifiait pas un meurtre par un quiproquo. Son passé revenait, le hantait tous les jours, et aujourd’hui, c’était le procès ; un procès dont le juge était Zoe Walker. Personne n’était là pour prendre sa défense, à Danny, il était seul, encore une fois, seul sans le moindre avocat, seul sans pouvoir s’appuyer sur quiconque ni personne pour l’épauler. Et c’était la pire partie de l’histoire, le chapitre final, peut-être même. Après le procès, plus rien, il en était sûr, il ne redeviendrait que poussière et tout le monde n’allait vouloir qu’une seule chose ; oublier son existence. Oui, si Danny avait bien marqué les esprits, autant du monde des vivants que de celui des morts, ce n’était pas de la bonne manière. Du vrai monde, on allait se souvenir d’un grand gaillard émacié, déjà un peu mort avant de mourir, du barman qui se shootait aux antidépresseurs et qui avait tragiquement perdu son frère avant de mettre fin à ses jours. Et, de ce monde-ci, on allait se souvenir de qui ? D’un lâche, d’un type abominable qui avait tué son frère de sang froid avant de mentir à tout le monde. L’un dans l’autre, Danny en était sûr, jamais il n’aurait le droit ne serait-ce qu’à un sourire quand on évoquerait son nom, si jamais on le faisait, et que jamais personne n’allait faire le moindre effort pour s’intéresser un peu à lui. Oh, bien sûr, on pouvait se montrer agréable à son égard, avant de savoir la vérité, et là, à ce moment précis, ce moment où les gens apprenaient pour Lew, c’était comme s’il n’avait jamais été le type sympa avec lequel on venait de discuter du temps qu’il faisait, non, brutalement, il devenait un assassin, comme s’il n’avait passé son vivant qu’à détruire des vies et en tirer une grande satisfaction.

Difficile de se délester d’un tel baguage. Et non, Danny ne demandait même pas à s’en défaire. Il avait tiré, point, c’était irréversible, il avait pressé la gâchette. Et ça, ces images, elles resteraient gravées dans son crâne même lorsqu’il allait se mettre à perdre la boule comme beaucoup. Elles resteraient implantées dans son cerveau à jamais, et il était inutile de penser le contraire, que peut-être, un jour, elles s’en iraient d’elles-mêmes. L’oubli, Danny avait trop prié pour qu’il frappe à sa porte, et n’avait reçu pour toute réponse qu’une culpabilité sans borne. Non, ce qu’il voulait, Danny, c’était s’expliquer. C’était ouvrir un peu la bouche, ouvrir son cœur, aussi, peut-être, c’était dire le pourquoi du comment, c’était dire qu’il n’était pas celui qu’on pensait qu’il était. C’était peut-être également un moyen de chercher le pardon, même s’il n’y croyait plus. Surtout pas de Lew, ni de Zoe, qui aimait Lew. Il s’était condamné tout seul, Danny, à partir du moment où il avait posé un pied à Londres.
Mais là, à cet instant précis, son procès était en marche, et Zoe, non, Zoe ne pouvait pas partir comme ça, sans rien dire. Elle ne pouvait pas l’ignorer continuellement, elle ne pouvait pas faire comme si de rien n’était, comme si elle n’était pas au courant, comme si, pour elle, Danny était toujours ce type honnête. Alors, à peine s’en étaient-ils sortis miraculeusement, de cette foutue baraque dans laquelle, c’était officiel, Danny ne reviendrait plus jamais, qu’il avait couru derrière Zoe qui avait déjà pris de l’avance. « Zoe ! Zoe, attends-moi. » Il sentait en lui cette boule dans la gorge, mais ce qu’il voulait, c’était… C’était qu’elle lui dise ce qu’il savait déjà. Juste histoire d’être sûr, juste histoire de ne pas se méprendre, parce qu’un foutu espoir gisait toujours en lui, l’espoir que peut-être, il ne s’agissait pas de ce à quoi il pensait. Un espoir qui se refusait à le quitter alors que, bon sang, son esprit rationnel lui hurlait qu’il était inutile d’insister. Danny avait alors empoigné Zoe par le bras, pas méchamment, mais de peur qu’elle s’échappe, peut-être, de peur qu’elle se volatilise comme un courant d’air, de peur qu’elle disparaisse et que ses doigts se referment sur du vide. Elle l’évitait, bien sûr, et ce geste, en soi, il lui garantissait la conversation qu’il avait tentée d’avoir dans la tanière. « Zoe... » Récupérant son souffle quelques secondes, il s’était posté en face de Zoe, et avait baissé la tête. Trop de choses se bousculaient en lui, si bien qu’il ne pouvait même pas dire quelle émotion le prenait le plus aux tripes. La peur, probablement. La peur de ce qu’allait lui dire Zoe. « Zoe, je... Je t’en supplie, dis-moi ce qui va pas. » Il aurait pu l’implorer, même, se mettre à genoux, lui prier de sortir tout ce qu’elle avait sur le cœur, de ne plus faire comme de leur vivant, de ne plus garder des atrocités pareilles pour eux, parce qu’elles étaient ce qui les avait conduits à leur perdre. Le silence. C’était le silence, le vrai responsable, ce n’était pas Zoe, ni Lew, ni Danny, c’était le silence. Ils s’étaient tous fait piéger par lui, comme des lapins dans des cage, et ils y avaient tous les trois laissé leur peau.

