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Les conséquences de la première INTRIGUE de WHYDA, c'est par ici ! :proud: :cat:
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Ce n'est pas parce que le forum a une annexe sur les troubles qu'il est obligatoire de jouer un personnage malade.
UN SAIN D'ESPRIT c'est tout aussi bien. :rabbit: What a Face
Il est obligatoire de BIEN lire les annexes, auquel cas le staff vous mordra les fesses. :ivil:
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Entre autre, pour continuer sur les pseudos, les prénoms trop excentriques (drogue, alcool
:chaat: ou autre totalement improbable) sont INTERDITS, merci de rester réalistes. :chaat:
Les personnages du pays des merveilles ne sont pas acceptés, seuls les morts peuvent passer ! :maw:

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 better off dead - calmar

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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 276
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1457
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : ohmagad
✢ AVATAR : douglasthesexiestbooth
✢ CREDITS : (c) astoria
✢ AGE DU PERSONNAGE : trop jeune pour mourir, trop tard pour vivre
✢ JE SUIS : alice
✢ DANS TES POCHES : son cellulaire, un briquet, son porte-feuille et sa paire de lunettes
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : étudiant en informatique, hacker quand ça lui chante
✢ LOCALISATION : derrière l'arbre qui était avant devant toi sur ta gauche par l'arrière du milieu
ALL MEN MUST DIE.


✢ JE EST UN AUTRE : un certain prêtre, elias
MessageSujet: better off dead - calmar    Mer 23 Juil - 16:57




   
don't you cry for the lost
smile for the living

   
I
l en avait marre, Caleb. Il en avait plus qu'assez de ce monde mêlant mort, beauté, peur et couleurs. Il en avait plein la tête, de ces nuits sans sommeil, de ces vêtements sales et poisseux qu'il portait depuis son arrivée et où se mêlait sueur, sang et résidus boueux, de cette faim qui le tiraillait. Ce que c'est moche d'être mort le ventre vide. Ce que c'est moche d'être mort, tout simplement. Ouais, une semaine qu'il était tombé dans le terrier du lapin et une semaine qu'il rêvait de rentrer chez lui, d'étreindre sa mère et l'écouter lui chanter une douce berceuse. Comme avant, quand il était pas plus haut que trois pommes, qu'il gambadait gaiement et passait ses journées à fureter les autres gosses dans les attractions de la fête. Mais ça, c'était avant. Avant sa mort. Il émet un rire nerveux. Il était mort. De deux balles dans le torse. Il était tombé comme une mouche, s'était écroulé comme un lâche. Il a crevé comme un con ; on l'a tiré comme du gibier, mais une bête de misère, qui valait pas grand-chose.
Accroupi à même le sol, il s'étonne encore de trouver ce pays fascinant. C'était beau, toutes ces couleurs, ces merveilles, cette faune étrange, cette flore jamais vue. Mais c'était aussi putride, corrompu par un poison purulent qui s'écoulait partout, qui coulait dans les terres elles-mêmes. Aussi, il se souvenait pas qu'il ait plu récemment, peut-être qu'il était parti dans les bras de Morphée, finalement, pour juste cinq petites minutes. Peut-être aussi que c'était pas de l'eau, cette flaque face à lui. Peut-être aussi qu'il devenait fou, qu'il perdait la raison. Ça l'étonnerait pas, qu'il délire, vu les maux de têtes qui battaient à ses tempes, comme en écho avec son cœur déchiré. Mais, il en a vraiment ras le cul, Caleb. Il se dit qu'il s'y fera jamais, à cette survie. Ça avait l'air vachement plus simple, dans le dernier reboot de Lara Croft. Alors il cherche pas à comprendre, si c'est de l'eau, si c'est de la pisse ou si c'est du jus de pruneau décoloré. Il y plonge ses mains entachées, les frotte l'une contre l'autre pour effacer les dernières traces de glaise, de terre argileuse sous ses ongles. Il puise à nouveau dans le liquide incolore, et s'en asperge le visage. C'est bien de l'eau, mais de l'eau de pluie, acide. Il ressent des picotements de douleur, quand l'eau entre en contact avec les gerçures aux commissures de ses lèvres, aux égratignures sur ses joues. Il a la gorge sèche, la trachée en feu et le ventre vide. Il en avalerait bien des gorgées, il aimerait se réhydrater, se remplir le gosier jusqu'à plus faim ni soif. Mais pour le coup, elle lui parait plus si potable. Alors il l'observe.
Un visage anguleux, un peu déformé par les écorchures, des sourcils broussailleux, des cheveux sales, en bataille, l'expression figée, le chaos dans le fond des yeux, l'âme en peine et un goût de fer mêlé à un reste de bile dans la bouche. Le reflet que lui offre cette flaque d'eau lui plait pas. Il se trouve pitoyable, se sent misérable. Ce visage, c'est pas le sien. Des poches sous ses yeux fatigués, creusées par le manque de sommeil, des lèvres gercées par le froid de la nuit. Une nuit qui tombe quand elle veut, d'ailleurs. L'obscurité n'a pas d'heure, pas de repères, elle vous prend et puis c'est tout. Mais il a un peu plus peur chaque soir, Caleb. Il sait pas ce qui va lui arriver, il sait pas sur quoi il va tomber, quelle bête sauvage cannibale va le poursuivre jusqu'à ce qu'il s'écroule de fatigue. Il dort plus, il est anxieux. Quand les ténèbres s'abattent, il se pose sous un arbre et il attend. Il attend que ça revienne, que ça reparte. Il est perpétuellement sur le qui-vive, aux aguets, sa hache dans les mains, comme un chapelet, blottie contre sa poitrine. Il se sent vulnérable, Caleb. Comme un tas de poussières qui peut se faire balayer au moindre petit coup de vent. La douleur lance encore, se propage à l'arrière du crâne, pour faire pression sur sa nuque. Il fallait vraiment qu'il pionce, qu'il se repose.
Les deux premiers jours, il s'était senti surpuissant, il s'était dit qu'il pourrait tout faire, tout réussir. Mais dans l'heure qui a suivi son arrivée, il était déjà aux prises avec des poissons morts, dans ce qu'ils appellent la Vallée des Larmes. Ça l'a vite refroidi. Puis, il s'est mis penser. Il avait tout perdu, Caleb. Il avait plus de maison, plus de famille, ni ordinateur ni électricité, ni dvd ni pots de glace, ni lit douillet et encore moins Marley. Ça a achevé de le désespérer. Surtout que depuis sa chute ici-bas, il avait encore croisé personne, si ce n'est une bande de lutins sauvages et des groins de cochons volant. Faut dire aussi qu'il avait pas beaucoup bougé. Mais il commençait lentement à sombrer, il était à deux doigts de se parler à lui-même, comme un faux ventriloque, où à commenter ses actions avec sarcasmes, façon une voix-off. On se maintient comme on peut, qu'est-ce que vous voulez. C'est pour ça qu'il a pris sur lui et s'est mis à explorer le coin. Une boule au ventre, son arme à la main. Il avait un peu une dégaine de bûcheron malfamé, mal fagoté.
Au fond, il espérait trouver personne. Parce que ça voudrait dire que tout ça, ce n'était qu'un rêve, un vilain cauchemar dont il finirait bien par se réveiller. Ouais, c'est ça, ça pouvait être que ça. Il devait être en vie, dans le coma, un état second, à la limite. Mais pas mort. Il allait se réveiller, suffisait d'être patient. Et quand il le ferait, il hurlerait à tout le monde qu'il est le miracle de l'année, qu'il a échappé une nouvelle fois à la mort. Il ferait le tour des talks show, fonderait une association caritative, ferait le tour du monde, s'inspirerait de cette putain d'aventure morbide pour en faire un jeu vidéo, un film, un bouquin, des produits dérivés, n'importe quoi. Mais il sent bien que y a un truc qui cloche, Caleb. Les hématomes bleuis sur ses bras lui ont finalement fait comprendre que c'était ça, sa nouvelle réalité. Tu parles d'une seconde chance.
Il était à la lisière du bois de Tulgey, et se tâtait encore à pénétrer le bois. Il était pas certain de vouloir savoir sur quoi il allait tomber, de quelle façon il allait y passer une deuxième fois, à quelle sauce il allait être mangé. Ses doigts se resserrent autour du manche de sa hache, il lance un dernier regard en arrière puis s'enfonce sous les feuillages denses et colorés d'arbres noueux. Il sait pas où il va, il sait pas ce qu'il cherche. De quoi bouffer peut-être. Un petit coin tranquille, loin de toutes menaces pour faire une bonne sieste et se remettre d'aplomb. Ouais, c'est beau d'avoir des rêves.
Il sent le ses pieds s'enfoncer dans le sol terreux, une légère brise lui fouetter le visage. Il lève la tête de temps en temps, trop fasciné par ce nouveau paysage pour rester parfaitement concentré sur sa route et les buissons alentours. D'en bas, il n'entrevoyait le bleu du ciel que par intermittence, entre deux couches de feuilles. Les arbres colorés lui faisaient penser à des agrafes qui reliaient sols et cieux. Puis, le vent apporte autre chose qu'une certaine humidité. Des bruits. Eh meeeerde. L'écho d'une course effrénée, de petites pinces raclant le sol, puis le son d'un souffle rauque et cadencé. Des petites écailles lumineuses dans un camaïeu de bleu-vert se laissent entrapercevoir et Caleb, sans véritablement chercher à comprendre, fui comme un gamin. Il est vachement plus téméraire, à l'ordinaire, mais mieux vaut prévenir que guérir et quoi que cette bête soit, il sera rassuré qu'une fois loin d'elle. Fallait dire aussi que les animaux sauvages, ça courrait pas les rues de Londres. Bon, y avait bien les anciens petits-copains de sa voisine. Il fait pas attention où il va, Caleb. Ça défile à droite comme à gauche et il ne sent que ses pas marteler les feuilles mortes, des ronces s'incruster dans son jean, ses tempes le lancer un peu plus à chaque foulée.
Il prend un rythme moins soutenu, alors qu'il arrive à l'orée d'une petite clairière, protégée par des arbres tortueux, formant comme une coupole au-dessus du parterre d'herbe. L'endroit lui paraît déjà plus rassurant. Il ferme les yeux un moment, pour reprendre son souffle et porte une main à l'arrière de son crâne. Et puis, il s'en rend compte. Il est pas seul ici. Il entend un nouveau souffle, beaucoup plus léger cette fois. Et puis, il la voit. Un petit ange, allongé sur le sol, lui tournant le dos, animé par sa simple respiration. Il reconnaîtrait cette silhouette entre mille, Caleb. À trop l'avoir observé, à trop l'avoir détaillée, elle est marquée dans son esprit, et il la garde précieusement dans un petit coin de sa tête, comme on garde son grigri porte-bonheur. Elle détonne dans le paysage, avec cette aura lumineuse qui lui a toujours trouvé. Ouais, c'est ça, le ciel est sombre, mais la blonde, elle illumine tout. Une goutte de Soleil qui s'est égarée. Un halo de paix vers qui se tourner. Il écarquille les yeux, sous la surprise et ne bronche pas. Y a que ses organes qui se retournent, se contorsionnent, son estomac qui se contracte, son cœur qui claque. Qui claque, qui claque, qui claque. C'est comme un oisillon, enfermé dans une cage de chair et d'os. Il se bat contre les barreaux, il veut s'en échapper, il veut sa liberté. Alors il se cogne, et ça fait mal. Puis, il se met à enfler, à gonfler, s'apprête à imploser. Il peut plus parler, Caleb. Il peut plus broncher. C'est un rêve, c'est bien un rêve. Elle peut pas être là Marley. Ça peut pas être elle. C'est un mirage, rien qu'une machination de son esprit détraqué, envoyée pour le tourmenter jusque dans l'au-delà, pour le pousser à bout. C'est pas Marley. Elle est morte.
Mais lui aussi. Son souffle à lui se fait plus saccadé, moins régulier. Il inspire fébrilement par le nez, et recrache tous ses poumons par la gorge, toujours en feu. Il s'en rappelle, il était aux funérailles, il a vu le visage de sa mère décomposé, il a lu la douleur sur ses traits, il l'a lu sur les siens, dans chaque reflet qu'il croisait. C'est pas possible. C'est pas elle. C'est un double, une hallucination. Ouais, c'est ça, il devient fou. La migraine lui monte au crâne, il perd la boule. C'est la seule explication. C'est censé être un mauvais rêve, il est censé se réveiller. C'est pas elle. Sa mâchoire se met à trembler. Ça fait mal de la revoir, juste ici, à cinq mètres, alors qu'il a attendu son retour pendant des heures entières avant. Il espérait sincèrement ouvrir sa porte d'entrée quand il entend toquer et tomber sur une petite Marley, les mains pleines de cookies. C'est pas elle. Le rendu est meilleur qu'en photo, on dirait presque qu'elle est réelle. Même ses cheveux ondulent doucement sous le poids de la brise. C'est pas elle. Il sent les tremblements naître également dans le creux de sa main, et lâche sa hache dans un bruit sourd, à moitié amortis par le sol végétal. Il faut qu'il aille voir, il faut qu'il vérifie. Il veut être sûr. Parce que s'il est arrivé jusqu'ici après sa mort, il a peut-être l'espoir, fou, qu'elle ait subi la même chose. Mais il essaie de se convaincre du contraire. C'est pas elle, qu'il se murmure encore. Marley, elle était déjà trop innocente pour le terrible monde d'en haut, alors pour lui, elle devient le symbole de la candeur dans celui d'en bas.
Finalement, il fait un pas, puis deux, puis trois. Il inspire de façon encore moins régulière. C'est comme si un nœud lui bloquait les bronches, comme si tout le poids de ses sentiments était remonté dans son œsophage et qu'il allait dégueuler son amour comme ça, comme on rend son petit-déjeuner. Son palpitant bat de plus en plus fort, comme sous l'emprise de la peur. Il a l'impression d'avoir une tempête dans le corps. Ça remue de partout, ça éclate, ça se brise, ça se recolle et ça recommence. Marley ? Il s'arrête net. Il a peur, le gamin. Peur de découvrir ce qui est vrai et ne l'est pas. Peur de savoir que dans le fond, il se réveillera jamais plus. Marley, c'est vraiment toi ? Il prend sa gueule de chiot, il sent ses yeux s'embrumer, mais chasse les larmes d'un battement de cils. T'es pas réelle. C'est pas possible, t'es rien qu'une illusion, une chimère. T'es pas réelle.


