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Les conséquences de la première INTRIGUE de WHYDA, c'est par ici ! :proud: :cat:
N'hésitez pas à REMONTER WHYDA sur bazzart ou prd :hin: :fox:

Ce n'est pas parce que le forum a une annexe sur les troubles qu'il est obligatoire de jouer un personnage malade.
UN SAIN D'ESPRIT c'est tout aussi bien. :rabbit: What a Face
Il est obligatoire de BIEN lire les annexes, auquel cas le staff vous mordra les fesses. :ivil:
Nous n'acceptons pas les pseudos à initiales - retournons aux origines simplistes les enfants. :aw:
Entre autre, pour continuer sur les pseudos, les prénoms trop excentriques (drogue, alcool
:chaat: ou autre totalement improbable) sont INTERDITS, merci de rester réalistes. :chaat:
Les personnages du pays des merveilles ne sont pas acceptés, seuls les morts peuvent passer ! :maw:
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 FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans

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AuteurMessage
Fawn Huxley
Fawn Huxley

❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 522
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2573
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : jessica chastain.
✢ CREDITS : heisenberg.
✢ AGE DU PERSONNAGE : trente-huit
✢ JE SUIS : sembable à un félin aux yeux perçants et aux pattes agiles.
✢ DANS TES POCHES : une feuille de carnet où sont griffonnés les ajustements devant être réalisés sur une édition de 'la divine comédie' de dante, un minuscule crayon et un élastique.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : restauratrice de livres et de documents anciens afin de préserver des époques qui lui semblent bien plus belles et poétiques que la sienne.
✢ LOCALISATION : où le vent la portera, peu lui importe.
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I'm battling monsters, I'm pulling you out of the burning buildings and you say I'll give you anything but you never come through.

our hearts condemn us.
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Spoiler:
 

✢ JE EST UN AUTRE : zozor.
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MessageSujet: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 19 Juil - 20:52



Fawn Huxley
You seek to threaten me with death?
If you seek to threaten me, threaten me with life.


nom ☩ Huxley, un nom qui vibre et écorche la langue lorsqu'il la frôle. prénom ☩ Fawn, sa mère ayant trouvé judicieux de la nommer comme le petit d'un animal sous prétexte que ce dernier était doux, fragile et gracieux. Elle passera le reste de sa vie, du moins la partie qu'elle avait dédiée à Fawn, à se justifier en affirmant que sa fille avait des yeux de biche, allant même jusqu'à la surnommer ainsi affectueusement. âge ☩ trente-huit ans. date de naissance ☩ 29 février 1976, assez rare pour que l'on s'en souvienne, assez rare pour que l'on ne le fête jamais. Il a fallu qu'elle sorte de l'ordinaire en naissant un jour qui n'existe pas les trois quarts du temps, pour à la fois attirer l'attention et rendre invisible son arrivée au monde, comme si elle était prédestinée à vouloir être vue sans jamais l'être.  lieu de naissance ☩ edimbourg, écosse. statut social ☩ seule. ce qu'il faisait avant ☩ restauratrice de livres et documents anciens ; l'odeur du papier légèrement jauni, celle de la reliure en cuir, la calligraphie élégante et soignée... Elle faisait perdurer une partie de l'histoire dans le temps, afin que l'on se souvienne des vestiges d'une époque bien éloignée de la nôtre. arme ☩ l'ombrelle et les cartes rasoirs. Elle remercie quiconque les ayant déposé près d'elle lors de son arrivée pour ne pas lui avoir fait cadeau de ces ridicules et exubérants flamants roses ou pistolets fleuris. traits de caractère ☩ observatrice, taciturne, réceptive, mélancolique, contemplative, gracieuse, désenchantée, tendre mais envers peu de personnes, sinon assez détachée, assez impulsive dans ses émotions, réaliste, peu sûre d'elle, méthodique, ouverte d'esprit, stratège, pugnace, aigrie, soigneuse, malhonnête, éloquente, parfois caustique, sereine, tempétueuse sur les bords, habile, téméraire, bornée, artistique, bienséante, critique, prévenante, songeuse, indépendante mais a un fort besoin d'attention, attentive, sensible, légèrement misanthrope mais conserve néanmoins un certain côté idéaliste, patiente, délicate, directe dans ses propos, lucide, sarcastique, sentimentale, indulgente, mélomane, calme. crédits ☩ liloo-59 et tumblr






Les questions du chat


conte-nous ta mort ☩ my lungs will fill and then deflate. Le sang pourpre jurait avec sa cuisse d'albâtre, tranchant sur le blanc ivoirien comme la lame a tranché la chair, avec une aisance non dissimulée. Il aurait suffi de quelques centimètres, ou même de simples millimètres, de plus sur le côté ; une erreur simpliste et fatale.  Les mains sûres deviennent tremblantes lorsque le sang coule, trop, beaucoup trop. Ses pieds baignent dans une mare pourpre sur le carrelage blanc tandis que ses mains semblent perméables à ce qui s'échappe - trop, beaucoup trop - de la plaie. Cela n'aurait pas dû se passer ainsi, cela ne s'est jamais passé ainsi auparavant, alors la panique devient reine. Les efforts sont vains. Le sacrifice sanguinaire ne l'est pas. Après tout, la mort est un cadeau. Il suffit de savoir l'apprécier à sa juste valeur. and now, i just sit in silence.

que penses-tu du pays des merveilles actuel ? ☩ Elle a l'impression d'avoir été transposé dans l'oeuvre d'un artiste névrosé, ayant un style unique comme ceux de Picasso, Van Gogh, Klimt et Monet qui leur étaient propres, à eux et rien qu'à eux. Seulement, dans cette toile s'entrechoquent la douceur de l'enfance et la noirceur de la maturité parmi des couleurs semblables aux oeuvres influencées par les effluves amères des drogues, si douces sur le moment, si harmonieuses, qui débouchent pourtant sur un chaos hasardeux. Ce monde l'intriguait, mais non pas comme une fascination morbide, elle contemplait simplement ses moindres recoins ; elle admirait ce qui méritait de l'être et elle s'horrifiait de ce qui demandait à l'être.

et sinon, tu dois bien avoir un endroit préféré en ce lieu, non ? ☩ Elle aime se balader dans les divers endroits du pays, qui sont tous si différents bien que toujours empreints de la même douce folie. Si elle devait nommer un lieu qu'elle n'apprécie pas, cela serait le terrier du lapin blanc ; trop exigu et étouffant. Le château de la reine rouge a également le don pour la rendre mal à l'aise, sans qu'elle puisse vraiment expliquer comment ; elle ressent une gêne indiscernable lorsqu'elle s'en approche, pourtant elle continue de s'y rendre et de s'installer en face de l'échiquier géant. Elle observe avec attention les mouvements des pièces, en tentant d'appréhender leurs actions. La brutalité dont ils font preuve la captive tout autant que la manière des morceaux déchus de reprendre la forme d'un cavalier ou d'un pion à la fin de la partie. Rien ne se perd, rien ne se crée. Tout se transforme, sans cesse, dans un schéma continuel et sans fin.



Les détails du lièvre


En plus de lui avoir transmis la passion des livres par le biais de son père, sa grand-mère l'a introduit aux échecs et depuis c'est un jeu qu'elle apprécie grandement bien qu'elle y joue peu souvent. En effet, cela perd tout son intérêt quand on n'a pas d'adversaire. Du jour au lendemain, lorsqu'elle était enfant, Fawn a tout bonnement refusé de dormir avec un oreiller. Sa famille n'a jamais su pourquoi. Depuis, elle dort toujours la tête à même le matelas. Elle partage le point de vue anti-stratfordien de sa grand-mère et a déjà eu des discussions endiablées à ce propos avec des anciens camarades exerçant la même profession qu'elle. Fawn souffre du syndrome de Münchhausen, bien que personne ne l'ait diagnostiqué ainsi et qu'elle ne s'avouera jamais en être souffrante. À 10 ans, elle s'est cassé le bras volontairement, le justifiant ensuite à ses parents comme une mauvaise chute dans les escaliers. La période de sa vie durant laquelle elle a vécu chez sa grand-mère est celle durant laquelle elle s'est le moins infligé de maladies et autres accidents soi-disant impromptus. Elle est partie d'Édimbourg pour s'installer à Londres lorsqu'elle avait 25 ans. Elle ne saurait dire si elle croit véritablement en Dieu mais elle ne nie pas qu'elle croit en une entité suprême qui a une influence directe sur la vie de tout un chacun. Néanmoins, elle ne pratique aucune religion. Elle possède quelques cicatrices sur son corps, dont une au niveau de l'appendice où elle contractait tous les symptômes d'une appendicite. Ce ne fut que durant l'opération que l'on se rendit compte que son appendice n'avait rien d'anormal. Elle se sent particulièrement mal-à-l'aise à côté de personnes qui ne sont plus totalement saines d'esprit, que cela soit dû à la vieillesse ou un trouble mental. Elle ressent une grande gêne et doit s'éloigner rapidement. Cependant, elle n'irait pas jusqu'à dire qu'elle en a peur, mais presque. Elle travaillait chez elle, dans un atelier aménagé dans une pièce de son appartement où se trouvait lumière forte, colle, matériaux et tout ce dont elle avait besoin pour redonner une seconde vie aux ouvrages entre ses mains. Son ombrelle est légèrement tarabiscotée, à cause d'un vent violent qui lui a retourné le pan de tissu qui ne veut plus se remettre à l'endroit. Au lieu d'avoir une coupole pour se protéger, elle n'a qu'une parabole.





_________________

We used to look up in the sky and wonder at our place in the stars. Now we just look down and worry about our place in the dirt.

Spoiler:
 


Dernière édition par Fawn Huxley le Ven 15 Aoû - 14:51, édité 10 fois
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https://insanekids.forumactif.org/t258-fawn-je-fais-des-reves-comme-si-j-avais-mille-ans https://insanekids.forumactif.org/t349-fawn-lacrimosa
Fawn Huxley
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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 522
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2573
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : jessica chastain.
✢ CREDITS : heisenberg.
✢ AGE DU PERSONNAGE : trente-huit
✢ JE SUIS : sembable à un félin aux yeux perçants et aux pattes agiles.
✢ DANS TES POCHES : une feuille de carnet où sont griffonnés les ajustements devant être réalisés sur une édition de 'la divine comédie' de dante, un minuscule crayon et un élastique.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : restauratrice de livres et de documents anciens afin de préserver des époques qui lui semblent bien plus belles et poétiques que la sienne.
✢ LOCALISATION : où le vent la portera, peu lui importe.
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I'm battling monsters, I'm pulling you out of the burning buildings and you say I'll give you anything but you never come through.

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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 19 Juil - 20:52


shadows
they will scream that i am alone.


someone's always watching me,
someone's always there.
when i'm sleeping, he just waits,
and he stares.