Ses mains devenaient de plus en plus moites. C’est pas facile à dire, tu sais. "T’as tué ton frère", c’est pas simple à balancer. Oh, enfin, Danny, elle doit pas être vraiment en confiance avec toi, maintenant, mais bon, si t’avais voulu la buter elle aussi tu l’aurais déjà fait, pas vrai ? T’aurais pas attendu qu’elle apprenne tout, sinon ce serait plus très drôle. Allez, t’en fais pas va, dans quelques deux ou trois millions d’années on commencera à effacer un peu l’ardoise, c’est pas grand-chose deux ou trois millions d’années hein ? En fait, Danny avait simplement l’impression que, d’un instant à l’autre, un grenade allait exploser. Et, bien sûr, Zoe et lui étaient à deux pas de la bombe, prêts à se prendre la déflagration en pleine face.

_________________
until the ribbon breaks
your heavy curse ✻  We spend more time seeking out the fleeting glories of this temporary world than looking to the permanent grace of God ! Anyone who builds his hopes on air lives like a drunken sailor hanging on a mast, ready with every dizzy nod of his head to tumble to the bottom of the sea. The things we worry about, like good looks and possessions, aren’t lasting, and they don’t matter.

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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 1973
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1709
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 07/05/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : felicity jones.
✢ CREDITS : angel dust.
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt-sept
✢ JE SUIS : un certain lapin blanc.
✢ DANS TES POCHES : rien qui vaille la peine de la tuer ou de la menacer, croyez-moi. sauf si vous êtes friands de poussière, d'une fleur sèche et d'un morceau de champignon gâté.
✢ TA VIE : 96/100
✢ ANCIEN METIER : risk manager, pas très édifiant ou poétique, mais ça payait bien le loyer.
✢ LOCALISATION : ailleurs, au loin, ici.

this is where the evening splits in half, Henry, love or death. Grab an end, pull hard, and make a wish.

pale shadows.

wowowow:
 

✢ JE EST UN AUTRE : fawny.
MessageSujet: Re: it feels like we only go backwards ► ZONNY   Mar 29 Juil - 17:37


S
a poitrine se souleva, lentement, comme si l'air menait une douce croisade jusqu'à ses poumons, probablement avec le souhait secret, et ô si silencieux, d'atteindre les bronches quelques secondes trop tard. Si seulement il était possible d'en finir avec tout cela uniquement en reniant tout air pendant un instant de trop ; un instant fatal mais délicieux. Hélas, s'ôter la vie demande plus de courage, une certaine forme de bravoure parfois même inconnu aux plus grands héros. Ils n'étaient pas des héros devant le spectacle qui s'offrait à eux, juste des vulgaires pantins à qui l'ont avait une nouvelle fois démontré qu'ils n'étaient rien ici, hormis des pions joués par des forces extérieures, se délectant de leur détresse comme l'on savoure un met exquis. Sa poitrine s'affaissa avec une même lenteur agonisante ; ses poumons vides à l'image de son coeur stérile. Son coeur, il avait failli se soulever à la vue du désastre, il ne pouvait plus en supporter davantage, la petite chose fragile, tout juste bonne à faire circuler son sang jusqu'au bout de ses doigts tremblants. Elle devait partir d'ici, laissé tout ça derrière elle et surtout, laissé Danny derrière elle. Elle ne pouvait pas rester une minute de plus à ses côtés, à inspirer le même air que lui et pire encore, inspirer l'air qu'il a expiré de ses poumons impurs, l'infectant à son tour telle l'infection qui l'a pourri jusqu'à la moelle. Il l'écoeurait presque autant que le reste de cette tanière, ou peut-être était-ce tout autant mais d'une manière bien différente. Le sentiment de trahison était si fort qu'il menaçait de faire exploser ses côtes, ce qui lui fit se demander comment Lew n'avait pas déjà implosé. Les mots grésillants qui avaient sonné le glas du début du mensonge se répétaient inlassablement dans un coin de sa tête, comme une voix seconde qui obnubile toutes ses pensées, les rendant presque impossible. Mais ce n'était pas le pire, ce n'avait été que le début mais de loin la fin. Dans le noir inquiétant de ses paupières fermées, son visage revenait souvent. Non, le visage souriant du premier jour où ils se sont rencontrés. Celui lourd de peines et cadavérique, du dernier jour où ils se sont vu en vie. Ce visage qu'elle avait tellement mal interprété, pour lequel elle avait eu de la compassion et qu'elle voulait maintenant marteler de poings comme on l'avait martelé elle pour ses propres péchés. Elle aurait voulu lui hurler dessus, l'implorer de s'expliquer, l'incendier et le renier. Maintenant, sur le fond noir de ses paupières closes, elle voyait un visage lisse, sans forme, non reconnaissable, tel celui d'une personne inconnue. Elle avait cru connaître Danny Weaver, du moins le peu qu'il y avait la surface qu'il daignait bien montrer aux autres. Elle eut tort. Il était une énigme qu'elle ne voulait plus voir, jamais, alors dans ses rêves il n'avait plus de visage, une méthode permettant de concilier la volonté suprême de son inconscient de l'imposer à elle et celle qui souhaitait ne plus jamais poser les yeux sur ses traits qui lui avaient menti, à elle, à Lew et à tous ceux qui ont pleuré la mort du fils Weaver tandis que le meurtrier se tenait dans la salle, juste à côté d'eux. Il a pu ressentir la peine de chacun, sentir le sel des larmes de ses proches. Il a pu voir les dommages de son acte sur ses propres parents, inconsolables. Mensonges et calomnies suintant par tous ses pores de sa peau, par les pores de cette main qui a serré la sienne si fort en ce jour funeste. Traitrise. Il n'y a que ce mot qui pourrait qualifier ce qu'il leur a fait à tous. Au moins, il eut la décence d'emporter ses secrets dans la tombe, épargnant à ses parents de faire le deuil d'un enfant assassiné de sang-froid, avec une précision déconcertante, par leur enfant dorénavant unique. Non, elle n'avait jamais connu Danny Weaver. Il était un inconnu et il en restera toujours ainsi.