Dernière édition par Caleb Hawkins le Sam 26 Juil - 19:07, édité 1 fois
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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 299
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1651
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : corbeau
✢ AVATAR : Chloë Moretz
✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Ven 25 Juil - 12:19


''I see fire, burning the trees.
And I see fire, hollowing souls,
I see fire, blood in the breeze,
And I hope that you'll remember me.''
Une nuit. Marley ne demandait pas plus – juste une nuit. Complète, sans aucune interruption, sans bestiole, inoffensive ou non, sans soleil qui se lève au beau milieu. Juste une nuit tranquille où elle pourrait dormir, comme un bébé. C'est pas grand chose, pourtant, une nuit. Ça arrive si souvent qu'on y fait plus attention, en haut. Mais ici, c'est pas pareil. Ici tu comptes les heures, et même quand tu dors tu dors pas tout à fait. Même à deux, même à trois, même à quatre. Courir partout, ça épuise. Gueuler, aussi. Alors Marley, elle n'en peut plus. Elle veut juste dormir, là, n'importe où, pour toujours, réveillez-moi dans cent ans et ça ira. Mais ça n'arrivera pas, pas avant longtemps. Alors elle s'allonge, là, dans l'herbe, au milieu du bois. Pas pour longtemps sûrement, mais c'est déjà ça de gagné. Elle a la jambe qui gratte et puis une écorchure sur la main qui pique, les cheveux emmêlés et puis faim, mais elle s'endort. Et puis elle rêve, un peu.
Marley elle rêve pas de choses extravagantes, elle rêve pas de château ni de prince, elle rêve même pas de sa vie. Marley, elle rêve d'autres aventures, celles qu'elle aurait pu vivre, celle qu'elle vivra peut-être. Celles qu'elle essaiera de vivre demain. Et trouver un coin tranquille, des buissons remplis de quelque chose à manger, quelque chose de bon si ça n'est pas trop demandé – mais ça l'est probablement. Marley elle rêve qu'elle saute, qu'elle court, qu'elle escalade, qu'elle découvre, et c'est elle, juste elle, la première à connaître tout le pays de merveilles. Elle ne veut même pas le connaître comme sa poche, juste voir ce dont il est capable. S'il y a des trésors, elle veut les trouver. S'il y a de nouveaux monstres, de nouveaux gens, peut-être un peuple entier, elle veut les voir. Et sentir toutes les odeurs, même putrides, même celles qui retournent l'estomac. Elle veut tout connaître, et puis appeler ça chez moi sans avoir à grimacer devant ce à quoi elle-même ne croit pas. Alors en rêvant, Marley sourit. Demain, elle en découvrira un peu plus ; demain, elle en connaîtra un peu plus qu'hier. Et elle pourra tout raconter, les étoiles dans les yeux. A Lew, à elle-même – à ceux qui sont là-haut, quand elle se décidera à leur parler, à y penser un peu.
Elle n'était pas loin de l'avoir, sa nuit. Aucune bestiole, pas assez de lumière pour que ça la dérange. Si elle avait su, elle aurait prié pour une ruine, même plusieurs, même un condamné, tout mais pas ça. Elle aurait pu s'en sortir, en courant, grimpant ça et là, en lançant quelques cartes, en gueulant pour que Lew vienne l'aider. Elle aurait pu trouver n'importe qui d'autre qui l'aurait aidée, elle aurait pu faire n'importe quoi et peu importe, mais ça, non. Elle sort de sa rêverie en entendant la hache qui tombe par terre. Et puis quelques pas, pas beaucoup. Un, deux, trois, elle s'arrête de compter. Son bras se tend et elle chope une de ses cartes. Si ça se rapproche, elle la lance, elle attache, elle blessera peut-être pas beaucoup, peut-être que si, peut-être juste assez pour courir, loin. Et si elle avait su, elle aurait couru. Loin, loin, bien plus loin qu'elle ne l'a jamais fait, juste pour chasser ses mauvais rêves.
Mais si ce qui était derrière elle avait voulu l'attaquer, il l'aurait fait depuis longtemps. Elle ne savait pas si elle ne devait pas s'inquiéter ou si au contraire, quelqu'un ici préférait attendre pour mieux attaquer. Si tu fais un pa- Marley ? Et là encore, si elle avait pu s'enfuir, elle l'aurait fait. Mais elle ne pouvait pas. Elle était paralysée, de la tête aux pieds. Incapable de bouger. Et se faire bouffer le bras l'aurait moins retournée que ça.
Cette voix, elle ne la connaissait que trop bien. D'autres viennent et s'effacent, avec le temps, mais pas celle-là. Cette voix, elle a toujours été persuadée qu'elle ne l'oublierait jamais. C'est pas possible, c'est trop... trop. Marley serre sa mâchoire, essaie de se concentrer sur autre chose – de toute façon c'est qu'une connerie, elle a pas assez dormi. Peut-être un monstre capable de parler et de changer sa voix, peut-être un très bon imitateur. La peur s'empare d'elle, mais Marley ne bouge pas. La carte toujours dans sa main, le bras toujours prêt à la lancer. Elle presse un peu sa paume contre la lame – c'est le mieux qu'elle puisse faire – et s'arrête en sentant la douleur. Elle ne rêve même pas. Et encore, Marley hésite entre rester là, courir dans ses bras et partir se cacher. Marley, c'est vraiment toi ? Les larmes lui montent aux yeux. C'est pas possible, c'est pas possible. La peur lui retourne l'estomac et lui remplit les poumons, un sanglot lui échappe. Elle plaque sa main contre sa bouche. Et si c'est lui, elle ne veut pas – elle refuse – qu'il la voit comme ça. Les larmes aux yeux, les cheveux mal coiffés, de la terre sur les mains et même un trou au genou. C'est trop pour elle, elle ne veut pas. Pas une arme à la main. Pas si elle n'est pas la même qu'avant. Elle n'a jamais pensé avoir vraiment changé, mais elle n'a pas prit le temps de se détailler depuis un moment. Et si, et si elle n'était plus pareil ? Si elle n'était plus jolie, si il ne la reconnaissait plus ? Est-ce que la Marley aux cookies aurait été prête, ce même jour, à lancer une carte rasoir à quiconque s'approchait, ou est-ce que c'est une autre qui l'aurait fait ? Et si elle n'est pas tout à fait la même, et si c'est plus pareil, tu m'en voudras ?
Dis Caleb, tu m'en voudras, si je peux plus t'amener de cookies ? Si j'arrive plus à faire semblant d'être triste des fois, juste pour que tu me consoles, et si j'ai déjà épuisé toutes les excuses du monde pour venir te voir ? Est-ce que tu m'en voudras d'être ici et pas là où tu pensais que j'étais ? Est-ce que tu m'en voudras, dis, Caleb, si je suis ici et pas là où t'aurais voulu que je sois ?
Et si un jour j'avais oublié ta voix, ton visage, tes grands bras, tu m'en aurais voulu, dis ?

T'es pas réelle. C'est pas possible, t'es rien qu'une illusion, une chimère. T'es pas réelle. Les sanglots de Marley reviennent, plus bruyants, plus visibles, plus réguliers. Tu devrais pas être, là, Caleb. Tu devrais même pas être là. Marley se redresse, doucement. Elle inspire, expire fortement, se relève avec prudence, mais toujours dos à lui. Et si elle se retourne, et si chaque seconde qu'elle passe à le regarder, à être sûre que c'est lui, il les passe à disparaître ? A s'effacer, comme ça. Et si c'était lui, l'illusion, la chimère, le pas réel ? Marley essayait de se calmer, mais elle se mit à penser que s'il était là, c'est qu'en haut ils étaient tous en noir autour d'une boîte en bois, et qu'il méritait pas ça, pas plus qu'elle. Y a déjà pas de place ici pour une gamine, y en a pas non plus pour lui. Tout le monde, mais pas Caleb. Pas Caleb qui changeait ses notes pour pas qu'elle ait de problèmes, pas Caleb qui venait la chercher avec un pot de glace. Pas Caleb qui lui disait que ses clafoutis étaient délicieux juste pour lui faire plaisir. Pas Caleb et ses mots doux, ses mots plus gentils que tous les autres, pas lui, non. Si elle avait pu sauver une personne de ce monde, elle a toujours su qui elle aurait choisi.
Doucement, Marley se tourne, le regard fixé vers l'herbe. Puis elle remonte, doucement. Ses pieds, ses jambes, ses mains, ses bras. Elle le reconnaîtrait entre mille, Caleb, au détail près. Et puis ses épaules, son menton, ses cheveux en bordel, ses grands yeux bien humide. Maintenant qu'elle a posé ses yeux sur lui, elle n'ose plus s'en détourner. Il pourrait s'envoler, comme elle l'avait fait la première fois, avant de passer d'en haut à ici. Elle a peur qu'il s'envole, mais Marley ne peut pas s'empêcher. Il faut qu'elle s'approche, qu'elle s'assure que c'est bien lui. Juste une fois, une dernière fois. Juste le temps des retrouvailles – avant même les adieux, c'est original. Elle s'avance, doucement, mais sans ralentir, sans se détourner. Ni elle ni son regard. Planté sur lui, là, comme un grand con. Elle renifle, et sa voix lui semble plus faible et tremblante qu'elle ne l'a jamais été. Si c'est une blague, ses émotions lui donnent du mal à parler, si c'est une blague, c'est la pire que t'aies jamais faite... Sans s'arrêter avant Marley rentre dans Caleb. Sans force, sans rien. Sa tête contre son torse, et ses mains qui s'accrochent à son t-shirt. Juste pour pas qu'il parte maintenant qu'il est là, pour pas qu'il l'abandonne maintenant qu'il l'a retrouvée. Ses sanglots reprennent, et elle tremble – de la voix, des bras, des jambes, elle est prête à s'écrouler là, dans ses bras.
Et maintenant que c'est bien vrai, elle ne l'échangerait plus pour rien au monde.
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MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Sam 26 Juil - 19:13


 
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E
lle peut pas être là Marley. Ça peut pas être elle. Elle est morte. Les mots se libèrent dans le crâne de Caleb, tournoient, se mangent chaque coin de son esprit avec violence, comme on se prend un mur. Ça se bouscule dans sa tête, ça cogne, ça craque, ça claque. C’est comme un ouragan, qui emporte tout, tout et rien ; surtout rien, au final. Surtout pas la douleur, en tous cas. Les mêmes phrases résonnent à ses oreilles, comme des murmures fantômes, comme une ritournelle morbide, un refrain douloureux. Elles prennent un rythme irrégulier, en écho à la mécanique rouillée de son cœur. Les engrenages sont mal en point depuis un petit moment. Là-haut, il avait l’impression que ça se remettrait jamais vraiment en place. Qu’on pourrait jamais le réparer. Après tout, il était devenu une vieille montre qu’avait perdue son horloger. Y avait qu’elle pour le sauver, pour ramasser les petites miettes de son âme qui s’éparpillaient. Mais elle était jamais revenue, Marley, jamais. Elle était partie dans la lumière et avait laissé derrière elle le vide. Le manque. C’est moche, le manque. Ça vous file les jetons. Vous avez l’impression qu’on vous poignarde, qu’on vous accuse de coups plus intense à chaque respiration. Et puis, c’est frustrant, le manque. Parce que vous pouvez rien faire pour y échapper. Vous subissez, impuissants. Le vide vous encercle et vous talonne où que vous alliez, comme une aura nébuleuse qui vous poursuit jusque dans l’ombre. Et vous avez beau tirer de toutes vos forces, hurler à en mourir, pleurer toutes les larmes de votre corps, rien n’y fait. Mais vous êtes humains au fond, rien que des pauvres âmes dans une enveloppe charnelle, avec un palpitant qui décompte les jours avant de lâcher. Et c’est justement votre humanité qui vous perdra. Parce que ouais, admettez-le, tous autant que vous êtes, au fond, vous êtes bien con. Bien con de penser qu’un jour, ce néant sera comblé. Vous vous y accrochez à ce fol espoir, vous n’aspirer qu’à être complet, vous ne vivez que pour cette illusion. Et puis, même si ça pète, même si ça déchire, même si ça fait mal, si ça suinte de douleur, si ce n’est que souffrances, vous persistez. Ouais, faudrait pas déroger à votre aspect d'abruti de première, alors vous essayer de relativiser ; parce que c'est la vie. La belle excuse.

Mais même Caleb, il avait pas fait exception. Il a aussi été victime de ce putain de manque. De la minute même où il a appris la maudite nouvelle, jusqu’à toutes les suivantes, même jusqu’à l’actuelle. Tout lui manquait. Avant, il maudissait parfois les murs trop fins de son appart, qui filtrait à peine le yaourt que sa voisine lui filait chaque minute de chaque journée, quand il essayait de travailler, puis, il a carrément haït le manque d’isolation, quand les chansons ont laissés place aux sanglots d’une mère sans enfant. C’est moche comme expression. « Mère sans enfant » Quand on perd ses parents, on devient orphelin, quand on perd son époux, on devient veuf, mais, quand on perd sa chair, son sang ? Est-on même encore considéré comme parent ? Mais c’était pas la seule chose qui attristait Caleb, qui lui pesait sur le cœur. Si ce n’était que ça, il se serait estimé heureux. Mais non. Tout le reste lui manquait. Même les visites à l’improviste de Marley, où il la retrouvait avachie sur son canapé ou dans son lit, alors qu’il était parti en fermant la porte à clé, l’air tout innocent, dévorant un pot de glace. Après sa... après ça, Caleb se désespérait de trouver ses dvds tous rangés, de rien voir traîner, de plus avoir aucune trace d’elle dans son appartement. Même son linge ne disparaissait plus inopinément. Il avait beau racheter de la glace chaque semaine, les pots finissaient par s’entasser sans se vider. Au final, qu’est-ce qu’il pouvait bien faire s’il avait plus personne à cajoler, à exaspérer, à faire faire chier autant qu’à aimer ? Ça oui, il l’aime sa Marley. Il l’a jamais avoué, ni à elle, ni à lui-même, ou alors, qu’à demi-mot, comme un secret bien gardé. Ils formaient comme un couple sans en porter le nom, une relation ambiguë qu’eux même ne comprenaient pas vraiment, sans doute. Mais c’était comme si le dire à voix haute, l’officialiser amènerait à les briser. Mais il le regrette, Caleb, de pas lui avoir dit, avant qu’elle parte.