M
inuit. Les simagrées perfides font courir le bruit que c'est l'heure où les monstres s'éveillent et sortent de leurs ténèbres pour nous hanter avec nos plus grandes peurs ainsi que nos plus grands remords. Cependant, les peurs les plus irrationnelles - ou peut-être sont elles les plus sensées, qui saurait le dire - émergant de l'imagination fertile et débordante des enfants. Le monstre aux griffes acérées est sous le lit. La harpie à la fenêtre. Le tordu dans l'placard. Mais où-est donc le croque-mitaine ? La crainte et l'angoisse enfantines prennent leur siège au sein de la vingt-quatrième heure pile, lorsque le temps semble suspendu, entre hier et demain, dans un vide abyssal. Minuit, les enfants - ceux pour qui le marchand de sable n'a pas eu la bonté de passer - en font l'heure de la peur où l'on se blottit sous sa couverture, terrifié, en attendant que le sommeil nous fasse prêt de sa sécurité éphémère jusqu'aux premiers rayons de lumière perçant les volets fermés et brisant ainsi l'obscurité si peu rassurante. Néanmoins, dans la chambre noire de la jeune enfant, la couette remontée jusqu'à son menton, l'heure zéro a sonné ses douze coups. La gosse est pétrifiée au fond de son lit, ses yeux bleus ne quittant pas des yeux le coin sombre, comme si à force de persuasion il finirait par s'illuminer. Mais où est donc le croque-mitaine ? L'ensemble de la pièce était baignée d'une faible lumière bleue presque supernaturelle, tel le spectre fluorescent de la lune qui parvient à se glisser entre les fins interstices des volets de bois. Il n'y avait que ce coin, entre l'armoire et la fenêtre, que même le spectre lunaire semblait fuir comme la peste. Seulement, la peste ne se tapit pas dans l'ombre secrètement. La p'tite recroquevillée sur elle-même aurait juré qu'elle avait pu voir une forme se détacher de l'obscurité ; une silhouette mi-homme, mi-autre chose, bien plus anormale et préoccupante. Connaissez-vous croque-mitaine ? Miton, miton, mitaine. D'un geste brusque, la gamine retira les quelques mèches rousses tombées devant ses yeux, craignant que si elle cessait de fixer le coin de sa chambre pendant quelques secondes, le monstre sorte des ténèbres pour la punir de ces quelques secondes d'inattention de trop. Elle avait même peur de poser un pied au sol ou ne serait-ce que le sortir de sa couverture agissant comme une barrière invincible contre les monstres de la nuit. Il a deux yeux grands et perçants. Une grande bouche, de grosses dents. La chambre des parents n'était pas loin, si elle se dépêchait pour s'y rendre, tout irait bien. Prenant son courage à deux mains, l'enfant quitta son cocon douillet et protecteur, ne quittant jamais des yeux l'endroit inquiétant des yeux. Ses petits pieds, après s'être vêtus de ses chaussons, n'avaient que deux mètres à faire pour arriver à la porte, légèrement entrebâillée. Tout se passera bien. Ses yeux fixèrent l'obscurité, ne s'attardant qu'une seconde sur l'emplacement des chaussons qu'elle enfila rapidement et courut presque jusqu'à sa porte, qu'elle referma rapidement mais avec précaution une fois dans le couloir. Ses pieds se posèrent rapidement l'un devant l'autre sur les lattes de bois, jusqu'à ce qu'elle s'arrête devant une autre porte. Elle jeta un regard craintif derrière son épaule, et ouvrit la porte afin d'y passer sa tête. Malgré le manque de lumière, elle pouvait voir ses parents, endormis chacun de leur côté du lit, se tournant le dos, comme toujours. Il n'y a plus d'affection entre eux. Juste un contrat, des gosses et deux bagues. « Papa ? » Une des deux silhouettes, entièrement humaines celles-ci, bougea légèrement. « Fawn ? Qu'est-ce qu'il y a ? » Sa mère avait toujours eu le sommeil léger, tandis que son père pourrait dormir même au coeur d'une tornade. Lorsqu'elle n'était encore qu'un bambin, c'est sa mère qui se réveillait durant la nuit pour s'occuper d'elle. Maintenant, les choses étaient différentes. Son père lui avait expliqué qu'avec l'arrivée de Mischa, les choses changeront. Il avait toujours été prévenant et bienveillant avec elle. Elle aurait préféré que ce soit lui qui se réveille, il aurait chassé les monstres sans questions, même ceux n'existant pas. « Maman, j'ai vu quelqu'chose bouger dans ma chambre. » L'enfant fit glisser ses pieds nus sur le plancher lorsqu'elle se rapprocha du lit parental, serrant son lapin en peluche contre elle. « J'peux dormir avec vous ? » Son père lui aurait sans doute dit oui, en lui faisant une place au milieu du lit sous sa couette, mais il dormait à poings fermés comme à son habitude. « C'était rien, retourne dormir. » Si la chambre avait été plus éclairée, elle aurait pu voir le drap se tendre au niveau du ventre de sa mère, mais elle n'avait pas besoin de le voir pour savoir ce que cela signifiait. « J'peux pas, ça m'fait peur 'man. » « Fawn, il faut que tu apprennes à dormir seule maintenant. Tu t'imagines des choses, il n'y a rien dans ta chambre je te le promets. Retourne dormir. » La petite tenta d'apercevoir un quelconque mouvement de la part de son père, un signe d'éveil, mais il demeura immobile à l'exception de sa cage thoracique se levant et se rabaissant au rythme de sa respiration. Elle pensa une seconde à insister mais elle n'aurait fait que l'agacer davantage alors elle se résigna. Elle sortir de la chambre de ses parents, ses petits yeux bleus embués par les larmes montantes, en serrant son doudou le plus fort possible. À peine eut-elle refermé la porte de sa chambre, qu'elle alluma la lampe sur son chevet et se retourna vers le coin sombre que la lumière avait su éclairer. Mais cela ne voulait rien dire ; il pouvait être ailleurs, peut-être même juste à côté d'elle où il aurait pu murmurer à son oreille. L'enfant se remit dans son lit, sous sa couverture, le lapin sous son bras. Elle attrapa le livre sur la table de chevet, en regardant le plus souvent possible le coin de sa chambre, son armoire et les pieds de son lit, en sachant pertinemment qu'elle ne s'endormira pas avant un long moment jusqu'à ce que le sommeil s'empare d'elle, enfin, sans préavis. En attendant, elle passera l'heure suivante, peut-être même plus, à lire en jetant de temps en temps des regards aux divers coins de la pièce, pour finalement s'endormir la lumière allumée, le livre encore à la main.


he has no face.
he loves little children,
when they beg and scream.
« please »



L'
imagination d'un enfant est un champ fertile dans lequel s'inscruste la moindre graine, destinée à germer de manière florissante. Il suffisait parfois d'une histoire, d'un mot ou d'un simple dessin pour déclencher dans l'esprit une succession d'images en étant directement inspirée, tout aussi burlesques que colorées. Une illustration accompagnant des suites de lettres encore illisibles à son jeune âge, suffisait à habiter ses rêves de mille animaux, tous plus bavards les uns que les autres. Cependant, c'est lorsque les lettres éparpillées devinrent des mots précis, eux-mêmes devenant des phrases sensées, que livres prirent une tout autre dimension aux yeux de la petite Fawn. Aux illustrations passagères, se rajoutaient dorénavant des lieux, des personnages, des univers et des minuscules détails - pourtant si primordiaux - qui alimentèrent les rêves éveillés de l'enfant. Dans les livres, tout semblait plus simple ; les évènements s'enchaînaient si aisément, à l'image de la plume grattant la feuille de papier avec continuité. Les paysages étaient plus extraordinaires, les personnages si sympathiques et tout se finissait bien, du moins dans ces livres destinés aux enfants et aux moeurs innocentes. Plus tard, elle prendra également goût aux histoires plus brutes et crues, beaucoup plus réaliste pourtant toujours empreintes d'une certaine aura plus appréciable que le monde réel si terne. Le monde est triste tandis que l'univers romancé est si attractif, peut-être justement par son manque de réalisme et sa fausseté. Alors Fawn pouvait se perdre des heures dans les pages imprimées, en lisant pendant des heures sans s'arrêter, jusqu'à y songer la nuit. Elle préférait de loin les bouquins vieillis, ceux avec les pages jaunies, avec parfois quelques-unes dont le coin a été plié dans la volonté de retrouver cette phrase si spéciale qui a affuté notre esprit en imprimant ses mots sur la rétine. Les livres avec la reliure craquelée, témoignage d'une lecture fréquente, intensive et sûrement répétée. À ses yeux, un livre usé signifiait qu'il était bon, au contraire de ces livres poussiéreux aux pages blanches et lisses jamais terminés. Mais elle admirait encore plus les anciennes éditions de son père, celles qui partageaient toutes les caractéristiques précédentes à la différence de la reliure rigide, parfois en cuir et matelassée, avec le titre écrit sur le manche en lettres dorées. Il ne l'avait jamais laissée y toucher, trop jeune et pas assez attentionnée selon lui, elle aurait pu endommager davantage ses ouvrages dont les pages se détachaient parfois d'elle-même à cause de l'usure. Elle se contentait de les observer, la tête levée vers les hautes étagères de la grande bibliothèque du salon, en espérant un jour pouvoir en tenir un entre les mains. Ils appartenaient presque tous à son père, dont le goût pour la lecture lui a été transmis par sa propre mère, la grand-mère de la jeune rousse. C'est lui qui lui lisait les histoires le soir, lorsqu'il était venu l'heure pour elle de dormir. Il avait cette manière bien particulière de donner l'intonation quand il le fallait, de changer sa voix à volonté pour chaque personnage, qui rendaient ces moments tardifs les meilleurs de la journée. Les choses ont bien changé.

« L'avenir de l'homme se forge dans le passé de l'enfant. » « Mon enfance ne mérite pas d'épilogue. » « Elle le mérite, vous ne souhaitez simplement pas en parler. » « Votre esprit de déduction est souverain. » « Avez-vous des frères et soeurs ? » « Un frère. » « Pouvez-vous me parler de ce frère ? » « Je pourrais. » « Nos rencontres pourraient vous être bien plus agréables et bénéfiques si vous accepteriez de répondre à mes questions, Mlle Huxley. » « Je n'ai pas envie de répondre à vos questions, et encore moins que nos rencontres deviennent agréables, docteur. » « J'en déduis que vous ne vous entendez pas avec votre frère dans ce cas. » « Mon frère n'était pas le problème. » « Quel était le problème ? » « Le reste. »