Elle avait l'impression d'étouffer dans cette maison où les murs semblaient se resserrer minute par minute dans le but de vous écraser dans une atmosphère suffocante. Elle franchit la porte rouge - si rouge - et continua de s'enfoncer à grandes enjambées dans le bois, qu'elle trouvait auparavant inquiétant mais qui, après les aventures qu'elle venait de vivre, apportait un refuge et une solitude non négligeable. Son coeur tambourinait contre sa poitrine, sans réelle explication, mais la sensation s'avérait fortement désagréable. Il fallait qu'elle mette le plus de distance entre elle et cette baraque maudite. Il fallait qu'elle s'éloigne le plus possible de Danny et ce que son visage si défini en réalité lui rappelait ; Lew. Lew au teint blafard, allongé sur des drapures de satin dans son lit de bois final, troué entre les deux yeux. Lew au front lisse, vivant, aux yeux animés par la rage. Un regard fou, adressé implicitement à son meurtrier, Danny. Un regard lourd, lourd comme les pas qui retentissaient sur le sol terreux derrière elle. Les bruits de pas s'approchèrent vite ; il courait. Elle aurait voulu se mettre à courir elle aussi, le plus vite possible, jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent et que la vie la quitte. Seulement, si elle faisait cela, il n'aurait que su plus clairement qu'elle savait. De qui se moque-t-elle, il a déjà dû le comprendre, dès le moment où elle est rentrée dans cette maison sans daigner lui adresser la parole. Alors, elle aurait tout autant pu se mettre à courir, sa mascarade ayant été levée, ce n'était plus la peine de prétendre, de manière risible, que tout était normal, à l'image de ces jours heureux de leur vivant. Rien ne serait jamais plus pareil et ils le savaient pertinemment. Mais elle ne pouvait résoudre à accélérer au point d'avoir les cheveux battus par le vent et les pieds ne touchant pas le sol pendant un millième de seconde. Il la rattraperait aisément et qui sait ce qu'il lui ferait alors. Oui, elle aurait aimé hurler, pleurer et gifler mais la peur lui tordait les entrailles. Danny Weaver lui donnait la chair de poule alors qu'il y a encore si peu de temps ses bras lui offraient le réconfort dont elle avait tant besoin. Dorénavant, elle craignait ce que ces mêmes bras pouvaient lui infliger. Il pourrait non sans mal poser ses mains sur son cou et serrer, fort, fort, fort. Il pourrait lui briser la nuque avec une aisance non dissimulée. « Zoe ! Zoe, attends-moi. » Étrange paradoxe d'être tiraillé entre la peur de s'enfuir et la peur de rester face à l'appel de ce qui fut anciennement un ami, du moins ce qui semblait l'avoir été. Danny Weaver était un inconnu à ses yeux et l'inconnu se rapprochait à grands pas. Il saisit son bras, comme il l'avait auparavant saisi ses maigres poignets quand elle était perdue dans ses cauchemars éveillés. Il saisit son bras comme il avait saisi sa main devant le four crématoire et ça lui glaça le sang. La peur ne sut contenir son geste ; elle se défit de l'emprise de cette main assassine, celle qui avait sûrement appuyé sur la gâchette, délogeant la balle du pistolet en métal froid pour qu'elle aille se loger dans le front de son frère entre deux yeux stupéfaits et trahis. « Zoe... » Son prénom qui sonnait si doux sur ces lèvres autrefois avait maintenant une consonance âpre implicite, comme un mensonge par omission se voulant rassurant mais qui prenait une tout autre dimension lorsque la vérité était sue. À cet instant, elle aurait souhaité qu'ils soient frappés d'amnésie, elle, Danny et Lew, qu'ils oublient tout, peut-être même jusqu'à leurs noms, si lourds à entendre dorénavant. Ils auraient pu tout reprendre à zéro, en ignorant ce que chacun avait fait quelques semaines, mois ou même années - qui le sait vraiment - plus tôt, ou bien ils auraient pu tous prendre des chemins différents et se traiter comme des étrangers. C'est ce qu'ils semblaient être devenus les uns pour les autres de toute manière, à l'exception de ces souvenirs amers suspendus à la surface de l'air telle une menace inaudible mais connue de tous. « Zoe, je... Je t’en supplie, dis-moi ce qui va pas. » Il savait ce qui n'allait pas, il n'était pas bête Danny. Il devait sûrement vouloir entendre les mots franchir les lèvres de Zoe, comme la preuve finale pouvant condamner un criminel. Seulement, ces mots pourraient aussi signer l'arrêt de mort de Zoe, comme l'affront suffisant pour déclencher la colère de Danny sur elle. Elle ne pouvait se résoudre à les dire. Elle voulait fuir au loin, ou personne ne la retrouverait jamais. Mais elle se contenta de rester immobile, la trouille au ventre, à côté de lui. « C'est la maison, Mercure, tout ça, j'ai besoin d'air. » Ce n'était qu'un demi-mensonge, il devrait comprendre avec les choses affreuses qu'ils venaient de vivre. Mais cela ne lui suffirait pas, car il savait, évidemment qu'il savait et il la punirait parce qu'elle n'a pas su rester enveloppé dans le cocoon de mensonges qu'il avait créé et entretenu même après leur mort respective. « J'ai juste besoin d'être seule, s'il te plait. » Il semblerait que tout comme la vie, la mort porte en elle une ironie fortuite. La dernière fois qu'ils se sont vu, Zoe l'avait presque supplié de ne pas l'abandonner, craignant la solitude plus que tout. Les temps ont changé, si vite. Elle le craint aujourd'hui plus que la solitude, au point de ne pouvoir faire rouler son prénom sur sa langue, de peur qu'il la blesse au passage. Néanmoins, derrière cette terreur, brûlait le feu ardent de la colère et de la peine de celui qui se sent blessé et trahi, maitrisé par une retenue craintive, celle de la mort qui l'avait tant traumatisé. Mais rien ne dure éternellement, tout est éphémère ; la vie, l'amour, la peur, la mort. Ils auraient dû tous s'oublier, cela aurait mieux valu.