Mais maintenant, elle était revenue. Ou plutôt, il était lui aussi parti. Et ils s’étaient finalement retrouvés, comme deux morceaux d’un même cœur, comme deux âmes sœurs. Il observe toujours la petite silhouette, sur le lit vert. Il entend un sanglot à demi-étouffé et son palpitant craquèle un peu plus. Il voulait pas, il veut pas lui faire de mal, à Marley. Et si elle avait fait une croix sur lui ? Si elle l’avait oublié ? Si elle l’aimait pas ? Dans l’fond, à quoi bon ? Les sanglotements se poursuivent, s’intensifient. Il en est bien certain, maintenant, c’est bien elle. Il la reconnaît à des petits détails, sa façon de renifler, la courbe de ses hanches, ses genoux cagneux. De dos, c’est toujours la même petite et frêle Marley, quoi qu’un peu amincie. Il sent ses yeux s’embrumer davantage, mais il essaie de tenir et d’apaiser les tensions dans son corps. Il a comme un nœud dans l’estomac, comme un poids qu’il aimerait bien dégager.

Doucement, il l’observe se tourner. Elle est pas vraiment dans un meilleur état que lui, avec ses hématomes, ses écorchures, ses cheveux en batailles et ses nippes boueuses. Mais sur elle, ça a quelque chose de beau. Ça lui donne un air d’amazone. Ses cicatrices sont des preuves des guerres qu’elle a menées. C’est une battante, Marley. Elle l’a toujours été, même là-haut, un peu d’une autre façon, mais elle s’est jamais laissé faire. C’est ce Caleb aimait chez elle, sa persévérance, sa fougue, son imprévisibilité, sa personnalité tout entière. Il sent son regard remonter sur lui et il bouge pas. Pas même les yeux. Il attend, il tente de se contenir. Puis une paire de prunelles vertes rencontrent les siennes, et il se sent fondre. Des mois qu’il l’attend ce regard, qu’il courait l’espoir fou qu’il se poserait à nouveau sur lui. Sa voix tremble, et le corps de Caleb en fait de même. Il aime pas la voir dans cet état, il aime pas la voir tout chamboulée. Maintenant, c’est mutuellement qu’ils devront se réparer.

Et puis, elle est là. Blottie contre lui, les mains agrippées à son tee-shirt. Instantanément, il l’entoure de ses bras. Ce contact éveille en lui une autre blessure, toujours à vif, qui n’avait jamais entièrement cicatrisée et qui pourtant, semble un peu se refermer. Rien qu’en sentant son visage contre son torse. Si c'est une blague, si c'est une blague, c'est la pire que t'aies jamais faite... Il pose son menton sur le sommet du crâne de la blonde. Il aurait aimé lui répondre, mais il en était incapable. Il se mords la lèvre pour pas hurler toutes les émotions qui le submergent, pour faire croire qu’il est fort, alors qu’au fond, c’est rien qu’une tapette un peu fleur-bleue. Les sanglots de son ancienne voisine reviennent à la charge et il resserre encore son étreinte. Il veut pas la perdre une deuxième fois. Ce serait comme mourir encore. Une partie de lui s’était déjà éteinte ce jour-là, et aussi infime soit-elle, elle avait fait des dégâts. Alors la perdre encore, ce serait se perdre lui-même. Et il voulait pas que ça recommence, il voulait plus avoir mal. Il voulait que tout redevienne comme avant.

Sa gorge était sèche, et il sentait le petit corps de Marley trembler tout contre lui. Il tiendrait pas plus longtemps, alors il a ouvert les vannes et a senti les larmes rouler le long de ses joues, perler, du coin de ses yeux aux commissures gercées de ses lèvres. Ses jambes à lui aussi, étaient flageolantes. Tu m’as manqué. Beaucoup, terriblement, tout le temps. Il étouffe un de ses propres sanglots et hoquette comme un gosse. Puis une nouvelle vague d’émotion le submerge, une certaine mélancolie, mêlée au soulagement. Il sent son estomac se dénouer, le battement à ses tempes s’apaiser, alors même que son cœur accélère. Et puis, il sent ses genoux se dérober sous lui. La fatigue, les sensations, les retrouvailles. C’est trop pour lui. Alors il emporte Marley dans sa chute et doucement, ils retombent juste là, au milieu des graminées. Il la lâche pas pour autant, il a peur, un peu. Beaucoup.

Il enfuit sa tête dans la nuque de la blonde et émet un autre sanglot. Ses sourcils se froncent et il imagine son visage en décomposition, fendue d’une grimace larmoyante. Pitié, dis-moi que tu restes, dis-moi que c’est vrai, dis-moi que je vais pas te perdre encore une fois. Il hume son odeur, dans le creux de son cou. Il caresse son dos, plus pour vérifier qu’elle est toujours là, toujours avec lui que pour réellement apaiser ses convulsions. Parce que je le supporterais pas, tu sais. Ses doigts se crispent, se serrent et se dressèrent. Il resterait bien là pour le reste de sa vie, Caleb. La mort a eu au moins l’audace de lui apporter un certain réconfort, celui de retrouver son petit panda. Il fait pas gaffe aux alentours, aux bruits, aux paysages, aux couleurs. Y a qu’elle et lui. Y a jamais eu qu’elle, d’ailleurs. Alors il repense à tout ce qu’il a traversé, depuis l’enterrement, tous les niveaux de souffrance qu’il a supporté, de façon plus constante que virulente. Il se souvient de ses nuits qu’il a passé sans dormir, à se remémorer ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils n’ont jamais eu la chance de vivre. Sa gorge se noue un peu plus et il gémit comme un chiot contre la nuque de la blonde. Marleyyy... Il se sent con, il se sent faible, mais il s’en fout. Marley, elle sent peut-être plus la vanille. Mais elle sent la vie.


Dernière édition par Caleb Hawkins le Jeu 31 Juil - 8:31, édité 1 fois
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✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

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MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Mar 29 Juil - 1:58


''I see fire, burning the trees.
And I see fire, hollowing souls,
I see fire, blood in the breeze,
And I hope that you'll remember me.''
Si Marley avait pensé à quelque chose de là-haut depuis son arrivée, c'était son départ. Pas sa mort en elle-même. Un bus l'a renversée, y a pas grand chose à en dire. Ça a peut-être fait un article dans le journal du quartier ou du lycée, une annonce a sûrement été faite en classe, sûrement que des amis, des professeurs et des voisins sont venus son enterrement. Des voisins justement, c'est ce à quoi elle pensait. Son voisin, le sien, le seul qui compte – Caleb. Marley aimait pas penser à Caleb. Ça lui rappelait qu'elle n'aurait plus ses grands bras maladroits pour se blottir et s'endormir devant un film, ni son sourire d'idiot planté devant elle. Alors si une pensée arrivait, elle la chassait aussi vite. Marley ne voulait pas pleurer, Marley ne devait pas pleurer. Y avait déjà trop de pleurs dans sa mort pour ne pas en rajouter un. Si elle avait pesé à quelque chose, des jours, des nuits entières, si une chose l'avait bouleversée, c'était les adieux. Elle n'en avait jamais vraiment fait. Au pire c'était un à bientôt, mais si elle avait su, elle s'y serait mise. Quand tu sais que tu reverras quelqu'un le lendemain, y a pas besoin de faire des discours. Si on devait se faire des déclarations à chaque fois qu'on se sépare une heure ou un jour, on y passerait tout notre temps. Mais une fois que t'as plus personne à revoir le lendemain, hein ? C'est ça, le pire. Savoir que la dernière chose que quelqu'un a entendu de toi, c'est peut-être un à demain et le lendemain, y a personne. C'est peut-être un je te hais lancé à la va-vite qu'on rectifiera jamais. Pire encore, c'est peut-être un adieu, un je veux plus jamais te voir, le genre de connerie qu'on pense sur le moment, peut-être une heure ou deux après encore. Mais si on savait qu'on allait partir alors on rectifierait tout ça. Si quelque chose faisait de la peine à Marley c'est que peut-être que la dernière chose qu'on ait entendu d'elle ait été quelque chose de pas pensé. Une connerie qui est passé dans sa tête et en est repartie aussi tôt, tu vois ? Elle se disait qu'elle parlait trop, mais il y a tant de choses qu'elle aurait voulu dire. Les je t'aime lancés rapidement, comme ça, elle aurait aimé les dire avec sincérité. Elle aurait voulu regarder sa mère et lui dire merci pour tout. Merci d'avoir été toi, merci de m'avoir laissé être moi. T'étais peut-être pas une mère modèle, mais t'étais la mienne et c'est tout comme être la meilleure. Elle aurait voulu parler une dernière fois avec ses amis, leur dire que c'était bien, les rigolades. Qu'il faut pas qu'ils changent. Qu'ils sont aussi géniaux que cons, qu'elle les a aimé autant qu'ils l'ont aimée. Elle aurait voulu... elle aurait voulu aller sonner en face, une dernière fois. Voir un sourire agacé sur le visage mal réveillé de Caleb. Elle aurait voulu lui sauter au cou, juste ça. Lui dire merci à lui aussi, de s'être autant inquiété pour elle, de l'avoir laissé faire toutes ses conneries. Merci d'avoir été là quand ça allait pas et même quand elle faisait semblant que rien n'allait. Elle aurait voulu lui dire qu'il était beau, vraiment. Que sa voix était rassurante, que son regard était protecteur. Elle aurait voulu l'entendre dire quelque chose, même juste un T'es chiante, Marley une dernière fois. Elle aurait probablement rien réussi à dire. Elle aurait peut-être écrit une lettre. Maladroitement, une avec des ratures parce qu'elle fait des fautes, des fois. Une qui tremble un peu, qui hésite beaucoup. Elle aurait mit un cœur, en bas. Elle aurait peut-être écrit je t'aime, elle aurait peut-être signé Marley, juste ça. Pour qu'il se souvienne de son nom. Pour que si elle lui manque, il se rappelle tout ça. Et que si elle parte, il sache que ça a été vrai jusqu'à la fin. Que ça le restera toujours, en somme. Si chacun savait quelques jours avant quand il partirait, beaucoup retireraient leurs paroles. On s'appellerait, on s'écrirait, une dernière fois. On s'embrasserait juste pour être sûr de ce que ça fait. Ça serait peut-être trop dur de dire au revoir pour de vrai, mais on le ferait à notre manière. Mais Marley, mais les autres, ils ont pas eu cette chance. Alors quand elle dort pas, ça lui arrive d'y penser. De se demander s'ils la détestent pour ça. Elle qui a toujours gueulé quand on partait sans dire au revoir. C'est hypocrite un peu. Mais quand on est mort, on est seul, au début, alors on peut bien faire preuve d'un peu de mauvaise foi. Y aura plus personne pour cafter.
Et pourtant, Caleb, il est là. Elle a jamais été sonné, elle a jamais écrit de lettre, mais il est là. Lui et son sourire mal branlé, sa voix de canard quand il parle. Il est là, et ses bras se resserrent autour d'elle. Comme si elle était prisonnière. Mais si c'est ça la prison, elle veut bien être condamnée à vie – à mort. Et puis c'est Caleb qui s'est mit à pleurer. Marley l'avait déjà vu pleurer. Ça entraînait toujours une réaction en chaîne et elle finissait à chouiner aussi, mais là c'était différent. Là, Caleb, il pleurait pour elle. A cause d'elle. Tu m’as manqué. Beaucoup, terriblement, tout le temps. Elle s'imaginait facilement qu'on ait pu la détester ou lui en vouloir. Elle se doutait qu'elle manquerait à sa mère et à quelques amis. Mais lui, c'est le dernier qu'elle attendait. Ça arrive souvent, qu'une personne pleure pour une autre. Mais Caleb, Caleb... Il avait d'autres gens pour qui pleurer, non ? Ou bien des gens qui lui faisaient oublier qu'il voulait pleurer. Peut-être qu'il se sentait obligé, que c'était une convention. On crève, on s'retrouve, on pleure. C'était peut-être dans l'ordre des choses là-haut, mais y avait pas vraiment de convention ici. Les sanglots faisaient toujours trembler Marley, mais elle sentait trop de choses se passer en elle. Son cœur qui s'emballe, ses poumons qui se remplissent mal, ses yeux qui brûlent. Est-ce qu'elle avait le droit de faire pleurer Caleb ? Est-ce qu'elle avait le droit, est-ce que c'était de la méchanceté de faire pleurer quelqu'un ? Est-ce qu'elle le méritait, qu'il pleure pour elle ? Il en avait des plus belles et plus gentilles et plus intelligentes, mais il disait pas leur nom de la même manière. Marley c'était un peu le doudou parmi les peluches. Y a celles qui servent de décor, pour faire joli quand on invite un copain à dormir, et puis y a celui qui rassure quand on dort, qui console quand on dort pas. Celui qu'on montre pas toujours mais c'est celui qui fait se sentir mieux quand on le prend dans ses bras. Alors peut-être que oui, Marley avait le droit de faire pleurer Caleb. Peut-être qu'elle avait encore plus le droit que les autres. Même si c'était pas génial.
Et puis tout le poids du Pays des Merveilles s'abat sur Caleb et il tombe, Marley avec. Elle pense même pas à gueuler, elle pense même pas à se relever. S'il finit sur la tête chez les Chinois des Merveilles, elle finira là-bas avec lui. La maison la plus luxueuse ne vaudra jamais mieux que le pire des enfers si Caleb ne l'y accompagne pas. Alors parterre, c'est pas grand chose.
Pitié, dis-moi que tu restes, dis-moi que c’est vrai, dis-moi que je vais pas te perdre encore une fois. La voix de Caleb résonne dans le bois et dans sa tête comme si ça n'était qu'une hallucination. Mais dans les hallucinations de Marley, y a pas de pleurs et pas de douleur. Elle presse son petit corps contre le sien, et elle a l'impression qu'elle s'est jamais sentie aussi bien. Qu'elle a jamais autant apprécié un câlin que celui-ci. Elle sent la tête de Caleb partir dans son cou, ses mains dans son dos. Il est dans sa tête, il est dans son cœur, dans ses bras. Caleb est et a toujours été un peu partout. Quand elle se battait comme dans les jeux vidéo auxquels elle le regardait jouer. Quand elle courrait comme pour lui échapper après avoir fait une connerie. Même quand elle s'endormait comme quand elle était trop fatiguée devant un film. Parce que je le supporterais pas, tu sais. La voix presque cassée de Caleb, ça fait quelque chose dans la tête de Marley. C'est perturbant, c'est impensable, c'est inhumain. Elle prend une grande inspiration, passe ses bras autour du coup de cet idiot. C'est comme si elle s'enflammait partout où leur peau était en contact, et le feu n'a jamais été aussi réconfortant. Elle réussit à calmer ses sanglots, doucement. Elle prend son temps, reste muette jusqu'à être sûre. Il est là, il ne s'envolera pas. Si elle veut pleurer, elle pourra continuer après, et Caleb sera toujours là pour la câliner. Alors elle se lance. Tu... Les mots n'avaient jamais eu autant de mal à sortir. Elle en avait tellement qui se bousculaient qu'elle ne savait pas par lesquels commencer. Tu m'en veux, Caleb ? De t'avoir laissé, je voulais pas, je... je pars plus, nulle part. J'reste jusqu'à ce que tu veuilles plus de moi. Et même après. Petit à petit, Marley arrivait à se détendre. A organiser le foutoir qui lui servait de tête. Il était là, maintenant. S'il le fallait, elle lui dirait tout ce qui se bousculait dans sa bouche, mais ils avaient le temps pour ça. Un peu de temps, au moins. La blonde retrouvait même des airs familiers : des yeux pétillants, un sourire d'une oreille à l'autre. Elle n'était pas sûre de savoir quel jour on était, mais si c'était son anniversaire, c'était le plus beau de tous. Marleyyy... Les sanglots de Caleb s'intensifiait, mais Marley préférait les calmer que leur servir d'échos. Une des mains de la gamine passa sur sa joue, et elle se recula doucement. Pas assez pour ne pas sentir sa chaleur, ce qu'il reste de son parfum et tout ce qui fait que Caleb est Caleb, juste ce qu'il faut pour l'observer de plus près. Ses cheveux, sa barbe de trois jours, sa mâchoire carrée. Des lèvres qu'elle connaissait par cœur. Des yeux qui étaient de sa couleur préférée. C'était lui, sa couleur préférée. Aussi son odeur préférée, son tableau préférée. Sa chanson préférée c'était Caleb qui lui disait qu'elle était belle. Son film préféré c'est Caleb qui lui sourit tendrement. Elle passe un doigt sur chacune de ses paupière, essaie de chasser les larmes qui roule sur ses joues. Hey, pleure pas. Je reste là, maintenant, alors pleure pas, s'il te plaît... pleure pas pour moi, Caleb. Pleure plus jamais. Elle souriait tendrement au grand brun, de la manière la plus vivante possible. Ses yeux se baissaient doucement, se perdaient le long du cou de Caleb, de son bras, et sur sa main trop grande pour elle. Sa main à elle suivit le même chemin, caressant doucement sa peau, ne quittant que le minimum nécessaire son contact. Elle posa sa patte blanche sur la sienne, la presse doucement. Tu m'as manqué aussi. Plus que tout le reste. Et l'amour qu'elle préférait, c'était celui de Caleb.
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MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Jeu 31 Juil - 8:43