M
inuit, l'heure à laquelle les monstres sortent des ténèbres cabalistiques, ôtant les masques dissimulant leurs vraies natures. Elle ne les craignait plus, tout comme le coin sombre de sa chambre ne lui portait plus aucun effroi. Les peurs de l'enfance l'avaient quitté pour faire place à d'autres, mais cela ne signifiait pas qu'elles en étaient plus rationnelles. Elles étaient justes différentes ; plus matures et plus grotesques à la fois. Son propre croque-mitaine, tapi au fond de son âme, dans le coin le plus sombre de tous, nourri par d'autres desseins que se repaître de pauvres enfants. N'est-ce pas ?
Ses pieds nus glissaient sur le parquet, silencieusement, à l'exception de quelques craquements presque inaudibles ici et là. Si quelqu'un aurait claqué des doigts, à ce moment précis, elle aurait repris ses esprits, quelque peu déconcerté et se serait recouché, sans un mot, sans un pas de plus, comme si elle n'avait jamais quitté son lit et comme si elle n'avait jamais eu cette pensée tardive. Mais personne n'était là, elle était la seule éveillée dans ce couloir, dans la pénombre qui lui était maintenant si rassurante. Elle n'aurait pas pu le faire au grand jour. L'obscurité dissimule les pires maux et les pires hontes, c'est bien vrai ; l'on peut assouvir ses pires désirs tant que l'on ne peut voir ce que l'on fait. La honte et la culpabilité sont des sentiments bien trop rances pour nous, alors nous préférons ne pas les voir de face et les tapir là où personne ne les verra jamais. Elle s'arrêta devant la porte en bois, légèrement entrebâillée, sa main constellée de fines taches de rousseur resta immobile sur la poignée de laiton froid. Elle aurait dû tourner les talons, s'enfouir dans ses draps encore chauds et ne plus jamais les quitter. Elle aurait dû, mais elle ne le fit pas, si même elle savait ce qu'elle faisait. Elle émit une simple pression au bout de ses doigts, légère mais suffisante pour que la porte s'ouvre davantage, assez pour que sa frêle carrure puisse passer. Ses pieds frôlèrent le sol, le bois craquant sous ses pieds, mais pas assez pour réveiller la silhouette endormie, le drap jusqu'au menton, comme elle au même lorsqu'elle avait eu peur de ce qui se cachait dans les coins sombres de sa chambre. Il n'avait pas peur lui. Il était endormi, dans une sérénité que l'on trouve uniquement les paupières lourdes et closes, lorsque l'on est coupé de tout et des autres ; en sécurité. Elle mordit ses lèvres sèches si fort qu'elle en eut mal, et pourtant ses dents restèrent plantées dans la chair craquelée. Elle avait envie de vomir, sur le parquet satiné que sa mère cirait une fois par an avec une précision sans failles. Ses entrailles se retournaient en tout sens, prises dans l'étau serré de la main d'un forcené, s'amusant avec un sadisme non dissimulé. C'était sûrement son propre croque-mitaine, aussi dérangé qu'elle, parce qu'en vérité, elle restait quand même là, dans cette pièce bleue teintée par la lune alors qu'elle aurait dû être ailleurs, endormie elle aussi. Pourtant, elle était là, assise à côté de la petite silhouette enfantine, toujours perdue dans des rêves lointains. Ses doigts tremblants caressèrent les mèches blondes en bataille, les ramenant délicatement vers l'arrière pour qu'elles n'embêtent plus les cils de l'enfant. Elle l'aimait au fond. Tout le monde l'aimait. On adulait ses moindres exploits de bambins, on admirait sa beauté enfantine lorsque les traits sont aussi doux et innocents chez les garçons que chez les filles. On le chérissait avec amour dès qu'il se ramenait avec les genoux en sang pour avoir joué sans faire attention à ce qui l'entourait, pour avoir joué comme un gosse. On l'enlaçait avec tendresse lorsqu'il devait aller voir le médecin pour ses poumons. On pleurait quand le médecin a annoncé que sa situation se dégraderait avec l'âge. On riait lorsqu'il était émerveillé par le moindre petit insecte du jardin. On l'aimait tellement, tellement qu'il ne restait plus d'amour pour Fawn, juste quelques restes ; un baiser sur le front le matin et le soir, une poigne sur l'épaule se voulant réconfortante, la promesse qu'on rachètera le livre qu'il avait déchiré - son livre préféré à elle, celui qu'on lui avait offert à son anniversaire avec un mot de ses parents griffonné sur la deuxième de couverture -. Ses doigts s'arrêtèrent dans la chevelure dorée et elle souleva avec une lenteur et une douceur extrême la petite tête de l'enfant avec sa main. L'autre, tremblante, se posa sur l'oreiller blanc sur laquelle était apposée la joue ronde et rose du gosse. Elle tira doucement l'objet moelleux vers elle pour le poser sur ses genoux. Elle reposa la tête blonde sur le matelas souple avec délicatesse en balayant à nouveau les quelques mèches couleur de blé étant retombés devant ses yeux clos. Les rêves du petit être ne semblaient pas lui avoir épargné ce qui se passait dans l'autre monde, celui de la réalité bien moins belle que ses songes, qu'il n'avait heureusement pas quittés. Mais il bougea, à peine, sous ses couvertures et sa joue rose quitta le matelas. Ses yeux, si ses paupières n'étaient pas closes, auraient eu alors une vue sur le plafond où la peinture était quelque peu craquelée par endroits. Il lui facilitait la tâche, sans le savoir, sans le vouloir, sans qu'elle le veuille. Son croque-mitaine devait se délecter de tout cela à voir comment il remuait ses entrailles ciel et terre. Mais les croque-mitaines n'existent pas, non. Il n'y avait qu'elle à condamner. Elle aurait voulu qu'il se réveille, là, tout de suite, qu'il ne lui laisse plus d'autres choix que de prétendre à une excuse pitoyable de somnambulisme exceptionnel et s'en aller avec le souvenir traumatisant de ses petits yeux bleux questionnant sa présence dans sa chambre qui l'empêcherait de jamais retenter l'expérience. Or, ses rêves colorés étaient si chaleureux qu'il ne daignait pas en sortir pour l'empêcher de commettre l'irréparable. Alors, elle se contenta de continuer à lui caresser les cheveux, avec un sourire aimant, qu'il ne pouvait voir, se tordant parfois en grimace lorsque ses larmes menaçaient de couler. Ils avaient tous deux hérité du nez en trompette de leur mère qui s'en jetait elle-même des fleurs devant le nez quelque peu bossu de leur père. Leurs enfants étaient beaux, oui, surtout le petit dernier. On l'aimait pour cela aussi, sa beauté de chérubin qui se transformera plus tard dans une beauté masculine et charismatique, qui aurait dû se transformer ainsi, si tout ne s'était pas passé ainsi. Oh, elle l'aimait aussi, oui, c'est sûr et là était tout le problème. I love you in a different way. « Pardon, pardon. » Une larme tomba sur la joue ronde de l'enfant. Elle s'était agenouillée à ses côtés maintenant, tenant les deux côtés de l'oreiller avec ses mains vacillantes. Elles avancèrent doucement l'objet jusqu'au visage du petit être, toujours endormi, toujours innocent, encore à l'abri. Puis, elles se baissèrent avec une douceur et une bienveillance contrastant terriblement avec leur but. Lentement, le tissu duveteux se posa sur le nez au bout rond, le front lisse et les lèvres rebondies et là, elle appuya, aussi fort qu'elle le put. I love you enough to kill you. Sa poitrine se souleva de manière irrégulière, hoquetant à cause des pleurs qu'elle refusait tandis que ses bras maigres peinaient à maintenir l'oreiller en place. Son visage n'était plus que grimace affreuses, ses lèvres tordues dans un sourire à l'envers, qui n'avait rien d'heureux, d'amusé ou de satisfait. Ce n'était que douleur et peine. Il bougea, ses petits pieds battirent sa couverture pendant que ses petits bras brassèrent l'air. Sa petite main frappa le visage parsemé de taches rousseurs dans sa quête d'air. Elle ne fit qu'appuyer plus fort, un hoquet de pleurs s'échappant de ses lèvres qu'elle maintenant tant bien que mal fermées. Ses petites mains touchèrent son visage, à moitié pour deviner son identité, à moitié pour se débattre, puis elles tentèrent d'arracher l'oreiller de son visage. Mais elle n'appuya que plus fort, les larmes tachant l'oreiller ici et là, des taches sombres sur le drap d'un blanc immaculé. Ses pieds battirent encore dans sa couverture quelques instants, ses mains s'accrochèrent toujours aux bras qui l'empêchaient de respirer pendant un moment et puis ils retombèrent, avec une lenteur agonisante et une mollesse effrayante. Elle attendit quelques instants, les yeux fermés aussi fort qu'elle pouvait mais elle ne sentit aucun mouvement et n'entendit aucun bruit, hormis ceux des animaux nocturnes au-dehors. Ils n'y avaient qu'eux. Maintenant, il n'y avait plus qu'elle. Elle rouvrit les yeux à contre coeur et desserra ses poings sur le tissu éclatant. Elle souleva l'oreiller, à un rythme déclinant, et la nausée vint la frapper à nouveau de plein fouet lorsqu'elle vit le visage rond, encore rose mais éteint et vide de ce qui fut autrefois son petit frère aimant. Il ne restera pas rose longtemps, sa poitrine immobile aurait pu le confirmer non sans mal. Il était un mort-né, non pas à sa naissance biologique mais à l'aube de sa naissance dans le monde fantastique qui l'aurait attendu où le monde entier lui aurait tendu les bras et ouvert toutes les portes qu'il désirait. Il est mort à l'aube de tout, tandis qu'elle semblait être morte à son propre crépuscule. Peut-être qu'on l'aimerait alors enfin, s'ils étaient tous deux morts.
Ses yeux bleus, les siens, s'ouvrirent d'un coup fluide et rapide de ses paupières, pour voir sa chambre, la sienne, éclairée par la faible lumière des cieux nocturnes traversant ses volets. Sa couverture vola, ses pieds frappèrent le sol avec brutalité et ses jambes fusèrent vers le couloir, vers cette porte de bois. Elle agrandit l'ouverture de la porte en bois entrebâillée et fixa la silhouette au fond du lit, sans jamais cligner des yeux. Après ce qui lui semblait être une éternité, la petite poitrine se souleva et s'affaissa et répéta le processus une fois, deux fois, trois fois... Son propre coeur semblait reprendre le cours des choses et son immondice de cauchemar lui frappa les sens à nouveau. Ce visage mort, elle en avait rêvé, elle l'avait rendu ainsi elle-même, dans cette même chambre. Les hauts le coeur reprirent avec davantage de férocité, probablement car ils étaient réels, eux. Elle put se défaire de ce qui lui tordait l'intérieur mais elle ne put se purger de ce qu'elle avait vu, ni moins de ce qu'elle avait dans ce cauchemar qui était si proche de la limite avec le songe que cela en était encore plus immonde. Elle ne réussit pas à se rendormir cette nuit-là, pas même avec son oreiller jeté dans un coin de sa pièce, le plus sombre de tous, entre l'armoire et la fenêtre bleutée.








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We used to look up in the sky and wonder at our place in the stars. Now we just look down and worry about our place in the dirt.

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Dernière édition par Fawn Huxley le Sam 2 Aoû - 21:25, édité 6 fois
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Fawn Huxley
Fawn Huxley

❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 522
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2573
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : jessica chastain.
✢ CREDITS : heisenberg.
✢ AGE DU PERSONNAGE : trente-huit
✢ JE SUIS : sembable à un félin aux yeux perçants et aux pattes agiles.
✢ DANS TES POCHES : une feuille de carnet où sont griffonnés les ajustements devant être réalisés sur une édition de 'la divine comédie' de dante, un minuscule crayon et un élastique.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : restauratrice de livres et de documents anciens afin de préserver des époques qui lui semblent bien plus belles et poétiques que la sienne.
✢ LOCALISATION : où le vent la portera, peu lui importe.
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I'm battling monsters, I'm pulling you out of the burning buildings and you say I'll give you anything but you never come through.

our hearts condemn us.
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✢ JE EST UN AUTRE : zozor.
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 19 Juil - 20:52


ghosts
sometimes quiet is violent.