_________________


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Dernière édition par Zoe Walker le Sam 23 Aoû - 10:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it feels like we only go backwards ► ZONNY   Jeu 21 Aoû - 23:34


i got my hopes up again, oh no... not again




S
eul, à la suite de cet entretient, il allait se retrouver complètement seul, et ça, pour une période indéterminée. Pour toute la mort, pour tout le temps que son cœur battrait encore, luttant pour un quelque chose qui ne valait très certainement pas le coup, redoublant d'efforts pour une quête tout à fait vaine, pour un rien qui se faisait attendre comme un Messie. Mais ça lui convenait. S'il devait en être ainsi, alors, c'était mérité, il était inutile de ses faire des idées. Le bonheur, la pire des illusions. Comme si celui-ci l'attendait quelque part, comme s'il serait atteignable un jour ou l'autre, après l'avoir cherché pendant des années. Tout finissait par se payer, tout, la mort, la vie, le crime, l'assassinat, les illusions, le silence, l'amour, la fraternité, tout. C'était comme si la vie reprenait à Danny tout ce qu'elle avait pu lui donner, et qu'elle lui reprenait avec les intérêts. Tout simplement, il fallait qu'il paye, et même en retardant au possible l'échéance tout à fait lâchement, tout avait fini par le rattraper. Parfois, Danny se demandait s'il croyait au destin, à la fatalité. De son vivant, il aurait envoyé tout ça dans un coin de sa tête, balayant ces idées comme des foutaises, mais maintenant, elles avaient bien plus de sens. Oui, il était bien conscient qu'invoquer le destin serait une forme pour se déculpabiliser, et il n'en avait pas envie. Il voulait assumer, à présent. Faire face à ses démons, pour, savait-on jamais, tenter de passer une nuit correcte, sans se retourner pendant des heures sous le poids de la culpabilité. Parce que le remord le rongeait. Il le bouffait de l'intérieur comme un cancer, et il était inutile de le nier. Danny ne voulait plus que se débarrasser partiellement de lui. Pas totalement, non, parce que le meurtre de Lew, il l'aurait pour toujours sur la conscience, encore une fois, inutile de se faire de faux espoirs, mais au moins, s'il pouvait s'ôter d'un poids, et dire, oui, j'ai tué mon frère à au moins une seule personne en ce bas monde, sa conscience ne pourrait que mieux s'en porter. Pourtant, passer au jugement le terrifiait plus que tout. A choisir, il aurait encore préféré se couper une main plutôt que de faire face à Zoe, et à sa réaction qui allait à coup sûr être réellement terrible. Terrible, mais justifiée, ce qui était encore le pire. Oui, Danny aurait vendu tout ce qu'il avait pour ne pas avoir à faire ça. Se justifier devant tout le monde sauf Zoe. Difficile de voir la personne aimée le détester. Attitude de lâche, sûrement. Il était lâche, maintenant, trouillard de la suite des événements, et il s'en voulait pour ça. Il n'avait pas à réagir d'une telle façon, non, c'était lui l'assassin dans l'histoire. Ni Lew, ni Zoe. Lui. C'était à Zoe d'avoir peur, pas à lui. C'était à Zoe de sentir ses mains devenir moites, pas à lui. C'était à Zoe de sentir sa respiration se couper, pas à lui. Lui, on n'attendait plus rien de lui, sinon qu'il disparaisse. Mais il devait lui dire, avant de s'en aller, il devait se racheter, à défaut d'avoir pu le faire de son vivant, c'était bien la moindre des choses, passer aux aveux avant d'abandonner les fantômes de son passé. En un sens, Danny ne recherchait plus qu'une seule chose ; le repentir. En soi, son suicide n'avait-il pas été un moyen d'évacuer une partie de la culpabilité ? Ça faisait tout à fait sens, et si quelqu'un avait mené son enquête sur son suicide, dans le "vrai" monde, peut-être avait-on compris les vraies raisons de son acte, et peut-être que le pseudo suicide de Lew n'était plus qu'une mascarade pour tout le monde et que l'assassinat avait éclaté comme une vérité douloureuse.