 
don't you cry for the lost
smile for the living

 
D
ans la vie, les gens s’attachent souvent à certains objets, prennent souvent de mauvaises habitudes. Au commencement, c’est juste pour essayer. Puis, on recommence, on y goûte à chaque fois un peu plus et on en devient vite dépendant. Ça reste dans un coin de votre tête, dans une boîte un peu bordélique, ouverte au milieu de votre esprit, et ça hurle, ça hurle jusqu’à ce que vous répondiez à ce qui finit par devenir un besoin. Une bouffée de fumée, une latte de joint, un verre de whisky, deux carreaux de chocolat, un litre de café, un paquet d’allumettes, un jeu de cartes, un ticket de loto. Ça peut être tout, ça peut être n’importe quoi. Mais au final, on peut plus s’en défaire, c’en devient addictif. Pourquoi ? Parce que, au fond, ça apaise. Ça panse des plaies, des cicatrices un peu trop douloureuses. Ça vous donne l’illusion que ça va un peu mieux, que vous pourrez continuer à avancer. Ouais, tant que vous avez votre came, tout va bien. Votre vie est rangée, elle est calme et paisible, même si vous pouvez pas vous empêcher d’en redemander, toujours plus. Vous oubliez la douleur, vous oubliez les malheurs, juste un instant, mais vous vous en sortez le cœur un peu plus léger. Pour Caleb, c’était Marley sa drogue. C’était terrible et frustrant, ce sentiment qui le submergeait quand ils s’éloignaient l’un de l’autre, rien que pour la nuit, chacun de l’autre côté d’un mur.
Sauf qu’une addiction, ça dégénère vite. Ça vous consume à petit feu, jusqu’à vous laisser dans votre coin, meurtri, vidé. Ça finira toujours par vous avoir au final, qu’importent les efforts que vous faites. Ouais, on peut dire que Caleb était accro à Marley. Parce que la frustration s’est mue en souffrance, en noirceur, en désespoir quand il pouvait plus avoir sa dose quotidienne. Mais lui, vous, nous, on ne peut rien faire pour y remédier. Y a pas de cure de désintox pour les cœurs brisés. On dit qu’il suffit d’attendre, qu’avec le temps, ça ira mieux, que les plaies seront suturées. Mais c’est long d’attendre. On meurt un peu plus chaque jour, le palpitant en miettes. Après tout, les Hommes ne sont qu’une moitié d’être, pas vrai ? Constamment à la recherche de cette autre part qui doit les compléter. Une âme sœur. Mais, quand on la trouve, et qu’on la perd ? Est-on voué à jamais au chagrin amoureux ou peut-on avoir une seconde chance ? Après tout, sur Terre, on est bien sept milliard. Sept milliard de corps, sept milliard d’âmes, sept milliard de cœurs. Qu’ils soient hommes, femmes, enfants, qu’ils viennent de tous pays, qu’ils représentent toutes les ethnies, qu’ils parlent des langues toutes différentes, au fond, ils sont tous unis. Certains sont bruns, d’autres roux, d’autres blonds, naturels ou non. Certains sont timides, d’autres aiment se faire remarquer ; certains sont célèbres, d’autres vivent dans l’anonymat. Certains sont cons, certains combattent une cause, d’autres en récoltent les conséquences. Sur ces sept milliard, c’est tout autant de différences. Il y a sept milliard de paires d’yeux différentes, grandes, rondes, en amandes, tombantes, borgne, bleus, grises, vertes, noisette. Il y a sept milliard de bouche, aux lèvres pulpeuses, fines, incurvées, souriantes, gercées. Sept milliard de sourire, aux dents blanches, tartrées, mal alignée, appareillée. Sept milliard de cheveux, ras, court, frisé, souple, épais, fins, lisses, bouclés, longs. Sept milliard de paires de mains, petites, anguleuses, vieillis, grandes, malades, agiles, malhabiles. Sept milliard de tout, de rien, de corps comme de cœurs. Il y a sept milliard d’âmes, sept milliard de possibilités, sept milliard de gens à aimer. Sept milliard, et pourtant, c’est Marley qu’il a choisi.
Marley. Marley. Marley. Juste un nom, six lettres, deux syllabes. Un petit mot, tout bref, éloquent, qui sonne comme une musique enjouée, qui vous égaie l’âme. Ouais, Marley, c’est une perle de Soleil, égarée mais éclatante. Elle la joie de vivre dans les veines, l’amour qui bat aux tempes et un ciel étoilé dans le fond des yeux. Ça pétille, ça brille quand elle vous regarde. Même quand y a plus rien, quand y a plus de lumière, plus d’envie, ça scintille encore. Elle est magique, Marley. C’est une petite fée, gracile et blonde, qui vole au-dessus de vous, et vient vous emmerder un peu avec sa poussière féérique, un sourire taquin aux coins des lèvres. Elle était tellement magique, que dans ses bras, Caleb se sentait déjà mieux. Le simple contact entre leurs peaux avait suffi à balayer tous ses doutes, à enrayer ses maux. T’en vouloir ? Le soir même, et tous les suivants, je les ai passé à colmater, la tête sur mon oreiller, à me demander ce que je foutais ici, tétanisé, assommé, incapable de rien. J’en avais marre de faire semblant, de faire comme si tout me glissait dessus, comme si ça me touchait pas. Je ressassais tous nos souvenirs, j’imaginais des spectres de toi pour me tenir compagnie. Mais la peine, elle, était réelle, constante. Je me sentais seul, empli de fatigue. J’y arrivais pas sans toi, j’arrivais plus à encaisser et rien, pas même les mots doux de ma mère, de la tienne et encore moins les avances de Syd ne m’ont soulagé. J’voulais que tu reviennes, que tu me répares, que tu trafiques mon cœur et mes sentiments qui fonctionnaient plus bien. Mais non, je t’en veux pas. C’est pas ta faute, c’est pas toi. C’est au-dessus de nous. C’est pas Dieu, c’est pas la vie, c’est la mort. Il aurait aimé lui dire, Caleb, il aurait vraiment aimé. La rassurer, c’était son rôle. Mais il pouvait pas. Les sanglots l’empêchaient de parler, lui obstruaient le fond de la gorge. Ça lui picotait le nez, ça lui brûlait les bronches. Mais Marley, sa Marley, elle avait arrêté de s’apitoyer. Parce qu’elle était forte, plus que n’importe qui. Il la sent qui recule, juste un peu. Puis, le contact de sa main sur sa joue. C’était doux, moelleux et chaud. Ça faisait du bien, un bien fou. Elle est magique, Marley. Il garde les yeux à terre. Il préfère étudier les brins d’herbes tassés sous le poids de leur corps, plutôt que de lui faire face. Pas comme ça, pas à chialer comme un gosse. Il garde les paupières closes et la blonde en profite pour les effleurer, comme une plume, légère et fluide. Elle chasse les larmes comme un chevalier occis un dragon. C’est une héroïne, Marley. Hey, pleure pas. Il lâche un dernier sanglot, qu’il ne pouvait plus contenir. Il hoquète et se reprend un peu, quand il remarque que ses doigts se mettent à trembler. Je reste là, maintenant, alors pleure pas, s'il te plaît... pleure pas pour moi, Caleb. Pleure plus jamais. Il se laisse bercer pas sa voix et fait le vide dans sa tête. Elle lui apporte un effet de catharsis. Il essaie de calmer ses tremblements, de réguler sa respiration. Il hoquète une dernière fois, renifle un peu. Il sent juste la main de Marley, qui glisse le long de son corps, qui embrase la moindre parcelle de peau et qui la laisse à vif, qui lui donne l’impression qu’il recommence à vivre. Il inspire encore avec difficulté et dégluti deux fois pour enfin parvenir à se stabiliser. La main de son ancienne voisine sur la sienne achève de l’apaiser. Il retourne sa paume doucement, pour entrecroiser leurs doigts. Ses prunelles remontent enfin et il l’observe avec attention. Elle sourit et il se sent fondre. Des semaines qu’il attendait de le retrouver, ce si beau sourire. Il est sincère, rassurant, vivace. Le diaphragme de Caleb se tord un peu et il se sent comme pris dans une bouffée de chaleur. Mais c’est juste la fièvre de son cœur, ses fragments de palpitant qui retrouvent peu à peu leur place. Et toi, pars plus jamais, plus comme ça. Ou je te jure que je viens te récupérer, quitte à t’achever moi-même. Tu m'as manqué aussi. Plus que tout le reste. Rien qu’en l’entendant prononcer ces mots, rien qu’en percevant la vérité derrières ces lettres, Caleb regrette. Il regrette, de jamais avoir dit ou fait quoi que ce soit, là-haut. En deux ans, deux putains d’années, il s’était montré trop con pour oser faire quoi que ce soit. C’était une expérimentation, leur histoire. Comme un jeu perpétuel. Ils se cherchaient, se chamaillaient comme des gamins. Il compte même plus le nombre de fois où il a vu Marley bouder parce qu’il l’avait charrié. Il a aussi arrêté de compter le nombre de fois où il lui a dit « je t’aime » dans sa tête. Ouais, il a été bien con, Caleb, de jamais lui avoir dit. Peut-être que, s’il l’avait fait, rien de tout ça ne serait arrivé. Peut-être que Marley serait pas sortie ce jour-là, peut-être qu’elle serait restée chez lui, dans ses bras, sur le canapé, à revoir pour la quatorzième fois le même dvd en se goinfrant de glace. Peut-être qu’elle serait jamais morte. Peut-être qu’au fond, c’est de sa faute s’ils en sont là. C’est pas ta faute, c’est pas toi. C’est moi. Il s’en veut. S’il avait su, rien que dix minutes avant, ce qui allait arriver, il l’aurait suivie, il l’aurait appelée, il l’aurait retenue, il l’aurait aimée. Ouais, Marley, elle est magique et Caleb, il est con.
De sa main libre, il s’approche du visage de la petite blonde et replace une mèche errante derrière son oreille. Jamais il ne l’avait trouvé aussi belle qu’en cet instant. Il lui sourit un peu, pour lui signifier que ça va mieux, maintenant qu’elle est là. Il plonge ses yeux dans les siens. Il pourrait s’y perdre, rester là pour toujours et à jamais. Mais c’était impossible. Parce qu’il ne voulait pas de plus de remords.  Il fait glisser sa main, de son oreille à l’arrière de sa nuque. Les battements de son cœur s’accélèrent. Il approche son visage du sien, lentement, un peu maladroitement. Il s’est arrêté de respirer, un mélange de peur et d’envie lui nouant l’estomac. Il réduit davantage l’espace qui les sépare et pose délicatement ses lèvres sur les siennes, comme un effleurement, un plume toute légère. Il goûte à leur douceur, ressent encore le sel déposé par les larmes qui y ont coulées. Son autre main se détache de celle de Marley et vient rejoindre l’autre, à l’arrière de son crâne. Il voulait pas devoir se maudire une seconde fois de ne pas avoir tenté sa chance. Maintenant qu’il l’avait retrouvé, il ne voulait plus risquer de la perdre, de gâcher leur temps ensemble, qui leur était peut-être compté. Mais il ne peut pas s’empêcher de sourire, avec toutes les émotions qui le parcourent et lui procurent des frissons.
Il se détache fébrilement, pour observer le petit ange face à lui. Il se mord la lèvre inférieure pour tenter de vainement réprimer un autre sourire béat. Je sais pas pourquoi on est là, je sais pas à qui on doit ça, si c’est un enfer ou le paradis, tout ce que je sais, c’est que je veux plus m’éloigner. Il caresse sa joue rosie de son pouce. Faut croire que tu vas devoir me supporter encore un bon bout de temps. A jamais et pour l’éternité, selon ce qui dure le plus longtemps.