S
es doigts fins frôlaient presque les pièces - à l'image d'un fantôme flottant quelques centimètres au-dessus du sol mais dont la présence reste détectable malgré l'absence de toucher - dans des allées et venues hésitantes, parfois entrecoupées d'un instant de réflexion où sa main restait suspendue au-dessus d'une pièce pour finalement reprendre le même geste de balayage des éventualités qui s'offraient à elle. Ses doigts s'immobilisèrent enfin, au moment où ses yeux se posèrent sur le damier occupé pour confirmer le choix sous ses doigts. Ces derniers se refermèrent sur le petit objet blanc cassé qui quitta sa case noire pour une blanche. Sa main reprit sa place à ses côtés tandis qu'une main, portant quelques petites taches brunes sur son dos légèrement ridé, s'empara d'une pièce noire et la fit avancer dans un geste serein, réfléchi ; sûr de lui, démontrant que le tremblement de la main qui l'avait effectué n'avait aucun rapport avec lui. « Tu as commencé à lire Hamlet ? Non, non, en diagonale le fou, Fawn, oui, comme ça. Alors, tu aimes bien ? » La main de Fawn déposa délicatement le fou sur l'échiquier, dans un coup qui l'avantageait finalement très peu, comme elle put s'en rendre compte dès que la pièce de bois n'était plus entre ses doigts. « Oui, je l'ai commencé hier et - » Son interlocutrice avait déjà effectué son coup, fort bien joué, donnant la main à Fawn qui n'avait même pas eu le temps de terminer sa phrase ; la réflexion étouffa ses mots dans le berceau qu'était sa gorge. Les sourcils plissés, ses doigts attrapèrent une de ses pièces restantes, pour finalement l'avancer sur le damier. « - pour l'instant, j'aime beaucoup. » « C'est une de mes pièces préférées. » Son adversaire réfléchi durant le court instant offert par ses propos puis joua avec la même assurance que précédemment. « Il paraît que cela n'a pas réellement été écrit par Shakespeare. Ce n'aurait été qu'un nom d'emprunt, une guise de couverture si l'on veut pour le réel auteur - ou les auteurs - de ces pièces, craignant les représailles. Tu le savais ? » « Gram, tu me déconcentres ! » soupira la jeune rousse, un sourire amusé se laissant deviner sur ses traits. Ses doigts tenaient en l'air une pièce blanche, qu'elle finit par poser sur une case qui n'était pas la plus judicieuse. « Je sais à peine jouer, crois-moi tu n'as pas besoin de me déconcentrer pour gagner ! » « Oh ça, je le sais bien, ma chérie. D'ailleurs, échec et mat. » La femme, beaucoup plus âgée que Fawn, leva ses yeux noirs malicieux, bordé par les fines crevasses de la patte-d'oie, sur cette dernière tandis que sa main leva sa cigarette coincée entre son index et son majeur jusqu'à ses fines lèvres. On lui avait répété qu'il n'était pas bon de fumer lorsque l'on est diabétique, mais elle envoyait ces remarques se faire voir d'un simple revers de la main mécontent, la cigarette toujours entre les doigts. « Et puis, je ne faisais que faire la conversation, tu prends tellement de temps à te décider, il faut bien que je m'occupe. Ce n'est pas ma faute si tu ne peux pas faire les deux en même temps. » La cigarette aux lèvres, celles-ci se levèrent dans un coin, comme elles le font si souvent pour finalement rire à l'unisson avec Fawn. Celle-ci habitait maintenant depuis presque un an chez sa grand-mère, qui vivait dans une bourgade non loin d'Edimbourg. Ses parents avaient jugé qu'il en était mieux ainsi, passant maintenant le plus clair de leur temps sur leur lieu de travail ou à l'hôpital où résidait dorénavant son frère dont l'insuffisance respiratoire avait bien trop empiré pour qu'il puisse rester chez eux. Fawn et sa grand-mère lui rendaient visite une fois par semaine, ce qui constituait également le seul moment où Fawn pouvait réellement voir ses parents. Mais sa grand-mère, qu'elle surnommait Gram, s'était toujours bien occupé d'elle et Fawn n'avait manqué de rien ; ce n'était pas toujours idéal mais Gram lui racontait toujours des anecdotes farfelues, parfois un peu déplacés, parfois un peu trop dramatiques pour être réelles mais surtout, Gram possédait une grande bibliothèque dont la plupart des livres étaient de ceux que Fawn affectionnait le plus, ceux que son père ne l'avait jamais laissé toucher, mais qu'ici elle avait le droit de parcourir avec précaution et assiduité. Maintenant que Fawn était plus âgée, elle pouvait comprendre le vocabulaire d'antan si particulier et différent de ce qu'on peut lire aujourd'hui ; plus complexe, plus lyrique avec une sonorité et une émotion qui n'avait plus grand-chose à voir avec les textes d'aujourd'hui. « Il y a des répliques d'Hamlet que j'affectionne beaucoup. Mieux que Roméo et Juliette selon moi, même si les fins sont tout autant tragiques. » Oui, mais le tragique avait là une certaine maîtrise et beauté absente des histoires tragiques de nos jours où s'allient détails effroyables, sanglants et exagérés. Non, aujourd'hui n'avait plus rien à voir avec hier. « Allez, prépares-toi, ton père va bientôt venir nous chercher pour nous emmener voir ton frère. » « Gram, papa est toujours en retard ; on a le temps. » « Ne me regarde pas comme ça, je l'ai élevé pour être à l'heure.  Je n'y peux rien s'il a perdu ses bonnes habitudes. » Elles s'échangèrent un sourire puis Fawn se leva pour se rendre dans sa chambre pendant que Gram remit sa cigarette entre ses lèvres.

Hamlet : (...) Je vous ai aimée jadis.
Ophélie : Vous me l'avez fait croire en effet, monseigneur.


La main tremblante - tellement plus que d'ordinaire - reposa le combiné sur son socle, le dos toujours tourné à l'adolescente inquiète debout au centre de la pièce. Elle savait qui était à l'autre bout du fil ; le téléphone n'avait pas cessé de sonner ces derniers jours avec des discussions de plus en plus brèves et des voix de plus en plus chamboulées. Elle avait entendu les mots que sa grand-mère venait de prononcer, et ils n'étaient pas l'étendard de mots doucereux attendus à l'annonce d'un rétablissement miraculeux. Ils avaient cette cassure et cette amertume qui ne donnent pas sa place au doute, frère de l'espoir. Gram se retourna lentement, une main hésitante écrasant une larme contre sa joue mais Fawn ne put distinguer ses autres gestes, sa vue s'étant obscurcie par un voile de larmes qui transformait la moindre chose en tache colorée sans réelle forme. Le vulgaire téléphone n'était qu'une tache anis à l'image de la fantastique Gram qui n'était que tache beige et bleue qui bougea quelque peu. Fawn alla se blottir dans ces bras aimants ; il n'y avait rien à dire, le vocabulaire est si restreint face aux émotions, qui se suffisent finalement à elles-mêmes. Le reste n'est que fioritures et simulacres. Elle sentit les bras de Gram se resserrer dans son dos, comme si cette dernière avait peur de perdre sa petite-fille, qu'elle devienne cendres contre son flanc de chair, qu'elle lui file entre les doigts comme son petit-fils quelques instants plus tôt ; trop tôt, avant qu'il ne puisse réaliser les desseins que la Fortune lui avait prévus sur son chemin pavé d'or, avec amour et tendresse. La même tendresse qui émanait des gestes de Gram, caressant lentement les cheveux roux de Fawn, comme celle-ci avait caressé les cheveux blonds de son frère dans ce cauchemar - ce rêve - qui la hantait toujours avec véhémence. Si la Fortune avait un peu d'égard pour elle, peut-être qu'elle n'aura plus jamais à revoir cette scène maintenant, maintenant qu'il était mort pour de bon. « Il est entre les mains de Dieu dorénavant. » Fawn ferma les yeux à ses paroles. Sa grand-mère avait toujours été une croyante, pratiquante quand cela lui chantait ; elle n'allait pas à l'église mais elle mettait un point d'honneur à réciter le bénédicité à chaque repas et à ce que l'on ne blasphème pas en sa présence. Cependant, cette semaine, elle avait traîné Fawn à l'église du coin où cette dernière n'avait jamais mis les pieds. Elle se sentit quelque peu mal à l'aise dans cette énorme bâtisse où le silence était roi, en particulier lorsqu'elle s'agenouilla aux côtés de sa grand-mère, les doigts liés. Elle n'avait pas su quoi faire, si elle devait fermer les yeux comme Gram ou fixer les sculptures derrière l'autel, si elle devait susurrer ses prières ou simplement les énoncer mentalement ; l'ouïe de Dieu n'ayant aucune limite. Elle décida d'imiter sa grand-mère silencieuse et clot ses paupières. Elle concentra ses pensées sur son frère, sa maladie et sur le pardon d'avoir un jour rêvé d'un péché si infect. Il n'avait pas dû lui accorder de son temps précieux ce jour-là ou alors elle ne s'était sans doute pas débrouillée de la bonne manière, qu'importe maintenant ils en étaient tous au même stade, peu importe le comment ; en deuil ou trépas. « Il était entre les mains de Dieu tout ce temps, ne l'était-il pas ? » Ses bras pâles se détachèrent de l'étreinte de sa grand-mère lentement mais avec l'intention claire de s'éloigner d'elle. « Il faut croire que ça ne l'a pas tellement aidé. » Le Seigneur avait peut-être épousseté ses mains divines d'un geste nonchalant, scellant le destin de tant d'âmes sans le vouloir. Que sommes-nous pour lui hormis de la vulgaire poussière sur son chef-d'oeuvre qu'est l'univers ? Rien, nous ne sommes rien.

Hamlet : Vous n'auriez pas dû me croire; (...). Je ne vous aimais pas.
Ophélie : Je n'ai été que plus trompée.