Impossible de le savoir. Dans l'autre monde, on le considérait sûrement toujours comme un grand frère bienveillant. Et il n'y était plus. Coincé ici pour l'éternité pour seule compagnie des gens qui voulaient le voir crever pour retrouver un semblant de paix intérieure. Et Zoe, d'un grand coup, elle s'était dégagée de Danny. Elle ne voulait pas qu'il la touche. D'accord. D'accord, d'accord, il ne pouvait pas lui en vouloir. Non, ça lui fendait simplement encore plus le cœur en d'autant de millions de petits morceaux. Mais d'accord. Elle savait donc officiellement. Oui, il aurait pu partir, Danny, de toute façon, elle était au courant, ça ne faisait plus aucun doute, les ambiguïtés étaient levées. S'il s'était accordé le bénéfice du doute, à présent, c'était certain. Même pas besoin de lui dire. Mais besoin de se justifier. Dépité, Danny avait regardé ses pieds. Il ne pouvait même plus plonger ses yeux dans ceux de Zoe, non, ça n'était plus possible, soutenir son regard aurait été... Déplacé. Douloureux. Défiant. « C'est la maison, Mercure, tout ça, j'ai besoin d'air. » Évidemment, oui. Elle n'allait pas lui dire, non, ça n'était pas comme ça que les choses fonctionnaient. Ce n'était pas à elle d'avouer, c'était à lui. Ce n'était pas à Zoe de poser la question, c'était à Danny de lui dire. Et pourtant, il avait beau s'être préparé du mieux qu'il avait pu pendant des heures entières, répétant en tête un discours longuement mûri, la vérité était qu'il était plus difficile de déballer une telle tirade que de la penser. Penser les choses était facile, encore que tout se mélangeait en lui, si bien qu'il ne savait plus vraiment pour quelle raison ils en étaient arrivés là. En fait, aucune raison ne pouvait sans l'ombre d'un doute justifier un fratricide, c'était certain. « Ouais... Oui, j'comprends. » Alors, les yeux toujours rivés sur le sol, Danny s'était contenté de hocher la tête. Voir un gamin crevé, pour lui non plus, ça n'avait pas été simple. Il aurait voulu lui dire, à Zoe, que ça l'avait retourné, qu'il avait failli en gerber le tapis de la chambre, qu'il s'en voulait, aussi, mais à coup sûr, Zoe aurait rapproché ça de Lew. Ça t'a retourné de tuer ton frère ? T'as failli en gerber, quand t'as vu son cadavre ? Tu t'en es voulu, à son enterrement ? Autant de remarques que Zoe pouvait potentiellement penser, et que Danny voulait lui éviter, et s'éviter à lui-même. Lâcheté. « J'ai juste besoin d'être seule, s'il te plaît. » Encore une fois, Danny aurait voulu lui dire qu'il comprenait. Qu'il était légitime qu'elle se comporte comme ça, qu'à sa place, même, il aurait peut-être fait pareil. Mais là, non, il fallait qu'il lui explique. Ça n'allait même pas prendre bien longtemps, puisque, à tous les coups, elle ne voudrait pas l'écouter. Ou alors, si elle le faisait, elle allait être tellement écœurée que l'entretient allait être de courte durée. Dans tous les cas, il fallait qu'il se lance. Au moins histoire qu'ils soient au clair. Et, même s'il avait bien huilé son discours, confronté à la réalité, à Zoe, tout foutait le camp. Alors, il avait regardé Zoe dans les yeux, suppliant. « S'il te plaît... Accorde-moi juste, juste trois minutes. Et, après, j'm'en irai, et tu feras ta vie. Trois minutes. S'il te plaît. » Trois minutes pour un plaidoyer, c'était court, Danny le savait bien. Mais pour Zoe, il aurait raccourci tous les mots du monde, il aurait décroché la lune, il aurait tué toutes les bestioles de ce pays, il aurait appris le piano pour qu'ils puissent jouer à deux, il aurait même tiré une balle sur son frère.
Oh.
Alors, il s'était passé une main dans la nuque, et s'était reculé de quelques pas, comme pour maintenir une certaine distance entre eux, comme de peur d'effrayer Zoe. « J'sais même pas par quoi commencer. Trop de trucs. » Fixant à nouveau le sol, il s'en fallut de peu pour qu'il ne laisse pas échapper un genre de rire nerveux et gêné. Ça aurait été tout à fait déplacé, et la peur s'installant de plus en plus en lui, Danny n'avait pas vraiment la tête à rire, même nerveusement. L'espace d'un instant, il soupira, d'anxiété, de stress, de pression, de tout. « Tu dois... Tu dois sûrement penser des trucs pas trop agréables, là, et... » Danny soupira une autre fois, et se passa la tête dans les mains. Il sentait perler les larmes à ses yeux. Surtout, il avait l'impression d'être pitoyable, d'être parfaitement pitoyable. Pendant des heures, oui, il avait songé au moindre mot, il avait tout planifié dans les moindres détails, et là, tout partait, il ne lui restait plus rien sinon sa condition misérable. Oui, arrêter de tourner autour du pot, c'était un bon début. Les trois minutes défilaient à une vitesse incroyable, et, pour peu, il aurait presque pu entendre un "tic-tac" oppressant qui lui aurait rappelé à quel point le temps passe vite. Peut-être allait-il lui falloir plus que trois ridicules minutes. D'un seul coup, il retira sa tête de ses mains, et sentit une larme couler. « J'suis tellement désolé Zoe. T'es au courant pour Lew, hein, j'm'en doute. J'suis désolé, t'as pas idée à quel point, je... J'ai jamais voulu, je... J'voulais simplement... Je... Zoe, je... » Puis d'autres larmes se joignirent à la première. Danny se sentait vulnérable. Et détestable. Il n'avait pas le droit de pleurer, il ne l'avait que trop fait ces derniers temps. Il ne pouvait pas se montrer comme ça devant Zoe, pensant que, peut-être, elle allait comprendre, ou même lui pardonner. Il aurait voulu lui dire des choses, tellement de choses que tout devenait confus. Il aurait voulu lui avouer qu'il l'aimait, qu'il voulait la protéger, qu'il avait mal fini, qu'il avait trop bu ce soir là, qu'il avait eu peur, tellement peur, qu'il avait été induit en erreur par une bande "d'amis", qu'il n'avait fait ça que pour elle, que son acte n'avait jamais été prémédité, que Lew avait eu le temps d'avouer largement avant qu'il tire, et il aurait voulu lui dire mille autres choses encore. Mais rien ne venait. Tout s'accumulait, rien ne sortait, tout se bousculait, tout explosait. Cela faisait déjà bien trop longtemps que Danny aurait dû faire sortir ces mots. « T'as le droit de me détester, de me frapper, de tout ce que tu veux. » Essuyant d'un revers de main les quelques larmes qui coulaient, Danny renifla avant de regarder ailleurs. Il ne pouvait plus voir Zoe, pas maintenant, pas dans cet état, non. Elle le haïssait. Elle souhaitait sa mort. Il n'arrivait même pas à lui expliquer le pourquoi du comment. A cet instant, il lui semblait qu'il ne disposait d'aucune excuse. Il ne trouvait même plus de raison à son geste. Pourtant, il s'était évertué à penser qu'il n'avait pas fait ça pour rien. Non, il n'était pas le genre à tuer sans raison, surtout son propre frère. Frère qui le détestait, lui aussi. Comme tout le monde. Et comme Zoe, surtout.