Dernière édition par Caleb Hawkins le Sam 2 Aoû - 23:16, édité 1 fois
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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 299
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1651
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : corbeau
✢ AVATAR : Chloë Moretz
✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Jeu 31 Juil - 23:30


''I see fire, burning the trees.
And I see fire, hollowing souls,
I see fire, blood in the breeze,
And I hope that you'll remember me.''
Dix-sept ans, ça n'est pas bien long, et pourtant Marley a eu le temps d'en avoir, des rêves, en dix-sept ans. Ça n'est pas long, mais elle a eu le temps de penser à jusqu'à ses quarante ans au moins. Et au mari qu'elle aurait, comment elle aurait voulu qu'il soit, et aux enfants qu'elle aurait voulu élever dans une grand maison avec une piscine et plein de jeux. Dix-sept ans, ça n'est pas bien long, et pourtant Marley a eu le temps de connaître mille émotions et peut-être un peu plus. La joie, la peine, la jalousie, la fierté, le regret, le vide, la colère, le manque, entre autres. Quand elle avait perdu son chien, elle avait été triste. Quand elle avait de bonnes notes, elle sautait de joie. Quand sa mère s'était retrouvé en fauteuil, elle avait ressenti de la rage, comme jamais. Quand elle la faisait sourire, elle n'avait que rarement été aussi fière d'elle. Et puis quand le voisin a emménagé en face, elle a été curieuse. Un peu amoureuse, aussi, ça la changeait de l'ancienne voisine, bien qu'adorable. Quand ils ont apprit à se connaître, elle était contente. Quand il lui disait qu'elle était belle, elle se sentait comme la reine du monde. Quand elle voyait une autre fille pendue à son cou, elle aurait pu se noyer dans ses larmes. A chaque fois qu'il la présentait comme sa voisine, elle avait envie de hurler. Quand il ne pensait pas à elle pendant plus de deux jours, elle se vidait. De tout et même de l'énergie. Pourtant l'énergie, la joie, c'est l'essence même de Marley. Si elle ne court pas partout, se gueule pas pour un rien, ne saute pas de joie à la moindre bonne nouvelle, ça n'est pas Marley. Marley, elle n'a que dix-sept ans et elle ne fêtera plus jamais son anniversaire, mais c'était un concentré de femmes. En la diluant dans l'eau, Marley, on peut facilement faire dix gamines normales. Et pourtant, c'était Caleb qui décidait des jours où Marley était Marley et des jours où elle se contentait d'être. C'est fou, un tel pouvoir, mais ce qui est encore plus fou c'est de ne pas en être au courant. De ne pas savoir qu'au moment où un bus déchiquetait sa jambe, la seule chose qu'elle aurait voulu gueuler c'était à Caleb de venir l'aider. Juste lui, qu'il la prenne dans ses bras s'il ne pouvait rien faire d'autre. Qu'il la regarde, une dernière fois, qu'il la regarde, une dernière fois, qu'il se souvienne de ne pas l'oublier. C'était fou qu'il n'ait jamais compris que même quand elle se moquait de ses petites amies, elle avait juste envie de fondre en larmes, de les frapper parfois. De les faire la fermer, là, avec leurs mots d'amour et leurs grands yeux trop maquillés. Marley avait trop d'énergie, mais parfois elle aurait aimé en donner un peu à quelqu'un d'autre. C'est bien joli, d'éclater de joie, mais Marley est persuadée que pour toute joie vient une peine équivalente. Simple question de logique, comme le bien qui ne peut exister sans le mal. Après toutes ces fois où elle s'était retenu de pleurer devant lui pour ne pas avoir l'air idiote, après toutes ces fois où elle a été déçue en le voyant sourire à une grande brune de la manière dont elle aurait aimé qu'il lui sourie, à elle, après le bus qui les a séparés, Marley devait bien avoir le droit à son lot de joie. Autre que celle de trouver à manger, d'arriver à s'endormir, d'être encore morte et pas pire. Et là, dans les bras de Caleb, il lui semblait que même la mort de l'avait pas autant attristée que sa présence fait son bonheur. Les doigts de Caleb s'emmêlent avec les siens et elle ne peut s'empêcher de la serrer un peu, cette grande main. Celle qu'elle espérait voir tendue vers elle. Et ça y est, elle est là. Certains rêvent de revivre, Marley, elle, rêvait de Caleb. A choisir entre la vie, un repas chaud pour chaque jour de sa mort et juste une minute de plus contre lui, la blonde savait déjà qu'on la trouverait idiote de sacrifier la survie pour une minute. Mais elle était comme ça, Marley. Quand elle vivait, c'était à fond. Quand elle riait, de bon cœur, quand elle déprimait c'était depuis le trente-sixième dessous et quand elle aimait, Marley, c'était plus sincère que n'importe quelle autre émotion, c'était plus pur que l'âme d'un gamin. Marley qui aime c'est aussi doux qu'une colombe, et si ça n'avait pas été pour la chaleur de ses bras, elle se serait envolé sur le champ.
Les yeux de Caleb se plantent dans les siens, et Marley n'est pas loin de se laisser consumer. Elle a eu beau penser le moins possible à sa vie, les yeux de Caleb l'ont hanté jour et nuit. Quand elle trouvait de quoi, il lui arrivait de le dessiner. Les papiers ont jauni depuis, mais elle l'a fait une fois, deux fois, trois fois et a arrêté de compter. Elle était liée par le sang à sa mère, ses amis l'oublieront d'ici deux changements de statut facebook, mais Caleb ? Elle n'avait pas de lien du sang pour lui. Elle n'avait jamais rien dit pour prétendre avoir un lien amoureux avec lui. Alors le jour où elle oubliera son visage, il aura peut-être oublié le sien. Alors Marley s'asseyait et dessinait du mieux qu'elle pouvait. Elle n'avait jamais été une artiste, mais pour lui, elle faisait un effort. Parce que c'était le seul qui en valait le coup, Caleb. Parce que c'est pas une autre voix qui résonne dans la tête de la blonde depuis des mois, parce que c'est pas l'air idiot de quelqu'un d'autre qu'elle a rêvé de voir. Et même quand elle vivait, c'était pas les mots doux d'un autre qu'elle voulait entendre. Parce que c'était Caleb ou rien comme on choisit la vie ou la mort. Elle espère que personne ne le lui répétera jamais, qu'elle le dessinait, c'est idiot. Mais Marley n'a jamais eu une mémoire géniale, et elle aurait préféré perdre un bras que ce souvenir. Et toi, pars plus jamais, plus comme ça. Ou je te jure que je viens te récupérer, quitte à t’achever moi-même. Elle se contente de hocher la tête. Il n'avait jamais été question qu'elle reparte, et il n'en serait jamais question. Si elle en venait à perdre le regard de Caleb une nouvelle fois, même juste un jour, même pas grand chose, Marley... les mots ne lui venaient même pas à l'esprit. Elle ne pouvait pas penser l'impensable, alors elle préférait ne pas penser du tout. Penser au fait qu'à Wonderland, tout peut arriver. Elle sera peut-être forcée de recommencer à dessiner, demain. Ils feront tout pour que ça n'arrive pas, l'un et l'autre, mais on ne sait pas. Et peut-être que c'est lui, qui la dessinera. Et peut-être que c'est elle qui partira. Encore, parce que ce Pays semble vouloir que tout ce qui est arrivé continue et recommence. Les joies, les peines, les retrouvailles, les absences. Ils ne plongeraient pas dans la boucle infernale mais si jamais, on ne sait jamais, Marley gardait un bout de papier. Parce qu'il ne fallait pas oublier, pas même un peu, l'éclat dans ses yeux et la malice dans son sourire. Il ne fallait pas oublier les fossettes aux coins de ses lèvres. Et même la manière qu'il a d'être mort, non, fallait rien oublier de Caleb, rien, parce qu'à chaque fois que Marley oublie ne serait-ce que la façon dont il respire, Marley s'oublie un peu elle-même. Alors elle le fixe, là, de ses yeux à ses lèvres, de la manière qu'il a d'être à celle qu'il a de la faire craquer. A celle qu'il a de replacer une mèche de cheveux derrière son oreille, et de la faire mourir, étouffée par ses propres sentiments. Etouffée par le nombre d'aveux amoureux qu'elle ne s'est jamais risqué à dire, étouffée par le nombre de fois où elle a pleuré parce qu'elle l'avait trop vu mais qu'il ne s'était rien passé, ou parce qu'elle l'avait vu et qu'il s'était passé quelque chose avec une autre fille, ou parce qu'elle ne l'avait pas vu. Etouffée par ses propres frissons quand la main de Caleb effleure sa peau jusqu'à l'arrière de sa tête. Etouffée par toutes les fois où elle a espéré qu'il la regarde comme ça, où elle a espéré que ce soit elle, tout contre lui. Dans ses bras, dans sa tête et dans son cœur. Et l'y voilà, morte et plus vivante qu'une de là-haut.
Le visage de Caleb s'approche lentement, et le cœur de Marley rate un battement. Elle ferme les yeux, doucement, et se laisse faire. Elle en a rêvé, Marley, de ce baiser. Depuis deux ans, et il fallait qu'ils en meurent pour qu'elle l'ait. Elle en viendrait presque à regretter de ne pas être morte avant, mais ses pensées étaient bien trop exagérées. Les lèvres de Caleb posées contre les siennes, là, et son regard avant, et lui tout entier, c'était trop hypnotisant, c'était trop enivrant, c'était le poison le plus mortel et le plus doux qui puisse exister. Et puis il se détache. Il aurait pu rester là mille ans que ç'aurait été trop court. Les yeux de Marley se rouvrent, comme des océans pas loin de déborder, et elle ne trouve rien d'autre à faire que de fixer les lèvres de son ancien voisin. Douces et mielleuses, comme un rêve un peu trop beau. Marley qui pensent que les rêves existent au Pays des Merveilles, ça n'avait jamais eu autant de sens. Je sais pas pourquoi on est là, je sais pas à qui on doit ça, si c’est un enfer ou le paradis, tout ce que je sais, c’est que je veux plus m’éloigner. Faut croire que tu vas devoir me supporter encore un bon bout de temps. Une larme s'échappe des yeux de Marley qui ne peut s'empêcher de rire doucement. Caleb n'avait jamais été aussi beau, ni touchant, ni attentionné, et pourtant il en avait passé, des soirées à la câliner, à la consoler, à la rassurer. Le cœur de la blonde n'avait jamais autant eu envie de bondir et de s'échapper, et elle n'avait jamais eu besoin de retenir la colombe de s'envoler à ce point. Elle aurait voulu le lui hurler, là, qu'elle l'aime à en mourir une seconde fois, mais rien ne sortait. Ses mots à elle pourraient briser la magie. Alors dans le doute, elle attend encore un peu. Se rapproche d'avantage de lui, dans ses bras, et appuie doucement sa joue contre la main qui la caresse. Elle reste là un instant, parce que c'est apaisant et infini. Infiniment doux et infiniment beau, infini dans le temps, infiniment intense et si peu en même temps. Elle ouvrit la bouche, hésitante presque comme si c'était un pêché, et sa voix avait ce quelque chose d'heureux, ce quelque chose qui prenait de la magie du moment pour la lancer avec ses mots. J'te supporterais si c'est tout ce que j'ai à faire pour rester dans tes bras, et quand ça s'ra la fin, j'attendrais qu'y ait un autre début pour continuer. Marley sentait que ses phrases n'avaient pas beaucoup de sens, mais elle n'était plus sûre de pouvoir parler correctement après tant d'émotions. Elle se remit à sourire, les yeux larmoyants. C'est ce qu'elle sait faire le mieux, après tout. J'suis pas sûre de réaliser encore... Toi, et moi, et ici, et... et ce baiser, là. Celui dont tu parlais, des fois, en disant que un jour ou que peut-être ou que t'as qu'à, toi. L'irréel, l'halluciné, le rêvé. S'ils n'étaient pas déjà parterre, Marley s'écroulerait. J'ai arrêté le nombre de fois où j'ai espéré te revoir, et j'suis tellement désolée, d'être partie, et puis de toi ici et en même temps, ses pensées ne suivaient plus ses paroles et elle était prête à éclater en sanglots de nouveau, mais Marley continuait et en même temps merci... Elle renifla un coup en se stoppant, en essayant de remettre un peu d'ordre dans ses idées, mais Marley avait toujours été un peu bordélique. J'ai besoin de toi, Caleb, autant que d'air à respirer, alors t'as pas intérêt à changer d'avis.
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☩ CERVELLES GAGNÉES : 1457
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : ohmagad
✢ AVATAR : douglasthesexiestbooth
✢ CREDITS : (c) astoria
✢ AGE DU PERSONNAGE : trop jeune pour mourir, trop tard pour vivre
✢ JE SUIS : alice
✢ DANS TES POCHES : son cellulaire, un briquet, son porte-feuille et sa paire de lunettes
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : étudiant en informatique, hacker quand ça lui chante
✢ LOCALISATION : derrière l'arbre qui était avant devant toi sur ta gauche par l'arrière du milieu
ALL MEN MUST DIE.