Les dents de la clef soulevèrent une par une les broches de la serrure, la porte s'ouvrant alors au petit mouvement de poignet sur l'objet métallique. La jeune femme se défit des objets l'encombrant, retira ses chaussures et son manteau et s'avança dans le couloir de l'appartement en posant ses clefs dans un petit ramequin sur le buffet au passage, comme elle l'avait toujours fait ces dernières années. Le geste en était presque machinal comme un automatisme dont elle était à peine consciente. « Gram ? » Ses pieds se posaient avec légèreté sur le carrelage frais de l'habitation puis tournèrent les talons en direction de la chambre principale lorsqu'ils ne trouvèrent pas ce à quoi ils s'attendaient au salon. Elle posa sa main recroquevillée sur la porte, pourtant grande ouverte, et frappa légèrement ses jointures sur la surface en bois. « Gram, ça va ? » Fawn rentra dans la pièce où perçait le soleil à travers les rideaux clos, donnant une certaine lueur tamisée à l'ensemble de la chambre. Elle s'assit au chevet de sa grand-mère allongée dans le lit, en tailleur sur le vieux tapis rugueux que cette dernière chérissait tant. « Henry ou Eve sont passés aujourd'hui ? » « Non, j'ai eu le droit à une nouvelle aujourd'hui. De toute évidence, elle n'était pas très compétente mais elle était gentille comme un coeur, heureusement. » Depuis une dizaine de mois, des aides soignants passaient régulièrement chez Gram pour veiller à son bien-être  et à l'aider pour certaines choses qu'elle avait plus de mal à faire qu'auparavant, comme sa toilette, le ménage et autres taches diverses. Ils étaient subventionnés par la commune, ce qui n'était pas plus mal puisque Gram refusait de dépenser un sou. Elle était devenue très pingre avec l'âge, ne s'offrant plus grand-chose, préférant économiser pour financer les études de Fawn et son « entrée dans la vie active »  comme le disaient si bien les dépliures à la fac mais que Gram préférait appeler le « grand méchant loup des adultes », ce qui n'était pas faux en soi. « Bon, tant mi - » « Ton père m'a dit qu'il viendrait demain, dans la journée, par contre il ne m'a pas dit si ta mère venait aussi. » « D'accord. »  « Tu feras un effort, hein, s'il te plaît. C'est bientôt l'anniversaire de la - » « Oui, je sais. » Fawn passa ses doigts pâles sur la surface du tapis, le frôlant à peine. « T'as faim, tu veux que je te fasse à manger ? » La main tremblante de Gram - bien plus qu'il y a encore trois ans lorsque cette même main avait reposé le téléphone porteur de nouvelles funestes - s'empara du bras quasi translucide de sa petite-fille déjà levée en direction de la cuisine. « Fawn... » Ses cheveux roux tombèrent devant ses yeux lorsqu'elle baissa sa tête sur la main ridée tenant son avant-bras blanc parsemé de taches de son. « Oui ? » Ses yeux bleus se posèrent sur les yeux bruns de sa grand-mère, qui avaient perdu de leur espièglerie et éclat ces derniers temps, conséquences néfastes de la vieillesse et de la fatigue d'avoir vécu tant d'années. « Si tu trouves mon insuline, tu pourrais la remettre dans le placard de la pharmacie s'il te plaît ? Je l'ai cherché partout ce matin. » Les deux femmes n'avaient jamais eu besoin de mots, elles s'étaient toujours comprises par ces simples regards lourds de signification. Cela était peut-être inné, ou alors ce n'était qu'un effet de leur cohabitation pendant quatre ans ; même après la mort du fils Huxley, Fawn ne retourna jamais vivre avec ses parents. Elle avait cru au début que cela allait être le cas, que quelques jours après les funérailles elle plierait bagage à nouveau pour retourner dans sa chambre d'enfant. Les jours se transformèrent en semaines, puis en mois et puis, plus rien. Malgré les visites mensuelles puis hebdomadaires, la demande qu'elle retourne à la maison ne vint jamais alors l'appartement au rez-de-chaussée de Gram devint sa maison, la nouvelle, la vraie. « D'accord, je vais voir si je la trouve quelque part. » Mais la main de Gram ne lâcha pas son bras, ne la laissant pas partir, pas tout à fait, pas encore. « Je t'aime, ma chérie. » Elle avait toujours réussi à faire passer tout ce qu'elle ressentait à travers ses yeux noirs, les mots invisibles qui ne voulaient pas passer ses cordes vocales. Fawn avait toujours trouvé les yeux sombres plus expressifs que les yeux clairs comme les siens, paraissant froids et insensibles. Cependant, à cet instant précis, Fawn aurait aimé que sa grand-mère ait des yeux dénués de tout sens eux aussi. « Moi aussi je t'aime, Gram. » Fawn sentit la pression sur son bras se relâcher et elle en profita alors pour s'éclipser de la pièce. Elle retourna dans le hall d'entrée où elle saisit son sac pour se rendre silencieusement dans la salle de bain. Sans daigner jeter un oeil au miroir lui faisant face, elle l'ouvrit pour révéler derrière lui des petites étagères où s'entassaient médicaments, pansements et le traitement incomplet pour le diabète de sa grand-mère. Elle posa son sac dans l'évier en dessous afin de mieux fouiller en son sein. Finalement, sa main se referma sur quelque chose, qu'elle releva jusqu'à une des étagères de la petite pharmacie. Le verre des doses d'insuline émit un petit bruit cristallin lorsqu'elle les posa sur la surface plane avec précaution. Elle les fixa, les mains posées sur son sac au fond de l'évier, puis elle empoigna l'objet en toile et ferma le cabinet. Elle sortit de la pièce en direction de la cuisine afin de préparer le dîner, sans daigner jeter un oeil au miroir, encore une fois.
Gram mourut dans les mois qui suivirent, dans son sommeil, aussi paisiblement que l'on aurait souhaité la mort de tous nos proches. Elle était entre les mains de Dieu à présent. Mais elle l'avait toujours été, n'est-ce pas ?

L'
odeur d'antiseptique collait aux murs tandis que l'euphorie fuyait les visages. Les gens aux allures sombres se croisaient dans les couloirs blancs sans lever les yeux ni bouger les lèvres. Simples spectres dans la vie des uns des autres que l'on croisera peut-être uniquement cette fois-ci, ou pendant une durée s'étalant de quelques jours à quelques mois tout au plus, à partir de laquelle les visages seront oubliés lorsque chacun reprendra le cours de sa vie habituel ou lorsque l'un aura finalement succombé à la raison de son séjour dans cet hôtel d'un autre genre. Souvent, l'on vient à la vie à l'hôpital et parfois, l'on y meurt, sur la table d'opération froide ou dans lit aux draps encore chauds, comme lui. La boucle est bouclée, pourrait-on dire. Seulement, il arrive qu'entre-temps, la boucle bute sur des noeuds indésirables.
Assise dans son lit blafard, rivalisant avec sa couleur de peau, Fawn s'occupait tant bien que mal avec le coin du drap en l'enroulant autour de son doigt puis le déroulait lentement. Elle répéta le geste jusqu'à ce que l'homme en blouse blanche fasse irruption devant elle, le nez dans ses papiers, il ne leva même pas les yeux vers elle. « Dites-moi, Mlle Huxley, qu'est-ce qui vous arrive ? » Ses lèvres quelque peu fendues par leur sécheresse se décollèrent lentement tandis qu'elle répéta la liste de ses symptômes dans sa tête. « Hum... J'ai de très fortes nausées et des maux de tête insistants. Je ne mange plus depuis quelques jours, j'ai perdu l'appétit et j'ai remarqué que mon urine était plus foncée qu'habituellement. » « Allez, une autre hypocondriaque. Y'parait qu'y que ça aux urgences maintenant. » Fawn s'humecta les lèvres ne même temps qu'elle jeta un regard incendiaire à la jeune interne derrière le médecin, pimpante première année qui avait dû sûrement avoir sa scolarité financée par le compte en banque de ses parents et non par un prêt arraché tant bien que mal auprès d'un banquier méfiant. Elle avait eu la chance - relative- d'en croiser souvent lors de ses visites régulières aux hôpitaux, ils avaient tous ce ton suffisant et condescendant lorsqu'ils se moquaient de vous à mi-voix avec leurs camarades. « On vous a demandé un échantillon d'urine ? » Elle hocha la tête, ce qui obligea l'homme à lever les yeux vers elle qui lui fit grace de son sourire destiné à tous les patients, celui qui lui donnait une image accueillante et rassurante, du moins à tous ceux ne réalisant pas que ce sourire n'était qu'un acte façonné, intégré à ses mécanismes au même titre qu'empoigner la fiche récapitulative du patient dans la poche au bout du lit. L'acte du gentil docteur. « Très bien, les premiers résultats ne devraient pas tarder. Je lis ici que vous aviez 38,4 de fièvre ?  » Un nouveau hochement de tête succinct qu'il ne vit pas, le nez à nouveau dans ses feuilles, un froncement de sourcils barrant son visage penché. « Mmh, on va vous garder ici en attendant d'en savoir plus, d'accord ? » Il sourit à nouveau, recyclant le même geste encore et encore, devant les patients précédents, devant elle et les prochains patients à qui il rendrait visite, le gentil docteur cordial et compétent. « D'accord. » Elle aurait pu lui dire ce que les symptômes indiquaient, elle aurait pu dire à haute voix la petite préoccupation au fond de ses pensées qu'il ne voulait pas prononcer devant elle, pour ne pas l'inquiéter. Elle savait ce vers quoi les symptômes pointaient leur doigt, elle avait fait ses recherches avec précision avant d'ingérer ces... médicaments inappropriés. Les traitements peuvent soigner vos maux, avec la bonne dose, au bon moment. Mais ils peuvent aussi en provoquer, avec la mauvaise dose, au mauvais moment. On ne pouvait pas se renseigner à ce propos ; en effet, les conseils pour s'infliger certains effets ne sont pas très courants dans le domaine médical où l'on privilégie tout de même des conseils de rétablissement, moyennant paiement bien sûr. Il faut toujours payer en ce bas monde. Alors, l'on apprend par soi-même. Un cachet inadéquat peut parfois faire l'affaire mais il existe également des moyens plus communs ; le lait chaud et l'eau minérale ne font pas bon ménage, sachez-le. La prise d'insuline pour les non diabétiques n'est pas du tout recommandée, là encore, sachez-le. La prise d'anticoagulants - difficile à se procurer sans ordonnance, si ce n'est impossible sans les bonnes combines - peut être la source de saignements impromptus et causer de graves hémorragies à la moindre coupure. Sachez-le. Fawn, elle le savait tout cela, elle ne le savait que trop bien. « Je vais juste vous demander de remplir quelques papiers Mlle Huxley. Tenez, l'infirmière se chargera de les récupérer lorsque vous aurez terminé. » Il leva les yeux lorsqu'il lui tendit les papiers ainsi qu'un stylo tout droit sorti de la poche de sa blouse. Cela devait être la deuxième fois qu'il posait ses yeux sur elle de leur entretien sommaire. Fawn n'était pas stupide, elle savait qu'il trouverait quelque chose de douteux dans le résultat de ses analyses, aussi peu visible avait-elle essayé de rendre les causes de ses symptômes, loin d'être naturels ; et la nature n'aime pas que l'on se joue d'elle. Toutefois, Fawn n'y pouvait rien ; c'était involontaire. Oh, elle était pleinement consciente de ce qu'elle faisait, de ce qu'elle prenait, de ce qu'elle s'infligeait et personne ne l'y forçait. Il y avait juste ce besoin qui lui dévorait l'intérieur, son croque-mitaine, toujours présent mais différemment, grattant à l'intérieur. Les mots rassurants, les mains vigilantes, les préoccupations principalement sincères, les regards bienveillants ; c'était sa drogue, comme les métamphétamines du camé, l'adrénaline du téméraire ou les performances du sportif. Un besoin comme un autre, si l'on veut. Un besoin dont la réalisation est presque une nécessitée mais qui, pourtant, ne favorise pas la survie de l'individu mais la fragilise, chaque jour un peu plus. Il en faut toujours plus ; plus grave, plus grandiose, plus dangereux, tandis que les défenses immunitaires sont de plus en plus déglinguées. Toujours plus, quitte à ne devenir plus rien.

Hamlet : Être, ou ne pas être, c'est toute la question. Y a-t-il plus de noblesse d'âme à supporter les coups et les traits de la Fortune déchaînée, ou bien à prendre les armes contre un océan de douleurs et, en leur faisant front, y mettre fin ?