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your heavy curse ✻  We spend more time seeking out the fleeting glories of this temporary world than looking to the permanent grace of God ! Anyone who builds his hopes on air lives like a drunken sailor hanging on a mast, ready with every dizzy nod of his head to tumble to the bottom of the sea. The things we worry about, like good looks and possessions, aren’t lasting, and they don’t matter.

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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

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MessageSujet: Re: it feels like we only go backwards ► ZONNY   Sam 23 Aoû - 18:12


Z
oe avait toujours eu peur d'avoir mal ; d'être absorbé par la douleur  d'une maladie ou d'un incident, ou encore de partir de ce monde dans une souffrance agonisante. Il semblerait donc que ce dit monde ait pris un malin plaisir à la confronter à une de ses plus grandes peurs, si ce n'est la plus grande, dans les derniers jours de sa vie comme un prologue à ce que ce monde-ci, bien différent et pourtant, lui avait réservé. La perte de Lew avait signé le début de sa douleur, mais en réalité tout avait commencé ce jour où elle a rencontré Robb, seulement à l'époque, rien ne lui faisait encore mal. Elle attendait juste le bon moment pour sortir de sa cachette sombre pour les frapper tous en plein coeur, ou ailleurs. Mais lorsqu'elle a appris la mort d'un Weaver, et vu la peine - bien jouée, il est vrai, il les a tous embobinés avec une expertise dont les naïfs devraient avoir honte - de l'autre frère, c'était de la souffrance pure. Lorsqu'elle a crevé, ou du moins l'éternité qui la mena à la morgue, elle en avait eu mal à crever. C'était de la dure douleur. Un interlude finalement mélodieux pour son coeur à qui l'on accordait une pause, en distrayant sa peine par de la chair frappée. Une pause accordée par miséricorde, en prévoyance de ce que son coeur se prendrait sur la gueule, une fois la barrière de son corps réduite en bouillie flasque pour être propulsé intact ici. Lorsqu'elle avait retrouvé Danny dans ce contexte burlesque, la fleur de l'espoir s'est refleuri, non sans quelques pétales d'ores et déjà fanés par le fait que s'il se trouvait avec elle, c'est qu'il était mort lui aussi. Il lui avait apporté autant de soulagement qu'il lui apportait maintenant de dégoût et d'incompréhension. Et de peur aussi. Zoe avait toujours eu peur d'avoir mal ; et maintenant, Zoe avait également peur que ce soit Danny qui lui fasse mal. C'est pour cela que, malgré tout ce qu'elle aurait voulu lui hurler au visage, elle voulait tant s'éloigner de lui et ne plus jamais le revoir. J'ai peur de toi. J'ai peur que tu décides de me tuer moi aussi, parce que tout ça c'est ma faute. Il te manque l'arme, mais je suis sûre que tes poings suffiront amplement. Ils ont suffi à Robb. Cela sera moins propre qu'avec Lew, mais ça ne me dérange pas tellement. Je sais déjà à quoi m'attendre. Ce qui rend la chose plus effrayante encore. Les souvenirs des expériences traumatisantes sont des choses qui nous poursuivent à vie, nous faisant anticiper avec effroi le jour où elles se reproduiront. L'inconnu effraie, sans contexte, mais lorsque l'expérience a rivalisé en atrocité, cela nous effraie encore davantage. Tu veux pas me tuer vite ? S'il te plaît ? C'est sûrement pour cela qu'elle n'a pas voulu sentir sa main légèrement sèche sur son bras. Elle ne faisait que rendre l'anticipation insoutenable. Vite, je t'en supplie. C'est tout ce que je te demande.