✢ JE EST UN AUTRE : un certain prêtre, elias
MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Sam 2 Aoû - 23:22


don't you cry for the lost
smile for the living

P
apa, comment qu'on sait quand on est amoureux ? Caleb se rappelle quand, tout gamin, il avait posé cette fameuse question à son père. Faut dire que tous les gosses le font. Celle-là et l'autre, la plus prohibée, sur le comment qu'on fait les bébés. C'est un rite d'initiation, en quelques sortes. Mais plus que la question, c'était la réponse qui l'avait marqué. Tu le sais, c'est tout. C'est tout. C'est tout. C'est rien, ouais, comme indice. Au début, il y croyait pas Caleb. L'amour, c'est qu'une vieille histoire niaise inventée pour endormir les petites filles qui se prennent pour des princesses. Puis, de toute façon, les filles, c'est pourri, c'est toutes des vaches, elles jouent pas aux indiens, elles veulent faire leur madame en portant les talons de maman trois fois trop grand, elle pète une durite quand on critique leur boys band préféré et puis ça aime le rose et les Barbie. Enfin, c'est ce qu'il se dit, jusqu'à ce que les hormones se mettent en marche. Mais même-là, il s'est interrogé. Son père lui avait balancé une vieille connerie à deux balles, parce qu'il avait la flemme et pas d'imagination. Et puis, il a compris que c'était qu'un demi-mensonge. Ouais, quand on est amoureux, on le sait. Mais y a des indices qui ne trompent pas, qu'on soit foutu de les voir ou non.
D'abord, y a ces petits picotements, dans le fin fond de l'estomac, comme un flottement constant, des battements d'aile de papillons qui vous effleurent et vous chatouillent de partout, dès que vous êtes en contact avec cette personne. Puis, y a les sourires qui ne peuvent s'empêcher de naître, à tout moment. Suffit qu'on vous parle un peu d'elle ou de lui, qu'on évoque un nom, un souvenir, une odeur. Pas même besoin de citer le prénom de l'intéressé pour que son image surgisse dans votre esprit, qu'elle vous accapare, vous hante à tout moment. Subitement, tout, même les petits détails insignifiants vous ramènent à cette même personne. Et puis, cette fameuse personne se retrouve partout. Vous en parlez à tout le monde, qu'importe le sujet, qu'importe l'humeur, vous avez besoin de la faire vivre aux travers de vos paroles, ça vous donne l'impression de vous rapprocher d'elle. Dans le creux de votre cage thoracique, vous remarquez que les battements de votre cœur s'accélèrent, toujours un peu plus, toujours un peu plus vite. Même de l'extérieur, on le remarque. Les gens vous le font savoir, implicitement. Ils vous complimentent, s'interrogent, vous disent que vous rayonnez comme jamais. Ouais, c'est tout autant de preuves qui vous font pensez que vous êtes amoureux. Mais au fond, c'est quoi l'amour ?
Caleb dirait que l'amour, c'est accepter l'autre comme il est, dans ses qualités comme ses défauts, ses bons comme ses mauvais jours. Caleb dirait que l'amour, c'est pas seulement tomber pour un corps, mais c'est pour l'âme, pour la voix, les mots, les gestes, les petites attentions qui font qu'une personne est une personne et que Marley est Marley. Comme sa façon frénétique de lisser les mèches un peu trop rebelles de sa tignasse tout en blondeur du bout de ses doigts fins. De s'humecter les lèvres parfois, quand elle veut se lancer dans un discours sincère et pas une énième beuglante. Ses genoux cagneux qui s'entrechoquent quand elle tremble à cause du froid de la nuit. Sa démarche enjouée, sa façon de mouver ses hanches, parfois de façon un peu bancale, mais toujours en confiance. Son petit nez qui se fronce comme la truffe d'un lapin quand elle essaie d'avoir une expression mauvaise, le regard inquisiteur. Le son de sa voix, le matin, quand elle est mal réveillée et qu'elle vous hurle d'aller cordialement vous faire voir en s'écorchant les cordes vocales. Le scintillement au fond de ses prunelles qui ne semble jamais s'arrêter, comme un océan de paillettes mordorées. Le petit mouvement de ses orteils quand elle bat le rythme d'une chanson. Sa moue boudeuse qui fait mal autant qu'elle vous fait fondre tant elle est mignonne. Dans l'fond, Marley, c'est un peu comme une pomme. Elle est belle et brillante, sucrée et dorée. On pourrait la croquer. Mais Marley, c'est plus qu'un fruit goûtu qui survit le temps d'un automne, c'est un ouragan. Une putain de tempête. Elle emporte et elle apporte tout sur son passage. Elle gomme les peines pour faire naître des sourires, elle efface la douleur pour que la joie seule se fasse sentir. Mais surtout, elle dévaste tout, avec son petit cyclone de sentiments. C'est clair qu'elle a foutu un beau bordel dans l'âme de Caleb ; elle a laissé sa trace partout, surtout dans son cœur. Un cœur qui battait, qui saignait rien que pour ses beaux yeux. Sauf qu'il est con le petiot. Il a vécu dans l'illusion qu'il divaguait, qu'elle lui envoyait des mauvais signes et amen. Il voulait se persuader que c'était sur Sydney qu'il devait se concentrer. Mais alors, pourquoi, dès que la porte de son appart s'ouvrait, il espérait que ce soit une petite teigne blonde et malicieuse qui apparaisse plutôt que le visage de sa formelle petite-amie ? Pourquoi c'est elle qui le hantait pendant qu'il traversait les rayons surgelés du supermarché alors qu'il accordait qu'une brève pensée cynique pour Sydney en passant devant les yaourts zéro pour-cent de matière grasse ? Pourquoi c'est sa voisine qui accaparait ses rêves, ses nuits, ses projets, son esprit ? Pourquoi c'était elle qu'il appelait en urgences la nuit, quand un orage grondait au-dehors et qu'il tremblait comme un gosse qu'à perdu son doudou dans son lit ? Pourquoi c'était elle la première à recevoir un sms quand il avait une nouvelle à transmettre ? Pourquoi c'était elle qui l'avait tant chamboulé, tant déchiré quand elle est partie ? Pourquoi son cœur a craqué si fort quand il a appris ? Pourquoi il s'est senti mort avant l'heure ? Vide de tout, capable de rien ? Parce qu'il l'aimait. Parce qu'il l'aime, comme il a jamais aimé auparavant. Parce qu'il était trop aveugle, trop con, trop peureux pour la retenir, tout lui avouer et vivre. Mais on apprend de ses erreurs. Et Caleb n'était pas prêt à laisser filer sa chance une deuxième fois.
Ça non. Il avait trop souffert de son absence, il était trop ému de leurs retrouvailles, pour la laisser s'envoler à nouveau. Même s'il devait s'enchaîner à elle pour qu'elle reste, il le ferait. J'te supporterais si c'est tout ce que j'ai à faire pour rester dans tes bras, et quand ça s'ra la fin, j'attendrais qu'y ait un autre début pour continuer. Y aura pas de fin, y en aura plus, plus jamais, je te promets. Au final, même si elle reste, il s'enchaînera à elle. Elle lui est trop précieuse pour qu'il risque à nouveau de la perdre. Il la détaille, dans toute sa splendeur, dans toute sa beauté, dans toute sa douceur. Marley, elle est peut-être bien faite de cristal, au fond. Elle est fragile, mais délicate, à manier avec précautions, parce qu'on voudrait pas la casser, on voudrait pas briser un si beau trésor. Et rien qu'en souriant, un petit sourire heureux, sincère, elle irradie de lumière. J'suis pas sûre de réaliser encore... Toi, et moi, et ici, et... Du pouce, il essuie une petite larme, qui roulait lentement le long de la vallée rosie de ses pommettes. Il sentait encore la douceur et le goût de ses lèvres sur les siennes. Les petits papillons recommençaient à parcourir son estomac et son cœur se remettait lentement de la bataille qu'il a enduré. Il avait beau avoir des cernes creusés sous ses yeux, Caleb, il ressentait plus la fatigue une fois dans les bras de Marley. Il ressentait juste ce besoin, comme un névrose, une palpitation qui lui explose les veines, celle de rester prêt d'elle, pour toujours et à jamais, celle de clore leurs lèvres encore une fois, les unes contre les autres, pour l'éternité. D'ailleurs, c'est pas l'éternité qui leur manquerait ici-bas. J'ai arrêté de compter le nombre de fois où j'ai espéré te revoir, et j'suis tellement désolée, d'être partie, et puis de toi ici et en même temps, et en même temps merci... Elle renifle un peu et c'est à nouveau au tour de Caleb d'avoir les larmes aux yeux. T'as pas à être désolée, Marley, c'est – c'est pas toi, t'y es pour rien, c'est la vie, c'est la mort, c'est moi. Tu m'as tellement manqué. Je t'aime. Mais le dernier morceau ne veut pas sortir, il reste coincé dans sa gorge, sous le poids de l'émotion. Ouais, Marley c'est une tempête, et elle fait rage de façon constante, elle vous happe, vous recrache, vous reprend, vous triture dans tous les sens, mais elle le fait avec amour. J'ai besoin de toi, Caleb, autant que d'air à respirer, alors t'as pas intérêt à changer d'avis. Il se noie dans les prunelles de la blonde, il s'y perd, s'en délecte et s'y complaît. Il s'y sent bien, dans ce regard. Son autre main vient s'appuyer contre sa joue droite. Alors on dépend l'un de l'autre dorénavant. Leurs souffles se mêlent et il sent la chaleur qu'émane la respiration de la blonde contre son cou. Il resterait bien là pendant des années, sans bouger. Des petits picotements surgissaient aux bouts de ses doigts en contact avec la peau embrasée de Marley. Il sentait son petit cœur se tordre et battre la chamade, comme pour essayer de se frayer un chemin hors de son corps. Il faut dire que les cœurs sont des créatures intrépides et sauvages, c'est pourquoi nos côtes sont des cages. Oui, Caleb dépend de Marley bien plus qu'il ne dépend de tout le reste. Son amour est comme une addiction, il ne peut s'empêcher d'y penser, d'imaginer, de la toucher encore, pour s'assurer qu'elle est réelle. Alors, apaiser les tensions de son corps, les battements à ses temps, il s'approche et effleure à nouveau les lèvres de blondie. Il se désole et regrette tellement d'avoir été si con, de pas avoir succombé à la tentation avant tout cela. Peut-être qu'à l'heure actuelle, ils seraient larvés dans son lit, à se goinfrer et glousser comme deux gosses, ou bien à pique-niquer dans la campagne anglaise, avec la mère de Marley, une nappe à carreaux vichy et un panier en osier. Peut-être même, qu'il l'aurait emmené à une fête foraine, qu'il lui aurait gagné un gros nounours en peluche rose au stand de tir, en se vantant d'être né pour ça. Il s'écarte à nouveau, à la fois amer de devoir interrompre leur étreinte et grisé de tout. Il détache ses mains anguleuses du petit écrin de cristal cerclé de fils d'or et fouille dans la poche de sa veste. Attends, j'ai quelque chose pour toi... Il sent le plastique froid d'un briquet, la monture usée de ses lunettes et enfin, il la trouve. Sa bague. Il l'observe pendant quelques petites secondes. Il la tourne et la retourne dans ses mains. Ce petit anneau d'argent a été témoin de beaucoup de choses. Mais des plus belles, surtout. Tiens, il te va mieux qu'à moi. Il tire la patte de Marley d'une main et y dépose l'anneau de l'autre, un sourire ému aux lèvres. Sans la quitter des yeux, ce dont il est devenu incapable, il referme doucement sa paume sur la sienne. Et puis, comme ça, où que tu iras, tu auras toujours un peu de moi.
Ah, Marley. Marley, Marley. La petite, la douce, la folle, la joyeuse, la Marley. Y en a pas deux comme elle et pourtant, elle en vaut mille. Caleb se dit qu'il a eu beaucoup de chance au final. Il avait emménagé un peu par hasard dans cet immeuble, il y a deux années de ça. Par extension, c'était alors un peu par hasard qu'il avait rencontré sa petite blonde. Mais, quelles étaient les probabilités pour qu'ils s'entendent bien ? Quelles étaient celles, pour qu'ils s'attachent autant ? Qu'elles étaient celles qu'ils se retrouvent ici ? Oui, on peut vraiment dire que parfois, le hasard fait bien les choses. Et depuis les quelques jours noirs qu'il avait passés ici, Caleb ne s'était jamais senti si léger, si heureux. Il en viendrait presque à remercier son tueur, de l'avoir guidé, de l'avoir amené jusqu'à elle. Là-haut déjà, elle était sa raison de sourire, ici-bas, elle devient celle de survivre. Oh, si elle savait, la petite, la douce, la folle, la joyeuse Marley, à quel point elle lui a manqué. A quel point il s'est senti brisé, fragmenté, écrasé par toute l'obscurité et l'affliction qui l'entrainait vers le fond du gouffre. Tout était gris puis noir. Et maintenant, tout est redevenu blanc. Il en oublie le nouveau monde chaotique dans lequel ils doivent évoluer. Mais au fond, il s'en fiche un peu, il se dit que c'est encore plus le bordel dans sa tête. Alors il lui susurre, à l'oreille, comme un secret enfin dévoilé, comme une confidence qu'on se doit de garder secrète face au plus grand nombre, comme s'il était un magicien qui venait de lui révéler un tour. Je t'aime, Marley. Et quoi de plus beau et mystérieux comme tour, que l'amour ?


Dernière édition par Caleb Hawkins le Ven 8 Aoû - 22:40, édité 1 fois
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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 299
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✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : corbeau
✢ AVATAR : Chloë Moretz
✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Mar 5 Aoû - 20:41