Ils n'étaient que deux cette fois-ci, l'une toujours assise dans son lit drapé de blanc, l'autre toujours debout à ses côtés mais, cette fois-ci, les rôles étaient inversés. Il n'avait plus ses deux yeux rivés sur des pages où étaient rédigés des abréviations et termes médicaux qui ne voulaient pas dire grand-chose à l'individu lambda n'ayant pas fait d'études de médecine ; il les avait posé sur elle avec insistance, l'irration apportant un éclat à ses pupilles noires. Elle ne quittait ses mains du regard, comme perdue dans la contemplation de ses doigts qu'elle faisait glisser les uns entre les autres, sans jamais s'arrêter. La chance n'est pas de ces amis de longue date, que l'on connaît depuis une éternité et que l'on connaîtra toujours, du moins elle n'est pas celle de Fawn. Elle n'a été qu'une vague connaissance, dont on peine à rattacher le prénom au bon visage ; quelqu'un de passage, que l'on croise un infime nombre de fois dans la rue. L'on échange un ou deux mots puis l'on continue son chemin qui ne retombera sur l'autre que cinq ans plus tard. Les internes n'étaient plus là, sûrement partis observer de véritables cas auprès de patients authentiques et surtout, honnêtes. Les passionnés des hôpitaux, qui se délectent de l'atmosphère désagréable pesant dans l'air, inventant tous les prétextes inimaginables pour s'y rendre, on s'en fout. Fawn ne faisait pas partie de ces gens-là, pourtant on se foutait d'elle aussi. Où est l'intérêt de distinguer la blatte du nécrophore ? On se contente de les considérer comme des insectes répugnants, nuisibles et indésirables. Un nuisible indésirable, cela lui convenait si bien. Cela ne sonnait même pas si dur sur la langue ; le genre de mots qui produisent un son presque harmonieux tandis qu'ils vous éperonnent le coeur. « Mlle Huxley, avez-vous déjà envisagé une thérapie ? » Ses paupières lui étaient si lourdes à soulever que le geste lui parut insurmontable, pourtant elle les leva aussi lentement qu'elle remonta son menton afin de mieux voir ces yeux dans l'incompréhension ; pourquoi voudrait-on se rendre malade, hein ? Il faut être aliéné. « Je ne suis pas folle. » « Je n'ai jamais dit que vous l'étiez. » « Vous n'en avez pas eu besoin. » Les regards sont soutenus, aussi forts que le sont les timbres de voix, voilant une légère animosité. Elle n'est pas aliénée, elle le sait ; elle ne débite pas des phrases sans queue ni tête à longueur de journée, elle sait tenir une conversation, elle sait se tenir tout court. Elle n'entend pas de voix, elle ne voit pas des choses invisibles. Elle n'est pas non plus névrosée, ni en dépression. Non, à ses yeux, elle n'avait rien à voir avec ces gens perturbés ou usant les mouchoirs de la boîte à côté de leur fauteuil de cuir patiné face au même fauteuil où était assis leur psychiatre. Fawn n'avait pas besoin de cachets, pas ceux-là du moins. « De plus, on ne dit jamais aux fous qu'ils le sont, n'est-ce pas ? » Un rire court, mi-hoquet mi-soupir, sortit de sa gorge blanche, appuyant ses mots moqueurs. « Vous n'êtes pas folle, vous avez seulement besoin d'aide. » « C'est ce que l'on dit aux suicidaires et aux dangereux, non ? » Elle balança ses jambes sur le côté du lit puis se leva, récupérant son sac et sa veste sur la chaise près du lit, devant le rideau qui la séparait du lit d'à côté où se trouvait un autre patient qui avait dû attendre des heures dans la salle d'attente des urgences avant que l'on daigne l'y installer. Sa vision fut tachée de noir ici et là, s'étant levée trop vite pour ses forces affaiblies par les maux de tête et les nausées. Ils n'étaient pas de cause naturelle mais ils n'en étaient pas moins réels. Ils se dissiperont d'ici quelques heures, si tout se passait comme avant. « Je vais aller m'occuper des papiers pour ma sortie, je vous libère le lit pour un vrai patient, comme vous le dites si bien. » Avant qu'elle ne puisse le contourner, il posa sa main sur son épaule tandis que l'autre lui tendit une carte de visite où était écrit nom, téléphone et adresse avec une belle calligraphie. « C'est un des meilleurs de Londres qui n'affiche pas un prix exubérant, il a repris le travail il y a quelques mois. Tachez de le voir. S'il vous plaît. » Lorsque ses yeux bleus cessèrent d'analyser la carte, elle leva les yeux vers lui. Sans dire un mot, elle prit délicatement la carte et s'en alla d'un pas vif.

L
e lourd silence donnait l'impression de peser sur l'aiguille de l'horloge murale, l'empêchant de continuer son chemin sur le cadre. Tel un vent fort, à contre-courant, vous faisant chanceler, voire reculer, déjouant toutes vos intentions d'avancer. « Quitte à payer cette séance, autant la rendre utile et vous exprimer. » Il ne souriait pas dans l'idée de conforter son patient, il lui avait épargné cet acte insipide, il ne souriait tout simplement pas. Il semblait agacé, sans doute par des réponses trop courtes et par ce silence. Il devait avoir l'habitude que l'on lui livre nos moindres secrets sans aucune retenue ; la fois où l'on a piqué dans la caisse, celle où l'on a manqué à nos voeux de mariage avec cette jolie fille - ô si charmante - rencontré par hasard. La fois où l'on a revu, une fois, deux fois, trois fois. La fois où l'on a donné de la mort-aux-rats au chien du voisin, tellement bruyant. Celle lorsque l'on a rêvé de tuer quelqu'un et qu'il est mort peu de temps après, la culpabilité nous rongeant les os pour quelque chose dont nous ne sommes pas responsables. Certains en pleurnichant, le mouchoir en papier à la main et la boîte sur les genoux. D'autres avec un sourire narquois, trahissant une fierté qui ne se cachait point, lovés au fond de leur fauteuil. « Quitte à payer cette séance, autant la rendre la moins désagréable possible. » Elle avait fait l'erreur de venir, chose qu'elle a regretté dès qu'elle s'est assise dans ce fauteuil, en cuir patiné avec de légères craquelures sur les accoudoirs, et qu'il posa sa première question. « Autant en venir directement au but, alors. » « Très bien. » Il se pencha alors vers l'avant, les coudes sur ses cuisses, les mains jointes. Une autre approche du Penseur de Rodin avec sa mâchoire anguleuse, si l'on veut. « Pourquoi vous a-t-on envoyé me voir ? » « Il ne vous en a pas fait part ? » « Je veux vous l'entendre dire, c'est important. » « Vous le savez déjà, je ne vois pas l'utilité de le répéter. » Un jeu de paume en accéléré, chacun se renvoyant la balle avec force, rapidité, précision et venin. « Il faut quand même être salement égoïste. » Oh, oui, si son rire aurait pu cracher du venin sur son visage d'albâtre, il l'aurait certainement fait. Il ne méditait plus, son air pensif statuaire avait muté pour de la mesquinerie plus littéraire de Georges Duroy. « Pardon ? » Décontenancée, déstabilisée, prise au dépourvu qu'elle était. Elle s'était imaginé des scénarios  plausibles sur l'issue de cette séance, mais dans aucun, ni dans aucun de ses pré-établis sur ses présupposés médecins de l'esprit, elle n'avait imaginé un tel propos craché de but en blanc. Elle les pensait silencieux, hochant simplement de la tête ou en glissant quelques mots aux moments opportuns, leur profession les obligeant à rester impassibles et impartiaux face aux dires de leurs patients. N'en devait-il pas être ainsi ?« La vie, la mort, la maladie, ce ne sont pas des jeux. » Assurément non, pas avec celui-ci. « Il n'a jamais été question de jeu. » Jamais. Ce n'était que la réalisation d'un besoin qui lui était nécessaire. On ne porte pas atteinte au jugement que l'on a de ces survivants livrés à eux-même dans une nature ingrate, réalisant de ces choses qui feraient pâlir les disciples du Seigneur, simplement pour réaliser des besoins primaires. Ils avaient faim, ils n'avaient pas d'autres solutions. Il était faible, il n'aurait pas survécu de toute manière. Voilà ce que l'on dira, lorsque l'on prendra pitié d'eux pour avoir dû faire appel à de tels recours drastiques. Fawn n'avait fait de mal à personne, sauf à elle-même. Il n'y avait pas de jeu, juste un manque qui la déchirait de l'intérieur. « Vous n'avez aucune considération pour votre famille, ni pour votre propre santé ? » Son regard inquisiteur avait le don certain de savoir mettre mal à l'aise celui sur qui il se posait. « Je n'ai plus de famille et - » « Qu'est-ce que ça vous procure, hein ? Une satisfaction morbide ? » Il avait cette lueur dans ses yeux qui poussa Fawn à décroiser ses jambes et se lever de son fauteuil. « Je vais vous laisser docteur, je crois que votre professionnalisme vous fait défaut. » Elle mit sa veste sur son coude tout en récupérant son sac à ses pieds, qu'elle ouvrit en cherchant de quoi régler le prix de cette séance houleuse. « Combien je vous dois ? » Son poignet fut saisi avec célérité avant que sa main puisse se refermer sur son portefeuille, le tordant presque pour qu'elle lui fasse face. « Je ne crois que vous n'avez pas compris qu'il est inhumain de se rendre soi-même malade, lorsque certains qui n'ont rien demandé en meurt tous les jours. » Elle pouvait sentir sur sa peau le souffle fort émanant du visage de ce qui fut, pendant approximativement trente-six minutes, son psychiatre. Il n'avait plus rien de réfléchi ou de mesquin, il n'était plus qu'impulsion dépravée. « Lâchez-moi, je m'en vais. » Elle tenta vainement de se dégager de son emprise mais elle ne fit que resserrer ; sa peau blanche sera sûrement teintée d'une ecchymose d'ici quelques heures. « Alors comme ça, vous vouliez faire croire que vous aviez une hépatite, hein ? Regardez-moi ! Ma femme a souffert d'une hépatite. Il y a un an de ça. Elle avait même une cirrhose du foie, je suppose que vous voyez de quoi je parle. Vous devez en connaître un rayon sur toutes ces saloperies, faudrait pas se tromper dans les symptômes. » « Je suis désolée pour elle, et pour vous, vraiment. Mais laissez-moi partir maintenant. » Elle voulut se diriger vers la porte, mais il tira sur son bras pour la ramener à lui, bras qu'il se mit à secouer avec une douce fureur, ses yeux aussi bleus que ceux de Fawn perlant quelques larmes à leurs coins. « Elle est morte, elle en est morte et vous, vous vous moquez de sa mort ! Vous voulez crevez vous aussi, hein ?! Vous voulez un foie en miettes et crever dans une chambre d'hôpital, comme elle ?! » Comme votre frère. « Bien sûr que non ! » Comme son frère, mort une fois dans ses rêves dans son lit, puis une deuxième fois dans un lit qui en avait vu passer d'autres, pour de bon. Mort avec l'odeur d'antiseptique encore dans les narines. « Alors vous vous foutez de sa mort, comme si c'était une putain de plaisanterie ! Vous vous foutez en l'air toute seule ! » La fureur acide se mêlait aux larmes amères dans son regard qui ne se détournait jamais de Fawn. Il leva son bras, l'empoignant toujours par le poignet, devenu écarlate,  pour que sa main soit à la hauteur de leurs visages proches, dont l'intimité qui en découlait renforçait le mal-être de ces deux personnages, chacun incompris à sa façon. Il lui crachait au visage, littéralement cette fois-ci lorsqu'il lui crachait ces mots au figuré. Le silence n'avait plus place dans la pièce où résonnaient ces mots furibonds les uns après les autres, mais il scellait ses lèvres charnues et féminines tandis qu'elle le regardait avec les yeux écarquillés et sa main pendant lamentablement lorsqu'il agitait son poignet. Elle n'était qu'une simple spectatrice d'un spectacle effrayant, pourtant au centre de la scène. Le son de ces paroles tintant entre elles dans sa tête, leurs significations prenant à la fois tout leur sens et le perdant l'instant suivant. « C'est vous qui l'avez tué, vous en les détournant des vrais malades ! Vous l'avez fait crever, c'est de votre faute ! » Les larmes - de rage ou de peine, probablement les deux - ruisselaient sur les joues de son visage dur, cherchant un coupable pour cette mort qui lui a ruiné sa vie. Il n'était plus rien sans elle, il avait tout perdu, même sa raison. Seulement, elle ne savait pas tout ça, elle ne comprenait pas ses mots et ses actes, tout comme lui avait manqué à la comprendre elle. Ils ne comprirent pas réellement lorsqu'il continua d'agiter son bras avec véhémence frappant son visage pâle au passage, volontairement ou par inadvertance personne ne le saura. Il continue également de cracher ses mots à son visage ; des reproches amers, des questions piquantes et des accusations acerbes, toujours plus fort et plus blessant. Il continue de la secouer, peut-être dans l'espoir que les secousses lui fassent prendre conscience de tout cela, des choses qu'il pense mais qu'elle ne comprend pas parce qu'elle en pense d'autres, qu'il ne comprend pas non plus. L'incompréhension est à l'origine de nombreux conflits désastreux ; l'incompréhension d'une religion, d'une soit-disant race, d'une politique ou encore d'un point de vue, aussi large soit-il. Ils ne se comprennent pas l'un l'autre ni eux-même, alors il crie, il pleure, elle ne dit rien, il la secoue encore plus fort, tordant presque son bras, elle le regarde toujours avec cette peur et cette incompréhension. Elle attrape l'objet de verre sur le bureau - celui que sa femme lui avait offert, mais elle ne pouvait pas le savoir - et lorsqu'il lui attrape le visage pour qu'elle le regarde - regardez-moi bon sang -, le verre frappe l'os temporal, si fort et si vite. Impulsion dépravée.