Elle n'avait pas tellement menti dans ses propos. Elle avait besoin d'air parce qu'elle avait eu la sensation de suffoquer en voyant la gueule écrasée au sol. Les yeux lui étaient sortis des orbites au gamin fauché trop jeune. Mais la mort n'avait rien à faire là-dedans. Elle ne s'occupe que de ravir les derniers souffles des mourants de la nature ; les malades victimes d'une injustice qui dépasse tous les êtres humains et les âgés qui ont vu tout ce qu'ils devaient voir. Ce n'est pas la grande faucheuse qui a fait de la bouillie de Mercure, c'est quelqu'un ou quelque chose. Ce n'est pas l'esprit funeste qui a mis en miettes Zoe, c'est Robb. Ce n'est pas Azraël qui a mis la balle entre les deux yeux de Lew, c'est Danny. Et Danny, eh bien, il y a très peu de chances que ce soit la mort qui l'ait emporté. Il n'était pas malade Danny. Du moins, pas comme ça. « S'il te plaît... Accorde-moi juste, juste trois minutes. Et, après, j'm'en irai, et tu feras ta vie. Trois minutes. S'il te plaît. » Ce n'était pas étonnant qu'il eût compris qu'elle savait ce qu'il lui avait caché tant de temps. Elle n'avait pas fait beaucoup d'efforts, le peu qu'elle a tenté d'effectuer pour lui faire croire qu'elle était toujours aussi stupide et ignorante que ce jour où il l'a appelé ont échoué à cause de son incapacité à le regarder ou sentir son contact sur sa peau. Elle ne voulait pas lui accorder trois minutes, elle voulait s'en aller et ne plus jamais le revoir. Qu'il la laisse tranquille, si possible en vie, ou sinon, ce que ça se passe vite. Trois minutes pour mourir, c'est déjà trop. « Écoute, je veux pas d'ennuis. S'il te plaît. » On n'aurait su dire s'il l'avait entendu, mais pourtant il recula de quelques pas. C'était une maigre distance, mais déjà mieux que sa main sur elle. « J'sais même pas par quoi commencer. Trop de trucs. » Trop de trucs qu'au final, elle ne voulait même pas entendre. Oh, elle lui en voulait pour ses mensonges incessants, pour la manière dont il les avaient tous reçus au côté de sa famille lors de la crémation. Elle lui en voulait pour lui avoir menti en avant-première, au téléphone comme de vive voix, de même que par son expression lorsque leurs chemins se sont croisés aux funérailles. Un acte splendide que ce visage creux, ces yeux vides et ces larmes. Mais elle l'excécrait pour avoir tuer son propre frère et pour avoir regardé ses parents en face, la vérité enterrée au fond de sa gorge, qui ne sortirait jamais pour arriver jusqu'à leurs oreilles. Ils avaient dû pleurer la mort de ce qui était dorénavant leur fils unique. Auraient-ils pleuré tout autant s'ils avaient su que s'il était maintenant unique, c'était de par ses propres mains ? « Tu dois... Tu dois sûrement penser des trucs pas trop agréables, là, et... » Elle préférait regarder le feuillage des arbres volant au vent plutôt que de regarder son visage préparant d'autres vils mensonges. C'était un accident ? Ma main est inexiplicablement tombée sur un pistolet, et avant que je ne me rende compte de rien, mon doigt a appuyé sur la gâchette. Tu étais forcé ? Foutaises. « J'suis tellement désolé Zoe. T'es au courant pour Lew, hein, j'm'en doute. J'suis désolé, t'as pas idée à quel point, je... J'ai jamais voulu, je... J'voulais simplement... Je... Zoe, je... » T'as jamais voulu te mettre du sang sur les mains ? Ce ne sont des excuses pitoyables pour un geste sur lequel on ne peut poser de mots, des fioritures fausses. Même maintenant, lorsqu'elle sait, lorsqu'il sait qu'elle sait, il ne peut s'empêcher de continuer à lui mentir, encore et toujours. Elle ne l'écoutera plus, ça n'en vaut pas la peine. Elle ne veut pas entendre ces pauvres excuses. « C'est pas à moi qu'il faut dire ça. » Elle ramena sa main quelque peu tremblante à ses lèvres. C'était trop, trop pour une durée si courte. Lew qui pète les plombs, l'hideuse vérité, une baraque écoeurante, Mercure déglingué et maintenant Danny qui ne voulait pas la laisser seule, pour toujours, pas tout de suite. Dire qu'il y a encore une dizaine de jours, une semaine ou encore trois jours - qui peut vraiment le dire ? - elle l'avait supplié de ne pas le faire. Les choses changent vite, c'est certain. « Tu voulais simplement quoi ? Hein ? » Dis-moi, vas-y. Finis ta phrase. « La vérité cette fois. Pour changer. » Elle faisait bien preuve d'audace pour une personne apeurée. C'en était trop, elle ne pouvait plus tout prendre sur elle. Trois minutes ? Très bien, trois minutes d'explication et c'est