''I see fire, burning the trees.
And I see fire, hollowing souls,
I see fire, blood in the breeze,
And I hope that you'll remember me.''
Il était arrivé plusieurs fois à Marley, comme à certaines filles de son âge, de rentrer des cours et d'aller s'effondrer sur son lit, de pleurer à chaudes larmes jusqu'à s'endormir. Il était arrivé qu'elle reste recroquevillée sur sa couette, une peluche dans les bras, à écouter des chansons tristes toute la journée, et le jour d'après, et le jour d'après. Il est arrivé qu'elle envoie des sms désespérés à ses amies en leur disant que celui-là c'était son grand amour, c'était son Zing, c'était tout, absolument tout, et qu'elle s'en remettrait jamais. Dans des élans d'écrivain, elle a essayé d'écrire des chansons, mais a vite abandonné en prétextant que de toute façon, écrire des chansons d'amour, c'est pour les faibles comme elle n'y arrivait pas. Il est arrivé qu'elle mange moins et dorme moins et travaille moins bien en cours juste à cause d'un garçon, qu'elle trouve le besoin étrange de toujours replacer une mèche derrière son oreille quand il la fixait – elle avait vu ça dans les films – et qu'elle ne veuille jamais raccrocher le téléphone en premier. Il est arrivé qu'elle aille pleurer dans les bras d'une copine parce que j'suis pas assez jolie, il m'aimera jamais, j'suis trop un boudin. Heureusement pour elle, plus années passaient et plus elle était sage de ce côté-là. Plus de chansons, moins de dévalorisation, mais sa mère la retrouvait encore, jusqu'à ses quinze ans, vautrée dans son lit en pleurant son amour perdu. Marley elle pleurait pour les garçons, elle pleurait quand elle avait peur de quelque chose, quand elle était trop malade, quand elle écoutait des chansons tristes ou regardait un film et lisait un livre avec des monsieur et des madames qui meurent dedans. Marley elle pleurait pour un peu tout, surtout de rire, mais rarement devant les gens. Si c'est pour qu'ils la prennent en pitié et se sentent obligés de la consoler, elle préférait encore qu'ils ne disent ni ne fassent rien. Elle se consolait toute seule avec un peu de volonté et de temps. Parfois il suffisait qu'elle aille chercher des photos de petits chiots marrants sur Google, parfois elle avait besoin d'aller mettre une grande baffe dans la gueule de son dernier Roméo. Elle n'en a pas eu des milliers, moins d'une dizaine dans toute sa vie, mais qu'elle soit triste ou non, Marley se sentait obligée de pleurer. Comme si c'était ce qui marquait le changement, aussi petit soit-il, et la page qui se tourne. Alors même à quinze et seize ans, elle pleurait, parfois, et même à dix-sept ans, même dans ses derniers mois, pour les beaux yeux de John, elle pleurait. Mais c'était pas pareil. Marley ne pleurait pas pour John. Marley pleurait, c'est tout. La tête vide, le plus souvent. C'était pas pareil. Elle pleurait pas par tristesse, si il la rendait triste il lui suffisait d'en parler à la bonne personne pour se venger plus ou moins gentiment. Elle pleurait plutôt par déception, que ç'ait été lui et qu'il ait été comme ça et pas plus... moins... Caleb. Même arrivée ici, même à Wonderland, Marley a pleuré. Des fois elle avait peur et des fois elle était heureuse après avoir eu peur et des fois c'était de rire en se moquant de Lew ou d'Elliot ou des autres, mais Marley n'a jamais pleuré pour Caleb. Caleb, c'est différent. Il a pas besoin qu'elle pleure pour qu'il sache qu'elle est triste. Caleb il regarde, Caleb il écoute, et Caleb il sait. Quand ça va et quand ça va pas, quand elle ment ou qu'elle est sincère. Y a pas besoin de dire les choses. Ça reste coincé dans la gorge, mais c'est pas grave. Y en a pas besoin, de tout ça. Au pire, elle a eu les larmes aux yeux. Avant, c'est arrivé qu'elle pleure de colère ou de jalousie. Et puis elle est arrivé là, et pleurer pour Caleb, c'était superficiel. Et puis si pleurer ça aide à tourner la page, alors elle voulait pas. La page se tourne pas, avec Caleb. On y colle des post-it à la fin pour la continuer. Même quand il était pas là. Les post-it ont un peu jauni, mais elle en a quand même gardé quelques uns. Tu sais, au cas où. Au cas où il arrive : et il est là, et elle a oublié de pas pleurer, mais ils changent rien du tout, ça continue comme avant. C'est juste plus fort, et puis plus beau, et ça sent moins la glace et la vanille. Et même là, ça fait bizarre de pleurer pour Caleb. C'est comme quand tu ressens quelque chose de fort, mais de tellement fort que les larmes sont bloquées, y a rien qui sort. Au mieux ça passe et au mieux tu pleures en dedans et tu te noies ; mais Caleb il débloque tout. alors ça sort un peu trop, et même quand c'est fini, Marley sent quelques larmes rouler sur ses joues. Y aura pas de fin, y en aura plus, plus jamais, je te promets.
Ça sonnait joli, dans la tête de Marley, à écrire en PS sur un post-it. Un peu utopique, mais elle y croyait. Ils étaient morts et amoureux, elle pouvait bien faire la folie d'y croire de tout son cœur. Un sourire pousse au beau milieu de son visage, juste pour lui – elle n'est pas sûre qu'un de ces sourires ait déjà été pour quelqu'un d'autre que lui de toute façon. T'as pas à être désolée, Marley, c'est – c'est pas toi, t'y es pour rien, c'est la vie, c'est la mort, c'est moi. Tu m'as tellement manqué. Marley n'avait plus peur, avec Caleb, d'être pas assez jolie, ou pas assez gentille, ou de trop manger, et même si elle ronfle elle s'en fout. Marley elle peut être en guenilles, les cheveux pas coiffés, des cernes jusqu'en bas des joues, le regard de Caleb, c'est toujours le même. Le genre qui réchauffe et rassure et soigne, un peu. Caleb c'est un tout-en-un, comme le couteau suisse de Bear Grylls, mais en mieux. Alors on dépend l'un de l'autre dorénavant. La main du grand blond sur sa joue arracherait presque un sursaut à Marley. Parce que c'est trop beau, tout ça. Lui ici, et elle aussi. Ses jolis mots, ses lèvres sucrées et ses grands bras. Chaque parole, c'est comme un conte pour enfant et Marley écoute, émerveillée, et chaque contact lui rappelle que les contes, parfois, c'est tiré d'histoires vraies. Qu'y a pas besoin de marraine la fée et que parfois ça arrive même quand on est dans la merde. Après avoir été envoyée ici, Marley peut le dire : Cendrillon, t'es qu'une tapette. Et ton prince, il est moche, aussi. Son prince à elle, il est grand, et beau, et le plus courageux, qui vient la retrouver, toujours, même morte. Si Perrault avait su, c'est leur histoire qu'il aurait écrite.
Marley s'approche un peu plus pour sentir à nouveau les lèvres de Caleb sur les siennes, mais il s'éloigne trop vite. Un simple effleurement, c'est pas grand chose, mais ils ont toute l'éternité et un peu plus encore pour ne plus jamais s'éloigner. Attends, j'ai quelque chose pour toi...  La blonde va percher ses yeux dans la poche de Caleb. Elle n'a jamais vraiment aimé les surprises, une fois qu'on lui a dit qu'il y en avait une. Elle n'a jamais été bien patiente, c'est pas de la torture, mais presque pire. Et puis l'anneau. Bilbo, t'es un sacré con, elle repasse les mêmes phrases en boucle dans sa tête, incapable d'en former de nouvelles sous l'excitation, quitte à faire parler d'un anneau, c'lui-là c'est l'mieux. Il n'avait jamais vu de dragon, son anneau à elle. Même pas de hobbit, à part à Halloween. Il était tombé dans les pots de glace plus d'une fois, et même dans l'océan quand ils y étaient allé et qu'elle avait pleuré de peur de l'avoir perdu. C'est plus celui de Caleb que le sien, après tout, et les initiales gravées le prouvent bien. Mais elles passaient bien vite des initiales du possesseur aux initiales de l'amoureux. Tiens, il te va mieux qu'à moi. Marley resserra sa main un instant autour du bijou, avant de l'enfiler à son doigt, juste comme avant. Et puis, comme ça, où que tu iras, tu auras toujours un peu de moi.[/color] Elle se mit à rire, et plongea ses yeux dans ceux de Caleb. J'ai toujours eu un peu d'toi, partout. La dernière fois qu'elle avait vu cet anneau, elle s'en allait mourir. Elle s'en serait voulu qu'il ait été rayé ou abîmé par l'impact du bus puis du goudron. Merci... Dieu seul sait comment est-ce que son ancien voisin l'a récupéré, mais la mère de la gosse n'y était probablement pas pour rien. Elle voyait toujours les choses comme il faut, sa mère.
Sa main droite ne peut s'empêcher de toucher et faire tourner et retourner et jouer avec la bague. Ça lui avait manqué, ce petit bout de lui, au bout des doigts. A défaut de l'avoir lui et son beau sourire, le simple fait de pouvoir poser les yeux son anneau la réconfortait énormément. Parce qu'il est toujours là, Caleb, même quand elle le voit pas.
La voix de l'anglais parvient à son oreille, tout près, et Marley se laisse bercer et en fermerait presque les yeux pour profiter. Mais il n'a pas de discours, cette fois. Y a pas besoin de tirade quand tu peux tout dire en quelques mots. Je t'aime, Marley. C'était simple et clair, et il n'en fallait pas plus pour faire fondre le cœur de la blonde. Presque choquée – parce que le faire comprendre et le dire c'est pas pareil – Marley resta un instant la bouche ouverte, sans bouger, avant de passer ses bras autour de lui et sa tête dans son cou. Elle aurait pu pleurer, là, avant, dans le cou d'un garçon, mais avec Caleb elle ne trouvait rien d'autre à faire que de sourire. Parce que son prénom n'avait jamais aussi bien sonné dans la bouche de quelqu'un, et qu'elle sentait un flot énorme de pensées se déverser avec trois simples mots. Elle resserra son étreinte doucement, lui interdisant de s'éloigner, même d'un seul centimètre. Il lui fallait quelques minutes, là, sans bruit, sans rien, juste pour penser, pour être heureuse, pour se calmer et résister à la tentation de lui sauter dessus et de le dévorer. Le temps de réaliser pour ne pas avoir à sortir qu'un ridicule gloussement de connasse. Marley remontait sa tête, appuyant sa joue contre celle de Roméo. Idiot. C'était tout ce qu'elle trouvait à dire, idiot, avant de se mettre à rire. Comme si c'était une solution pour éliminer le trop plein de joie et de bonne humeur. Et puis si Marley vous traite d'idiot, c'est un des plus beaux compliments dont elle soit capable. La main de la blonde passa dans celle plus grande du garçon, et elle entremêla leurs doigts. J'ai cru attendre mille ans, t'es vraiment con, Je t'aime, encore plus. Elle observa longuement chaque détail de son visage, de chacune des étoiles dans ses yeux à chacun de ses grains de beauté, avant de les effleurer du bout des lèvres. A chacun sa galaxie.
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✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 19/07/2014
✢ PSEUDO : ohmagad
✢ AVATAR : douglasthesexiestbooth
✢ CREDITS : (c) astoria
✢ AGE DU PERSONNAGE : trop jeune pour mourir, trop tard pour vivre
✢ JE SUIS : alice
✢ DANS TES POCHES : son cellulaire, un briquet, son porte-feuille et sa paire de lunettes
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : étudiant en informatique, hacker quand ça lui chante
✢ LOCALISATION : derrière l'arbre qui était avant devant toi sur ta gauche par l'arrière du milieu
ALL MEN MUST DIE.


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MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Ven 8 Aoû - 22:52


don't you cry for the lost
smile for the living

O
n dit que les gens ont plus peur des araignées que de la mort. Et c'est compréhensible. Les araignées, c'est petit, velu et vicieux. Ça fait flipper quand on les voit, mais encore plus quand on les perd de vue. Il a jamais eu peur des araignées, Caleb. Il se disait que si ça se trouve, c'est une lointaine cousine de Peter Parker. Peut-être même que, s'ils devenaient bons copains, elle le piquerait lui aussi, il pourrait rejoindre l'institut et prendre ses petit-déj avec Wolverine. Déjà qu'il l'imitait avec trois clous entre les doigts quand il devait aider son père à bricoler deux trois trucs. Pas d'arachnophobie, donc. Mais la mort ? Quand il y pense, quand il y pense vraiment, il devient nerveux. Ça le révulse autant que ça l'intrigue. En un claquement de doigt, tout peut s'arrêter, tout peut disparaître. Et pourtant, la mort, tu la prévoies pas, tu l'attends pas. Tu peux décider du prénom des nouveaux nés, des petits fours servis à ton mariage, mais pas de la façon dont tu vas décéder. C'est désolant et inquiétant. Et pourtant, tous en sont ou en seront victimes. La mort, elle prend, mais elle surprend davantage. Elle vient toquer à votre porte dans les moments les plus inattendus. Mais semblerait qu'elle soit pas bien organisée, cette mort. Au lieu d'un, au mieux d'aucuns, c'est les deux voisins qu'elle a emportés. Peut-être qu'en premier lieu, elle s'était trompée de porte, d'appartement. Ça ne pouvait être que ça, l'explication. C'était Caleb qu'elle voulait, c'était Caleb qu'elle avait toujours voulu. Mais en regardant les noms sur les boîtes aux lettres, dans le hall d'entrée, elle a confondu Lynch et Hawkins et a déposé sa marque funèbre sur le mauvais paillasson. Elle a mis un mois à remarquer son erreur, mais elle a dû se dire « à quoi bon ? un de plus, un de moins. » puis « de toutes façons, il est déjà à moitié mort, j'ai juste à le finir. » Et c'était le pallier d'en face qui a finalement été marqué de ce sceau terrible. Mais au final, comment lui en vouloir à cette faucheuse ? Elle avait réussi à réunir deux idiots. À croire qu'elle se la jouait aussi cupidon, pour arrondir les fins de mois. J'ai toujours eu un peu d'toi, partout. Merci... Et moi j'ai jamais eu assez de toi. Ses doigts fins jouent avec l'anneau, et il roule dans sa paume, glisse entre les jointures de ses phalanges. Caleb ne peut réprimer un sourire. Ça lui rappelle avant. Il l'observe, la détaille. Tous ses doutes se sont envolés, toutes ses peurs se sont éteintes d'elles même, mais il pouvait pas s'empêcher de la regarder, encore et encore. Il devait graver son image dans son esprit, toujours et à jamais. Pire encore que de la perdre, il avait peur de l'oublier. Il voulait pas que son petit minois disparaisse de sa mémoire, que sa voix ne résonne jamais plus dans son esprit. Puis, Marley, c'était une œuvre d'art à elle seule. Pour certains, c'est rien qu'un visage, deux yeux, un nez et une bouche. Pour Caleb, c'est la toile d'un grand peintre, un teint laiteux et diaphane ; des petites pommettes saillantes et rosies ; deux ronds de douceurs et de malices, de chaque côté de son visage, bercés de délicates enveloppes sombres qui approfondissent davantage son regard de braises lumineuses ; une courbe fluide qui suit la descente de son front, avant de se retrousser et de s'ouvrir sur des lèvres de velours. Des lèvres mielleuses et douces, dont il se languit déjà. Celles-ci forment un petit o, consternées. Puis, il ne les discerne plus, il ne fait que les percevoir, tout contre sa nuque, les bras de la blonde autour de son corps. Il imite son geste et lui rend son étreinte. La simple chaleur qui se dégage de Marley apaisait toutes les tensions de son corps, et il se laisse aller tout contre elle, enfouissant son nez dans sa nuque, les yeux clos. Caleb se rappelle pas avoir déjà ressenti de pareils sentiments pour quelqu'un auparavant. Il a bien eu des petites-amies, mais c'était pas pareil, c'était jamais pareil. C'était pas vrai, elles étaient pas Marley. Il avait beau leur trouver des qualités, ne pas se sentir trop mal, y a toujours un truc qui clochait, quelque chose qui n'allait pas. Et même s'il parvenait –ou voulait- pas à mettre le doigt dessus, au fond, il savait qu'il se sentirait jamais entier sans la bonne personne. C'en devenait frustrant d'ailleurs, cette impression de pouvoir toucher l'harmonie du bout des doigts, d'effleurer le bonheur, avec délicatesse, et pourtant de jamais l'obtenir. Pour l'obtenir, encore fallait-il se lancer. Mais Caleb il a jamais été normal, ni très logique et encore moins couillu. On dit que la connerie est humaine, mais en fait, la connerie c'est Caleb. Il sent la tête de son ancienne voisine émerger tout doucement, sa joue contre la sienne. Idiot. Et puis son rire. Son rire, pareil à une musique, une mélodie claire et cristalline qu'on se lasserait jamais d'écouter, qu'on espère faire naître à chaque fois, qu'on attend avec impatience comme les gosses attendent Noël. Le rire de Marley, il est pas toujours très beau, parfois, quand elle devient trop hystérique, il ressemble plus à un grognement de truie sauvage ou d'otarie, parfois même, on croirait entendre celui d'une poupée démoniaque. Mais il s'en fout Caleb, parce qu'il reste le plus mignon des rires et la meilleure bande son qu'il a jamais entendu. Même John Williams et ses compositions pour la guerre des étoiles peut aller se rhabiller. Alors qu'un sourire étire ses lèvres, il sent la paume de Marley contre la sienne et leurs doigts qui s'entremêlent. Il se sent bien, calé contre elle. C'est comme s'ils étaient faits sur-mesure l'un pour l'autre, chaque partie de leur corps était complémentaire à celles de l'autre. J'ai cru attendre mille ans. Je t'aime, encore plus. Ça lui avait déjà fait de l'effet de lui avouer enfin ses sentiments, mais c'était rien comparé à la vague d'émotions qui l'assaillait à ces mots. Son subconscient savait. Mais son cœur avait besoin de l'entendre, prononcé à voix haute, avec une note suave et douce, comme une berceuse. Les palpitations de son petit cœur s'accélèrent et il ressent les contractions de ses poumons, qui sont en manque d'air. Puis c'est au tour du brasier ardent de renaître de ses cendres quand les lippes de la blonde viennent caresser sa peau, la laissant à vif, incandescente, brûlée d'amour. Les derniers mots énoncés restaient dans sa tête, passaient en boucle dans son esprit, comme un disque qui ne s'éraille jamais, comme une sonnerie mélodique qui retentit à l'infini. Désolé pour l'attente, y a eu quelques perturbations sur le chemin. Oh, il y tenait, à sa Marley. C'était une petite boule de vie, un petit chaton tout mignon à qui on ne peut résister. C'était une grande gamine, qui aime rire, jouer et gueuler, et ils pourront peut-être plus se faire de soirées ciné à s'enfiler de la glace cookie dough, elle en restera pas moins Marley Lynch, la meilleure acolyte de tous les temps, encore plus douée que Robin. Ouais, Marley elle était unique en son genre, un peu comme un pokémon légendaire. Le sourire aux lèvres de Caleb ne cesse de s'étirer. Jusqu'à ce qu'il relève les yeux du parterre d'herbe. Ahem, dit-moi Marley, les dindons colorés qui matent les gens comme des gros pervers, c'est dangereux ? Il ne bronche pas, mais dégluti. De l'autre côté de la prairie, deux poulets, hauts sur pattes, avec un long bec, les observaient, comme s'ils évaluaient la situation. Ne bouge pas. Peut-être que ces bestioles sont myopes et que si elles ne les remarquent pas, elles s'en iront et les laisseront en paix. Ou peut-être qu'elles n'attendaient qu'un coup de sifflet pour se jeter sur eux. De nouvelles questions s'entrechoquent dans l'esprit de Caleb mais la seule chose à laquelle il pense vraiment c'est « merde. » Il se sent bien con d'avoir lâché sa hache, qui reposait à quelques mètres dans son dos. Tu crois que ça se mange ? Tu crois que ça nous mange ?
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❝ êtes-vous pion ou reine ? ❞