Hamlet : Voici l'heure propice aux sorcelleries nocturnes, où les tombes s'entr'ouvrent, et où l'enfer lui-même souffle la contagion sur le monde. Maintenant, je suis capable de boire du sang chaud, et de faire une de ces actions cruelles que le jour tremblerait de regarder. (...) Ô mon coeur, ne deviens pas inhumain; que jamais l'âme de Néron n'entre dans cette ferme poitrine ! Soyons inflexible, mais non dénaturé; ayons des poignards dans la voix, mais non à la main.

Sa main ferme devient lâche et quitte son poignet bleu. Les millièmes de seconde qui suivirent l'impact, il la regarde - les yeux encore larmoyants - et ils comprennent, tous les deux en même temps, ce qui vient de se passer. Elle lâche l'objet comme s'il lui avait brûlé la peau. Il n'a même pas encore atteint le sol, qu'il tombe lui aussi à terre. Le verre éclate au sol, le son est clair. Le mort tombe au sol, le son est lourd. Le tapis se tache de pourpre tout autour de sa tête. Ses yeux sont grands ouverts, les larmes coulant sur son nez pour se mêler au sang, mais ils n'ont plus aucun éclat. Elle pantèle, l'air lui manque. Il ne bouge plus, bien sûr qu'il ne bougera plus. Elle n'avait pas voulu... elle ne pensait pas que... peu importe. Peu importe son intention, cela ne change pas ce qui se trouve à ses pieds. Elle ne se réveille pas dans son lit cette fois-ci. Ce n'est pas un cauchemar, ni un rêve sordide à moitié avoué. C'est un accident, une impulsion indésirable. Était-ils tous deux vraiment entre les mains du Seigneur ? L'ont-ils jamais été ? Peut-être a-t-Il tout simplement épousseté ses mains, une fois encore.

I
ll faut soigner le mal par le mal, le sang par le sang. S'il faisait don d'un peu de son sang, cela pourrait peut-être expier le mal qu'elle avait causé. Celui suintant du sang séché imprégné dans ce tapis, tel du pus dans une plaie infectée. Elle devait probablement abriter une infection maligne, encore inconnue des médecins, que l'on ne pouvait feindre. On ne peut pas tout feindre, non, mais l'on peut fendre beaucoup. Le papier, le bois, le coeur, la chair. Si elle se débrouillait bien, l'on pensera à un accident, involontaire et imprévu. Il y avait une certaine ironie à ce qu'un accident crée de toutes pièces soit plus plausible qu'un véritable accident, les circonstances s'étant enchainés dans un schéma trouble et complexe, où l'on aurait crié au meurtre sans aucune hésitation. Une ironie amère, il est vrai. Si elle faisait les incisions aux bons endroits, tout se passera comme prévu. On l'écoutera, on la soignera. On l'aidera. L'objet affûté lacéra la chair d'albâtre doucement, un filet de sang coulant sur la peau de sa cuisse. Elle fit une petite grimace de douleur mais continua d'agrandir l'entaille. La douleur n'avait jamais fait partie de ces choses qu'elle redoutait ni de ces choses dont elle en tirait une satisfaction. Elle faisait juste partie de sa vie, un passage obligé dans l'objectif de pallier ce manque grandissant de jour en jour. Le sang l'était aussi parfois. Toutefois, plus l'entaille devint grande, plus le filet pourpre prit une importance grandissante. Il y en avait trop ; le liquide épais coulait trop, non il sortait de la plaie presque dans des jets se calant sur le rythme du battement de ses coeurs. Boum, boum, pshtt. Boum, boum, pshtt.

La Reine : Tu le sais, c'est le sort commun : tout ce qui vit doit mourir, emporté, selon le cours naturel, vers l'éternité.
Hamlet : Oui, madame, le sort commun.


Le sang coule entre ses doigts, pourtant clos, faisant pression sur la coupure. Les choses ne se sont pas passées comme prévu, elles étaient décidément allées trop loin. Un accident, pur et dur, fatal. Ou est-ce réellement un vrai accident ? N'est-ce pas l'ultime calomnie, non destinée aux médecins mais à elle-même ? Un mensonge de plus qui se rajoute à la longue liste qui se fiche bien de ceux à qui l'on cache la vérité. Elle connaît bien trop de choses dans le domaine médical grâce aux revues, aux sites abondants - aussi utiles que farfelus -, cela aurait été une bien grande coïncidence d'ignorer l'emplacement d'une telle artère. Coïncidence malheureuse ou coup monté envers sa propre personne ? Elle le sait, néanmoins elle refoule la réponse tandis que la Fortune la connaît mais demeure silencieuse au commun des mortels. Personne d'autre ne peut juger du caractère accidentel de ce qui aurait dû être une anicroche cousue de toutes pièces. Si elle avait taillé sa chair quelques centimètres de plus sur le côté, les choses se seraient passées comme prévu. Mais qu'elles avaient été les réelles prévisions ? Ses pieds baignaient dans le sang, le sien, tandis que ses mains étaient dorénavant teintées de rouge et que ça ne s'arrêtait jamais de couler. Elle glissa sur le carrelage humide, ou alors ses jambes ne purent soutenir son poids plus longtemps, probablement les deux. Dans tous les cas, ça finit pareil ; par terre dans une mare de son propre sang, liquide vital s'échappant de l'organisme qu'il doit maintenir vivant. Boum.

La Reine : S'il est ainsi, pourquoi, dans le cas présent, te semble-t-il si particulier ?

Le choc sur la tête provoque le plongeon aveugle dans la brume noire de l'inconscience, repaire tranquille, jumeau de la mort en tout point hormis pour le coeur qui bat encore. Boum, boum, pschtt. Le sang n'arrête plus sa course effrénée vers sa liberté en dehors de ce corps immobile. Il est partout autour d'elle, sur elle, mais elle ne le voit plus. Elle voit plus rien. Finalement, la mort vint aussi paisiblement qu'un sage mourant dans son sommeil. L'obscurité se transforme en une autre, sans préavis ni signe de distinction détectable. Y'a juste le coeur, le coeur qui bat plus. Pschtt. Le sang coule encore, mais ça ne change plus rien. Boum. Dans le terrier.

Hamlet : Semble, madame ! Non : il l'est. (...) Ce sont là des semblants, car ce sont des actions qu'un homme peut feindre; mais ce que je porte en moi ne saurait s'exprimer. Tout le reste n'est que le harnais et le vêtement de la douleur.









Derrière le masque


pseudo sur internet ☩ manylittlethings prénom ☩ alicia âge ☩ dix-huit ans comment t'es arrivé(e) ici ?☩ on s'le demande What a Facetu penses quoi de tout ça ? ☩  :was:  le code ☩  :chica: un dernier mot ?☩ mooooove bitch, get out the waaaay, get out the way, get - get - get out the way *gangsta*




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Dernière édition par Fawn Huxley le Dim 31 Aoû - 13:18, édité 6 fois
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Jillian Hale
Jillian Hale

❝ si ton cerveau déraille, c'est fini ❞

✢ DENTS PERDUES : 2220
☩ CERVELLES GAGNÉES : 3778
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : V. (quentin)
✢ AVATAR : Jennifer Lawrence
✢ CREDITS : wild heart et tumblr
✢ AGE DU PERSONNAGE : 23 nouvelles années au compteur
✢ JE SUIS : Il est l'heure, bienvenue chez le Mad Hatter
✢ DANS TES POCHES : Un pauvre sac à dos; le narguilé furie.
✢ TA VIE : 78/100
✢ ANCIEN METIER : Etudiante en Archéologie
✢ LOCALISATION : Vallée des Larmes ou le Labyrinthe Rouge, à voir, cherche.
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Sweet innocence

✢ JE EST UN AUTRE : Zeze l'exorcisé
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 19 Juil - 21:03

wesh re-bienvenue avec ta zoulie rousse :chica:
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Victoria Hale
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❝ on peut changer en bien ou en mal ❞

✢ DENTS PERDUES : 105
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2293
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : CHOCO.CHANEL
✢ AVATAR : scarlett johansson.
✢ CREDITS : glass skin pour l'avatar et tumblr pour la signature.
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt-neuf ans.
✢ JE SUIS : une chatte !
✢ DANS TES POCHES : ce qu'elle avait au moment de son décès, soit, rien de très utile au pays des merveilles ... sauf si un miroir de poche peut réussir à assommer un lapin ?
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : ancienne étudiante en chirurgie pédiatrique.
✢ LOCALISATION : si j'ai besoin de toi, tu sauras où me trouver.
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ancienne londonienne issue d'un milieu bourgeois ▬ étudiante en chirurgie pédiatrique, elle terminait ses études ▬ anciennement fiancée à un avocat de londres ▬ morte lors de la soirée du nouvel an 2014 ▬ violée puis laissée pour morte ▬ elle tient sa soeur comme responsable de son trépas ▬ au pays des merveilles, sa principale activité est de survivre. c'est son but ultime. sa principale aspiration ▬ autrefois joyeuse, amoureuse de la vie et jeune femme brillante, lumineuse et charismatique ▬ elle s'est forgée un caractère plus sombre, froid, manipulateur et égoïste à son arrivée ici. soyez sur que si elle doit sacrifier votre vie pour sauver la sienne, elle le fera sans broncher.