tout, plus rien, jamais. Elle frotta sa main contre son visage, par exaspération ou fatigue, probablement les deux. « T'as le droit de me détester, de me frapper, de tout ce que tu veux. » Elle l'entendit renifler, ce qui ne fit que lui rappeler sa comédie lorsqu'ils étaient encore vivants. Il la croyait vraiment si stupide ? Zoe chassa de son esprit ses souvenirs où elle pensait bien s'entendre avec Danny, rire, se comprendre, se faire confiance. Foutaises. Ça ne valait plus rien au jour d'aujourd'hui, tout était faux. « Te frapper pour quoi ? Pour que tu aies une autre excuse sordide pour tuer quelqu'un qui te faisait confiance ? » Tu prônerais quoi cette fois-ci ? Ce n'était que de la légitime défense ? Ben voyons. Et pourtant, elle aurait aimé lui hurler dessus, le frapper jusqu'à ce que ses jointures saignent et que sa peau y soit déchirée. Il le méritait amplement, mais soyons honnêtes, elle n'en aurait pas la force. Elle ne lui ferait certainement pas très mal, pas que le geste ne lui fasse grand-chose en lui-même. Il s'en foutait d'elle et de ce qu'elle pensait, la preuve en est qu'il l'a mené en bateau comme tous les autres. De plus, elle se doutait dorénavant d'où venait les marques de coups sur le visage de Danny. Lew lui avait fait payer ce qu'il méritait, et tant mieux. Elle n'aurait pu imaginer l'ampleur de la trahison qu'il avait dû ressentir en voyant cette arme pointée sur lui. Même si la balle ne serait pas sorti du canon, cela aurait déjà trop. À partir du moment où Danny a visé Lew, cela signifiait qu'il voulait tirer. La balle entre les yeux, ce n'était que le grand final. « D'ailleurs, c'était quoi ton excuse sordide pour Lew ? » Pour la première fois depuis qu'elle le vit devant la tanière des Tweedle, lorsqu'Edwige était à ses côtés, elle le regarda. Tu me dégoûtes. Elle n'aurait pas pu dire si elle le détestait, cela aurait été imposer un sentiment sur lui. La haine, l'amour, peu importe l'opposé, ils ont une signification semblable. Elle ne pouvait pas imposer un sentiment sur un inconnu. Elle le connaissait pas cet homme devant elle. Elle avait cru, naïvement, le connaître, avant. Sottises. Il n'était qu'un inconnu, un menteur, qui appose un masque différent quand cela lui convient. Comme tous les autres. Tous des hypocrites, même elle. Personne n'en valait la peine, ici-bas ou là-haut, c'est la même chose. « Je voudrais savoir, la vérité. Pas un autre mensonge. » Elle avait du mal à ne pas regarder ailleurs, mais elle soutenait son regard sur lui. Mens-moi en me regardant face, vas-y. Comme au bon vieux temps. Les larmes de rage et d'injustice perlaient au bord de ses yeux tandis que le bout de ses doigts étaient toujours apposés contre son visage, tantôt immobiles, tantôt tapotant légèrement sa peau. Son coude posé sur son autre bras serré contre elle, pour l'empêcher de le frapper ou le protéger ou peut-être les deux. Elle n'aurait pas su le dire, le geste avait été instinctif. « Tu m'as dit qu'il s'était suicidé ! Tu me l'as dit de tes propres mots. Tu nous as tous menti, t'as taché la mémoire de Lew. Je me suis inquiétée pour toi ! Tout le monde s'est inquiété pour toi ! Comment t'as pu lui faire ça, comment t'as pu faire ça à tes parents ? » Comment t'as pu me faire ça ? « Qu'est-ce que j'ai été conne. Je croyais te connaître, faut croire que c'était pas le cas. » Elle riait presque de sa stupidité, sa main frappant l'air d'exaspération comme si elle chassait un nuisible près de son visage, pendant que les larmes coulaient sur ses joues. « Non, non, c'était pas le cas. En même temps, c'est pas tous les jours qu'un ami se révéle être un... un.. meurtrier. Surtout toi... J'aurais jamais cru... J'suis vraiment bête. » Cela faisait un moment qu'elle ne regardait plus. La colère lui avait détourné le regard vers un point invisible attirant inconsciemment toute son attention. Ou peut-être ne souhait-elle tout simplement plus le voir. « Laisse-moi partir et je te laisserais tranquille jusqu'à la fin de ta vie... de ta mort, peu importe c'que c'est. Me fais pas mal, c'est tout ce que je te demande. » Elle ne voulait plus souffrir. Elle aurait souhaité une anesthésie générale éternelle. Un coma sans fin où elle serait en paix avec ses souvenirs plus heureux de choses et personnes qui ont mal tourné dans la triste réalité. Ne plus sentir, ne plus voir, ne plus entendre. Ne plus même sentir le temps passer, ça devait être agréable.

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