✢ DENTS PERDUES : 299
☩ CERVELLES GAGNÉES : 1651
✢ ARRIVÉ AU PAYS LE : 25/06/2014
✢ PSEUDO : corbeau
✢ AVATAR : Chloë Moretz
✢ CREDITS : mercure.
✢ AGE DU PERSONNAGE : dix-sept ans aux dernières nouvelles.
✢ JE SUIS : le chapelier fou, au bout de sa table, la langue trop pendue.
✢ DANS TES POCHES : un élastique pour sa tignasse, quelques miettes d'elle ne sait plus trop quoi, un vieux morceau de papier jauni - une liste de courses d'avant, ou un truc du genre.
✢ TA VIE : 100/100
✢ ANCIEN METIER : lycéenne. bonnes notes, pas si conne, mais trop bavarde. elle espérait vivre assez longtemps pour devenir vétérinaire - oups.
✢ LOCALISATION : va savoir. essaie de chercher Lew - elle en est jamais très loin, de toute façon.

''l'avenir est un long passé''

✢ JE EST UN AUTRE : meredith, l'handicapée qui veut pas peindre en mille couleurs l'air du vent (ce connard).
MessageSujet: Re: better off dead - calmar    Dim 24 Aoû - 1:13


''I see fire, burning the trees.
And I see fire, hollowing souls,
I see fire, blood in the breeze,
And I hope that you'll remember me.''
Désolé pour l'attente, y a eu quelques perturbations sur le chemin. Si il arrivait que le temps déraille au Pays des Merveilles, Marley aurait juré qu'en cet instant, il s'était arrêté. Le temps n'étais plus, le Pays n'était plus. Le temps, c'était eux, l'espace, c'était eux, c'était eux partout et eux pour toujours. Le cœur de Marley se calmait petit à petit, oubliant de s'emballer à chacun des regards croisés avec Caleb. Il suffisait d'un temps d'adaptation ; certaines personnes demandent une vie entière pour qu'on s'habitue à leur présence, il ne fallait pas plus de quelques minutes à Marley pour s'habituer à Caleb, comme la première fois. Il a ce truc, Caleb, qui te hurle que quoi que tu fasses, ça ira, que qui que tu sois, y a pas d'problème. Mais c'était comme s'ils ne s'étaient jamais quitté, c'est comme si tout reprenait là où on s'était arrêté. On arrête le temps juste un instant, juste pour remettre les aiguilles à leur place, et on repart, le sourire aux lèvres et le cœur tout réchauffé. Marley et Caleb, c'était évident, c'était naturel. C'est une jolie chanson, un piano qui répond en rythme à un violon, qui s'agite et s'adoucit selon les moments. C'est écrit jusque dans les comics (dé)rangés chez Caleb, Cookieman et Marley Quinn. Et si le temps avait filé depuis son arrivée, elle était bien heureuse que ça lui ait permit de ralentir, de les laisser, là, hors de tout, juste à deux, juste eux, parce qu'ils en avaient besoin, parce que ça aurait été beaucoup moins romantique et probablement plus tragique avec six runes sur le dos – Alice bless you.
Mais Marley reste Marley, même morte, même dans les bras de Caleb – surtout dans les bras de Caleb – même avec le cœur qui chante l'Hymne à la Joie et Itsy Bitsy Petit Bikini. Marley c'est une pile, Marley elle tient pas en place, et si elle peut rester toute la mort sans quitter son Apollon des yeux, elle préfère que ce soit en sautant et courant et roulant. On peut dire qu'aujourd'hui est son jour de chance, à la gosse, et il en faut pour compenser une mort ; en plus de lui accorder tout le temps dont elle a besoin, voilà qu'Alice leur lance une occupation, un jeu et un repas en même temps. Interpellée par les mots de Caleb, Marley lève les yeux. Ahem, dit-moi Marley, les dindons colorés qui matent les gens comme des gros pervers, c'est dangereux ? Ne bouge pas. Il était mignon, Caleb : même quand il est le seul effrayé, il fait genre il est balèze, c'est un bonhomme, c'est un dur gangsta des banlieues de Los Angeles. Mais on la lui fait pas, à la gosse, surtout pas lui. Caleb c'est qu'un gros geek plus à l'aise en caleçon Batman devant son pc que sur un terrain des basket aux pieds ou des gants de boxe vissés aux mimines. C'était presque drôle, de le voir un peu paniqué. Il n'était pas là depuis longtemps et ça se voyait, et Marley avait nettement l'avantage, comparé aux jeux vidéos auxquels il la faisait jouer. Alors forcément, ça rit moins du côté mâle du duo, et ça semble moins prêt à parier une fournée de cookies maison. Marley se lève, et plonge la main dans sa poche, prête à saisir les premières cartes de son jeu, tout en douceur cette fois – elle a apprit à coup de bombe à fumée à adoucir sa manière d'attaquer. Faut dire que foncer sur une bestiole qui a l'air effrayée depuis qu'elle a vu le jour, c'est pas bien malin, et penser qu'elle va rester là sans bouger l'est encore plus. Marley avait pour habitude de foncer tête baissée et de réfléchir en chemin, souvent bien trop tard. Ce n'était pas par manque d'intelligence – quoi que des fois on se demande – mais plutôt par impulsivité. Chaque bestiole ici qui ne fait pas deux fois sa taille ou plus peut à la fois être un divertissement et un bon repas, alors y avait pas besoin de réfléchir plus. Lew lui avait de nombreuses fois reproché de courir trop vite dès qu'elle aperçoit quelque chose ou quelqu'un, de hurler dès qu'elle en a envie sans penser aux conséquences, sans penser qu'ici ça ne fera pas que réveiller les voisins – qui sont, soit dit au passage, beaucoup moins sympa que la vieille du 2nd, qui était déjà une morue de première de son vivant.
Mais cette fois c'était différent. Déjà parce qu'elle avait faim, en plus parce que Caleb devait avoir faim, et surtout parce qu'elle voulait lui montrer de quoi elle était capable. Elle n'est pas là depuis trente ans – faut dire qu'en en ayant dix-sept ça serait spécial – mais elle a apprit beaucoup de choses. À viser sa cible, et à bourriner quand elle a pas le temps de viser. Sa main glissa avec douceur hors de sa poche, et elle gardait quelques cartes dans une de ses mains, le paquet complet prêt à la fournir dans l'autre. Tu crois que ça se mange ? Tu crois que ça nous mange ? Elle aurait eu envie de l'embrasser juste pour ça et d'exploser de rire à gorge déployée si ça ne risquait pas de faire fuir ce qui faisait peur à Caleb. En se retenant du mieux qu'elle pouvait, un petit ricanement tout au plus sortit de sa gorge, et elle se tourna vers lui, sans aucune grâce ni délicatesse cette fois. Elle veut bien faire des efforts, qu'elle dit, mais faut pas pousser mémé dans les orties. En plus, elle a pas de culotte. Alors je vais répondre dans l'ordre pour pas trop te chambouler : ça peut, oui, et... je sais pas, peut-être, je suppose, mais je suis plutôt indigeste, j'ai pas la chair tendre, c'est pas un bon plan, j'préfère pas essayer. Un instant de réflexion, et Marley retournait à ses vieilles habitudes de gamine. Je crois surtout que t'aurais du aller plus souvent au zoo. T'as jamais vu de dindon de ta vie ou quoi ? C'est des paons, crétin. La gosse libère sa main droite de son paquet de cartes et attrape le bras de Caleb pour l'aider à se relever. Faut pas les effrayer, donc si tu gueules ou que tu pleures comme une fillette, elle retint un rire en l'imaginant chouiner, tu risques pas de manger avant longtemps ! Marley se pencha légèrement pour jeter un coup d'oeil dans le dos de Caleb. Tu devrais récupérer ta hache, tu sais. Pour une fois que t'as pas une arme en plastique qui prend la poussière dans ta chambre... Passer autant de temps l'un sans l'autre, ça travaille et ça rend un peu fou, et si elle avait exprimé à Caleb tout ce qu'elle avait de plus important à dire, il lui restait quelques mois de moqueries et remarques pleines d'amour à rattraper. Marley qui ne se moque pas de Caleb, ça n'est pas vraiment Marley, même si elle ne pense jamais ce qu'elle lui dit. Faut lire entre les lignes avec ces deux, c'est ça le plus dur, et un crétin cache souvent un mais oui c'est toi le plus beau le plus fort le plus choupidou. Marley ne se moque que rarement des gens qu'elle n'aime pas, ses critiques restent souvent de simples blagues pour s'amuser. un peu d'amour vache, ça n'a jamais fait de mal – ou peut-être que si, mais j'crois que c'que j'vois. Et puis merde, il en avait, des épées en plastoc et je sais pas quelle autre matière dans sa chambre. Même qu'il a fallu qu'elle se prenne la seule à peu près vrai quand elle a voulu jouer. Tu parles, elle a failli y laisser un doigt.
Ses grands yeux ne lâchaient pas les bestioles des yeux, et son sourire s'agrandissait presque sans arrêt. À défaut de voir Iron Man tabasser des méchants, le Pays des Merveilles aurait Batman et Marley Quinn qui courent après des paons. Niveau gloire et prestige on a vu mieux, mais elle ne demandait rien de plus. Une fois Caleb hache en main, elle s'approcha doucement, à petits pas, en essayant de ne pas brusquer les deux paons. Même si un se faisait la malle, le second pourrait leur suffire. Mais juste au cas où, en continuant d'avancer, Marley ne pouvait pas s'empêcher de lancer des jeux à Caleb Eh, Caleb. J'suis sûre que j'peux en attraper un et le tuer avant même que t'aies eu le temps d'en approcher un. Le mot tuer ici, et encore plus dans la bouche de la gamine, semblait presque vidé de son sens. Le végétarien engagé dans la lutte contre la chasse au paon allait vite se faire avoir au Pays de Merveilles, de toute façon, mais ça sonnait presque amusant. Presque comme si c'était pas vrai, presque comme on parlerait de tuer le boss d'un jeu vidéo ou l'ennemi du héros dans un film. Les premières fois, ça paraît effrayant, tuer. Et puis tu comprends que t'as pas trop le choix, ou c'est eux ou c'est toi, et Marley en avait eu assez la première fois. Une fois que tu t'es retrouvé à devoir égorger un lapin pour le bouffer, de toute façon, tu fais plus trop attention à si le mot choque les gens, ni à comment tu te serais senti avant, ou même à ton arrivée au Pays. Et puis, noyé au milieu d'une jolie invitation, ça passait toujours mieux. Comme un cachet caché dans le yaourt. Marley continua d'avancer doucement, prête à lancer ses cartes tout autant qu'à jouer au flic et au voleur avec les paons. Arrivée à quelques mètres seulement, la bestiole des deux vers laquelle elle s'avançait décida de s'avancer à son tour – faut croire que la chance, ça tourne vraiment, et que la bombe fumée c'était pas si mal, après tout ça force le caractère d'avoir un peu faim, hein – et la carte de Marley se planta derrière la bestiole sans la toucher, alors que la blonde sentait bien passer les plumes tranchantes contre son bras. Mais c'est pas sa faute, elle a juste pas eu le temps de viser. Alors je voudrais pas m'avancer, hein, mais j'ai comme l'impression que si c'était maintenant que t'arrivais en brandissant ta hache, tu vois, ça pourrait être pas mal niveau timing. Parce que j't'avoue que j'vais rapidement être tendue, sinon.
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