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✢ JE EST UN AUTRE : non.
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 19 Juil - 22:31

rriiibienviendue !  :aw: 
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Fawn Huxley
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❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 522
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2573
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : jessica chastain.
✢ CREDITS : heisenberg.
✢ AGE DU PERSONNAGE : trente-huit
✢ JE SUIS : sembable à un félin aux yeux perçants et aux pattes agiles.
✢ DANS TES POCHES : une feuille de carnet où sont griffonnés les ajustements devant être réalisés sur une édition de 'la divine comédie' de dante, un minuscule crayon et un élastique.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : restauratrice de livres et de documents anciens afin de préserver des époques qui lui semblent bien plus belles et poétiques que la sienne.
✢ LOCALISATION : où le vent la portera, peu lui importe.
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I'm battling monsters, I'm pulling you out of the burning buildings and you say I'll give you anything but you never come through.

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✢ JE EST UN AUTRE : zozor.
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 19 Juil - 22:42

Merci les bonnasses Hale. :chica:

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Johann Friedrich
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❝ je suis en enfer ! ❞

✢ DENTS PERDUES : 40
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2126
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 17/07/2014
✢ PSEUDO : radioactive fish
✢ AVATAR : mads mikkelsen
✢ CREDITS : chameleon circuit
✢ AGE DU PERSONNAGE : quarante sept
✢ JE SUIS : mort, la loose
✢ DANS TES POCHES : un calepin, deux stylos, un mouchoir en tissu, une paire de lunettes et des pastilles pour la gorge
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : conservateur au british museum et conférencier
✢ LOCALISATION : château de la reine blanche, dans la serre, à essayer d'étudier un peu les espèces pour passer le temps
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FEELS:
 

✢ JE EST UN AUTRE : weaver premier du nom
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 19 Juil - 23:34



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Fawn Huxley
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✢ DANS TES POCHES : une feuille de carnet où sont griffonnés les ajustements devant être réalisés sur une édition de 'la divine comédie' de dante, un minuscule crayon et un élastique.
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✢ LOCALISATION : où le vent la portera, peu lui importe.
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I'm battling monsters, I'm pulling you out of the burning buildings and you say I'll give you anything but you never come through.

our hearts condemn us.
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✢ JE EST UN AUTRE : zozor.
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptyDim 20 Juil - 1:00

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FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans Tumblr_static_toocool

J'TE LOVE DÉJÀ VA.  :laugh: 

:red: :bril: :anh: :aah: :pervers: :guh: :hin: :fox: :3: :v: :bwag: :fire: :hi: :frfr: :coeur: :leuv: :joie: :kiss: :haan: :nyu: :string: :arrg: :leche: :bave: :hu: :ivil: :arg: :bn: :mex: :proud: :god: :damn: 

:bed: :shower:

_________________

We used to look up in the sky and wonder at our place in the stars. Now we just look down and worry about our place in the dirt.

Spoiler:
 
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Lew Weaver
Lew Weaver

❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 1031
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2663
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 06/05/2014
✢ PSEUDO : RUTLEDGE ASYLUM.
✢ AVATAR : aaronjohnson.
✢ CREDITS : heyjude.
✢ AGE DU PERSONNAGE : il avait 25 ans, et pour toujours, il aura 25 ans.
✢ JE SUIS : alice, la gosse.
✢ DANS TES POCHES : ☩ (x4) bombes lapin-fumées ☩ (x1) corde ☩ (x2) potions miniatures ☩ (x1) filet électrique
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : il venait de sortir de la fac, voulait faire sa propre boîte. L'a pas eu le temps, le karma a pas joué en sa faveur.
✢ LOCALISATION : sûrement... sûrement, pft, qu'est-ce qu'il en sait au final. En compagnie de Marley, ça c'est sûr, où exactement telle est la question.
FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans Tumblr_mznznooalS1souo92o1_500

BANG. BANG.

Save myself? From death? is that it? Is that why I've come here? I'm not afraid to die. Times I've welcomed death!


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✢ JE EST UN AUTRE : nopenope.
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptyDim 20 Juil - 8:41

NON MAIS TU SAIS QUOI HEIN. TU SAIS QUOI. :kyu: Jessica mon aimée, Jessica ma deuxième perfection incarnée, JESSICA. JESSICAAAA.  :guh: :chica: :love: :hehe: :nice: :fox: :bwag: :maw: Arieltoujoursdansmoncoeurrpz.  :frfr: Vu ce que tu m'as dit du personnage ma poule, j'ai vraiment hâte de lire la suite, puis l'syndrome est juste excellent.  :nyu: :uni: JTM ETOO. HOP BONNE CHANCE POUR LA SUITE.  :hu: :ivil: :dance: :zomg: :moustache: :mex: 
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Ginny Buckley
Ginny Buckley

❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 200
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2435
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : candies-world
✢ AVATAR : alexis bledel
✢ CREDITS : avatar: whiskey lullaby ; gifs: tumblr ; signature: petulia ; chanson: Nightwish - Storytime.
✢ AGE DU PERSONNAGE : trente ans à peine
✢ JE SUIS : semblable à un petit être effrayé qui court après le temps
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : maîtresse d'école pour une classe de primaire, et auteure d'album jeunesse à ses heures perdues. également maman à plein temps.
✢ LOCALISATION : dans la vallée des larmes, seul refuge réconfortant dans ce monde inconnu et étrange
FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans Tumblr_munxn8giuu...jyo9_250-466ef0c
Ring around the rosy
Pocket full of posies
Ashes, ashes,
We all fall down
FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans Tumblr_n5j9fjeuhg...qwo1_400-466ef38
✢ JE EST UN AUTRE : grace samuels, son côté obscur de la force
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptyDim 20 Juil - 8:49

Reeeeeeeebienvenue :guh: 
LE METIER :bwag: Il est claaaaaaaasse :bril: Et puis j'ai comme mes compères, hâte d'en découvrir plus :bwag:
I love you
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Vladislas Oridor
Vladislas Oridor

❝ tu n'as toujours pas retrouvé le sens de la réalité ❞

✢ DENTS PERDUES : 562
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2688
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 08/07/2014
✢ PSEUDO : vntmlsc
✢ AVATAR : Andrej Pejic
✢ CREDITS : Eylika
✢ AGE DU PERSONNAGE : 24 ans
✢ JE SUIS : Le chapelier fou.
✢ DANS TES POCHES : Un calepin et un stylo, quelques plantes rammassées ci et là, des ficelles.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : Météorologue.
✢ LOCALISATION : Probablement dans les écuries lunaires.

Maybe I should cry for help
Or maybe I should kill myself
FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans Tumblr_nad79ukgYR1qd576ko1_500
✢ JE EST UN AUTRE : Non.
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptyDim 20 Juil - 21:57

La petite coquiiiiiiiine  :guh: 
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Elias Quigley
Elias Quigley

❝ le pays des merveilles reste amoché dans ton coeur ❞

✢ DENTS PERDUES : 910
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2148
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 27/06/2014
✢ PSEUDO : ohmagad, anna
✢ AVATAR : lee pace
✢ CREDITS : (c) money honey et salewperie (a)
✢ AGE DU PERSONNAGE : 35 ans déjà, doux jésus !
✢ JE SUIS : jeannot lapin, le névrosé, le blanc, le retardataire
✢ DANS TES POCHES : une croix en argent, un mouchoir en tissu, une couverture en plumes de jubjub (x1), une lanterne lucioles (x15), des potions répare-tout (x6), des somnicakes et le baromètre à danger du lapin blanc.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : prêtre, homme de dieu, d'église, de foi, de tout
✢ LOCALISATION : dans la forêt luminescente, à essayer d'apprendre le civisme aux lutins
FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans Tumblr_n5h4t2CGgG1tyhp7yo1_500

✢ JE EST UN AUTRE : caleb, ce bg
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptyLun 21 Juil - 7:33

:chica: :pervers::

rebienvenue par ici toi :ivil: :uni: et courage pour la fiche, tu vaincraaaaas :fire: :nice:
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Posy Mulligan
Posy Mulligan

❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 152
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2268
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : Pondy*
✢ AVATAR : KathrynPrescott
✢ CREDITS : Sil
✢ AGE DU PERSONNAGE : vingt-trois ans
✢ JE SUIS : Alice
✢ DANS TES POCHES : une ombrelle, des patins et un élastique à cheveux.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : Projectionniste/Jammeuse dans une équipe de roller derby
✢ LOCALISATION : Le village des arikamis
UC Je suis enrecherche d'un trucdelamortquitue
✢ JE EST UN AUTRE : Not yet ;)
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptyLun 21 Juil - 10:03

(re) bienvenuuuuuuuuuue **
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Fawn Huxley
Fawn Huxley

❝ la mort imprévue fait partie de la vie, il faut bien l'accepter ❞

✢ DENTS PERDUES : 522
☩ CERVELLES GAGNÉES : 2573
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : sola gratia.
✢ AVATAR : jessica chastain.
✢ CREDITS : heisenberg.
✢ AGE DU PERSONNAGE : trente-huit
✢ JE SUIS : sembable à un félin aux yeux perçants et aux pattes agiles.
✢ DANS TES POCHES : une feuille de carnet où sont griffonnés les ajustements devant être réalisés sur une édition de 'la divine comédie' de dante, un minuscule crayon et un élastique.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : restauratrice de livres et de documents anciens afin de préserver des époques qui lui semblent bien plus belles et poétiques que la sienne.
✢ LOCALISATION : où le vent la portera, peu lui importe.
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I'm battling monsters, I'm pulling you out of the burning buildings and you say I'll give you anything but you never come through.

our hearts condemn us.
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Spoiler:
 

✢ JE EST UN AUTRE : zozor.
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptyMer 23 Juil - 19:41

lew ; MOI AUSSI GTAYME POUSSINOU QUI MANGE DE L'HERBE BLEUE :red: :haan: :bn: Merchi. :chica: Je tacherais de ne pas te décevoir ! :superman: ariellefantastiquemi-hommemi-sirène100%lessive. :*-*:

cherche le mot (oulesdeux) magique trop swouin qui font de toi une belle gosse en puissance :chica: What a Face :nope:

ginny ; :hin: merciiii toi :bn: :coeur:

vlad ; c'est toi le coquin avec ta lessive (toi et ariel auraient pu être potes d'ailleurs (enfin potes, tout est relatif hein What a Face) ) :uou: (:hin:)

elias ; merci mon père :chica: :mex:

posy ; merci ! :coeur:

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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans EmptySam 2 Aoû - 22:11

Est-ce que je dois dire "rebienvenue" alors que ce post était là avant même ma propre présentation ? haha

Autant te le dire de suite : Je veux que tu me réserve le plus merveilleux des tes liens ! D'autant plus que j'ai l'impression que nos métiers partent de la même philosophie !
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MessageSujet: Re: FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans   FAWN న je fais des rêves comme si j'avais mille ans Empty

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